“Le salon de coiffure” – une note de lecture signée Edmée De Xhavée »

Publié le par christine brunet /aloys

 

Je viens de terminer ce second ouvrage de Pascale Gillet-B paru chez Chloé des lys.

 

Ça commence fort,  comme on dit, avec une série de phrases intrigantes, menaçantes, rédigées par un esprit certes cultivé, mais bien déterminé à s’empiffrer de ce plat que l’on dit meilleur quand il est froid : 

 

L’offense sera lavée, je rumine, remâche et mûris un banquet punitif à faire froid dans le dos.

Au rythme lent d’une alléchante élaboration d’agapes gargantuesques, j’ai dressé les petits plats dans les grands : tous ont déserté le vaisselier.

Pas de platée de purée pour cette épopée épicée, j’ai échafaudé un somptueux buffet froid…

 

Après cette entrée en matière, nous voici entrés de plain pied dans un récit passionnant.

 

Deux enfants, amis, sont aujourd’hui devenus deux adultes bien mûris, toujours amis. Ce qui nous amène à découvrir leurs parents, leur enfance sur fond de guerre, de résistance, collaboration, ruses dans les deux camps. 

 

Et c’est, comme bien souvent le cas, suite à un décès, qu’un de nos deux personnages découvre des feuillets laissés par sa mère, tandis que l’autre questionne justement la sienne sur cette sombre époque. Et les voici qui découvrent que leurs parents n’étaient pas que des parents, mais aussi de jeunes adultes vigoureux dans la fièvre de la vie, de l’amour, des angoisses, des romances, du sens patriotique. De révélation en révélation les questions en suspens trouveront leur réponse, souvent surprenantes. Le salon de coiffure est loin, qu’on se le dise, d’être une histoire de papotages en bigoudis, mais plutôt une belle histoire aux accents de vérité (on sent que bien des anecdotes et détails sont sortis de la réalité), dans laquelle de « simples gens » se trouvent entraînés dans une fantastique lutte secrète contre l’ennemi, sans trop penser à autre chose qu’à comment être efficaces et ingénieux.

 

Un jour pourtant l’heure de la vengeance sonne, et le son en est lugubre. Le festin est avarié. 

 

Pascale Gillet-B n’a pas une écriture banale, elle aime les mots et rameute les synonymes, les similitudes, les presque-jeux-de-mots adroits et musicaux si on les lit tout haut. Un régal. Comme déjà signalé, on sent la véracité dans les détails et évènements précis. Car l’époque est encore assez proche pour que des souvenirs nets en existent encore chez certains, ou se retrouvent dans des carnets… 

 

À remarquer aussi la très jolie illustration de la couverture, où on retrouve le confort plantureux des salons de coiffure d’antan…

 

Le salon de coiffure

Pascale Gillet-B

Editions Chloé des lys, 20,60€

159 pages

 

Edmée de Xhavée

 

Publié dans Fiche de lecture

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Commenter cet article

Philippe D 02/02/2020 21:21

Belle note de lecture d'Edmée pour un livre que j'ai déjà remarqué...

Brigitte Hanappe 02/02/2020 13:33

On pense connaître ceux qui partagent notre vie : nos parents surtout, qui sont les premières personnes que nos yeux voient, que nos oreilles entendent et on imagine difficilement qu'avant d'être parents, ils ont ont eu un vécu différent de celui qu'il nous montre. On se persuade même que leur passé devait être bien ennuyeux par rapport à nos expériences actuelles. Perdre ses parents incite à retrouver ses propres racines et du coup, on s'interroge sur leur histoire. Et si leur jeunesse a connu une période troublée, le récit de leur histoire ne doit pas manquer de piquant. Bref, ce livre promet d'être surprenant!
ses p

C.-L.Desguin 02/02/2020 10:27

Eh oui, après un décès, on retrouve toujours bien qqc, un écrit ou l'autre qui amène à se poser des questions. Un récit intéressant très certainement et qui a obligé l'autrice à se documenter.