LETTRES ÉCRITES À LA MANIÈRE DE GASTON CHAISSAC, un texte signé Louis Delville

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

LETTRES ÉCRITES À LA MANIÈRE DE GASTON CHAISSAC

L'orthographe particulière de Gaston a été respectée !


 

De Gaston Chaissac à Vincent Spitalels :


 

cher monsieur spitaels,


 

Ce matin en épluchant une pomme, j'ai pensé au denier collage que je vous ai envoyé et que vous devez avoir reçu. Le capitaine du paquebeau jaune-orangé de la partie droite aurait dû se trouver a gauche.

cette erreur dont je suis seul responsable m'autorise à vous en dire plus : le navire en question du fait de sa carguéson illicite de pommes ne pouvait avoir qu'un capitaine gauchiste, donc à gauche.

j'ai donc décidé de refaire le collage qui sèche sur la table à langer oubliée par ma fille lors de son dernier passage avec jean-batiste, mon petit-fils.

vous trouverez aussi quelques changements puisque le paquebeau aura changé de nom. par erreur, je l'avais batisé titanis, ce qui ne lui convient guère, avouez-le !

veuillez pardonner ma trop grande velléité de vous plaire et accepter la quirielle d'excuses qui accompagnent cette missive. je rest à votre écoute, cher ami.


 

(signé)

Gaston

p.s. : j'espère que votre problèmes de souris dans votre cuisine n'est plus qu'un mauvais souvenir.


 

***


 

Réponse de Monsieur Spitaels :


 

Bien Cher Gaston,


 

J'ose espérer que les choses alambiquées vous plaisent autant qu'à moi. Rassurez-vous, Cher Gaston, je ne manque pas d'idée poétique et mon problème de souris a été réglé en moins de deux par le chat de ma voisine qui a fait bonne chère de ces monstres.


 

Le rythme poétique qui m'habite depuis peu a pour origine un voyage au Brésil que ma fille a effectué le mois dernier. De ce pays béni, elle m'a ramené quelques disques de samba qui font mon bonheur de poète musicien.


 

Comme vous, je me suis lancé dans l'épluchage des concombres qui est un art en devenir. Merci encore de me l'avoir fait découvrir. J'ose espérer que cette maladie que vous évoquez à peine dans votre fin de lettre ne vous perturbe pas trop dans vos élans artistiques.


 

Pour vous, ce petit quatrain.


 

Gaston, tes épluchures

Font de notre culture

Un soleil merveilleux

Qui luit dans les cieux


 

Votre disciple, Vincent


 


 

Louis Delville

Blog : http://louis.quenpensez-vous.blogspot.com/

 

Publié dans Textes

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Christina Previotto 15/11/2018 13:11

Petite folie douce ? Et joli quatrain...

Micheline Boland 15/11/2018 09:00

Vraiment très amusant !