La question du pardon selon différents points de vues abordée dans l'essai politique de Cyriaque Maixent Ebenga "Reconstruire le Congo-Brazzaville" : la loi du karma

Publié le par christine brunet /aloys

 

La question du pardon selon différents points de vues.

 

f-1- La réconciliation selon le Bouddhisme (La Loi du karma)

 

Pour le Bouddhisme, la cause de tout conflit est l’ignorance.

La réconciliation relève d’une sagesse, qui est l’expression de la nature de Bouddha que possèdent tous les êtres, mais qu’ils ne reconnaissent pas. Pour le Bouddhisme, les renaissances se produisent selon la loi du karma, loi naturelle de causalité selon laquelle les actes positifs font renaître dans des états heureux. L’être qui renaît n’est donc ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre, mais plutôt l’héritier, de son enfance, de sa jeunesse.

Ainsi la réconciliation constamment prêchée par Bouddha à ses disciples peut-elle s’envisager dans trois domaines : Intérieur, extérieur et inter-réligieux. Dans le domaine intérieur, il importe de comprendre la vacuité des émotions conflictuelles : colère, jalousie, orgueil, etc., pour les abandonner et se réconcilier avec soi-même. Et, si l’état humain est plus favorable à l’Eveil, il est très fragile. Pour aller vers l’Eveil ou, à tout le moins, vers une nouvelle précieuse renaissance humaine, une conduite éthique et généreuse est indispensable. Ce qui a fait dire au Dalaï lama : « Soyez égoïstes, pratiquez l’altruisme ! »

La réconciliation extérieure naît d’un esprit paisible. Bouddha a enseigné que tous les êtres que nous rencontrons ont été nos mères dans une vie antérieure et que nous devons leur rendre leur bonté. Ainsi, un disciple de Bouddha, Sharibou, mendiait son repas (comme alors tous les moines) auprès d’une femme venant de pêcher un poisson, tenant son bébé dans les bras et frappant son chien qui voulait s’emparer du poisson. Sharibou vit le karma de ces quatre êtres. Dans leurs existences précédentes, le poisson, que la femme s’apprêtait à manger, avait été son père ; le chien, qu’elle battait sa mère ; et son bébé chéri, son pire ennemi. Sharibou, très attristé par l’absurdité du samsara (cycle des existences conditionnées), partit avant d’avoir reçu l’offrande de nourriture.

Les êtres cherchent le bonheur mais, à cause de leur ignorance, ils trouvent la souffrance, éprouvant de la haine et de l’attachement, ne voyant pas que tous sont leur propre famille. La sagesse implique l’Amour et l’équité envers tous, sans distinction entre ami et ennemi. Shantideva, un grand maître du passé, invitait ses disciples à reconnaître leur  «ennemi » comme leur maître, parce qu’il leur révélait leurs défauts.

Dans le domaine inter-religieux, les bouddhistes considèrent les grandes religions comme l’émanation de la sagesse de tous les Bouddhas. Les critiquer revient à mettre sa petite sagesse au-dessus de celle des fondateurs de ces traditions, considérés comme des bodhissattvas, êtres éveillés œuvrant pour le bien de tous, selon leurs orientations particulières. Bouddha a comparé son enseignement à une barque permettant de traverser le fleuve du samsara pour accoster sur la rive de l’Eveil : pourquoi s’attaquer à cette barque puisqu’elle deviendra inutile lorsque le but sera atteint ? Il n’y a pas lieu non plus de s’attacher à quelque opinion que ce soit.  « Lorsque l’on renonce à une opinion par le moyen de la compréhension, l’opinion en question disparaît, et demeure alors seulement la connaissance », écrit Mohan Vijayaratna, érudit bouddhiste contemporain.

Puissions-nous tous embarquer, sinon sur le même radeau, du moins ramer vers la rive de l’Eveil et y accoster dès cette vie ! Peu importeront alors les dénominations que nous aurons employées pour désigner notre embarcation. 

Publié dans Textes, présentations

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Jean Louis Gillessen 15/05/2018 14:33

Tout juste , dans la veine des précédents extraits.

C.-L. Desguin 15/05/2018 07:27

Un livre qui devrait rencontrer un large public, à une époque où beaucoup d'âmes se cherchent des attaches, des buts, et se posent des questions.