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381 articles avec textes

Une histoire cochonne signée Bob le Belge

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Faut pas croire ! Si je garde toujours cette allure svelte et sportive, c’est parce que je surveille mon poids. J’ai un truc infaillible pour ça. Lorsque je prends ma douche le matin et que je baisse la tête, si je vois dépasser mon… enfin on se comprend… si je le vois dépasser un peu, c’est que je suis dans le bon et ma bedaine aussi. Sous contrôle. Je gère.

 

Or ces derniers temps Poussin ne cessait de me faire des remarques désagréables du style : tu n’entres plus dans tes pantalons, tu as grossis, si ça continue tu pourras y déposer ta tasse ce café etc… Mais non, mais non, me disais-je : elle dépasse.

 

Puis un jour j’ai compris. Depuis quelques temps, elle a pris l’habitude de faire irruption dans la salle de bain lorsque je patiente béat sous la jet d’eau chaude. Pour vérifier si j’emploie le savon, ai bien préparé un autre slip, enfin le genre de choses qui font qu’un couple sur deux ne dure pas au delà de 28 ans. C’est énervant.

 

Et comme c’est le matin, et qu’elle entre à chaque fois en petite culotte !

 

C’est cochon ?

 

Bon, passons à autre chose.

Publié dans Textes

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Albert Niko nous propose la seconde partie de son texte "bleu nuit, hôtel social"

Publié le par christine brunet /aloys

 

Il n'y avait qu'une seule façon de me tirer de cet asile c'était de décrocher un boulot, rapidement, et si possible un CDI. J'aurais alors de bonnes chances d'obtenir un HLM.

Mes vieux m’ont alors dégotté un boulot tout cuit par l’entremise d’une amie. La vraie planque, c’était. Pour autant, j’aurai pas tenu plus de quinze jours. Je me demande à quoi ça tient. J’avais rien de bien méchant, surtout du classement et un peu de saisie. Et pour être le seul homme du service, j’échais chouchouté par ces dames…

Je démarrais tôt et un matin j’ai envoyé bouler le réveil. J’allais me libérer. J’ai rassemblé de quoi me rouler un joint au pied de mon lit, puis j’ai attendu l’heure d’ouverture des bureaux en pensant : eh bien, on y est. Quelques deux heures et un second joint après, je composai leur numéro.

- Allo ? Oui, bonjour madame. Je m’appelle Éric Bernicot, je travaille dans vos services.

- Oui ?

- Je vous appelle parce que je ne vais pas être en mesure de venir travailler aujourd’hui. D’ailleurs, je démissionne.

- Vous démissionnez ?

- C’est ça.

- Alors il faut nous envoyer un courrier au plus vite.

- Ah ! Pourtant je pensais que ça ne serait pas nécessaire si j’étais toujours en période d’essai…

- Le fait d’être encore à l’essai vous dispense d’un préavis, mais vous devez nous prévenir par écrit de votre démission.

- Très bien. Je vous envoie ça dans la journée.

Je me recouchai sitôt après avoir raccroché et entrepris de me confectionner un nouveau joint.

 

***

 

J'avais un ami qui avait le chic pour se faire lourder en un rien de temps des places qu'il s'était vu contraint d'accepter. Sauf que ça faisait quelques mois déjà qu'il languissait chez un concessionnaire de prestige où la plupart des gens se contentaient de passer devant la glace pour le frisson. Quand les gars avaient de la ressource, ils préféraient jouer sur les volumes en optant pour un quatre-quatre, et lui se traînait dans son musée de berlines comme un fantôme neurasthénique en multipliant les allers et venues entre la fontaine à eau et son bureau.

Et alors qu'il était en train de battre son record de longévité, j'ignorais que j'étais, moi, sur le point d'établir le record inverse.

Quand je me suis pointé dans ce futal bleu et cette chemisette écarlate, il m'a tout de suite demandé pour qui je courais et j'ai commencé à parader devant son bureau comme si j'étrennais ma dernière tenue de majorette. Je démarrais dans une demi-heure – à la pompe. Je voulais juste lui montrer la dégaine.

Le plus drôle c'est qu'une fois là-bas tout allait trop vite pour moi, les clients qui affluaient, qui tiraient la gueule, et je pigeais rien à cette caisse, alors j'ai accroché le regard du directeur qui avait laissé sa porte entrouverte et ça disait “continuez sans moi”. Je leur rendrai la tenue le lendemain, que j’ai fait.

Le plus drôle, c'est qu'en me voyant revenir moins d'une heure après, mon fantôme avait retrouvé des couleurs et le soir venu, on est allés dans un self qui venait d'ouvrir. Je me suis aligné cinq sangrias sur mon plateau, plus une montagne de piémontaise dans une petite soucoupe qui virait à la Tour de Pise sous le nez de la caissière...

 

 

En licenciant mon ami peu après suite au dépôt de bilan, son patron valida ce faisant son record de longévité dans un emploi – dix mois.

 

ALBERT NIKO

Publié dans Textes, Nouvelle

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Albert Niko nous propose une nouvelle en deux partie : "bleu nuit, hôtel social"

Publié le par christine brunet /aloys

 

bleu nuit, hôtel social

 

Le poste avait disparu mais il y avait encore tout ce qui se trouvait autour, et pour peu qu'il vous reste un fond de super, vous pouviez toujours vous suspendre à l'idée de vous projeter comme une bille de flipper dans les allées quasi désertes à l'heure de la fermeture et en ressortir moins de cinq minutes après avec une bouteille de vodka et deux cartons de jus d'ananas

(Satie, qui vous suivait partout, devait être l'un de ces moineaux rasant les luminaires au plafond)

pour tracer dans la foulée, votre soirée à vos côtés dans une poche en plastique, en laissant une à une les Six Lettres De Leur Empire Lumineux basculer dans le rétroviseur...

 

Dans une chambre de neuf mètres carrés vous pouviez toujours retourner un verre et le remplir avec un fond de Satie pour la sonorité du glaçon.

 

***

 

J'accrochais particulièrement sur sa 3ème Gnossienne. Alors, le morceau terminé, je le rembobinais pour le renvoyer. Il y avait aussi l'album de Mark Hollis et le quintette en ut mineur de Mozart. Par le hublot de ma fenêtre, le halo d'un réverbère draguait l'angle de la déchetterie. Fée Électricité, soeur blafarde, le flash au bout de ta seringue... Suivant une espèce d'accord tacite, je n'allais pas déranger mes voisins plus qu'eux ne cognaient à ma porte. La médiocrité de nos existences ne pouvait se mesurer à la musique – question de niveau, de hauteur. Je roulais mon joint en regardant par le hublot. Le réverbère n'allait pas s'éteindre, ni s'éclipser la déchetterie. Nous-mêmes occuperions cette piaule encore un bon moment...

 

***

 

Pour parer à l'éventualité qu'une voix vous appelle dans la nuit, ils avaient branché la ventilation au maximum.

 

***

 

Il y en avait eu un pour prendre la tangente. Celui créchant dans la dernière chambre au fond du couloir, et le seul à avoir jamais disposé un paillasson devant sa porte. Marrant ça, quand on y songe. Comme un signe avant-coureur.

C'était un ancien éducateur reconverti dans le démarchage à domicile que sa nana avait foutu dehors.

On sentait à l'écouter qu'il y avait urgence, et ses yeux vous harponnaient littéralement comme si vous étiez le dernier à pouvoir l'écouter après que tous les autres se le soient refilés, et j'avoue ne pas avoir mieux fait.

Et un matin, le vieux deux chambres plus loin avait dû le sentir venir, car il a trouvé sa porte verrouillée et personne ne répondait. Les gars du SAMU s'y sont mis à plusieurs pour l'en extraire. Cachetons plus alcool, m'a dit le vieux, dégoûté. Ces enculés avaient noté mort naturelle au lieu de suicide.

Ce qui n'empêchait pas les meilleurs de rester, comme la voisine de la chambre contiguë qui lâchait son rire gras, éraillé, de vieille pocharde que la mort elle-même aurait jugé incommodant, laquelle l'aurait rayée pour passer au nom suivant, ce qui lui augurait d'un répit non négligeable, et autant de bouteilles avec.

Ou son fils qui sortait de cabane, et qui, à la rue, profitait de l'absence de sa mère en journée pour récupérer devant les séries américaines en boucle de M6. Et je commençais à comprendre pourquoi Satie martelait certains accords.

Ou encore le voisin de l'autre chambre dont l'ex passait régulièrement sous sa fenêtre pour lui rappeler les quelques factures qu'il lui avait laissée en suspens avant de partir (dont une de téléphone, gratinée, qui revenait à chaque coup.) Elle savait qu'il était là, qu'elle gueulait. Mais un de ces quatre, elle finirait par lui tomber dessus avec quelques potes – et la suite que l'on imagine, parsemée de quelques bons jurons (comme l'éventualité de lui éclater ses litchis…) Mais à raison de trois ou quatre fois la semaine, il était difficile de ne pas se répéter et hormis un bon volume, le reste virait aussi aigre qu'un dépliant révolutionnaire.

Il devait arriver que la fenêtre soit ouverte, et je l'imaginais comme moi, derrière, qui attendait que ça s’arrête.

Je me dressais un mur en forme d'accords plaqués à la Satie, comme dans ses Ogives. Toutes ces loucheries sur la prétendue folie des artistes dans un monde comparativement plus sain n'y voyaient pas la réaction d'un être original baignant au cœur d'une aliénation généralisée.

 

(A suivre)

Publié dans Textes, Nouvelle

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Brune Sapin... Des nouvelles !

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Briques-à-Brune


 

Etat du chantier, 6 Juin 2018

Terres du Mont ‘Pelé, France

 

Les premiers sons de pioche ont retenti en mars 2017 quand Il a beau pleuvoir, le soleil n’est jamais mouillé a été imprimé chez Chloé des Lys – évidemment – car une fois lu par des lecteurs officiels ce furent des coups de cloche qui eurent au moins la qualité de clinquer à mes oreilles. Ce bruit à peine audible par d’autres devint musique à tracer et elle continue de résonner, et la partition n’a pas tout à fait terminé de s’agencer – notes, rythmes, mélodie scandée, langages du bout des langues – comme s’il ne s’agissait pas tant de rendre que de donner, et pas tant de gagner que de ne rien perdre. C’est ce que j’entrepris de lire et d’écrire, ce que je n’ai pas fini d’écrire et de parcourir pour qu’un livre éclose.

 

En septembre 2017, l’aventure prit de la consistance : moi et mes collègues du Module et du Diplôme d’Animation d’Ateliers d’Ecriture découvrîmes la matière humaine dans une peau de chose de François Bon, encadrés par des professionnels de hauts talents, aussi riches que différents pour chacun d’entre eux, et ce tout au long de l’année universitaire. La différence entre danser et s’agiterla traversée du désastre, la rencontre de la littérarisation, la nécessité d’envisager le Musée Delacroix comme le Palais du Facteur Cheval, sont autant de crépitations magiques ailleurs que là qui m’enthousiasmèrent et que j’espère continuer de partager avec toutes ces belles personnes – mais aussi avec qui me croise, me croisera – croisons-nous !

 

En parallèle de cette émulsion formatrice, j’essayai d’élaborer un projet professionnel avec des gens qui cherchent encore à faire émerger de ma personne une quelconque valeur sur le marché du travail. C’est dire si ça n’est pas gagné mais aussi s’il en faudrait davantage pour en désespérer.

 

Novembre 2017 fit date - toujours plus encore. Une histoire débuta - passionnée, passionnante, légère, puissante, partagée, échangée, main dans la main, de l’air, respirer… La vie montra ses diamants. Je vis sans me l’approprier du tout, la beauté d’un être qui frissonne au contact de mes propres frissons. Et je goûte à l’éternité d’un amour perle, d’un beau homme dont les charmants charmes m’émeuvent. J’entendis du Rock anglais, de la Pop, du Métal, du Punk, de l’Alternatif, du Reggae. Je me plongeai dans l’univers de la Bande Dessinée, des aventures de Peter Pan dessinées par Loisel. J’abordai les rives de la Science Fiction et du Cinéma d’auteur. Ma curiosité devint gourmande de toutes les saveurs jusqu’ici ignorées. J’adore apprendre. Je bouquinai peu – mais beaucoup dans ses yeux. La poésie d’André Velter m’aidait dans mes altitudes. Les Festivals à festivités et les levers de coude tous ensemble naquirent en hiver, d’explosifs explosant, d’un frémissement de feu fusion… Mais suis-je bête ! Les présentations ont été faites depuis un moment. Incroyable découverte que l’amour soit compatible avec le bonheur, et que ce dernier puisse inspirer tout en suaves exaltations.

 

La construction continue, elle ne peut avoir de fin.

 

 

Brune Sapin

Publié dans Textes

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"Nous sommes des lâches !"' Un texte signé Marie-Noëlle Fargier

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

 

Nous sommes des lâches !

        Des lâches de notre mémoire lourde d’endoctrinements.

Différences = DANGER

Consommation = BONHEUR

Pouvoir = SUPERIORITE

Des lâches lorsque, conscients de ces conditionnements, nous baissons la tête, nous fermons les yeux et nos gueules et nous avançons dans ce cortège de pantins. Parce que…peur de la mise en isolement.

Des lâches quand on oublie les horreurs que subissent nos voisins et qu’on éloigne vite par la carte géographique pour se recentrer sur nous. Parce que…peur de la contagion.

Des lâches quand nous prônons la tolérance et que nous ne faisons que l’écrire ou la dire. Parce que…peur de l’acte.

Des lâches quand nous mettons en avant des chiffres, des statistiques. Parce que…peur des noms, de l’humanisme.

Des lâches quand nous nous camouflons derrière un groupe. Parce que…peur de l’individualisme.

Des lâches quand nous n’allons pas au bout de nos pensées, de nos actes. Parce que…peur de soi ou de l’autre.

Des lâches quand nous renions nos convictions. Parce que…peur du jugement.

Des lâches quand nous faisons croire ou espérer. Parce que... peur d’assumer.

Des lâches quand nous vivons d’utopies. Parce que…peur de la réalité.

Des lâches quand nous récitons des phrases apprises par cœur. Parce que…peur de les analyser, d’en créer.

Des lâches quand nous nous regardons dans un miroir. Parce que…peur de l’invisible.


 

Oui nous sommes des lâches avec des tonnes de prétextes. Oui je suis lâche et j’ai peur. Ou plutôt j’ai peur et je suis lâche. Je pense aux Résistants, aux Justes au sens large du terme, aux Opprimés n’avaient-ils, n’ont-ils pas peur ?

Cette peur que nous trimballons par nos gènes ; cette peur transmise, inculquée, dictée au passé, au présent et dans l’avenir.

Pourtant, nous avons tous le même destin…

Marie-Noëlle FARGIER

Publié dans Textes, l'invité d'Aloys

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Thierry-Marie Delaunois nous propose un texte-récit poétique "Le merveilleux"

Publié le par christine brunet /aloys

 

Le merveilleux…

 

Elle venait d’entrer dans ma boulangerie,

Une coupe en brosse, des yeux noisette,

Altière, portée à la rêverie

Mais à présent elle contemplait les baguettes!

 

Pour moi, c’était clair: elle était là pour du pain

Et j’attendais de savoir ce qu’elle désirait:

Couques, brioches, pistolets, pain sans levain,

Sous ses yeux un bel assortiment s’étalait!

 

- Pardon mais j’hésite, lâcha-t-elle soudain,

Ce que vous présentez là est si délicieux,

Je ne suis donc pas venue ici en vain!

Des petits pains au chocolat, des merveilleux!

 

Votre magasin, on me l’a recommandé,

Vous êtes, paraît-il, un boulanger hors pair

A qui l’on peut sans conteste tout demander

Six jours sur sept, cela il faut vraiment le faire!

 

- Madame, je dois vous… - C’est Mademoiselle!

- Toutes mes excuses… - Ne vous en faites point!

- Un grand merci! Evitons toute querelle!

- Très bien! Je prendrai deux merveilleux et ce pain!”

 

Tomba le silence, nos yeux s’accrochèrent;

Quelque chose se passait mais de quel ordre?

Surgit en moi un souvenir de fougères,

D’une émotion! Dans mon esprit, le désordre!

 

Ces yeux, ce petit air, cette intonation,

Ici et maintenant? C’était impossible!

Et après un si long temps de séparation?

Pourtant...était-ce de l’ordre du crédible?

 

Tout en la servant, je me mis à sourire:

Oui, ce devait être elle vingt ans plus tard!

Quelle surprise! Que pourrais-je lui dire?

Calme, elle attendait, me fixant du regard.

 

- Voilà, Mademoiselle, votre commande!

- Merci, Monsieur...si je vous appelais Clément?

Oui, c’est moi Chloé, la gamine gourmande!

Je viens de te reconnaître, le garnement!”

 

Là, j’étais cuit, découvert, reconnu, coincé!

Le souvenir du jardin public remontait…

Les rires aigus et les jouets amochés,

Le soleil, son sourire que je revoyais!

 

Se souvenait-elle de ce baiser volé!

Un merveilleux atterrit sur mon visage,

Cela signifiait qu’elle n’avait pas oublié!

Mon baiser avait causé des dommages!

Vingt ans plus tôt, elle n’avait pas réagi,

Probablement stupéfaite et en émoi,

Et en très peu de temps, elle avait rougi

Avant de filer et de rejoindre les bois.

 

- ça, tu ne l’as pas volé! s’écria-t-elle,

Et je pense que maintenant, on est quitte!

Hasard, chance ou destin? précisa-t-elle,

Pensive, qu’importe, ici pas de fuite!

 

Quand j’étais jeune, j’étais plutôt timide!

Un merveilleux à la place d’une gifle

Ou d’une griffe, là je suis souple, fluide!

Jolie tête! D’admiration, je siffle!”

 

A coup sûr j’avais mérité ce châtiment,

Pépites de chocolat et crème fraîche

Sur le nez, les joues, les yeux, quel traitement!

C’était un jour où je n’avais point la pêche!

 

- Alors, Clément, je prends ici ma revanche

Et n’est-elle pas belle et...merveilleuse?

Lâcha-t-elle alors qu’on était dimanche,

Et j’estime avoir été généreuse!

 

- Mais en quoi, Chloé? Tu parles de la crème?

Tu t’es privée d’une pâtisserie

Que les villageois trouvent d’un goût suprême!

De l’artisanat en ma boulangerie!”

A nouveau un grand silence! Bénéfique?

Je saisis ma chance, tendit un doigt crémeux,

Me souvenant de ses goûts; ce fut magique

Car elle en profita sans que ce soit douteux:

 

Elle s’approcha bientôt pour recueillir d’un doigt,

De manière pudique mais souriante,

Ce qui lui revenait en effet de plein droit

Et je ne pus que la trouver éblouissante!

 

Clément et Chloé, tous les deux, là, si proches,

Plus des enfants mais des adultes consentants!

La situation n’était vraiment pas moche!

Dans sa façon de faire, rien de percutant!

 

Chloé récupérait sa pâtisserie

Etalée sur le visage de Clément,

A l’instant personne en la boulangerie!

Sinon on aurait pu nous prendre pour amants!

 

L’acte était intime et d’ordre privé,

Les gestes de Chloé mesurés, sensuels;

Immobile, j’en frémis, les sens activés!

Si elle poursuivait, je pourrais voir le ciel!

 

- Clément, qu’as-tu fait? Pourquoi m’as-tu embrassé?

- Pardon, Chloé, je me suis laissé emporter!

- Clément, sache que c’était vraiment très osé!

- Sache, Chloé, que ce n’était point calculé!

 

- N’éprouvais-tu pas pour moi quelque sentiment

A cette époque lointaine, mon cher Clément,

Pour oser ainsi m’embrasser si tendrement?

Eh bien, moi, je t’aimais, sais-tu, sincèrement!

 

- Ah bon, Chloé? Quel doux aveu car moi aussi!

- Toi aussi, Clément? A notre âge? Que dire?

- Au jardin public, j’y ai songé moi aussi!

- Bon sang, Clément, là je ne sais point que dire!

 

Tout à coup, un nouveau baiser et point volé

Dans la boulangerie au milieu des pains

Cette fois tous nos sens s’étaient bien activés!

Aurions-nous tous les deux un merveilleux destin?

 

FAIM, pardon...FIN!

 

THIERRY-MARIE DELAUNOIS

Publié dans Poésie, Textes

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Michel Beuvens nous propose "Petites réflexions sur un grand mystère"

Publié le par christine brunet /aloys

 

PETITES RÉFLEXIONS SUR UN GRAND MYSTÈRE

 

Lorsqu’on écrit, on utilise des jumelles, une loupe et un microscope . Des jumelles pour suivre le fil de son histoire, une loupe pour vérifier le sens des phrases que l'on écrit, et un microscope pour contrôler l'orthographe ou la typographie, le plus difficile étant de s’empêcher de passer sans cesse d’un outil à un autre.

Mais à force de l'examiner ainsi, on finit par s’interroger sur l’objet sur lequel on focalise : est-ce une chose que l’on crée, ou est-ce une chose qui existait et que l’on découvre ? Car parfois, il y a des mots ou des idées qui semblent venir de l’extérieur. Ça arrive tout d’un coup, on dirait que ça sort du clavier, comme si l’idée était à l’affût et s’imposait sans nous demander notre avis : ce seraient des lectures anciennes, des influences accumulées, des rencontres oubliées qui s'activent en coulisses et profitent d'une ouverture pour revenir sur scène avec des habits neufs ?                                                                                                           Et à d'autres moments, c’est la recherche active, la réflexion, l’exploration de la mémoire qui livrent les mots désirés et élaborent une nouvelle construction : ce serait la véritable création ? 

Alors ? Écrire : création ou découverte ? Est-ce l'une ou l'autre ? Ou font-elles chacune une partie du travail ? Mystère... Mais, de toute façon, on n'est jamais entièrement l'auteur de ses écrits : un auteur est un «  inventeur », mais au sens d'inventeur d’un trésor : « personne qui trouve par hasard un trésor sur le terrain d’autrui et qui acquiert ainsi le droit d’en posséder la moitié ».

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Frédéric Mailhan nous présente son roman, "Le jour se lèvera"

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

BIOGRAPHIE :

Né en 1978, Frédéric MAILHAN étudie l’Histoire à l’université de la Sorbonne avant de créer sa société de communication. Il gèrera celle-ci pendant 4 ans avant d’intégrer le monde bancaire où il travaille encore aujourd’hui.


RÉSUMÉ DU LIVRE:

Si mon pays était occupé, aurais-je le courage d’entrer en Résistance ? Saurais-je accepter ce que la guerre révèle de moi-même ? Et saurais-je éviter la violence et la folie ?

Dans une France occupée par l’armée américaine, Gabriel entre en Résistance.

Par hasard. Par idéologie. Par romantisme.

L’idéalisme du début va cependant rapidement laisser place à la réalité d’un combat qui l’emmènera chaque jour un peu plus loin dans la nuit. Sa propre nuit.

 

EXTRAIT DU LIVRE :

« Le jour se lève sur un Paris que je ne reconnais plus depuis longtemps.

Mais malgré l’occupation, malgré la clandestinité, malgré les effluves d’alcool, malgré le goût de mauvaise cocaïne collée à ma gorge, malgré tout cela, ce Paris est beau.

Beau de ses rues désertes, beau de cette impression de vivre un moment unique.

Je suis né avec cette guerre.

La nausée de cette nuit et de ces gens que j’ai conduits à l’abattoir n’effacera pas ce sentiment terrible et merveilleux à la fois.

Je suis vivant. Sans doute comme jamais je n’ai pu l’être avant.

La vie s’est accélérée, je n’ai pas d’autre choix que d’en saisir l’essentiel.

La guerre et le combat m’auront appris à vivre.

La base de la tour Nord de Notre Dame vomit quelques unes de ses pierres dans la rue.

Il y a encore quelques jours cette seule vision aurait justifié mon combat. Mais aujourd’hui il m’en faut plus. J’ai gagné en compréhension ce que j’ai perdu en idéalisme. J’accepte les règles du jeu. Ma guerre commence aujourd’hui.

En saisir l’essentiel… J’ai tellement peur de mourir. »

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"La réconciliation selon le Judaïsme (La Torah)" abordée dans l'essai d'éthique politique de Cyriaque Maixent Ebenga "Reconstruire le Congo-Brazzaville"

Publié le par christine brunet /aloys

 

La réconciliation selon le Judaïsme (La Torah)

 

Il est significatif que le verset le plus célèbre de la Bible : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Lévitique 19,18) commence par ces paroles : « Tu ne vengeras ni ne garderas rancune ». Pour la tradition juive, il est plus qu’évident que le commandement d’amour, repris à à l’envie par Jésus dans les Evangiles, n’est praticable que si l’homme extirpe de son cœur toute velléité de vengeance, et même toute rancune.

Difficile exercice pour l’homme que celui de l’amour de son prochain ! Peut-être même impossible, au point qu’il a fallu exiger au moins qu’à défaut, il ne haïsse pas. Car le verset précédent celui de l’amour du prochain (Lévitique 19,17) dit : « Tu ne haïras pas ton frère dans ton cœur. » Si nous récapitulons la progression des deux versets 17 et 18 du chapitre 19 du Lévitique : 1 « Tu ne haïras pas » ; 2 « Tu ne vengeras ni ne garderas rancune » : 3 (seulement !) « Tu aimeras ».

C’est sans doute à l’aune de cette constatation (qui a le mérite du réalisme) qu’il faut envisager la position juive traditionnelle sur la réconciliation. Qu’on ne se hâte pas trop, pour autant, de lui plaquer l’étiquette de sévérité. L’inadmissible comparaison entre le soi-disant Dieu vengeur du Judaïsme et le Dieu d’amour du Christianisme n’a heureusement plus cours dans la théologie chrétienne depuis qu’elle ignore moins ses racines juives.

Le Judaïsme veut simplement affirmer qu’il n’est de possibilité de réconciliation pour l’homme vis-à-vis de son prochain ou pour un peuple vis-à-vis d’un autre, que s’ils éliminent le ferment de la haine, de la vengeance et de la rancune. Ce n’est qu’après avoir fait table rase de ces obstacles qu’ils peuvent prétendre se réconcilier. Et aussi en ne tournant pas le dos à la mémoire. Deux autres commandements de la Torah, apparemment synonymes, disent en effet : « Za Khor », « souviens-toi ! » (Du mal que t’a fait Amalek), et « Lotishkakh », « N’oublie pas ! ». Il y a là l’expression des formes active, et passive de la nécessaire mémoire sans laquelle aucune réconciliation n’est possible.

Pardonner appartient aux victimes, et à elles seules. Se réconcilier appartient à leurs descendants : réconciliation basée sur la reconnaissance de la faute chez leurs bourreaux ou leurs descendants et sur la mémoire indestructible des forfaits. C’est par cette voie étroite que passent la réconciliation, la paix, et l’amour.

Publié dans Textes, présentations

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Sur les chemins de Saint-Jacques de Compostelle, une nouvelle signée Louis Delville

Publié le par christine brunet /aloys

 

Sur les chemins de Saint-Jacques de Compostelle


 

Qu'allait-elle y faire sur cette route ? Partant de Namur, Jacqueline a suivi les coquilles dorées placées en rue et très vite, les bords de Meuse se sont révélés bien agréables. Le pâle soleil belge lui donnait des ailes et les kilomètres succédaient aux kilomètres. La France était en vue.


 

Les pèlerins qu'elles rencontraient se plaisaient à lui raconter leurs exploits passés mais aussi futurs. La traversée des grandes plaines semblait lui convenir. Elle parcourait en un jour ce que d'autres faisaient en deux ou trois étapes.


 

Un entraînement d'enfer ! Depuis deux ans, elle marchait de plus en plus. Elle en était arrivée à dégoûter tous les compagnons qui voulaient aussi la défier !


 

En moins de trois semaines, Jacqueline était en Espagne !


 

Chaque soir à l'étape elle téléphonait à son ami François, resté en Belgique. Elle lui décrivait les chemins emprunté, les villages traversés et lui, à l'autre bout du fil, prenait consciencieusement note de son récit et le retranscrivait sur son ordinateur.


 

Le dernier soir, elle ne téléphona pas et il commença à s'inquiéter. Peut-être une panne de téléphone, se dit-il pour se rassurer… Le lendemain, toujours rien ce qui commença à inquiéter François.


 

Où était Jacqueline ? La police avertie, on commença les recherches. Pourtant le chemin qu'elle avait dû emprunter était facile et sûr. Quelques témoins l'avaient vue approchant de la basilique. Elle s'était évaporée en quelques minutes.


 

François décida de se rendre sur place en avion et en dépit de ses efforts, il revint en Belgique complètement désespéré par cette disparition.


 

Pendant ce temps-là, au Couvent des Dominicaines Cloîtrées de Saint-Jacques de Compostelle, on préparait l'intronisation de la nouvelle mère supérieure Sœur Jacqueline, venue de Belgique.


 


 

Louis Delville

 

Publié dans Textes, Nouvelle

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