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389 articles avec textes

Albert Niko nous propose une nouvelle en deux partie : "bleu nuit, hôtel social"

Publié le par christine brunet /aloys

 

bleu nuit, hôtel social

 

Le poste avait disparu mais il y avait encore tout ce qui se trouvait autour, et pour peu qu'il vous reste un fond de super, vous pouviez toujours vous suspendre à l'idée de vous projeter comme une bille de flipper dans les allées quasi désertes à l'heure de la fermeture et en ressortir moins de cinq minutes après avec une bouteille de vodka et deux cartons de jus d'ananas

(Satie, qui vous suivait partout, devait être l'un de ces moineaux rasant les luminaires au plafond)

pour tracer dans la foulée, votre soirée à vos côtés dans une poche en plastique, en laissant une à une les Six Lettres De Leur Empire Lumineux basculer dans le rétroviseur...

 

Dans une chambre de neuf mètres carrés vous pouviez toujours retourner un verre et le remplir avec un fond de Satie pour la sonorité du glaçon.

 

***

 

J'accrochais particulièrement sur sa 3ème Gnossienne. Alors, le morceau terminé, je le rembobinais pour le renvoyer. Il y avait aussi l'album de Mark Hollis et le quintette en ut mineur de Mozart. Par le hublot de ma fenêtre, le halo d'un réverbère draguait l'angle de la déchetterie. Fée Électricité, soeur blafarde, le flash au bout de ta seringue... Suivant une espèce d'accord tacite, je n'allais pas déranger mes voisins plus qu'eux ne cognaient à ma porte. La médiocrité de nos existences ne pouvait se mesurer à la musique – question de niveau, de hauteur. Je roulais mon joint en regardant par le hublot. Le réverbère n'allait pas s'éteindre, ni s'éclipser la déchetterie. Nous-mêmes occuperions cette piaule encore un bon moment...

 

***

 

Pour parer à l'éventualité qu'une voix vous appelle dans la nuit, ils avaient branché la ventilation au maximum.

 

***

 

Il y en avait eu un pour prendre la tangente. Celui créchant dans la dernière chambre au fond du couloir, et le seul à avoir jamais disposé un paillasson devant sa porte. Marrant ça, quand on y songe. Comme un signe avant-coureur.

C'était un ancien éducateur reconverti dans le démarchage à domicile que sa nana avait foutu dehors.

On sentait à l'écouter qu'il y avait urgence, et ses yeux vous harponnaient littéralement comme si vous étiez le dernier à pouvoir l'écouter après que tous les autres se le soient refilés, et j'avoue ne pas avoir mieux fait.

Et un matin, le vieux deux chambres plus loin avait dû le sentir venir, car il a trouvé sa porte verrouillée et personne ne répondait. Les gars du SAMU s'y sont mis à plusieurs pour l'en extraire. Cachetons plus alcool, m'a dit le vieux, dégoûté. Ces enculés avaient noté mort naturelle au lieu de suicide.

Ce qui n'empêchait pas les meilleurs de rester, comme la voisine de la chambre contiguë qui lâchait son rire gras, éraillé, de vieille pocharde que la mort elle-même aurait jugé incommodant, laquelle l'aurait rayée pour passer au nom suivant, ce qui lui augurait d'un répit non négligeable, et autant de bouteilles avec.

Ou son fils qui sortait de cabane, et qui, à la rue, profitait de l'absence de sa mère en journée pour récupérer devant les séries américaines en boucle de M6. Et je commençais à comprendre pourquoi Satie martelait certains accords.

Ou encore le voisin de l'autre chambre dont l'ex passait régulièrement sous sa fenêtre pour lui rappeler les quelques factures qu'il lui avait laissée en suspens avant de partir (dont une de téléphone, gratinée, qui revenait à chaque coup.) Elle savait qu'il était là, qu'elle gueulait. Mais un de ces quatre, elle finirait par lui tomber dessus avec quelques potes – et la suite que l'on imagine, parsemée de quelques bons jurons (comme l'éventualité de lui éclater ses litchis…) Mais à raison de trois ou quatre fois la semaine, il était difficile de ne pas se répéter et hormis un bon volume, le reste virait aussi aigre qu'un dépliant révolutionnaire.

Il devait arriver que la fenêtre soit ouverte, et je l'imaginais comme moi, derrière, qui attendait que ça s’arrête.

Je me dressais un mur en forme d'accords plaqués à la Satie, comme dans ses Ogives. Toutes ces loucheries sur la prétendue folie des artistes dans un monde comparativement plus sain n'y voyaient pas la réaction d'un être original baignant au cœur d'une aliénation généralisée.

 

(A suivre)

Publié dans Textes, Nouvelle

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Brune Sapin... Des nouvelles !

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Briques-à-Brune


 

Etat du chantier, 6 Juin 2018

Terres du Mont ‘Pelé, France

 

Les premiers sons de pioche ont retenti en mars 2017 quand Il a beau pleuvoir, le soleil n’est jamais mouillé a été imprimé chez Chloé des Lys – évidemment – car une fois lu par des lecteurs officiels ce furent des coups de cloche qui eurent au moins la qualité de clinquer à mes oreilles. Ce bruit à peine audible par d’autres devint musique à tracer et elle continue de résonner, et la partition n’a pas tout à fait terminé de s’agencer – notes, rythmes, mélodie scandée, langages du bout des langues – comme s’il ne s’agissait pas tant de rendre que de donner, et pas tant de gagner que de ne rien perdre. C’est ce que j’entrepris de lire et d’écrire, ce que je n’ai pas fini d’écrire et de parcourir pour qu’un livre éclose.

 

En septembre 2017, l’aventure prit de la consistance : moi et mes collègues du Module et du Diplôme d’Animation d’Ateliers d’Ecriture découvrîmes la matière humaine dans une peau de chose de François Bon, encadrés par des professionnels de hauts talents, aussi riches que différents pour chacun d’entre eux, et ce tout au long de l’année universitaire. La différence entre danser et s’agiterla traversée du désastre, la rencontre de la littérarisation, la nécessité d’envisager le Musée Delacroix comme le Palais du Facteur Cheval, sont autant de crépitations magiques ailleurs que là qui m’enthousiasmèrent et que j’espère continuer de partager avec toutes ces belles personnes – mais aussi avec qui me croise, me croisera – croisons-nous !

 

En parallèle de cette émulsion formatrice, j’essayai d’élaborer un projet professionnel avec des gens qui cherchent encore à faire émerger de ma personne une quelconque valeur sur le marché du travail. C’est dire si ça n’est pas gagné mais aussi s’il en faudrait davantage pour en désespérer.

 

Novembre 2017 fit date - toujours plus encore. Une histoire débuta - passionnée, passionnante, légère, puissante, partagée, échangée, main dans la main, de l’air, respirer… La vie montra ses diamants. Je vis sans me l’approprier du tout, la beauté d’un être qui frissonne au contact de mes propres frissons. Et je goûte à l’éternité d’un amour perle, d’un beau homme dont les charmants charmes m’émeuvent. J’entendis du Rock anglais, de la Pop, du Métal, du Punk, de l’Alternatif, du Reggae. Je me plongeai dans l’univers de la Bande Dessinée, des aventures de Peter Pan dessinées par Loisel. J’abordai les rives de la Science Fiction et du Cinéma d’auteur. Ma curiosité devint gourmande de toutes les saveurs jusqu’ici ignorées. J’adore apprendre. Je bouquinai peu – mais beaucoup dans ses yeux. La poésie d’André Velter m’aidait dans mes altitudes. Les Festivals à festivités et les levers de coude tous ensemble naquirent en hiver, d’explosifs explosant, d’un frémissement de feu fusion… Mais suis-je bête ! Les présentations ont été faites depuis un moment. Incroyable découverte que l’amour soit compatible avec le bonheur, et que ce dernier puisse inspirer tout en suaves exaltations.

 

La construction continue, elle ne peut avoir de fin.

 

 

Brune Sapin

Publié dans Textes

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"Nous sommes des lâches !"' Un texte signé Marie-Noëlle Fargier

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

 

Nous sommes des lâches !

        Des lâches de notre mémoire lourde d’endoctrinements.

Différences = DANGER

Consommation = BONHEUR

Pouvoir = SUPERIORITE

Des lâches lorsque, conscients de ces conditionnements, nous baissons la tête, nous fermons les yeux et nos gueules et nous avançons dans ce cortège de pantins. Parce que…peur de la mise en isolement.

Des lâches quand on oublie les horreurs que subissent nos voisins et qu’on éloigne vite par la carte géographique pour se recentrer sur nous. Parce que…peur de la contagion.

Des lâches quand nous prônons la tolérance et que nous ne faisons que l’écrire ou la dire. Parce que…peur de l’acte.

Des lâches quand nous mettons en avant des chiffres, des statistiques. Parce que…peur des noms, de l’humanisme.

Des lâches quand nous nous camouflons derrière un groupe. Parce que…peur de l’individualisme.

Des lâches quand nous n’allons pas au bout de nos pensées, de nos actes. Parce que…peur de soi ou de l’autre.

Des lâches quand nous renions nos convictions. Parce que…peur du jugement.

Des lâches quand nous faisons croire ou espérer. Parce que... peur d’assumer.

Des lâches quand nous vivons d’utopies. Parce que…peur de la réalité.

Des lâches quand nous récitons des phrases apprises par cœur. Parce que…peur de les analyser, d’en créer.

Des lâches quand nous nous regardons dans un miroir. Parce que…peur de l’invisible.


 

Oui nous sommes des lâches avec des tonnes de prétextes. Oui je suis lâche et j’ai peur. Ou plutôt j’ai peur et je suis lâche. Je pense aux Résistants, aux Justes au sens large du terme, aux Opprimés n’avaient-ils, n’ont-ils pas peur ?

Cette peur que nous trimballons par nos gènes ; cette peur transmise, inculquée, dictée au passé, au présent et dans l’avenir.

Pourtant, nous avons tous le même destin…

Marie-Noëlle FARGIER

Publié dans Textes, l'invité d'Aloys

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Thierry-Marie Delaunois nous propose un texte-récit poétique "Le merveilleux"

Publié le par christine brunet /aloys

 

Le merveilleux…

 

Elle venait d’entrer dans ma boulangerie,

Une coupe en brosse, des yeux noisette,

Altière, portée à la rêverie

Mais à présent elle contemplait les baguettes!

 

Pour moi, c’était clair: elle était là pour du pain

Et j’attendais de savoir ce qu’elle désirait:

Couques, brioches, pistolets, pain sans levain,

Sous ses yeux un bel assortiment s’étalait!

 

- Pardon mais j’hésite, lâcha-t-elle soudain,

Ce que vous présentez là est si délicieux,

Je ne suis donc pas venue ici en vain!

Des petits pains au chocolat, des merveilleux!

 

Votre magasin, on me l’a recommandé,

Vous êtes, paraît-il, un boulanger hors pair

A qui l’on peut sans conteste tout demander

Six jours sur sept, cela il faut vraiment le faire!

 

- Madame, je dois vous… - C’est Mademoiselle!

- Toutes mes excuses… - Ne vous en faites point!

- Un grand merci! Evitons toute querelle!

- Très bien! Je prendrai deux merveilleux et ce pain!”

 

Tomba le silence, nos yeux s’accrochèrent;

Quelque chose se passait mais de quel ordre?

Surgit en moi un souvenir de fougères,

D’une émotion! Dans mon esprit, le désordre!

 

Ces yeux, ce petit air, cette intonation,

Ici et maintenant? C’était impossible!

Et après un si long temps de séparation?

Pourtant...était-ce de l’ordre du crédible?

 

Tout en la servant, je me mis à sourire:

Oui, ce devait être elle vingt ans plus tard!

Quelle surprise! Que pourrais-je lui dire?

Calme, elle attendait, me fixant du regard.

 

- Voilà, Mademoiselle, votre commande!

- Merci, Monsieur...si je vous appelais Clément?

Oui, c’est moi Chloé, la gamine gourmande!

Je viens de te reconnaître, le garnement!”

 

Là, j’étais cuit, découvert, reconnu, coincé!

Le souvenir du jardin public remontait…

Les rires aigus et les jouets amochés,

Le soleil, son sourire que je revoyais!

 

Se souvenait-elle de ce baiser volé!

Un merveilleux atterrit sur mon visage,

Cela signifiait qu’elle n’avait pas oublié!

Mon baiser avait causé des dommages!

Vingt ans plus tôt, elle n’avait pas réagi,

Probablement stupéfaite et en émoi,

Et en très peu de temps, elle avait rougi

Avant de filer et de rejoindre les bois.

 

- ça, tu ne l’as pas volé! s’écria-t-elle,

Et je pense que maintenant, on est quitte!

Hasard, chance ou destin? précisa-t-elle,

Pensive, qu’importe, ici pas de fuite!

 

Quand j’étais jeune, j’étais plutôt timide!

Un merveilleux à la place d’une gifle

Ou d’une griffe, là je suis souple, fluide!

Jolie tête! D’admiration, je siffle!”

 

A coup sûr j’avais mérité ce châtiment,

Pépites de chocolat et crème fraîche

Sur le nez, les joues, les yeux, quel traitement!

C’était un jour où je n’avais point la pêche!

 

- Alors, Clément, je prends ici ma revanche

Et n’est-elle pas belle et...merveilleuse?

Lâcha-t-elle alors qu’on était dimanche,

Et j’estime avoir été généreuse!

 

- Mais en quoi, Chloé? Tu parles de la crème?

Tu t’es privée d’une pâtisserie

Que les villageois trouvent d’un goût suprême!

De l’artisanat en ma boulangerie!”

A nouveau un grand silence! Bénéfique?

Je saisis ma chance, tendit un doigt crémeux,

Me souvenant de ses goûts; ce fut magique

Car elle en profita sans que ce soit douteux:

 

Elle s’approcha bientôt pour recueillir d’un doigt,

De manière pudique mais souriante,

Ce qui lui revenait en effet de plein droit

Et je ne pus que la trouver éblouissante!

 

Clément et Chloé, tous les deux, là, si proches,

Plus des enfants mais des adultes consentants!

La situation n’était vraiment pas moche!

Dans sa façon de faire, rien de percutant!

 

Chloé récupérait sa pâtisserie

Etalée sur le visage de Clément,

A l’instant personne en la boulangerie!

Sinon on aurait pu nous prendre pour amants!

 

L’acte était intime et d’ordre privé,

Les gestes de Chloé mesurés, sensuels;

Immobile, j’en frémis, les sens activés!

Si elle poursuivait, je pourrais voir le ciel!

 

- Clément, qu’as-tu fait? Pourquoi m’as-tu embrassé?

- Pardon, Chloé, je me suis laissé emporter!

- Clément, sache que c’était vraiment très osé!

- Sache, Chloé, que ce n’était point calculé!

 

- N’éprouvais-tu pas pour moi quelque sentiment

A cette époque lointaine, mon cher Clément,

Pour oser ainsi m’embrasser si tendrement?

Eh bien, moi, je t’aimais, sais-tu, sincèrement!

 

- Ah bon, Chloé? Quel doux aveu car moi aussi!

- Toi aussi, Clément? A notre âge? Que dire?

- Au jardin public, j’y ai songé moi aussi!

- Bon sang, Clément, là je ne sais point que dire!

 

Tout à coup, un nouveau baiser et point volé

Dans la boulangerie au milieu des pains

Cette fois tous nos sens s’étaient bien activés!

Aurions-nous tous les deux un merveilleux destin?

 

FAIM, pardon...FIN!

 

THIERRY-MARIE DELAUNOIS

Publié dans Poésie, Textes

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Michel Beuvens nous propose "Petites réflexions sur un grand mystère"

Publié le par christine brunet /aloys

 

PETITES RÉFLEXIONS SUR UN GRAND MYSTÈRE

 

Lorsqu’on écrit, on utilise des jumelles, une loupe et un microscope . Des jumelles pour suivre le fil de son histoire, une loupe pour vérifier le sens des phrases que l'on écrit, et un microscope pour contrôler l'orthographe ou la typographie, le plus difficile étant de s’empêcher de passer sans cesse d’un outil à un autre.

Mais à force de l'examiner ainsi, on finit par s’interroger sur l’objet sur lequel on focalise : est-ce une chose que l’on crée, ou est-ce une chose qui existait et que l’on découvre ? Car parfois, il y a des mots ou des idées qui semblent venir de l’extérieur. Ça arrive tout d’un coup, on dirait que ça sort du clavier, comme si l’idée était à l’affût et s’imposait sans nous demander notre avis : ce seraient des lectures anciennes, des influences accumulées, des rencontres oubliées qui s'activent en coulisses et profitent d'une ouverture pour revenir sur scène avec des habits neufs ?                                                                                                           Et à d'autres moments, c’est la recherche active, la réflexion, l’exploration de la mémoire qui livrent les mots désirés et élaborent une nouvelle construction : ce serait la véritable création ? 

Alors ? Écrire : création ou découverte ? Est-ce l'une ou l'autre ? Ou font-elles chacune une partie du travail ? Mystère... Mais, de toute façon, on n'est jamais entièrement l'auteur de ses écrits : un auteur est un «  inventeur », mais au sens d'inventeur d’un trésor : « personne qui trouve par hasard un trésor sur le terrain d’autrui et qui acquiert ainsi le droit d’en posséder la moitié ».

Publié dans Textes

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Frédéric Mailhan nous présente son roman, "Le jour se lèvera"

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

BIOGRAPHIE :

Né en 1978, Frédéric MAILHAN étudie l’Histoire à l’université de la Sorbonne avant de créer sa société de communication. Il gèrera celle-ci pendant 4 ans avant d’intégrer le monde bancaire où il travaille encore aujourd’hui.


RÉSUMÉ DU LIVRE:

Si mon pays était occupé, aurais-je le courage d’entrer en Résistance ? Saurais-je accepter ce que la guerre révèle de moi-même ? Et saurais-je éviter la violence et la folie ?

Dans une France occupée par l’armée américaine, Gabriel entre en Résistance.

Par hasard. Par idéologie. Par romantisme.

L’idéalisme du début va cependant rapidement laisser place à la réalité d’un combat qui l’emmènera chaque jour un peu plus loin dans la nuit. Sa propre nuit.

 

EXTRAIT DU LIVRE :

« Le jour se lève sur un Paris que je ne reconnais plus depuis longtemps.

Mais malgré l’occupation, malgré la clandestinité, malgré les effluves d’alcool, malgré le goût de mauvaise cocaïne collée à ma gorge, malgré tout cela, ce Paris est beau.

Beau de ses rues désertes, beau de cette impression de vivre un moment unique.

Je suis né avec cette guerre.

La nausée de cette nuit et de ces gens que j’ai conduits à l’abattoir n’effacera pas ce sentiment terrible et merveilleux à la fois.

Je suis vivant. Sans doute comme jamais je n’ai pu l’être avant.

La vie s’est accélérée, je n’ai pas d’autre choix que d’en saisir l’essentiel.

La guerre et le combat m’auront appris à vivre.

La base de la tour Nord de Notre Dame vomit quelques unes de ses pierres dans la rue.

Il y a encore quelques jours cette seule vision aurait justifié mon combat. Mais aujourd’hui il m’en faut plus. J’ai gagné en compréhension ce que j’ai perdu en idéalisme. J’accepte les règles du jeu. Ma guerre commence aujourd’hui.

En saisir l’essentiel… J’ai tellement peur de mourir. »

Publié dans Textes

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"La réconciliation selon le Judaïsme (La Torah)" abordée dans l'essai d'éthique politique de Cyriaque Maixent Ebenga "Reconstruire le Congo-Brazzaville"

Publié le par christine brunet /aloys

 

La réconciliation selon le Judaïsme (La Torah)

 

Il est significatif que le verset le plus célèbre de la Bible : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Lévitique 19,18) commence par ces paroles : « Tu ne vengeras ni ne garderas rancune ». Pour la tradition juive, il est plus qu’évident que le commandement d’amour, repris à à l’envie par Jésus dans les Evangiles, n’est praticable que si l’homme extirpe de son cœur toute velléité de vengeance, et même toute rancune.

Difficile exercice pour l’homme que celui de l’amour de son prochain ! Peut-être même impossible, au point qu’il a fallu exiger au moins qu’à défaut, il ne haïsse pas. Car le verset précédent celui de l’amour du prochain (Lévitique 19,17) dit : « Tu ne haïras pas ton frère dans ton cœur. » Si nous récapitulons la progression des deux versets 17 et 18 du chapitre 19 du Lévitique : 1 « Tu ne haïras pas » ; 2 « Tu ne vengeras ni ne garderas rancune » : 3 (seulement !) « Tu aimeras ».

C’est sans doute à l’aune de cette constatation (qui a le mérite du réalisme) qu’il faut envisager la position juive traditionnelle sur la réconciliation. Qu’on ne se hâte pas trop, pour autant, de lui plaquer l’étiquette de sévérité. L’inadmissible comparaison entre le soi-disant Dieu vengeur du Judaïsme et le Dieu d’amour du Christianisme n’a heureusement plus cours dans la théologie chrétienne depuis qu’elle ignore moins ses racines juives.

Le Judaïsme veut simplement affirmer qu’il n’est de possibilité de réconciliation pour l’homme vis-à-vis de son prochain ou pour un peuple vis-à-vis d’un autre, que s’ils éliminent le ferment de la haine, de la vengeance et de la rancune. Ce n’est qu’après avoir fait table rase de ces obstacles qu’ils peuvent prétendre se réconcilier. Et aussi en ne tournant pas le dos à la mémoire. Deux autres commandements de la Torah, apparemment synonymes, disent en effet : « Za Khor », « souviens-toi ! » (Du mal que t’a fait Amalek), et « Lotishkakh », « N’oublie pas ! ». Il y a là l’expression des formes active, et passive de la nécessaire mémoire sans laquelle aucune réconciliation n’est possible.

Pardonner appartient aux victimes, et à elles seules. Se réconcilier appartient à leurs descendants : réconciliation basée sur la reconnaissance de la faute chez leurs bourreaux ou leurs descendants et sur la mémoire indestructible des forfaits. C’est par cette voie étroite que passent la réconciliation, la paix, et l’amour.

Publié dans Textes, présentations

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Sur les chemins de Saint-Jacques de Compostelle, une nouvelle signée Louis Delville

Publié le par christine brunet /aloys

 

Sur les chemins de Saint-Jacques de Compostelle


 

Qu'allait-elle y faire sur cette route ? Partant de Namur, Jacqueline a suivi les coquilles dorées placées en rue et très vite, les bords de Meuse se sont révélés bien agréables. Le pâle soleil belge lui donnait des ailes et les kilomètres succédaient aux kilomètres. La France était en vue.


 

Les pèlerins qu'elles rencontraient se plaisaient à lui raconter leurs exploits passés mais aussi futurs. La traversée des grandes plaines semblait lui convenir. Elle parcourait en un jour ce que d'autres faisaient en deux ou trois étapes.


 

Un entraînement d'enfer ! Depuis deux ans, elle marchait de plus en plus. Elle en était arrivée à dégoûter tous les compagnons qui voulaient aussi la défier !


 

En moins de trois semaines, Jacqueline était en Espagne !


 

Chaque soir à l'étape elle téléphonait à son ami François, resté en Belgique. Elle lui décrivait les chemins emprunté, les villages traversés et lui, à l'autre bout du fil, prenait consciencieusement note de son récit et le retranscrivait sur son ordinateur.


 

Le dernier soir, elle ne téléphona pas et il commença à s'inquiéter. Peut-être une panne de téléphone, se dit-il pour se rassurer… Le lendemain, toujours rien ce qui commença à inquiéter François.


 

Où était Jacqueline ? La police avertie, on commença les recherches. Pourtant le chemin qu'elle avait dû emprunter était facile et sûr. Quelques témoins l'avaient vue approchant de la basilique. Elle s'était évaporée en quelques minutes.


 

François décida de se rendre sur place en avion et en dépit de ses efforts, il revint en Belgique complètement désespéré par cette disparition.


 

Pendant ce temps-là, au Couvent des Dominicaines Cloîtrées de Saint-Jacques de Compostelle, on préparait l'intronisation de la nouvelle mère supérieure Sœur Jacqueline, venue de Belgique.


 


 

Louis Delville

 

Publié dans Textes, Nouvelle

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Caractères, un nouveau texte de Bob le Belge...

Publié le par christine brunet /aloys

 

C’est arrivé bêtement, je prenais le livre en main en le tenant par la tranche lorsque j’ai vu une pluie de caractères tomber sur le sol. Etonné j’ouvre le bouquin et m’aperçoit que c’est le texte des quatre dernières pages qui s’est détaché, sans doute mal imprimé. Il restait quelques lettres par ci par là mais beaucoup trop peu que pour déchiffrer quoi que ce soit.

 

J’étais fort embêté, d’autant plus que c’est le HX14 de Christine Blondet et que j’arrivais à la fin là où on apprend qui manipulait qui.

 

Heureusement je connais l’auteure et lui téléphone en la priant de bien vouloir m’envoyer la partie manquante par email. Mais elle me rappelle quelques minutes plus tard assez énervée pour me signaler que ces pages manquent désormais sur son fichier également et qu’elle ne se souvient plus comment finit l’histoire ? Idem du côté de son imprimeur…

 

T’as intérêt à ramasser ces caractères et à les remettre dans l’ordre menace-t-elle la voix rageuse.

 

D’accord mais comment ? Je calcule rapidement que quatre pages cela représente  des milliers de caractères et me mets immédiatement à l’ouvrage avec une pince à épiler, une grande feuille blanche et de la colle à papier.

 

Ca m’a prit une semaine entière et pour dire vrai l’opération achevée il me restait une centaine de caractères inemployés que j’ai brossé de la main, l’air de rien, dans la poubelle. Pas sûr que c’était le texte prévu mais elle a quand même obtenu le grand prix du meilleur roman policier de l’année. Même que devant l’ébahissement de Laurent Ruquier et Yann Moix qui la félicitaient pour la chute phénoménale et inattendue de son thriller elle eu l‘audace de répondre qu’elle n’avait jamais manqué d’imagination.

 

Elle vient de m’envoyer son HX15 et je tourne ses pages avec soin en vérifiant à chaque fois que toutes les lignes restent bien en place.

 

Bob le Belge

 

 

Publié dans Textes

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"La réconciliation selon l’Islam (Le Coran et les Hadiths)", une notion abordée dans l'ouvrage d'essai d'éthique politique "Reconstruire le Congo-Brazzaville" de Cyriaque Maixent Ebenga

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

La réconciliation selon l’Islam (Le Coran et les Hadiths)

 

« Aide ton frère, qu’il soit opprimé ou oppresseur » dit le Prophète. Un compagnon s’étonne et dit : « J’aiderai mon frère opprimé, mais l’oppresseur, comment l’aiderai-je ? » « En l’empêchant de mal faire », répondit le prophète (hadiths)

Les musulmans expriment de multiples façons la paix et la réconciliation, largement encouragées et recommandées par les principes fondamentaux de l’Islam. Le mot Salam, très souvent employé par les textes coraniques traduit l’idée de salut et de salutation ; il concerne, à la fois, le salut terrestre et céleste. Al salam qui prend le sens de paix. « Quand vous entrez dans des maisons, prononcez salam l’un sur l’autre (…) » (XXIV, 27). Cette recommandation se matérialise par la fameuse formule connue de tous : « Assalamou aleikoum » (« Que la paix soit sur vous »). C’est dire que la paix (salam) traverse la quotidienneté du musulman qui doit, avant tout, rechercher la coexistence pacifique. « Ne dites pas à celui qui n’offre pas la paix : ‘’ Tu n’es pas croyant ‘’ » (IV, 94).

La guerre (harb) doit demeurer une exception alors que la paix (salam, hudna, muwada’a), dans le sens de quiétude, musalaha qui signifie réconciliation, musalaha qui veut dire faire la paix, cultiver la paix est un principe général. Il y a encore d’autres vocables de la langue arabe qui font référence à la paix ou à l’idée d’abstention d’hostilité et d’agressivité. De très nombreux versets coraniques, qu’il serait fastidieux de citer ici, incitent les musulmans à réaliser la paix et établir des relations sinon cordiales du moins pacifiques avec les autres tribus, peuples ou nations qui constituent l’humanité. « (…) Nous vous avons créés d’homme et de femme, Nous vous avons désignés en nations et tribus pour que vous vous connaissiez entre vous (…) » (XLIV, 13). Ce verset, à lui seul engage les musulmans à pratiquer la muwada’a et la musalama.

La guerre que l’on assimile au Djihad n’est pas, loin de là, exclusive aux musulmans qui la pensent, à l’instar des autres comme une défense contre l’agression extérieure. Mais dès que s’arrête l’agression, il est normalement mis fin aux hostilités, ce qui rend la réconciliation et la paix possible. Tandis que la guerre civile (hard ahliyya), considérée comme une fitna (épreuve, discorde, désordre, trouble, sédition), est réprouvée par le Coran et les hadiths (Hadits du Prophète) qui obligent les musulmans à procéder à l’arbitrage (tahkim) et à mettre fin à l’effusion de sang, sévèrement condamnée. « Rien d’autre : les croyants sont frères » (XLIV, 10). Le texte coranique considère que la fitna est pire que le meurtre. Dans tous les cas, la guerre et le désordre sont réprouvés par les textes scripturaires, qui incitent les hommes à s’entraider dans le crime et l’inimitié (hadiths). 

Publié dans présentations, Textes

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