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110 articles avec l'invite d'aloys

Le teaser (et plus) du nouveau thriller de Christine Brunet, Convergences

Publié le par christine brunet /aloys

Aujourd'hui, 02 octobre, mon 7e thriller sort dans les bacs !

Son titre ? Convergences (aux Éditions Gascogne, Dif. De Borée).

ISBN 978-2-36666-074-6

20 € - 410 pages

Plus d'infos ? Sur mon site auteur : http://www.christine-brunet.com

Premier chapitre...

 

AUTOMNE 2011

 

 

 

Ce devait être un coup sans risque, parfait pour une fin de carrière. Le B. A. –BA du métier. Il avait les codes de l’alarme, les clés spécialement conçues pour les vitrines et le protocole de sécurité : du gâteau pour un magot hors-norme.

 Il avait joué sur du velours avec une facilité déconcertante, à croire que l’organisateur de l’expo en personne était de mèche.  Difficile à avaler, mais comme il ne connaissait pas son commanditaire, pas tout à fait exclu.

Notre homme n’est pas né de la dernière… averse, diraient certains. Un cador dans sa profession. Il a rendez-vous avec son associé de l’ombre dans un coin désert entre Marseille et Cassis, à quelques encablures à peine de Cap Morgiou. Franchement un drôle d’endroit pour un échange marchandise contre paiement. Du coup, il a brouillé les pistes et prévu une porte de sortie.

 

Il pleut des trombes d’eau, un orage comme il en fait en Provence, bref mais intense. Des éclairs sillonnent le ciel noir d’encre. Les tonnerres ébranlent les roches trop blanches, presque fluorescentes sur fond de mer déchaînée.

Il est heureusement sec sous sa combinaison néoprène noire, à découvert certes, mais comment se mettre à l’abri dans cette garrigue pelée plus minérale que végétale ? Le sentier derrière lui, à peine visible, se perd dans la colline.

Un coup d’œil à sa montre : son contact est en retard. Pas vraiment étonnant avec ce temps. Il lui laisse encore quelques minutes, histoire qu’on ne puisse rien lui reprocher : notre homme est de parole, il est reconnu pour ça dans le métier.

 

Un déferlement d’électricité sur ce bout de rocher. Peut-être des cailloux qui roulent et dégringolent de la falaise toute proche. Il jette un œil suspicieux alentour, fait un pas vers l’abrupt pour tenter de voir ce qui se passe.

 

Une déflagration, un choc à la poitrine, une douleur intense. On l’a roulé…

 

Il flageole, trébuche, mais serre les dents : il n’a pas dit son dernier mot…

 

Il resserre d’une main ensanglantée les sangles du gilet lesté retenant une bouteille de plongée d’un litre, franchit les trois petits mètres qui le séparent du vide et se laisse chuter, le sourire aux lèvres.

 

Le teaser (et plus) du nouveau thriller de Christine Brunet, Convergences

Publié dans l'invité d'Aloys

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Carine-Laure Desguin en invitée d'Aloys !

Publié le par christine brunet /aloys

Carine-Laure Desguin en invitée d'Aloys !

— Carine-Laure, quelle actu ces dernières semaines !

— Ça, tu peux le dire, Serge ! (Pour rappel, Serge, c’est le bibliothécaire super dynamique vissé au château Bilquin de Cartier, là où se trouve la bibliothèque Marguerite Yourcenar www.bourgeon.be).

— Tu interviewes, tu es interviewée, tu slames et le CD sur lequel on t’entend nasiller est, est, j’en oublie mes mots ! Et aussi ton dernier livre dont il est question dans cet article du journal Vers l’avenir ( dans l’édition du 14 juin, Vers L’Avenir de l’Entre-Sambre-et-Meuse)

— Nasiller ?

— Ne me fais pas rire, Carine-Laure. Je récapitule…Il y a ce slam « Contre tes murs, citadelle sans grillage », tu nous racontes ?

— En deux mots. Un slam qui se retrouve sur un CD enregistré avec d’autres slameurs. Une très belle expérience. La séquence est passée dans l’émission mensuelle Actutv.

— Ah oui, j’oubliais ! L’émission Actutv est une émission culturelle mensuelle, c’est ça ?

— C’est bien ça, une émission mensuelle qui donne la parole aux artistes dont on ne parle pas assez. C’est une émission lancée par quelques potes techniciens attachés aux éditions Chloé des Lys. Quelques fils entremêlés et hop, ces génies de l’informatique ont bousculé le monde du web. L’émission se regarde le dimanche soir en direct (et on peut chatter, c’est génial) et ensuite les podcats sont disponibles. Un de ces bandits du web, c’est Bob Boutique (http://www.actu-tv.net/)

Et voici le lien vers cette séquence : https://www.youtube.com/watch?v=YGqkpVaXR7g

Je ne remercierai jamais assez les éditions Chloé des Lys et leur équipe …

— Oui mais ton dernier livre « C’est le même décor » est édité chez Edilivre !

— J’ai deux livres en préparation chez Chloé des lys…

— Ok, on zappe. Belle séquence, ce slam, c’est bien, on continue ! Dans la séquence suivante, on te voit interviewer Pierre-Jean Foulon. Tu nous en dis plus ?

— Un très beau moment. Bob et moi sommes allés devant la stèle de Roger Foulon, à Thuin, juste à côté de la bibliothèque et nous avons remémoré en quelques secondes (hélas, le temps est limité) la vie littéraire de Roger Foulon qui rappelons-le fut (mais j’ai difficile de parler de Roger Foulon au passé, il est tellement présent dans toutes ces rues…) un écrivain très prolixe. Ce que j’ai apprécié aussi, toucher les anciennes presses, tous ces petits caractères et le nec plus ultra, avoir eu accès à la bibliothèque de Roger Foulon. Et aussi apprendre qu’Achille Chavée avait frôlé ces briques.

— Toujours ton petit côté révolutionnaire et surréaliste...

— Chuuut, Serge !

Voici le lien vers cette séquence qui ravira tous nos amis Thudiniens mais aussi tous les écrivains qui ont connu ce poète aux multiples prix. Je reparlerai dans quelques semaines de Pierre-Jean Foulon, je lis en ce moment sa dernière publication « Fresque baroque de mon désir ».

Ici le lien vers la séquence consacrée à Roger Foulon : https://www.youtube.com/watch?v=8qezVhLq3q0

— Ah oui, j’oubliais, tu as participé au recueil « Monstre 2015 ». J’ai lu ton texte. Pas mal. Un peu sot mais ça te ressemble.

http://carineldesguin.canalblog.com/archives/2015/06/17/32230542.html

— Merci, Serge.

— Ce matin, j’ouvre le journal Vers l’avenir et qui vois-je, Miss Caquette ! Courageux le journaliste qui t’a interviewée, il ne s’est pas mêlé les plumes et les objectifs dans toutes tes activités.

— Merci à Pierre Dejardin !

— Le slam, la séquence au sujet de Roger Foulon, le recueil Monstres 2015. Je n’oublie rien, voyons, voyons…Tu écris en ce moment ?

— Non, je bronze. Oui, j’écris ! Je prépare les maquettes de mes prochains livres qui seront édités chez Chloé des lys, une préface pour un recueil de poésies et…

— Une préface, tiens, c’est nouveau, ça !

— Oui, un très bel exercice. Décortiquer les textes et écrire une préface qui donnera aux futurs lecteurs l’envie de lire…Je n’en dis pas plus tant que je n’ai pas le feu vert de l’auteur concerné pour citer son nom et le titre de son livre. Chuut.

— Toi aussi, les poésies…

— Oui, je peux l’annoncer, mon recueil « Des lames et des lumières » sortira vers octobre. Aux éditions Le Coudrier et ça, c’est une belle promotion pour moi. Le Coudrier, c’est une maison d’édition qui n’édite que de la poésie. Je suis très fière de la confiance que Joëlle Aubevert m’accorde. Je ne sais pas vivre sans écrire des poésies, c’est primordial pour moi.

— Bonne nouvelle, tu ne fais pas que le gus sur scène.

— Non, Serge Budahazi…

— Et tu n’oublies pas la préparation de notre quatrième salon du livre au château Bilquin de Cartier, j’espère ?

— Pour le dimanche 29 novembre, déjà pas mal d’inscrits. J’assume, ne te bile pas comme ça.

— Merci, Carine-Laure. Tiens, voici ta boîte de vitamines. Et pour tes nouveaux lecteurs, voici press book et autres infos :

http://carineldesguin.canalblog.com/pages/press-book/32061526.html

http://carineldesguin.canalblog.com/pages/carine-laure-sur-you-tube/32062119.html

Publié dans l'invité d'Aloys

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Frédéric Criado en invité sur le blog aloys

Publié le par christine brunet /aloys

Frédéric Criado en invité sur le blog aloys

J'ai rencontré cet auteur atypique lors d'une séance de dédicaces au Cultura de Villennes s/Seine. Tellement atypique que je lui ai proposé de passer en invité sur notre blog !

POur le présenter et présenter son ouvrage et son univers, je me suis servie d'un excellent article publié sur le site Hi-Zine.fr sous le lien suivant :

http://www.hi-zine.fr/2015/02/retrouvez-et-gardez-le-sourire-avec-la.html

Il est signé Téri Trisolini

Qui est l'auteur ?

Frédéric Criado, alias "le docteur Fred" est né en région parisienne. Du haut de ses 11 ans, il écrit l’ancêtre de La Tribune de Fred qu’il distribue aux jeunes lecteurs de son école, provoquant l'ire du proviseur de l’établissement. Major de sa promo d'école de commerce, passé par le droit et la finance, il se lance dans la communication d’entreprise à Genève, puis s’installe en Haute-Savoie.

En 2011, il couche ses idées et écrits humoristiques sur son compte Facebook qui rencontre un certain succès, ce qui le persuade de se lancer dans l'écriture de La Tribune de Fred et de créer Barakom, une société d'édition, avec son frère, Laurent. En projet, la finalisation d’un roman fantastique et, bien sûr, le tome 2 de La Tribune de Fred.

L'avis de Téri Trisolini:

Livre : 'La Tribune de Fred' : 184 pages de bonne humeur

La fabuleuse potion de bonne humeur du docteur Fred, premier volet de La Tribune de Fred, rassemble, en 184 pages, écrits humoristiques et billets d'humeur, illustrations, dossiers, sondages et articles détournés, pour le plus grand plaisir de ses lecteurs.

L'auteur, Frédéric Criado, démontre ici un talent affirmé pour le second, voire le troisième degré qui convient parfaitement à ce livre à l'humour décalé, bien servi par les illustrations de son épouse Carla Criado et de sa belle-sœur Andreia dos Santos.

Le monde va mal.

Guerres, terrorisme, hiver à rallonge, compte en banque écarlate, plus de ces adorables escarpins en 36... Bonjour la sinistrose !

Heureusement, tout n'est pas perdu, grâce au Docteur Fred et sa fabuleuse potion de bonne humeur !

Véritable grimoire anti-morosité, il se feuillette avec allégresse, tant il fourmille d'articles, définitions, jeux, enquêtes et autres sondages, à l'humour noir, absurde et décapant, illustrés par des graphistes genevoises Carla Criado et Andreia dos Santos..

Dans la veine d'un Pierre Dac ou d'un Desproges, Fred Criado s'amuse et amuse, avec une légère désinvolture, communicative et réjouissante. Attention, grand risque d'accoutumance ! D'où la question : A quand le deuxième tome ?

"La Tribune de Fred - la fabuleuse potion de bonne humeur du docteur Fred", à lire, avec rire et bonne humeur garantis !

Publié dans l'invité d'Aloys

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Régine Laprade est l'invité d'Aloys

Publié le par christine brunet /aloys

Régine Laprade est l'invité d'Aloys

Ce n'est pas la première fois que Régine Laprade (c'est son pseudo d'auteur) passe dans notre blog... Toujours un plaisir de l'inviter !

Pour rappel, une petite biographie...

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Régine POISSON est née le 4 mars 1946 à Carlux , en Périgord, dans la maison où sa mère et sa grand-mère ont-elles mêmes vu le jour :cette maison qui s’appelle La Prade.

Elle a passé son enfance et son adolescence à Casablanca , au Maroc, où ses parents sont partis enseigner. En 1962 elle arrive à Bordeaux où elle entame ses études de médecine.

Médecin,Régine a complété sa formation par un diplôme de physiologie du travail puis d’ergonomie et fera toute sa carrière professionnelle à Brive. Passionnée par l’analyse des conditions de travail et leur amélioration, elle s’implique dans des études sur le bruit, le port de charges,la psychopathologie du travail etc…

Divorcée,retraitée depuis 2006, elle partage sa vie entre Brive et La Prade dont elle a pris le nom pour écrire.

Son premier roman « Le collier d’ambre » est paru en avril 2011 chez Pierregord. Il dépeint le portrait d’une femme insoumise et rebelle,libre avant l’heure.

Le second « Le camion blessé » paru en octobre 2012 aux Monédières , trace le portrait d’un Creusois qui après avoir rêvé sa vie a vécu son rêve jusqu’au cauchemar.

Elle a présenté « Le bois de mon père » à la foire du livre de Brive 2013.Ce roman édité aux Monédières, ouvre une fenêtre sur le passé,nous ramène à l’été 1944 et relate une histoire qui rejoint l’Histoire.

Cette année encore elle sera présente à la foire du livre de Brive les 7,8 et 9 novembre avec « Le vieux cahier » ,sorti le 12 octobre aux Monédières.

L’amour, la jalousie, le crime, le bagne, le suspense, le mystère s’entremêlent dans ce quatrième roman.

Je vous propose de découvrir à présent un extrait du dernier roman de Régine "Le vieux cahier"

Pierre n’avait pas tort, cette petite allait déboussoler les mâles du village de tous âges.

Lorsque j’étais enfant ,à l’évocation de Mathilde, les vieux parlaient encore de ce tourbillon.

Imaginez un mélange d’imperfection et de beauté, un personnage tout en contraste un teint mat ensoleillé par des yeux clairs pailletés, couleur de topaze. Des paupières bordées de longs cils, des cheveux bruns qui tantôt couronnent de grosses nattes un front droit,tantôt flottent en désordre sur des épaules rondes. Une poitrine menue aux tétons provocants,agressifs sous le corsage de coton léger,et des hanches généreuses. A la fois enfant et femme. Une bouche un peu trop fendue,un écrin corail pour des dents aussi parfaites que des perles .Un sourire dont on se demande s’il est féroce ou enjôleur .Insolent ,c’est sûr. Naïf, pourquoi pas ?

Elle pousse hardiment les brouettes de linge jusqu’à la Vézère. Elle pourrait retrouver les femmes du village au lavoir,mais préfère le bord de la rivière. L’eau n’est pas profonde mais bien courante. Pour installer son lavendeirou,elle piétine l’herbe:ça sent la menthe.Les genoux sur un coussin de paille,manches retroussées,croupe en l’air,elle frappe vigoureusement serviettes et torchons de son battoir de frêne. Son corps tout entier semble danser sur un rythme primitif,sauvage,sensuel.

Elle rince quelques chemises de toile épaisse dans l’eau vive. La cendre de bois qui a fait office de détergent laisse dans le courant une traînée laiteuse.Demain il faudra repasser avec un fer énorme, lourd,garni de braises. Sa lessive terminée, jupe retroussée jusqu’en haut des cuisses,elle patauge dans l’eau comme une enfant,s’éclabousse,s’esclaffe. Son rire comme ses cheveux coulent en cascade.

Les femmes en passant lui jettent un coup d’œil torve et murmurent :

- Ca finira mal ! Cette fille est le diable personnifié.

Les hommes ont le regard qui s’allume, s’embrase,caresse ses jambes,ses cuisses,ses hanches. Ils s’attardent, s’appuient au parapet du pont pour la contempler plus longtemps. Elle ne rougit pas.

- Elle n’est pas farouche, disent-ils.

Les nouvelles à la campagne se propagent à une vitesse télégraphique. Point n’est besoin comme aujourd’hui de téléphone. Le vent sans doute emporte les mots .Jeunes et vieux entendent parler d’elle,la rêvent,l’imaginent. Ils veulent la voir, l’avoir.

Régine Laprade

Publié dans l'invité d'Aloys

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Gauthier Hiernaux est l'invité d'Aloys pour son dernier roman à paraître "La fraternité des atomes"

Publié le par christine brunet /aloys

Gauthier Hiernaux est l'invité d'Aloys pour son dernier roman à paraître "La fraternité des atomes"
BIO :

Gauthier Hiernaux est un auteur belge francophone né à Mons en 1975. Il est licencié en langues et littératures romanes de l’Université Libre de Bruxelles (ULB). Après un bref passage dans l’enseignement, il déménage à Bruxelles pour devenir consultant informatique.
C’est au cours de l’année 94 qu’il commence à échafauder l’univers de sa saga « l’Empire de la Nouvelle Ere », une utopie qu’un grand bouleversement fait basculer vers un système totalitaire.
Les dix tomes qui constituent l’histoire racontent l’apogée puis la déchéance de l’Empire à travers les yeux de Gouverneur, d’artistes, de mercenaires, de soldats, de prostituées, de Grands d’Empire, de religieux ou encore, de l’un de ses Imperators. 
Dix tomes au parfum aigre-doux, qui nous font prendre conscience du fait que nos décisions d’aujourd’hui pourraient avoir de lourdes conséquences pour l’avenir.
En 2014, six tomes sont parus chez l’éditeur belge Chloé des Lys.  

Gauthier Hiernaux a également écrit un tryptique composé de trois mini-récits d’une petite centaine de pages.
Le premier tome, Tribu silencieuse, est paru début juin 2011, le second, Lucioles est sorti début 2013. Le dernier tome, « Une Pie dans le ciel de Saigon » a vu le jour la même année. 

En 2012, il a publié chez l’éditeur Cactus inébranlable, son premier thriller baptisé Mallaurig et a participé au recueil de nouvelles érotiques Assortiment de crudités (2013). Un second roman (policier, cette fois), La Fraternité des Atomes, est prévu pour le 22/11/2014.  

Il a également collaboré à 4 numéros de la revue littéraire « Les Petits Papiers de Chloé« . 

Gauthier Hiernaux  gère le site des auteurs de la maison d’édition Chloé des Lys.
Un extrait...

Il était à peine dix-neuf heures trente et Lester avait perdu connaissance.

Pendant qu’il s’enivrait, les derniers éléments de l’enquête avaient dansé devant ses yeux. Il espérait que l’analyse des données du PC permettrait d’en savoir davantage sur ce qui se préparait aux Jardins d’Agadir. Il savait qu’il avait eu raison de faire disparaître une crapule comme Jarat. La société se porterait bien mieux sans lui. Tout le monde

n’était naturellement pas de cet avis, à commencer par les services secrets anglais qui avaient demandé des comptes au gouvernement flamand. Une cellule de crise avait été mise sur pieds et Garrisson avait été prié de se tenir à carreau le temps nécessaire pour boucler l’enquête. La justice devait prouver que la New IRA préparait un attentat sur le sol flamand. Jusqu’à présent, l’équipe informatique de l’IS qui analysait le portable abandonné sur place n’avait obtenu aucun résultat. Jarat avait dû prendre le temps de vider la mémoire de l’ordinateur avant de quitter l’établissement. Cependant, Lester savait que le paranoïaque le plus pragmatique pouvait oublier parfois des informations. Il comptait là-dessus pour faire avancer son enquête.

La sonnerie du réveil vint se mêler à ses rêves. Même défoncé au whiskey, Lester se dit qu’il faisait beaucoup trop noir pour que le réveil sonne déjà.

Plus il émergeait, plus il se rendait compte que le bruit qu’il entendait n’était pas son réveil matin, mais la sonnerie de son portable.

Il ouvrit les yeux et constata qu’il était affalé dans son divan, une bouteille de Red Label à la main. Pas de verre aux alentours.

Il avança lentement la main vers la source du bruit et s’empara de l’appareil. C’était Lou. Il paraissait hystérique.

— Mets ta télé ! brailla le métis qui raccrocha dans la seconde.

La télécommande était à moins de cinquante centimètres de son corps. Il pouvait l’atteindre sans trop d’efforts. Il pressa sur le 1, la NRT, le poste principal de la NV. L’appareil s’alluma sur l’apocalypse.

Sur l’écran du téléviseur, des images le renvoyant à un douloureux passé défilaient. Des corps déchiquetés, éparpillés parmi la tôle pliée et le verre pulvérisé. De la fumée, grise et âcre, de celle qui vous prend à la gorge. Des cris par centaines. De douleur, de surprise, d’horreur, de détresse. Un concentré d’apocalypse comme il avait espéré ne plus en voir.

Ce n’étaient pas des images d’archives.

Il entreprit de monter le son, bouche bée. Chacun des mots lui arrachait une partie du cerveau. L’envoyé spécial semblait bouleversé, il était échevelé et parlait beaucoup trop vite. Même si son néerlandais était extrêmement pauvre, le Britannique ne comprenait que trop bien la situation. Les images parlaient d’elles-mêmes.

— … fait état de quinze morts et quarante blessés, dont une dizaine dans un état jugé grave. Des images éprouvantes comme vous pouvez le constater. On pensait que personne n’arriverait à ces extrémités depuis les émeutes de Hal… il semblerait que cela ne soit pas le cas…

Le présentateur tentait d’intervenir, mais l’autre était fébrile. Il lançait ses phrases comme s’il participait à une italienne au théâtre. On aurait dit qu’il voulait délivrer son message et ficher le camp de là au plus vite. Cela se comprenait ; même un soldat de métier comme Lester Garrisson

avait le coeur qui flanchait devant des scènes pareilles.

— Combien de fois nous sommes-nous dit que cela n’arrivait qu’aux autres ? poursuivait le journaliste dont les larmes coulaient à présent sur des joues que la poussière rendait noires. Je ne comprends pas… je ne comprends pas ce qui a pu se passer dans leur tête…

Le visage du journaliste disparut et il y eut un travelling sur le cataclysme. La scène était tournée d’un hélicoptère et Garrisson put enfin voir l’étendue des dégâts.

De la fumée noire s’élevait de débris métalliques. Dans un premier temps, Lester pensa qu’un avion gigantesque s’était écrasé sur la ville pendant son sommeil. Sans détacher son regard des images, il reprit son téléphone et composa le numéro de Backeland. L’autre décrocha dans la seconde.

— Qu’est-ce que c’est Lou ? Qu’est-ce qu’ils ont foutu ?

— Nom de Dieu, Les’ ! C’est l’Atomium ! Quelqu’un a plastiqué l’Atomium !!!

Gauthier Hiernaux

grandeuretdecadence.wordpress.com

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L'invité d'Aloys ? Awa Ba avec un livre sur la polygamie

Publié le par christine brunet /aloys

L'invité d'Aloys ? Awa Ba avec un livre sur la polygamie

J'ai rencontré cet auteur à Massy lors d'une séance de dédicaces. de fil en aiguille, nous avons échangé au sujet de l'écriture. Une rencontre que j'ai voulu vous faire partager.

Qui êtes-vous ? Awa Ba née à Dakar, Sénégal, dernière d’une fratrie de 8 enfants; j’ai grandi dans une famille polygame.

Je suis arrivée en France en 1992 pour rejoindre mon mari. Je suis mère de 3 enfants.

Je suis auxiliaire de puériculture en milieu hospitalier et j’entame actuellement des études sur la diététique.

Pourquoi vous exprimer via l'écriture ?

Pour moi, l’écriture est un moyen de s’exprimer, d’informer,et d’échange sans voix.

Ce qui m’a poussé à écrire cet ouvrage ? C’est la mort de ma sœur après un mariage polygame qu’elle n’a jamais pu supporter jusqu’à en mourir. J’ai voulu briser ce silence et de démontrer le cortège de souffrances que englobe cette union.

Que représente l'écriture pour vous ?

Pour moi la définition de l’écriture est simple : c’est une représentation graphique ou visuelle d’une langue au moyen d’un signe inscrits ou dessinés sur un support et qui permet l’échange d’information sans utiliser la voix.

Pourquoi avoir écrit un livre ?

Il s’agit de démontrer le cortège de souffrances, psychologiques et physiques qu’engendre la polygamie.

La femme est alors considérée comme un sous être, du bétail à qui l’on ne demande que d'être toujours prête à coucher et à accoucher.

Le témoignage de certaines femmes montrent également que cette union, barbare et archaïque, se traduit par des mariages forcés accompagnés de scènes de violence.

Mon ouvrage est à la fois une biographie mais également un recueil de témoignages.

Vous abordez un sujet difficile, souvent tabou : n'a-t-il pas été compliqué de l'écrire et de livrer votre expérience au public ?

Pas toujours facile de se livrer et surtout de parler de la polygamie qui est un sujet évidemment tabou et ancré dans les moeurs mais peu importe ! J’ai voulu briser ce silence qui engendre souffrance jusqu’à la mort.

Merci pour ce court interview !

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

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L'invitée d'Aloys ? Sylvie Godefroid : "Qui suis-je ? Je viens du verbe et j’y retournerai"

Publié le par christine brunet /aloys

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Sylvie Godefroid... C'est avant tout un visage et une voix entendus dans Actu TV: souvenez-vous, elle nous parlait de la SABAM en 2013... et en février dernier, elle nous présentait son nouveau roman "L'anagramme des sens" paru aux Editions Avant-Propos.

Son approche, son dynamisme et, il faut bien l'avouer, la superbe couverture de ce roman, m'ont amenée à lui demander une interview... bouclé en deux petits jours ! Il faut dire qu'elle répond du tac au tac, avec précision.

Allez, on commence !

 Sylvie, qui êtes-vous ?

Il est difficile de répondre d’emblée à une question aussi vaste que celle de l’identité. Qui suis-je ? Il me semble impossible de définir qui je suis. Même si le verbe m’attire et me séduit. Ce sont les autres, à travers leurs idées, leurs expériences, leurs ressentis, qui peuvent le mieux me définir. Tout comme je me sentirais plus habile à définir d’autres sensibilités qui me touchent qu’à vous parler de la mienne. Cet exercice m’a néanmoins été demandé, tout récemment, pour une anthologie dont je ferai partie. Il était question d’identité. Je leur ai répondu « Je viens du verbe et j’y retournerai ». Voici le texte en question :

 

« Qui suis-je ? Je viens du verbe et j’y retournerai

 

Je m’appelle Ana et je ne m’aime pas. Née sous le couvert d’une sensibilité exacerbée, quelque part à l’ombre des terrils, dans les poussières charbonneuses du Pays Noir. Née à l’automne 1973, un dimanche de novembre, un dimanche sans voitures. Je m’appelle Ana, je ne suis pas encore femme mais je m’y emploie. Je le deviens, verbes après larmes, dans ce quartier populaire et étonnant d’une ville adoptée avec passion, après avoir écumé pendant près de vingt ans les sentiers fortifiés d’une petite métropole historique, Philippeville. Je m’appelle Ana, je suis lucide en ce prélude de février 2014, à l’heure d’apprivoiser l’audacieux discours de l’identité définie, consciente de ma déraison de femme à la lisière de mes quarante ans, éveillée sur les chemins de traverse qui m’attendent encore, joueuse à les entrevoir s’emmêler à mes prudentes exhalaisons d’artiste.

Je ne m’étais pas encore posée la question de l’identité. A n’être pas encore vraiment née, comment s’interroger sur ma naissance ? Mais oui ! Souvenez-vous, je ne suis pas encore femme. A l’école de la vie, je suis une élève peu douée mais appliquée. Du plus loin qu’il m’en souvienne, je suis née dans un verbe. Dans un verbe métissé d’origines flamandes par maman, wallonnes par mon géniteur. J’ai aimé à l’ombre des superlatifs, je suis tombée sous les adverbes, relevée grâce aux impératifs, affinée sous la fenêtre d’un anagramme des sens.

Je ne sais pas d’où je viens mais je sais ce que je laisserai à ceux que j’ai tant aimés. A Lyna, ma fille, née de l’union et de la tendresse de deux épouvantables contraires, le 12 août de l’année 2003, je laisserai ma plus belle traversée du désert. Je lui laisserai la fougue qui m’habite à creuser les terrains les plus arides pour y planter des mots simples ; je lui cède l’enivrement d’avancer au devant d’une inspiration poétique qui, au fil des années, prend possession de l’être et le définit. Je lui accorde les larmes affables qui affinent le territoire de la féminité apprivoisée, les nuits blanches à entendre les cigales vanter les mérites de l’été, les pages noircies de rêves à inventer, les angoisses de ne pas toujours comprendre l’enfant qui pleure. De ne pouvoir le rassurer d’un clignement de l’œil, d’un verbe affamé sur le déclin d’une respiration. Je lègue à ma fille l’apaisement de la femme. Qu’elle puisse faire sa route dans ces allées tracées pour elle à l’ancre de ce qui nous unit, qu’elle comprenne qu’une mère ne peut faire que de son mieux et qu’à travers elle, j’ai grandi.

A mon fils, Yacine, né d’un amour profond et incompris, le 20 octobre de l’année 2000, j’offre le bouquet odorant des fleurs de nos vies. Chaque texte écrit de ma plume porte une pièce du puzzle de son existence. « La Verve Assassine », roman épistolaire paru en 2005 à Paris, n’est autre que la pièce maitresse de l’héritage qu’il reçoit aujourd’hui. Il y trouvera les clefs de sa naissance, celles de l’histoire de son père, homme atypique et paradoxalement riche par essence. En s’investissant dans la lecture, du roman cité et de tous ceux qui suivent, mon fils aura le choix d’ouvrir, ou pas, les portes d’un langage onirique qui se délient inlassablement sur des fenêtres derrière lesquelles vibrent des paysages. Un monde l’attend. Son monde à lui, le patrimoine que je lui laisse. Je lui lègue aussi mes premiers combats de mère aux portes des envahissants océans de tendresse déguisée ; la première adolescence émergée en douleur des entrailles de l’enfance ; le cap d’amour à maintenir en toutes circonstances. Je lui cède mes premiers naufrages étourdis, mes découragements amènes, mes remontées enthousiastes sur le cheval de ses printemps. Je lui lègue par-dessus tout la boussole et la barre de ce navire qui emporte sa sœur, Nora, vers demain. Qu’il veille toujours sur elle avec la bienveillance que j’ai interminablement semée aux quatre vents de notre nid. Puissent-ils, tous les deux, poursuivre l’aventure et s’aimer infiniment au-delà des clivages, des pensées, des modes d’exister, d’être, de croire, de ne pas croire, de devenir…

A leur père, affolant baroudeur des terres en friche de ma vie, je lègue tout ce que nous n’avons pas su construire, de nos plus tendres nuits inachevées à ces multiples ruptures inabouties. Je lui lègue le sceau de mes vingt-deux ans, les promesses fragiles, les mensonges colossaux, les châteaux en Espagne, le souvenir de notre rencontre, les premières contractions annonçant l’enfant, l’incommensurable peur d’un corps qui craint de s’ouvrir pour donner la vie. Au-delà de tout ce qui nous a séparé, je lègue au père de mes enfants la puissance et la blancheur du pardon, la feuille vierge de toute rancœur sur laquelle il peut recommencer à s’écrire, au pied du lit d’une autre histoire…

Je m’appelle Ana, amoureuse éternelle sur l’estrade de la vie, passionnée rebelle et à jamais inassouvie. Ana qui ne s’aime pas, qui n’est pas encore femme. Ana qui à l’heure d’écrire ces lignes ne sait pas avec précision d’où elle vient mais sait où elle va.

Je viens d’un verbe, mes amis, et c’est à ce verbe que je retournerai »

 

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On vous a découverte sur ACTU TV dans l’émission de février avec votre livre. Vous m’en parlez ? Est-ce le premier ?

L’Anagramme des Sens est le cinquième roman que je publie. Ce roman marque une étape importante dans ma carrière d’auteur en herbe. Il marque un tournant, on sent qu’il « se passe quelque chose ». En effet, ce texte a, avant tout, reçu la confiance d’un éditeur pour lequel j’ai une grande admiration, Hervé Gérard (Ed. Avant Propos). Je voulais vraiment travailler avec lui, ce roman a rendu les choses possibles. Et enfin, il a séduit Cathy Thomas, Directrice du FOU RIRE (Théâtre à Anderlecht), et celle-ci le porte à la scène cet automne, les 25, 26 et 27 septembre.

 

L’histoire ? Ana approche la quarantaine. Inévitablement. Elle le sait, elle n’évitera pas le naufrage. Sur le pont de sa féminité muette parce que trop sage sonne l’urgence. L’urgence de se raconter, de s’affirmer, de devenir femme. De jouir. D’exulter enfin. De se libérer du poids de ce qui est raisonnable et politiquement correct. La femme abandonne les nattes de l’enfance pour poser sur ses lèvres offertes le rouge du désir assumé. Doucement. Au fil des pages, Ana lève le voile sur les coulisses de son être torturé. Sa vie passe sous le scalpel de son introspection. La femme serait-elle en passe d’accepter son imperfection, son corps à géométrie variable, ses fragilités amènes ? 

 

Un éditeur français dira de L’Anagramme des Sens : « Un roman à la fois divertissant et empreint de sensibilité qui met à l'honneur la femme dans son épanouissement, dans l'acceptation de son physique et du temps qui passe ainsi que dans ses déboires de tous les jours. Une écriture de qualité qui mélange esthétisme et langage moderne »
 

Pour vous, que représente l’écriture ? Donnez m’en une définition.

L’écriture est mon essentiel. Dans ma vie, l’écriture est une respiration, une urgence. Elle est ma plus belle histoire d’amour, d’humour. Elle est ma nourriture, mon sommeil, mon soleil. Elle prend toute la place. Elle dirige mes pensées, mes gestes. Me vivre sans me lire ne serait pas me connaître.

 

Définissez votre style.

Vous aimez les définitions, vous ! Moi, j’aurais tendance à les fuir car elles enferment. Difficile de vous donner une définition de mon style sans pécher par excès d’humilité ou de vantardise. Je n’ai aucune idée de la façon dont vous parler de mon écriture. Je vous dirais « j’écris donc je suis ». J’écris comme je suis. Mon écriture n’est pas cérébrale, elle est intuitive. Elle est de l’école de l’émotion et du ressenti.

 

La couverture est superbe. Qui l’a concue ?

Christophe Toffolo est le photographe de la couverture de L’Anagramme des Sens. Un artiste talentueux qu’il convient de rencontrer. Pourquoi pas une interview de lui ? Christophe promène une sensibilité incroyable et tout ce qu’il regarde devient œuvre d’art. Je suis fière d’avoir eu la chance de retenir son attention. La couverture de ce livre est magnifique et c’est bien à lui que nous le devons.

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Au travers de la SABAM, vous avez choisi de vous investir auprès des artistes et des auteurs. Pourquoi ?

Pourquoi pas, aurais-je envie de vous répondre ! Je me suis approchée de la SABAM pendant mes études de communication. Amoureuse des mots depuis toujours, fascinée par la scène, bousculée par la musique, émerveillée par la photographie, séduite par les peintures… Il me fallait un univers professionnel où mes sens pouvaient être titillés. J’ai rencontré à la SABAM une mentalité forte et l’envie d’une équipe de soutenir et d’accompagner les artistes de Belgique dans leurs parcours. Je me suis reconnue dans l’ambition de cette société où la dimension humaine n’est pas qu’un slogan vendeur d’image. J’y suis depuis 18 ans et je consacre ma carrière à défendre, soutenir, accompagner, les auteurs qui ont envie de nous faire confiance. Je ne pouvais rêver d’un plus beau métier !

Votre écriture est intuitive… Ecrivez-vous au fil de la plume ? Ou structurez-vous vos récits en amont ?

Mon écriture vient du ventre, de ce lieu incroyable qui se serre à l’écoute d’une chanson de Brassens ou de Barbara. Elle vient d’une urgence. D’un besoin de coucher sur l’écorce d’une page à remplir l’émotion qui guide ma vie. Je suis d’une sensibilité pathologique. Une éponge à ressentir. J’ai souvent le cœur en bord de mer, le tsunami aux portes des paupières. C’est ainsi que je suis, c’est ainsi que j’écris. Mes romans n’en sont pas vraiment, pour tout vous dire. Je ne suis pas une narratrice. Je n’ai pas le talent de l’histoire à raconter. Je suis une tricoteuse d’émotions. Mes textes s’en ressentent, je fais des portraits d’émotion. Pour vous répondre clairement, je n’établis pas de structures préalables. Tout part d’un vertige auquel j’associe un titre. Une fois le titre installé, un personnage féminin se dessine. Il me faut lui donner un prénom. Ce prénom évoquera – et c’est très personnel ! – l’idée que je me fais du personnage. Et l’histoire guidera ma plume. J’ai parfois cette sensation un peu dingue d’être seulement l’instrument d’une dictée.

 

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On sent qu’il se passe quelque chose : étayez !

Encore une fois, nous sommes dans l’ordre du ressenti. Je travaille avec une équipe incroyable, une équipe à dimension humaine. Avant tout, mon « agent littéraire », le capitaine du voyage des mots : Laurence Vanmechelen. Elle cumule les compétences professionnelles et les qualités de cœur. Elle s’occupe de développer l’image de l’auteur, d’organiser des événements, de placer le livre en librairie etc. Ensuite, nous avons Aurélien Karim Marcel, un slameur, un humeuriste, un touche-à-tout de la plume. Lui s’occupe des interviews publiques, de la scénographie, des lectures. Artiste lui aussi, il a choisi l’arrière de la scène, il a choisi de mettre en scène Ana. Je mesure vraiment la chance que j’ai de travailler avec cesdeux-là. Après, il y a l’éditeur, et aussi tout ce qui « tourne autour », comme la directrice de ce théâtre bruxellois.

Quand je dis « on sent qu’il se passe quelque chose », c’est dans le retour que m’en font les gens. On me parle beaucoup de ce livre. A la Foire du Livre, des personnes m’ont arrêtée dans les allées du verbe pour me dire qu’ils avaient lu le livre et qu’ils étaient touchés par Ana. Dans le tram aussi, une personne m’a interpellée me demandant si j’étais l’auteur de L’Anagramme des Sens. Ghislain Cotton a aussi fait une très belle chronique de ce roman. On sent, mon équipe et moi, qu’Ana touche à quelque chose de profond, de sincère.

 

Dans quel genre littéraire vous sentez-vous plus dans votre élément ? En tant qu'auteur intuitif, la poésie est un genre qui vous attire ?
La poésie est le chemin par lequel je suis passée toute jeune… J’écris une dizaine de poésies chaque jour. Je me sens à l’aise partout où le verbe peut se poser. Pour l’heure, en dehors de la poésie quotidienne, j’écris aussi des chansons avec Nathalie Delattre à la composition. Et je suis occupée sur l’adaptation d’un texte de théâtre de Mohammed Bounoura. Il fera sans doute l’objet d’une création en 2015. Peut-être avant si j’ai de la chance…

 

 

Pourriez-vous nous mettre l’eau à la bouche en nous proposant un extrait de votre texte ?

Voici la préface, rédigée par un artiste qui me touche, Jacques Mercier.

 

« Sylvie respire l’écriture, Jacques Mercier

C'est d'abord une surprise, puis un plaisir, ensuite un bonheur et une volupté de lecture. L'écriture de Sylvie Godefroid est le reflet de son âme et – mieux ! – des frémissements de son âme. Ce livre nous raconte avec un talent fou une femme, Ana, qui est « la » femme qui vit aujourd'hui, maintenant, avec ses forces et ses timidités, ses libertés et ses pudeurs.

La forme donnée au livre est magique : Ana se raconte et ses courtes séquences sont titrées et datées : « Tentations », « Confusions », « Luxure » ou « Un mercredi en terrasse ». Ses amours s'appellent des « saisons » : elles sont réelles, anciennes, virtuelles ou si présentes ! Entre elles apparaissent les points de vue sur Ana, au fil des personnes croisées : entre Johan et Laurent, on découvre Zohra, Ben, Nathalie, Kyriaki... Chacun exprime ce qu'il a compris de cette femme rencontrée, aimée, quittée parfois. Cela donne, grâce à ces morceaux de soie colorés, une magnifique tapisserie humaine !

Cet ouvrage est ancré dans le temps et dans l'espace et nous retrouvons avec une volupté rare Bruxelles, la Bourse, la terrasse du Métropole...  « Je m'appelle Ana. Je pourrais être un chat » sont les premiers mots. Mais Ana s'explique dans chaque chapitre : « Je m'appelle Ana. Je ne m'aime pas », « Je n'aime pas les trajets en autocar », « Je n'aime plus les certitudes. Elles sont trop fragiles… »

L'auteure propose une réflexion sur la féminité, d'une voix si vraie, émouvante toujours « Je suis roseau dans le marais de son indifférence », et peut-être avant tout sur la création littéraire : « L'écriture est ma compagne. Cela me permet d'encaisser les coups de la vie. » Elle fait dire à un des témoins qu'Ana n'est pas une femme comme les autres, tant elle se couvre de vêtements littéraires. Un autre lui dit, très justement « Écris, ta vie est un roman » et il y a surtout cet ami auteur qui déclare : « Ana respire l'écriture » !

N'en doutez pas, Sylvie Godefroid est une auteure, une créatrice jusqu'au fond de son être, une narratrice magnifique. Pour elle, les mots, les phrases sont ce qui lui permet de vivre. « Les mots des souvenirs fondent en moi comme sous la pression d'un soleil ardent », écrit-elle. Ailleurs, parlant de la pièce où elle écrit sous le ciel gris de Bruxelles : « Je caresse souvent les nuages quand l'écriture m'emporte et m'étreint. » Elle accepte aussi, comme Ana, de payer le prix de la dictée ! Elle connaît déjà la solitude d'écrire autant que son partage.

Une nouvelle vie s'ouvre sous nos yeux, celle d'une femme de lettres, comme on disait si joliment, et je vous engage vivement à la découvrir, à la faire lire autour de vous. Ne doutons pas qu'avec la communication actuelle, ce livre aura la large résonance qu'il mérite ! Ana écrit : « Il serait temps de repeindre toutes les portes de l'appartement en blanc », comme la page blanche sous sa plume ! » 

Jacques Mercier 

 

Et voici un extrait de L’Anagramme des Sens, choisi au hasard :

« Je n’aime pas les toiles trop sages. Aux cimaises de mes préférences, le surréalisme d’un Magritte et la palette curieuse des couleurs fauves. Des couleurs d’automne, de terre et de braise. Des couleurs en fusion, des coulées de lave bouillonnante dans les tranchées trop discrètes de ma vie. Je n’aime pas les toiles en méditation stupéfaite de réalisme exacerbé. Ni les espaces virtuels clandestins. Les secrets m’embrouillent et me désarçonnent. D’ailleurs, avant la comète de Gallé, jamais je ne m’étais laissée envahir, même furtivement, par les vibrations interdites d’une saison irréelle. Jamais je n’avais laissé ma peau s’étonner du regard gourmand d’un homme. Je n’aime pas les toiles raisonnables de mon identité figée comme un fossile sur la pierre de la moralité.

Je m’appelle Ana qui ne s’aime pas. Je suis, à l’école maternelle de la féminité, une élève appliquée, mais peu douée. Un avis de tempête circule, affolé, sur mes parcelles discrètement immobiles. Ma conscience, autorité compétente de mes complexes mécanismes, hisse désormais tous les drapeaux d’alerte. Les phares clignotent en l’océan d’Ana et rappellent au port les marins qui ont pris le large avec elle. Trop tard. Ana est en cours de crise. Une crise existentielle digne des plus turbulents gamins de seize ans. Une crise terrible que je n’ai pas faite à l’heure où les cadrans de mes instants l’autorisaient. Je n’aimais déjà pas les montres. Je n’aimais pas les rébellions. Parce que j’étais déjà responsable et que je le suis toujours aujourd’hui. J’ai toujours été si grande. Si adulte. Je n’ai jamais fait de bêtises. J’en paie fondamentalement le prix aujourd’hui : ennui, lassitude, tempêtes. Je tousse ma raison. Je vomis ma sagesse. Je n’ai jamais fumé, pas même de l’herbe. Je n’ai jamais bu, jamais noyé mon chagrin dans le vin. Je n’ai jamais triché aux cartes ou si peu. D’ailleurs, je ne sais pas jouer. Je suis raisonnable, presque toujours soignée. Jamais vulgaire ou je n’en ai pas conscience. Je n’écoute jamais ce que me dicte mon ventre à voix basse. Je l’enfouis sous des tonnes de serments moralisateurs. Je n’ose pas.

Je m’appelle Ana. J’aurai trente-sept ans, bientôt, en novembre prochain. Suis-je déjà la proie de ce démon taquin de la quarantaine comme certains aiment à l’évoquer ? Une certitude m’ébranle dans l’immédiat : j’ai envie de faire peau neuve. Le chat mue. Le papillon survit à sa coquille de granit et d’acier. Chaque matin depuis plusieurs lancinantes semaines, la même réflexion existentielle s’impose à moi : « Il serait quand même temps de repeindre toutes les portes de l’appartement en blanc. »

 

 

Photos présentées dans cet interview sous copyright  © Hatim Kaghat.

 

Je vous laisse juges.

 

Mais les phrases courtes, qui clachent, retiennent l'attention du lecteur, le surprennent.  Il s'accroche au fil des mots. Et vous, qu'en pensez-vous ?

 

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

www.aloys.me

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans l'invité d'Aloys

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Georges Roland en invité d'Aloys avec une fiche de lecture d'Alain Magerotte

Publié le par christine brunet /aloys

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LES CONTES DE LUCI

                     par Georges Roland

 

Onze Nouvelles d’ «onze» Georges, de quoi appâter à la fois l’amateur de ce genre littéraire et le fan des écrits « Rolandesques » que je suis.

LES CONTES DE LUCI… ce sont onze satanées Nouvelles puisque LUCI n’est autre que LUCIFER.

Comme mise en appétit, un premier récit mené tambour battant à travers la faconde et l’humour insoupçonné du plus célèbre des démons. On apprend ainsi, de la bouche même de l’intéressé, que LUCI est un joyeux plaisantin adorant faire des blagues. Dès lors, il n’est guère étonnant de le voir faire… l’épître !

Cette épître de Luci aux terriens, truffée de jeux de mots, est savoureuse par l’ironie et le ton inédit qu’elle dégage. Voilà un premier set bien enlevé.

Coline est une « gentille petite fille » partagée entre une maman ne supportant pas le moindre gramme de poussière et un papa qui doit sûrement avoir des actions au Brico Center du coin. Dès lors, la vie n’est pas toujours rose à la maison. Mais aujourd’hui, c’est différent, papa et maman font la grasse matinée. Et Coline est tranquille… elle peut regarder la pluie tomber dans la gouttière…

Vacances en armesDurant les vacances, des gamins jouent à la guerre après la guerre… Les endroits dévastés sont des terrains de jeux idéaux. Chaque coin est à « conquérir ». Le Rolle, Louis et Pol ont l’instinct de revanche bien ancré en eux. Leurs ennemis ? Les frères Crombé, des vraies terreurs…

Alain et GabrielAmour brûlant, amour troublant, amour destructeur entre un homme de 42 ans (Alain) et un jeune homme de 17 ans (Gabriel). Les Verlaine et Rimbaud des temps modernes.

Aline Certains sont prêts à tuer père et mère pour hériter de beaucoup de sousous ! Et même, croyez-moi ou non, à tuer leur sœur !...

Le cauchemar de Valérie Le « Il arrive » de maman à papa met la petite Valérie dans tous ses états. Qui donc arrive ? Quel danger risque de rompre le bel équilibre existant entre Valérie et ses parents ?

La viciationVoilà le type même de Nouvelle dont je raffole; « l’affrontement » entre un personnage (mis à la première personne du singulier) et une petite bêbête (araignée) qui monte, qui monte. Tout l’art consiste à tenir le lecteur en haleine à partir d’une situation somme toute banale. Toutes les phases psychologiques par lesquelles passe le personnage donnent la force et le rythme à ce genre de récit. Bravo Georges, tu fais mouche (même s’il s’agit d’une araignée…)

La Marlière Une Nouvelle qui fait froid dans le dos. Par la canicule ambiante, elle est la bienvenue. De l’horreur pure et dure racontée de manière très cinématographique. Je peux vous dire qu’il s’en passe des choses dans les milieux de la « Haute ». Et c’est pas joli, joli…

De l’Alsace au TonkinRodolphe Speisse est français, d’origine alsacienne. Embrigadé, il se retrouve avec une mitraillette dans les mains dans une plaine brûlante d’Indochine. Il combat au nom de la France alors que son grand-père, Georg, avait été embrigadé dans les troupes du Kaiser. Durant la guerre 14-18, l’Alsace appartenait au Reich. Il en a trucidé des soldats français, grand-père Georg… et une absurdité de la guerre, une de plus !

Petit Charles provoque un trouble intense auprès du vicaire à qui il est confié pour suivre de cours de catéchisme. Lutte intense et profonde entre le bien et le mâle.

Cètètotan   Placée dans un home, une dame, d’un âge vénérable, ne se souvient plus… ou ne veut plus se souvenir… que de la Belle Époque, quand elle a connu son compagnon, Constant. Elle fait l’impasse sur tout le reste… même sur ses enfants et ses petits-enfants.

Et puis, cette nouvelle se termine sur une dédicace de l’auteur… à ma mère.            

 

Une plume de plus à mettre au chapeau (même s’il ne porte que des « mouches » ou casquettes pour les non (John) initiés) de Monsieur Georges !

Un livre paru aux Editions Bernardiennes qui peuvent s’enorgueillir de posséder en Georges Roland un auteur de très grande qualité.

 

 

Alain Magerotte 

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Publié dans l'invité d'Aloys

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Stéphanie Bénoliel est l'invitée d'Aloys... "Les mots surgissent souvent à l'improviste"

Publié le par christine brunet /aloys

img130.jpgStéphanie Bénoliel est le prototype de l'auteur passionné qui sait jouer avec son écriture. POète de nombreuses fois primée, elle se frotte à présent à l'univers du fantastique. Pourquoi ?

 

 Stéphanie, pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Née en 1971, je vis entre Martigues où j'ai grandi et établi ma profession de présentatrice événementielle, et L’Ardèche où j'ai installé mon foyer.

La passion de l'écriture m'a capturée très jeune. Pendant longtemps je me suis consacrée à la poésie, puis je me suis essayée à la nouvelle... L'écriture d'Entre deux mondes ( mon premier roman ) a commencé il y a quelques années. Déjà bien avancé à l'époque ( environ 18 chapitres) il a été totalement perdu en même temps que mon ordinateur et que mon seul exemplaire papier... J'ai mis du temps avant de m'en remettre et de trouver le courage de le recommencer. Mais ma passion a survécu et la deuxième version a enfin vu le jour, d'abord en version numérique sur amazon.fr, puis en version brochée. La suite est en cours d'écriture ainsi qu'un autre roman et quelques nouvelles...

img107.jpgPourquoi avoir commencé avec la poésie ? Pour vous, est-une un genre plus simple ? ou qui vous correspond mieux, peut-être ?

 

A l'adolescence, la poésie s'est imposée à moi. Elle me permettait de gérer ma sensibilité exacerbée, avec des mots qui venaient tout seul, dans une écriture automatique et spontanée. Mes poèmes à peine rédigés, je les abandonnais à ma mère qui se chargeait de les faire concourir et qui m'a permis d'être primée de nombreuses fois. La majorité de mes écrits de l'époque ont été conçus d'une traite, le premier jet rarement ou très peu retouché. Les textes s'imposaient sous forme de ballades, avec toujours le bon nombre de pieds et les rimes, comme s'ils avaient mûris dans mon esprit avant d'en sortir. J'ai également écrit à l'époque quelques nouvelles et l'ébauche d'un scénario.

 

Définissez le mot "écriture" 

 

Pour moi, l'écriture est synonyme de création, d'évasion, de passion... C'est un moyen de partager une histoire, de distiller les émotions à travers l'univers de son choix.

 

couverture-actualisee.jpgQuel genre de poésie écrivez-vous ? classique, avant-gardiste ? 

 

Ma poésie reste classique et traite de thèmes d'actualité et de sentiments ; c'est entre 13 ans et 18 ans que j'ai composé le plus grand nombre de mes poèmes. L'amour, la délinquance, la menace nucléaire, la drogue, la trahison, la maternité, l'au delà et d'autres sujets m'ont inspirée.

Vous avez écrit également un roman fantastique... un changement de style, de genre, pourquoi ?

Si j'ai commencé à écrire essentiellement des poèmes, il m'arrivait de rédiger desbonne-couverture.jpgnouvelles et de commencer un scénario ou un roman. Mon goût pour le fantastique est arrivé avec la découverte d'auteurs ou de romans qui m'ont marquée. « La nuit des temps » de Barjavel pour commencer, puis James Redfield, Bernard Werber, Anne Rice, Karen Marie Monning...

Vous nous en parlez un peu ?

 

Entre deux mondes reste une fiction humaniste, qui invite à se questionner sur le potentiel de  l'humanité, et sur les choix qu'elle a fait. C'est aussi un livre d’aventure où les surprises et le suspense côtoient le fantastique et l'amour. J'aime faire flirter la fiction et le plausible, trouvant que cela ouvre la porte des possibles. On découvre une version de l'humanité dotée de capacités extraordinaires, un peuple qui s'est appliqué à améliorer certains talents à travers les siècles, alors que les autres hommes les oubliaient. Le choc des mondes, tome 2 de ma série mondes parallèles, réintroduit les sentiments, négligés par cette élite. L'écologie y a aussi sa place... La version brochée est prévue pour le premier trimestre 2014. Si tout va bien...

 

photo--14-.JPGParlez-nous de vos personnages : comment les créez-vous ? Ont-ils des modèles dans votre entourage ? Qui sont-ils ?


Cassandra, le personnage principal m'est apparu il y a des années, comme le lien entre les

 

deux mondes dont elle est issue, les humains et les Atlans. Je la voulais forte et fragile,

 

belle et solitaire, luttant contre ses doutes et appréhensions avec courage. Elle frôle la

 

perfection qu'elle n'atteindra jamais, victime de ses sentiments et de ses pulsions qui la

 

rendent faillible. Mes personnages sortent tout droit de mon imagination, sans références

 

aucunes avec des personnes réelles.

  • Définissez votre style. Comment et quand écrivez-vous ? Des rituels ? 

Mon style de prédilection reste le fantastique, bien que je reste ouverte à d'autres genresinvites-2244.jpg qui m'inspirent, lors de l'écriture de nouvelles ou de poésie.

 

Les mots surgissent souvent à l'improviste, lors de mes fréquents trajets en voiture, mon

 

dictaphone me suit partout et m'aide à sauver ces phrases de l'oubli. Je peux écrire à tout

 

moment de la journée, comme très tard le soir, je m'adapte au temps dont je dispose,

 

mais j'en manque souvent et ne parvient à exprimer totalement ma créativité débordante.

 

Dès que j'aurai terminé le volume 2 de la série mondes parallèles, je me consacrerai aux

 

deux autres romans, qui ne demandent qu'à s'extirper de mon imagination pour prendre

 

vie.

 


Comme je suis très curieuse et que m'avez mis l'eau à la bouche, pourriez-vous nous proposer le synopsis de votre saga ? 

Lorsque Cassandra, une jeune femme brillante à qui tout réussi découvre ses origines, la fuite reste la seule solution. Kaïla, sa défunte mère était issue d’une haute lignée d’un peuple secret qu’elle avait abandonné pour vivre avec son père, un homme comme les autres.

Cette civilisation inconnue des hommes, leurs ancêtres communs, a évolué d’une manière totalement différente de la nôtre.

Une sélection génétique drastique alliée au développement poussé des capacités humaines a créé un peuple brillant, exploitant depuis des centaines d’années d’autres richesses que celles du reste de l’humanité.

Depuis toujours, ce peuple d’Atlans a été dirigé par les plus puissants d’entre eux. Un don spécial reçu à la naissance en fait les seules personnes capables de régner sur  cette puissante société secrète et leur donne le titre royal accompagné d’un pouvoir absolu. Pour la première fois, Fadès leur roi actuel recherche un héritier doté des capacités nécessaires pour continuer à coexister avec le reste de l’humanité, sans céder à la tentation d’intercéder, voire de  dominer le monde des hommes.

Seul ce don unique qu’il n’a transmis qu’à Kaïla sa fille disparue, confère la sagesse indispensable pour lui succéder. Il est prêt à tout pour retrouver Cassandra et découvrir si elle a hérité des capacités de sa mère, lançant à sa poursuite Yole son plus fin limier qui fait de surprenantes découvertes.

Mais les instincts rattrapent les êtres les plus évolués de la terre, leur rappelant que la nature de l’homme reste vaste et complexe.

 

Je vais abuser... Vous nous découvririez les premières lignes de votre prologue?

Prologue

 

Le monde dans lequel vous allez être entraîné est le monde réel, tel que vous le connaissez, ou plutôt le méconnaissez...

 

Une part de vous, sans doute la plus ancestrale va reconnaître et comprendre tout ce qui va vous être narré.

Une autre, la plus pragmatique, va continuer à nier cette évidence dérangeante selon laquelle l'humanité telle que nous la connaissons ne serait pas l'élite de cette planète, sur laquelle l'homme règne depuis si longtemps en maître incontesté.

Vous allez penser que ce n'est pas possible ! Aucun individu ne peut détenir ce genre de pouvoir !

 

Aucune partie de la surface de cette planète n'a plus de secret pour l'homme !

 

Et pourtant... Tant de choses de nos jours demeurent inexplicables... Ou inexpliquées...

Et si les plus grandes richesses et le plus grand des pouvoirs ne se trouvaient pas là où on le croyait...

Et si l'humanité s'était fourvoyée, avide de richesses extérieures et aveugle de ses ressources intérieures les plus précieuses ?

L'évolution de l'homme depuis ses plus lointaines origines, ne démontre-t-elle pas une faculté d'adaptation hors du commun, à laquelle l'homme moderne a sacrifié sa part intuitive et instinctive ?

Notre cerveau pourrait être sous exploité, la partie non utilisée représentant des zones oubliées.

Les premiers hommes avaient certainement la capacité de trouver l'eau source de vie, comme tous les animaux, leurs sens étant bien plus affûtés que les nôtres.

Certaines de nos facultés ne s'éteignent-elles pas parce négligence ?

Les faits sont là ! Devant nos yeux qui ne veulent pas voir et notre technologie derrière laquelle nous nous cachons.

La vérité que Cassandra va découvrir deviendra bientôt la vôtre...

 

Bienvenue au royaume des Atlans !

 

Merci beaucoup d'avoir pris le temps de repondre à mes questions !

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

Publié dans l'invité d'Aloys

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Alain Magerotte est l'invité d'Aloys avec "Les Epargnés", 2e partie

Publié le par christine brunet /aloys

Absurde

 

Le bonhomme s’explique aussitôt sur ce que j’ai pris pour de l’agressivité :

« J’ai été contremaître dans une usine. Mon travail consistait à surveiller les cadences, chrono en main. Je ne m’exprimais qu’à coups de sifflets ou par borborygmes. Jamais de phrases complètes. Un jour, la Direction a estimé que je me ramollissais; mes ordres étaient moins tranchants et j’oubliais parfois de siffler. Depuis que je suis ici, cela fera un an mardi prochain, j’ai découvert le plaisir du langage, de construire des phrases, d’enrichir mon vocabulaire. Je ne cesse de m’améliorer; le ton est parfois encore un peu sec...     

- Je comprends, Monsieur Lapêche… heureuse reconversion pour vous, parce que, passer son temps à se croiser les bras, ça «craint» plutôt… non ?... » La réponse est fulgurante.   

« Vous entendez par là, je suppose, que «le contexte dans lequel vous allez évoluer risque d’être pénible en raison d’une non activité pourtant, je vous le rappelle, reconnue, légalisée ?»... A votre guise, Monsieur Rémy. Si une envie d’agitation permanente vous brûle, si un désir ardent de mouvement perpétuel vous titille, il vous est encore loisible d’intenter un recours pour revoir votre dossier. Sans pour autant obtenir gain de cause, je précise. Je ne connais aucun cas allant à l’encontre d’une décision prise par l’Office de placement des épargnés

- Ce n’est pas vraiment ce que je voulais dire, Monsieur Lapêche…

- Vous avez une fâcheuse tendance à vous exprimer de façon approximative, Monsieur Rémy. Pourtant, la langue est riche en termes précis pour définir une chose, un acte, une situation ou que sais-je encore.

- Je voulais savoir à quoi vous passiez vos journées…

- Parfait, voilà qui a le mérite d’être clair, aussi, je vous réponds… à ne rien faire du mieux que je peux !

- Comment faîtes-vous pour éviter des désagréments du genre «pied qui dort» ou «bras qui s’ankylose» ?  

- Ce sont des problèmes relevant du degré de résistance à l’inactivité de chacun. Un problème individuel en somme. Vous apprendrez ainsi à bien connaître votre corps. Cependant, ne négligez pas pour autant votre esprit… au fait, Monsieur Rémy, que faisiez-vous avant de venir ici ?

Product manager, une fonction appartenant au domaine du marketing et de la vente. Mon rôle était la gestion de la ligne du produit… mais, je ne vous ai pas donné le nom de la firme, je travaillais pour…

- D’accord, je ne veux pas en savoir davantage. Tout cela appartient désormais au passé…

- Vous avez raison, Monsieur Lapêche… euh, serait-ce indiscret de vous demander de me parler des autres épargnés ?… Vous les connaissez tous, je suppose ?

- Pfff… oui… des liens affectifs se sont tissés avec certains, une forme d’indifférence s’est installée avec d’autres.

- Quels sont les plus intéressants ?

- Mes critères ne sont pas forcément les vôtres… 

- Tu l’as dis, bouffi, songeai-je… citez-moi les plus sympas, j’irai leur faire un petit coucou…

- Je ne vous le conseille pas, Monsieur Rémy. Le Directeur n’apprécie guère de surprendre un nouvel arrivé en plein bavardage dans un bureau autre que le sien. 

- Monsieur Lapêche, le fait de bavarder n’est pas synonyme d’occupation, si c’est à cela que vous faîtes allusion.

- Niez-vous l’expression «occupé à bavarder» ?

- C’est ce qu’on fait en ce moment, tous les deux… ah ! Ne dîtes pas le contraire, Monsieur Lapêche !

- Nous sommes dans le même bureau, donc nous ne bavardons pas mais nous communiquons. La communication est axée sur l’essentiel, donc utile. A l’opposé, le bavardage est superficiel, donc futile.

- Admettons… mais le Directeur n’est peut-être pas aussi pointu… enfin, je veux dire, il n’est sûrement pas un virtuose du mot comme vous l’êtes…

- Ce n’est pas seulement une question de mots, mais plutôt de fait, d’action définie dans un cadre précis. Sachez, Monsieur Rémy, que le Directeur éprouve des difficultés à ne rien faire. En réalité, nous ne devrions pas avoir de Directeur, mais la transition pour le pauvre homme aurait été si forte, qu’il n’aurait pu la supporter. Plus que n’importe quel dédommagement, si plantureux eut-il pu être, le Directeur désirait garder une partie de lui-même, c’est-à-dire une partie de son titre. Car cet homme, Monsieur Rémy, avait été Président Directeur Général d’une Multinationale ! Celle-ci a fusionné. Conséquence : les inévitables charrettes. L’Office de placement des épargnés a opté pour une solution en douceur vis-à-vis d’un homme qui a tant sacrifié pour la Nation. Il l’a nommé Directeur. Directeur de pacotille, certes, mais Directeur quand même. Il y a trois ans que cet homme a été parachuté ici et il ne parvient toujours pas à se mettre dans la peau d’un épargné lui qui, dans sa glorieuse époque n’épargnait personne. Vous l’aurez constaté; il n’arrête pas de triturer des papiers vierges, de peloter des dossiers vides et s’attend à chaque instant à recevoir un coup de téléphone important. Il furète beaucoup, aimant rendre des visites à l’improviste dans les bureaux, il prend donc son rôle de Directeur au sérieux… alors, pour un homme de cette trempe, la différence entre communiquer et bavarder prend toute son importance. Méfiez-vous, il pourrait vous balancer à l’Office de placement des épargnéscomme inadapté… 

- Quel prétexte grossier… sans fondement…

- Je vous le concède, Monsieur Rémy. Cependant, au risque de me répéter, ne tentez pas le diable. Les places, ici, sont chères. Vous ne voulez pas, je suppose, vous retrouver dans la peau d’un chômeur que l’on traque nuit et jour ?

- Bien sûr que non, Monsieur Lapêche.

- Plutôt que d’aller bavarder, songez à vous trouver un pôle d’intérêt. Les autres y sont arrivés, vous y arriverez aussi. Par exemple, prenez, Mireille, la femme du secrétariat… sa peau ! Ah, sa peau, c’est quelque chose ! Pour l’observer à la loupe durant des journées entières, elle a réussi à obtenir une peau saine, parfaite. La barrière d’hydratation est intacte et la structure de soutien en parfait état. Elle maintient son équilibre en huile et en eau à la perfection et son renouvellement cellulaire est constant. Pour la préserver, elle effectue un nettoyage approprié deux fois par jour suivi d’une exfoliation douce et d’une hydratation adaptée. Et Eric, le type de l’accueil… le bâillement !… Le bâillement, Monsieur Rémy, n’est pas une simple ouverture de la bouche, mais un mouvement d’étirement musculaire généralisé, des muscles respiratoires et des muscles de la face et du cou. Moindre audition, paupières fermées, sensation de plénitude corporelle, concourent à une relative perte de contact avec l’environnement. Le bâillement est perçu comme une jouissance, un bref bien-être, ressemblant aux satisfactions des tiqueurs. Eric y associe souvent l’étirement. L’association des deux se nomme pandiculation. Il y a encore Monsieur Callez, le digne successeur de Joseph Pujol...

- Joseph Pujol ?

- Oui, Joseph Pujol a été une vedette de grande renommée au début du siècle passé. Il était célèbre pour sa remarquable maîtrise de ses muscles abdominaux qui lui permettait de lâcher des gaz à volonté; il pouvait ainsi jouer Au clair de la lune avec un flutiau, et éteindre les lumières de la scène. Il s’est même produit au Moulin - Rouge  

- Un art difficile à supporter pour son ou sa collègue…

- Vous pensez bien, Monsieur Rémy, que Monsieur Callez est seul. Son bureau est irrespirable pour autrui. D’ailleurs, je l’évite. Encore une question ? Ce sera la dernière car bien que mon temps de parole s’allonge au fil des semaines, je dois encore m’octroyer des plages de silence afin de récupérer. Il ne faut pas brûler les étapes. Un jour, je serai capable de parler une journée entière. Je viens de loin, rappelez-vous.  

- La soupe ? A qui doit-on cette bonne odeur de soupe ?   

- A Madame Bardin. Elle n’hésite pas à mélanger, avec un bonheur certain, différentes substances végétales odoriférantes, appelées aromates, pour le plus grand plaisir de notre sens olfactif. Chez elle, ce doit être un véritable laboratoire gastronomique expérimental.

- Chez elle, vous voulez dire, dans son bureau ?

- Non, Monsieur Rémy, ici, ce serait assimilé à du travail ! Ce qui m’amène à vous conseiller d’amener vos tartines, nous n’avons pas de réfectoire, vous en connaissez la raison, à présent. »

Lapêche se laisse alors glisser sur son siège afin de prendre la position de celui qui se prépare à une bonne sieste, me faisant ainsi comprendre que la conversation est finie jusqu’à demain.

Cette attitude m’incite à gamberger sur ma nouvelle situation. Tout compte fait, je ne me plains pas de mon sort. La perspective de ne rien faire de mes journées ne m’effraie point même si une période d’adaptation sera nécessaire. Comme disait Lapêche, les autres y sont arrivés, j’y arriverai aussi. Le Directeur doit être une exception... trois ans déjà ! C’est dire si ce gars-là était «pourri» jusqu’à l’os. Va-t-il y arriver un jour ?

Et maintenant, je vais m’adonner à une séance de pandiculation. Après quoi, j’examinerai par le menu, dans la glace des toilettes, ma tronche afin d’y déceler les signes avant-coureurs d’un homme nouveau, d’un homme qui va, enfin, prendre le temps de vivre. Dois-je me réjouir de ce qui m’arrive ? Cette fois, je dirais oui…

 

Le restant de la journée, j’humerai l’odeur de la bonne soupe de Madame Bardin, j’imaginerai que les pets de Monsieur Callez sont moins dangereux pour la couche d’ozone tout en me tournant les pouces… tiens, voilà une idée à creuser… un passe-temps intéressant à développer…

 

 

Alain Magerotte

Des nouvelles de l'absurde

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