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110 articles avec l'invite d'aloys

Edmée de Xhavée a lu "Gwen, adieu...", le dernier thriller de Christine Brunet, invitée pour l'occasion sur le blog

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

J’ai acheté ce livre pour ma sœur, curieuse à son tour de découvrir cet auteur prolifique et souriante. Puis je me suis dit « et pourquoi ne pourrais-je le lire avant, hein ? »… Alors j’ai cédé, et me suis lancée à l’assaut des 368 pages, pages que j’ai avidement tournées au soleil sans me faire prier.

Je n’avais pas lu les précédentes aventures de Gwen, mais les références à ce passé (jamais oisif, on s’en doute) sont précisément expliquées quand elles se présentent, et donc ça ne pose pas le moindre problème. On songe même à y aller dans ce passé, pour en savoir plus encore.

L’histoire, je ne la raconterai pas, il serait d’ailleurs difficile d’en donner un aperçu, tant il y a de surprises, de lieux, de personnages, de multiples personnalités aussi.

Gwen est froide, oui, sans que les sentiments aient déserté son cœur. Mais elle a appris à rester carapacée, une carapace tatouée qui lui rappelle sans cesse le jour où… les gens qui… le lieu où tout a basculé. On entre dans un monde qui nous est inaccessible, sophistiqué, dur, avec sa logique, ses procédés, ses ruses, ses motivations propres. Un monde où finalement il est impossible de savoir quel sourire et tape dans le dos sont amicaux ou pour mieux te poignarder mon enfant.

On est très très loin aussi du huis-clos, alors là qu’on se prépare : on ira loin, on devra courir, se cacher, voir des horreurs, trouiller, brièvement se rassurer, baisser la tête et pas les bras, et fidèlement chercher la quête. Aimer anonymement, de loin, et en dépit du bon sens, comme on dit. Ce n’est pas l’aventure qui est au tournant, mais la mort aux aguets, les rebondissements, et les cadavres, car ils ne manquent pas… pas un temps mort, mais bien des morts. Certains finissent sous les mains d’exécuteurs cruels et ravis, d’autres sont simplement des victimes de contrat, rien de personnel mais que voulez-vous ?

Et Gwen est si rusée qu’on ne peut que l’admirer, d’être aussi peu distraite par autre chose que ses missions, de toujours trouver la parade, de si bien couvrir ses traces. Rien de banal, en plus. James Bond, le pauvre, est vraiment démodé, Gwen lui ferait honte !

Le style est rapide et très bien documenté, les personnages ont du relief, les lieux – maisons ou paysages – insolites mais vraisemblables. 

Laissez-vous séduire, 368 pages sont plus qu’un bon moment de lecture, c’est une incitation à continuer la lecture, et sans doute aussi à chercher Gwen dans son passé et les épisodes précédents !

 

Gwen, adieu…

Christine Brunet

Editons Gascogne

20 €

368 pages

 

EDMEE DE XHAVEE

 

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Salvatore Gucciardo en invité du blog Aloys

Publié le par christine brunet /aloys

Salvatore Gucciardo en invité du blog Aloys

Publié dans l'invité d'Aloys

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Gérard Le Goff nous propose quelques Haïkus en invité d'Aloys

Publié le par christine brunet /aloys

Extraits de Simples

52 haïkus libres pour 4 saisons de la vie

 

Poussées artésiennes

Bourgeons abreuvés d’azur

Le ciel s’enracine

 

 

Demeurent les clairières

Par l’été comblées d’or vif

Les bêtes bruissent comme feuilles

 

 

Jonchées de feuilles rousses

L’automne fond froid de théière —

Sa chaleur en moi

 

 

 

Extraits de Par quatre chemins

24 quatrains octosyllabiques des 4 chemins

 

Le sentier indécis mène là

Où rêve de dormir le rêveur

Le lac aux fées des entrelacs

Que veillent des futaies de ferveur

 

 

En ces lentes journées de pluie tendre

Couchés sur le seuil du silence

Laissons les sentiers nous attendre

Nos yeux clos défient la violence

 

 

 

Pour en savoir plus, voir son site :

 

Gérard Le Goff : Amers & compas,

https://gerardle-goff4.wixsite.com/monsite

Publié dans l'invité d'Aloys, Poésie

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Gérard Le Goff en invité de notre blog pour "La note verte", un recueil de poèmes et de textes courts consacrés à la Côte d'Emeraude

Publié le par christine brunet /aloys

 

Extrait de La note verte

 

Anse du domaine de Montmarin

 

En l’an de grâce 1760, Aaron Magon fit construire cette folie en bord de Rance, sur l’actuel territoire de la commune de Pleurtuit. Cet élégant château se distingue des malouinières par sa situation sur la rive gauche quand celles-ci, à l’austère architecture, furent édifiées sur la berge opposée, plus à portée de la ville close de Saint-Malo.

La famille Magon céda la propriété à Benjamin Dubois, armateur. Cet homme sut tirer profit de l’important marnage observé à cet endroit du cours fluvial. Il imagina un chantier naval. Nombre de vaisseaux furent construits ici, dont ceux de Bougainville, l’explorateur féru de botanique. Grâce à ces activités maritimes, les jardins de Montmarin s'enrichirent de collections de plantes exotiques.

Les propriétaires successifs n’eurent de cesse d’embellir les lieux. Aujourd’hui, l’ensemble du domaine est classé dans les prestigieux répertoires des monuments et jardins historiques.

 

Te souviens-tu de ce beau jour des agapanthes ?

L’été consumait sa douceur bleue sur la rive,

Que l’on gagnait en foulant des terrasses déclives

Au vu de lions songeurs, dans l’odeur de la menthe,

 

Le parfum de fleurs naïves et le chant d’une grive.

Un château au bois dormant dans l’ombre poudroyante

Bruissait d’échos de courses sous la soie scintillante

D’un ciel d’abîme creusant les mers à la dérive.

 

Dehors, des allées tranquilles semblaient nous attendre,

Traçant sans le savoir une rêveuse carte du tendre.

Le pâle azur des ombelles contre les amarantes,

 

Loin du musc de l’ive, du parme des bougainvillées,

A un océan près, bénit nos âmes liées.

Et par la voix du vent, tu étais mon amante.

 

(Pleurtuit)

Publié dans l'invité d'Aloys

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Hatanna Editions nous présente le nouvel ouvrage de Célia B. "Tyserem"

Publié le par christine brunet /aloys

 

Tyserem, le nouveau roman de Célia B.


 

La Sirène Tranchante poursuit sa route et vous propose depuis le 30 août dernier un tout nouveau roman. Bien différent de son premier, La Légende de la Sirène TranchanteCélia B. vous propose désormais un texte écrit au lycée. Tyserem plonge le lecteur dans une prophétie vieille de 3 000 ans mettant en scène plusieurs élus et des mages noirs plutôt effrayants. Le récit est semé de créatures étranges et de flashs dans le passé qui permettent à l’un des personnages de comprendre ce qui les attend. Aventure, magie, folie, un mélange explosif qui ravira les fans du genre fantastique.

Lecteurs, apprêtez-vous à plonger dans une lutte sans merci entre humains et vantrapars. Les coups bas sont permis. Et les amis peuvent se changer en ennemis. Méfiez-vous de ceux qui vous entourent. Faites appel à vos dons, eux-seuls vous protègeront.

À noter que la bande annonce est disponible sur la chaîne YouTube de la maison d’édition (Hatanna Éditions). Vous pouvez également retrouver toutes les actualités d’Hatanna sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Instagram).

Tous les ouvrages de la Sirène sont en vente en librairie et sur notre site www.hatanna-editions.fr !

À très vite pour de nouvelles aventures !

 

https://hatanna-editions.fr

Publié dans l'invité d'Aloys

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Maryline Marnas a chroniqué dans son blog le nouveau thriller de Christine Brunet "Gwen, adieu..."

Publié le par christine brunet /aloys

http://leslecturesdemaryline.eklablog.com/gwen-adieu-a165455226

http://leslecturesdemaryline.eklablog.com/gwen-adieu-a165455226

Résumé de l'éditeur :

 De la haine pure, froide… Son image, renvoyée sans concession par le miroir en porte tous les stigmates. Il n’inspire plus qu’aversion. SA faute… LEUR faute… Chaque parcelle de sa chair réclame vengeance. Le couperet va tomber, implacable. Ses mains moites tremblent sous l’afflux d’adrénaline. Les prochaines semaines vont montrer ce qu’impitoyable veut dire ! Une seule âme l’accepte, l’approuve et comble le moindre de ses désirs. Se servir de cette pitié répugnante pour arriver à ses fins avant de s’en débarrasser… Ce jour sera à marquer d’une pierre blanche ! Son coeur pulse à l’approche de l’action. Vivre enfin, savourer chaque instant… Une sonnerie criarde, celle de l’interphone. L’AUTRE est là…

 

 

Mon avis :

Christine brunet ou l'art de nous mener en bateau...

Comment fait-elle pour toujours être là où on ne l'attend pas cette Gwen? C'est vrai ça, elle a de multiples facettes, elle change de peau comme on change de chemise, elle devient une autre grâce a des complices tout à fait normaux, elle rentre par un endroit et en sort avec une nouvelle identité.... Bref, elle a une vie de fou! Elle n'a pas le temps de s'ennuyer en tous cas!

Je l'ai déjà dit dans mes précédentes chroniques mais cette auteur arrive à semer des indices tout au long du texte qui nous permettent à la fois d'avancer et de garder le suspense jusqu'au bout. On comprend l'histoire petit à petit, sans se douter de quoi que ce soit. Parce que c'est complexe tout ça! Mais c'est justement ce que j'aime! Ne pas savoir la fin dès le début, se poser des tas de questions, avoir des idées qui se détruisent au fil du texte et finalement découvrir qu'on avait tort sur toute la ligne... Bref, elle est très forte pour ça.

Les personnages sont toujours aussi... particuliers. Je n'arrive pas vraiment à savoir si j'aime Gwen ou pas. En fait, c'est une battante et elle aime ce qu'elle fait, elle donne tout et j’apprécie ce coté, mais elle a un caractère qui me laisse penser qu'elle est trop compliquée pour moi. Je ne réussis pas à la cerner totalement donc je garde un doute sur elle tout le temps. Quant à Signac, je l'aime et le déteste à la fois. Il est parfois trop naïf et tombe facilement dans le négatif. Mais c'est ce qui fait son charme je crois.

Bref, encore une enquête complexe (non! Pas une mais plusieurs je devrais dire), des personnages tous plus fous les uns que les autres, du sang, des morts, des trahisons, des vengeances... bref, un parfait cocktail! A lire sans modération (dans l'ordre c'est mieux!).

 

Maryline Marnas

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Edmée de Xhavée nous propose une chronique de "Putain de pays noir", de Carine-Laure Desguin

Publié le par christine brunet /aloys

Edmée de Xhavée nous propose une chronique de "Putain de pays noir", de Carine-Laure Desguin

Putain de pays noir, putain quel livre !

EDMÉE DE XHAVÉE·LUNDI 8 JUILLET 2019

Un tout petit livre, un opuscule pour être exacte, mais un vrai cocktail de… de quoi ? De tout. De laideur, de rêves, de misère, de violence, de tendresse, de crade et de magnifique. Une promenade dans le désespoir au fond d’un puits noir qui sent le moisi et le rat mort. Une faune d’êtres de la nuit, celle des heures noires et celle du mental, de l’usure des corps et de la foi. Les choix de vie ont disparu peu à peu. On aime et on hait ce qu’on a, parce qu’on n’aura rien d’autre mais… putain, pourquoi se retrouve-t-on avec ça ?

Rien ne nous est épargné.

On fronce le nez parce que les odeurs montent des mots, des odeurs violentes et fatiguées. La brutalité de l’errance nous frappe en pleine lecture. On pénètre, safely home, dans les coulisses d’une humanité déshumanisée, déshabillée de ses rires et joies. Et pourtant, et pourtant... c’est saupoudré de poésie, oui oui… La poésie des choses qui sentent mauvais, sont vilaines à voir, comme le chien qui éclabousse les tables de sa bave glaireuse ou Angel qui rit en exposant ses dents jaunes et cariées… Mais poésie d’un monde ni onirique ni cauchemardesque, plutôt un monde qui aurait une gueule de bois interminable, la migraine, l’haleine féroce, et se rapproche, comme des zombies, d’un signal clignotant rouge où on peut lire « vous êtes arrivé à destination »…

Bravo Carine-Laure Desguin, c’est court mais si rempli qu’on prend un coup de poing littéraire !

 

Edmée de Xhavée

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Philippe Desterbecq a lu et chroniqué dans son blog "d'un livre à l'autre" "Gwen, adieu..." le dernier thriller de Christine Brunet

Publié le par christine brunet /aloys

http://phildes.canalblog.com/archives/2019/07/12/37455374.html#c76151808

http://phildes.canalblog.com/archives/2019/07/12/37455374.html#c76151808

 

Voici déjà le neuvième roman de Christine Brunet qui a réussi, une fois de plus, à m'épater et à me scotcher sur ma chaise. 

Comme le titre l'indique, dans ce thriller, on retrouve Gwen, un personnage atypique, médecin légiste à la police, au passé pas trop net. Envers et contre tout, Gwen doit connaitre la vérité. Elle enquête sans peur et sans réserve pour arriver à clore son dossier. 

Avec ce roman, le lecteur est sûr de ne pas s'ennuyer : actions permanentes, suspense, meurtres en série, voyage d'un pays à l'autre, trahison, vengeance et aussi une certaine attirance pour cet être décalé qu'est ce personnage récurrent qui pourrait bien disparaître si on en juge par le titre...Mais, avec Christine, il faut toujours s'attendre à des surprises. 

Depuis la fin octobre, les meurtres s'enchaînent : un couple chinois, un ex-ministre, et beaucoup d'autres personnes qui sont liées entre elles par leur appartenance à un comité d'amateurs de whisky. Des meurtres sadiques, violents. Des exécutions qui se suivent. Pour du whisky? C'est pousser le bouchon un peu loin, mais si une bouteille peut coûter plus de 3000 euros ! 

Ce qu'il y a de très particulier dans ce roman, c'est qu'à chaque fois qu'un enquêteur se rend chez un suspect, celui-ci est mort, assassiné un peu avant...

Les enquêteurs finissent par se tourner vers une rousse flamboyante (que les lecteurs de Christine connaissent bien), qui pourrait bien être à la tête de tous ces meurtres liés par un trafic de drogue. Mais où se cache cette femme qui accuse Gwen de l'avoir tabassée? 

De fil en aiguille, Gwen finira par déceler la vérité... 

A la fin du bouquin, le lecteur fidèle reconnaîtra Axelle de Montfermy, ex-Aloys, autre personnage récurrent des thrillers de Christine, un flic qu'il retrouvera sûrement dans le 10e roman de l'auteure. 

Merci, Christine, pour ce beau cadeau. 

 

Philippe Desterbecq

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Gilgamesh & Co, le nouvel ouvrage de Véronique Grandpierre sort aujourd'hui !

Publié le par christine brunet /aloys

Publié dans l'invité d'Aloys

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Un nouvel extrait de "Gwen, adieu", le nouveau thriller de Christine Brunet

Publié le par christine brunet /aloys

Aéroport Manas – Kirghizie – 02 novembre 15h55


Le Boeing 737 atterrit à l’heure sur le seul aéroport international de
ce petit pays d’Asie centrale. Le long bâtiment bas en béton sans intérêt
architectural défila devant le hublot tandis que l’appareil se garait entre
un Boeing d’Air Manas et un Pegasus Airlines.
Légère bousculade à la sortie puis la salle des bagages et la douane dans
un décorum très épuré, froid, un peu usé voire désuet : un reliquat de
l’ère soviétique probablement. Quelques guichets de change, mais aucun
touriste pour les squatter.
Gwen passa dans le hall d’arrivée et fouilla des yeux la foule disparate
des amis et des parents. Inutile de penser que le fameux Pavel serait là
pour l’attendre. Elle se dirigea donc, sac à l’épaule, vers la sortie et héla
un taxi orange qui s’empressa de dépasser la file des voitures particulières,
flairant la course juteuse.
Elle ouvrit la portière arrière, se pencha et s’apprêtait à monter pour
donner sa destination (un bon hôtel en centre-ville repéré, au cas où, lors
de la courte attente à Roissy) lorsqu’une main referma d’autorité le battant
tandis qu’un corps massif s’interposait, l’obligeant à retrouver le trottoir.
–– Je crois que nous avons rendez-vous ! jeta une voix masculine en
français avec un fort accent slave.

Elle se redressa et détailla le personnage qui dépassait son petit gabarit
de vingt bons centimètres : 1m75 environ, glabre, cheveux bruns très
courts, la cinquantaine bien portée, muscles saillants sous un T-shirt blanc
moulant et des yeux d’un marron noisette surprenant.
–– Tiens ! Je me demandais justement si vous aviez reçu mon message…
répliqua-t-elle du tac au tac avec ironie en se demandant comment il
pouvait supporter la température sibérienne à cette altitude. Un véritable
dur à cuire…
Elle lança au chauffeur de taxi dépité un « sorry » rapide avant de
donner toute son attention au personnage.
–– Ma voiture est par là, grinça d’une voix autoritaire celui qui ne
pouvait qu’être le dénommé Pavel.
Pas question de refuser son « offre », et puis elle était là pour ça…
Son regard accrocha le biceps et un bout de tatouage qui l’interpella :
une main fermée autour du canon de ce qu’elle soupçonnait être une
Kalachnikov sur fond rouge, sûrement une étoile… Un Spetsnaz ! Ou un
ancien des forces spéciales russes. Les choses se compliquaient un peu plus
d’autant que l’un des gestes dévoila un bout de dessin lui faisant penser à une
chauve-souris stylisée, symbole du GRU et de l’OMON : que faisait ce
genre de type dans le paysage ? Pourquoi un agent spécial russe trempait-il
dans l’histoire ? Était-il encore en activité ou était-il devenu un mercenaire
comme Kolenko, le tueur de Malte ? Probable… Elle se dit soudain qu’elle
n’aurait jamais dû venir et que cette erreur allait lui être fatale.

Un 4x4 haut sur roues, très carré, noir : une UAZ48 sinistre aux vitres
omniprésentes, mais très teintées. Le Slave ouvrit la portière arrière et la
poussa sans ménagement sur la banquette en lui bloquant toute possibilité
de fuite ou d’esquive, sac sur les genoux. L’intérieur, en tissu noir,
était spartiate. À ses côtés, un autre balèze, cheveux blonds ondulés tirés
en arrière pour un visage buriné au regard sévère. Au volant, à côté d’un
Pavel fermé et froid, limite hostile, un homme plutôt fluet aux origines
asiatiques de ce qu’elle pouvait en voir dans le rétroviseur central.
Le moteur vrombit. Le tout-terrain roula vers la sortie. Un bref arrêt le
long d’une guérite en bois pour le paiement du parking, quelques pièces à
un gardien en uniforme marron engalonné en échange d’un reçu, puis une
route goudronnée, jalonnée de nids de poule avec un terre-plein central.
Tout autour, une campagne détrempée passablement lugubre. De chaque
côté de la chaussée, une haie d’arbres déplumés par l’hiver naissant.

Silence profond entre les quatre passagers. Afin de tester sa situation,
avec le plus de naturel possible, elle tira son portable de la poche… immédiatement confisqué par son voisin au profit du chef de groupe. Elle
regarda l’appareil passer de main en main, un sourcil levé : gestes et regards
étaient remplis d’animosité.
Elle soupira puis se concentra sur le paysage tandis que le tatoué sortait
une tablette tactile d’une valisette à ses pieds, se retournait complètement,
genoux sur le siège, et prenait quelques clichés de leur passagère avant de
reprendre sa place, satisfait.
La campagne avait laissé la place à une avenue large coincée entre des
barres d’immeubles à l’architecture très soviétique : le reliquat d’un passé
pas si lointain. Peu de véhicules et aucun passant sur les trottoirs luisants
de pluie. Morne, déprimant… Du coup, son esprit zappa vers Ceyreste,
les cigales en été, le soleil, les odeurs de garrigue… Reposant.

Une zone industrielle et un hangar désaffecté devant lequel le conducteur
freina brutalement. La suite n’allait sûrement pas être très drôle. Les
trois hommes descendirent. Elle poussa la porte avec une décontraction
qu’elle ne ressentait pas, et les suivit sans contrainte physique, mais sous
étroite surveillance. Impossible de faire un pas de côté sans être reprise
par le collet.
À l’intérieur, le sol était en terre battue, tassée, noire d’huiles moteur
dont le fumet rance fuitait désagréablement jusqu’aux narines. Des caisses
entassées le long du mur, des planches, des morceaux de machines, des
papiers, des cartons crevés et une pièce en forme de cube vitré, éclairée,
meublée d’un bureau en fer. Cet espace clos était occupé par une silhouette
de dos à la carrure massive, tête chevelue rousse, longue et frisée,
penchée sur l’écran d’un portable ; face au militaire, quelques chaises, et
une rangée de classeurs métalliques verts chargés de liasses de dossiers et de
papiers jaunis. Et puis, au milieu de l’espace de stockage, à une vingtaine de mètres, ...

Publié dans l'invité d'Aloys

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