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110 articles avec l'invite d'aloys

L'invitée d'Aloys, Josiane Lion avec un extrait de "La balade de Simon"

Publié le par christine brunet /aloys

 

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La nuit était tombée. Une de ces nuits froides d’automne où les étoiles meurent une à une, étouffées par la brume naissante et dont l’atmosphère perlée d’infimes gouttes de pluie vous transpercent jusqu’aux os et vous mouillent le cœur d’une indicible tristesse. Pour échapper le plus rapidement possible à cette morosité, je marchais d’un bon pas sur le bas-côté de la nationale. Autour des lampes d’un jaune blafard qui s’efforçaient de vaincre l’obscurité, volaient en une ronde obsédante des dizaines de papillons de nuit. De temps en temps, les ténèbres étaient déchirées par les rayons éblouissants de phares et le silence, qui jusque là n’était rompu que par les stridulations des derniers criquets et du bruissement des arbres, était à cet instant couvert par le vrombissement des automobiles lancées à toute vitesse.                                                                               

Tout avait commencé ce matin où j’avais décidé de faire une bonne balade. Il faisait si beau ! Enivré par cette radieuse journée, je m’étais éloigné, un peu trop peut -être...       Pour l’heure, je n’avais plus qu’une idée, me retrouver chez moi, grignoter un morceau et me blottir au creux de mon vieux fauteuil si confortable.

Après la chaleur du jour, la fraîcheur de la nuit aux odeurs d’humus, de bois brûlé et d’asphalte me donnait la nausée.

Tout à mes pensées, j’avais dépassé le rond-point. Je longeais à présent des friches envahies de sureaux et de buddleias.

Brusquement, un lièvre détala devant moi ! Surpris, je fis un bond de côté. Déjà, l’animal s’élançait au travers de la route. En trois bonds, il la traversa ! Hélas, je n’avais pas remarqué que je me trouvais presque au milieu de la chaussée. Trop tard ! Le flash aveuglant des phares, le grondement de bête furieuse d’un moteur... un choc violent... une douleur lumineuse à la tête... une onde glaciale qui me parcourt le corps et qui s’insinue dans mes os... la peur... une atroce peur viscérale... puis plus rien... seulement la nuit... le silence...

Combien de temps suis-je resté là inanimé sur le bord de la route dans les herbes jaunies ? Quand je me suis réveillé, il y avait un chien mort à quelques pas de moi.                

-Pauvre bête, pensai-je, il n’a pas eu ma chance !                                      

Il ne devait pas être mort depuis longtemps, car de sa tête ruisselait encore un filet de sang, son beau pelage beige en était maculé.

En titubant, je me redressai et m’appuyai contre un poteau indicateur. Je restai ainsi un long moment hébété. Dans la solitude désespérante de cette nuit sans lune, je me sentais déboussolé, désorienté. Je ne savais plus qui j’étais, ni où je me trouvais. Je me mis à grelotter de froid. Le choc sans doute ! Mû par la volonté de m’éloigner au plus vite de cet endroit maudit, je fis quelques pas. Apparemment, je n’avais rien de cassé.                                                                                         

-Allons, en avant ! me dis-je pour m’encourager.  Prudemment, je marchais dans les graminées mordorées. Elles étaient acérées et poussiéreuses, mais tant pis ! Mieux valait endurer quelques égratignures et avaler un peu de poussière que de m’exposer par trop aux dangers de la route.

Fatigué, j’avançais péniblement, avec cette impression désagréable de ne pas progresser. Non loin de moi, des voitures, ces monstres métalliques sans âme, continuaient de foncer dans l’obscurité, indifférentes aux drames qu’elles engendraient. L’une d’elles venait d’écraser un hérisson qui s’était élancé dans le calme trompeur de la nuit.

Comme je m’approchais du petit animal, je vis une vapeur fumeuse s’émaner de lui. Elle s’éleva légèrement, puis s’évanouit dans un fourré tout proche.

Je n’ai jamais cru aux fantômes, mais ce que je venais de voir me laissa perplexe. Existait-il quelque chose après la vie ?

Je n’avais fait que quelques pas et cependant je me sentais épuisé. Je m’assis sous un marronnier un peu en retrait de la route, là où les herbes sont toujours fraîches et douces.

Je devais me reposer un moment, faire le point, ne pas paniquer.                                     J’étais parvenu à retrouver un peu de calme, lorsque je m’aperçus de la disparition de ma chaîne. Sans doute, était-elle tombée lors de l’accident. Je me levai et rebroussai chemin, elle devait être encore là-bas.

L’aube se levait. Un brouillard nimbait les champs et pochait

les arbres d’une brume laiteuse. Le chien beige aux longues

oreilles était toujours là, allongé sur son flanc dans les herbes sèches, ses bons yeux globuleux ouverts sur l’infini.                                                                         

Une voiture arrivait. Elle roulait lentement. Je reconnus le ronronnement particulier de la voiture familiale. Ouf, on venait à mon secours ! Elle s’arrêta sur le bas-côté. Un homme et une femme en sortirent et s’agenouillèrent auprès du chien. La femme étouffa un sanglot. L’homme se releva, alla au coffre et en ramena une  couverture. 

Mes maîtres, c’était mes maîtres ! Braves gens, ils avaient du me chercher toute la nuit. Pour les remercier, je courais, sautais autour d’eux en jappant. Mais, ils ne semblaient pas remarquer ma présence.                                                                                    Mon maître avait soulevé le chien et l’avait déposé délicate-   ment sur le plaid. Je restai stupéfait et terrifié à la fois, car je venais de reconnaître au cou du cadavre pantelant mon collier où se balançait un médaillon gravé d’un simple nom : Simon ! Mais alors, c’était moi le pauvre chien beige ! J’étais mort cette nuit et bien sûr comme toute créature qui meurt, je n’en avais pas eu conscience !

Avec tendresse, ils m’enveloppèrent dans le plaid et me déposèrent dans la voiture. A présent, je devais être une vapeur, un flocon de brume qu’aucun être vivant ne peut voir, tel le hérisson de cette nuit. Je sautai sur le siège arrière et m’installai confortablement, j’étais si content après cette nuit d’enfer, d’enfin rentrer à la maison.

Mais ma joie s’arrêta net à la vue de jouets oubliés sur la banquette, un ballon et un ours en peluche qui appartenaient à Julien et Emilie, mes petits maîtres. Nom d’un chat, quel chagrin sera le leur, lorsqu’ils apprendront ma mort !

Un flot de souvenirs heureux me submergea. Des éclats de bonheur, des cris, des aboiements, des rires joyeux et les courses sur la pelouse pour récupérer une balle en mousse. Plus jamais, ce temps ne reviendra et comme ils allaient tous me manquer !

Peut-être, les parents adopteront-ils un autre chien afin de consoler les enfants. Mais toute leur vie, il en était persuadé, Julien et Emilie garderont dans leur cœur le souvenir ému de Simon leur gentil petit chien, parti un jour d’automne faire le tour du monde !

 

 

Qui est Josiane Lion ?

Je suis depuis toujours une passionnée d'écriture, d'histoire et d'ésotérisme. Encouragée par la critique favorable que recueillent mes récits, je publie enfin, l'année dernière, un premier ouvrage: "Le teinturier de la lune".

Publié dans l'invité d'Aloys

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L'invité d'Aloys est Muriel Leclercq

Publié le par christine brunet /aloys

 

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LOULOU

 

 

 

Les rêves, ça pâlit à l’usage

Et Loulou n’a jamais trouvé

Le moindre petit bout de plage

Sous le moindre petit pavé

Nos temps sont trop déraisonnables

Dans ce monde en hypermarché

Pour refaire des châteaux de sable

Alors Loulou préfère chanter

 

 

Refrain : Loulou s’en fout, elle prend sa guitare

Loulou s’en fout, elle préfère chanter

Loulou s’en fout si les copains d’Mouffetard

La tiennent au chaud jusqu’au prochain été

 

 

On a vécu l’ère des floués

De Prague à Paris : flop mondial !

Et tant d’œillets se sont fanés

Depuis les fleurs du Portugal

Nos temps sont trop impitoyables

Dans c’monde américanisé

Pour rendre notre air respirable

Alors Loulou préfère chanter

 

 

Refrain

 

 

Nous vivons l’ère des oubliés

Qui comptent peu mais qui dérangent

Les bobos lisent toujours Libé

Et le petit prince est agent de change

Ce monde est trop impraticable

En ces temps informatisés

Pour ne pas fuir l’intolérable

Alors Loulou préfère chanter

 

 

Refrain

 

 

Muriel Leclerc

 

Qui est Muriel Leclercq ? Juste quelques mots...

 

 

Depuis que j'ai demandé ma retraite de professeur de français, j'ai plus de temps à consacrer au théâtre, passion depuis longtemps. Et j'ai eu envie d'écrire pour des spectacles plutôt que de me contenter de jouer.
J'ai donc écrit des textes pour un cabaret littéraire, et c'est ainsi qu'un autre projet a vu le jour l'an dernier et la troupe  a joué ma pièce "A54, la faille".

Je suis en train d'écrire une saynète imaginant Antigone en vieille pocharde... les autres textes dorment à présent, et les mots, je trouve que c'est fait pour être partagés, c'est ce qui m'a donné envie de contacter le blog...

"A54, la faille", ce sont des règlements de comptes entre trois générations sur une aire d'autoroute...

Publié dans l'invité d'Aloys

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L'invité d'Aloys est Eric Allard

Publié le par christine brunet /aloys

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l’orage l’au revoir

 

I

donner de la voix du verbe

au nom des choses tues

 

sans mots aller à la mer

délivrer l’onde des vagues

 

où ce corps dans mes mains

prit la forme d’une plage

 

 

II

l’orage les limites abolies

du temps et de la pluie

 

puisqu’au ciel s’efface l’ondée

toute trace d’éclaircie

 

il faudra revenir à la place

que j’occupais dans les rêves

 

 

III

sans mouvement seule

l’ombre se défait de la lumière

 

l’été continue de brûler

dans l’âtre de l’hiver

 

des mots marchent sur les peaux

ceux que tu as laissés mourir

 

 

IV

bref orage suivi de riens

passé recouvert de bleus

 

cheveux pris à la gorge

cou rare pour les caresses

 

qui l’une l’autre se calment

s’ensuivent sans suite

 

 

V

tous les noms donnés

pour inventer une langue

 

s’éloignent des lèvres en pensée

pendant qu’on pèse une étoile

 

sans un regard se souviennent

de ce qu’étaient des yeux 

 

 

VI

dans l’eau salée à souhait

plonger les moments perdus

 

de l’être ne faire qu’une bouchée

un avalement lent

 

retenir au bout des doigts

quelques pincées de ciel

 

 

VII

sans bruit se frotter au silence

pardonner au tonnerre

 

au poids lourd du temps

qui renverse les espaces

 

tomber en vérité

dans un monde sans dimension

 

 

VIII
d’herbes rouges en feuilles folles

parcourir le spectre des prairies

 

le corps embourbé sale 

dans la bouche de la terre

 

verser des seaux d’orage

de minuscules poignées d’avoir

 

IX

semer jusqu’à obtenir

une terre riche de paroles              

 

puis parler droit

à l’étroit dans les mots

 

pour le reste à dire

attendre un autre langage   

 

 

X

sans nerfs rouler

ses os jusqu’à l’air libre

 

quelques mots plus loin

crier son amour

 

comme si de son corps

on avait perdu les clés

 

 

XI

produire des voix d’enfant

dans des gorges de papillon

 

sous les ailes du cri

poser une bombe

 

dans les fleurs éparses

recomposer un chemin   

 

 

XII

à voix très basse

changer de saison

 

entre les yeux du temps

pousser sa mémoire

 

quitte à revivre

la nuit de sa naissance

 

 

Eric Allard

Publié dans l'invité d'Aloys

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Le tilleul du parc, une nouvelle de jean Destree, invité d'Aloys

Publié le par christine brunet /aloys

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Un soir il l'emmena au cinéma. Elle accepta pour lui faire plaisir. Après tout, une petite sortie nocturne ne pouvait que lui faire du bien. Jean-Michel avait choisi une comédie dont Fernandel était le protagoniste. Fabienne rit franchement aux dialogues et aux situations cocasses et, toute rassérénée, elle lui prit le bras à la sortie.

 

      Ils rentraient tranquillement, serrés l'un contre l'autre. Ils remontaient la rue Blanche, quand un bruit sourd et continu sembla monter du sol. Ils s'arrêtèrent pour écouter. Le bruit s'amplifiait, devenait grondement. Ils pressèrent le pas, inquiets car il leur semblait que la terre se mettait à vibrer. En même temps, une lueur apparut vers les bois, derrière la chaussée.

 

- C'est la mine! s'exclama Jean-Michel.

- Qu'est-ce qu'il y a? demanda Fabienne, le serrant plus fort.

- Je ne sais pas. Allons voir.

 

      Rapidement, ils se dirigèrent vers la rue des Houillères en direction du charbonnage. De loin, ils aperçurent un attroupement. Des gens s'agitaient en tous sens. Ils arrivèrent en même temps que les pompiers. Ils s'approchèrent, demandant ce qu'il se passait.

- C'est le grisou, dit quelqu'un.

- Non, c'est un gros éboulement, dit un autre.

- Il y a le feu dedans, dit un troisième. C'est du sérieux; ça sort par la tour à molettes.

 

      La gendarmerie arrivait en trombe, toute sirènes hurlantes et les gendarmes établirent un barrage devant les grilles fermées où la foule s'agglomérait. Les femmes s'énervaient, questionnaient sans recevoir d'autre réponse que "On ne sait rien". Ils reconnurent les frères Pozzo et Tadek qui discutaient ferme avec des camarades de la mine.

 

      Sur le carreau du charbonnage, des gens allaient et venaient. Les responsables, ingénieurs et chefs porions donnaient des ordres parfois contradictoires. Du haut de la tour, de la fumée s'échappait en volutes tourbillonnantes que le vent rabattait vers la ville, tandis que les nuages bas reflétaient la lueur rouge du feu intérieur.

     

      La grille s'ouvrit soudain pour laisser passer les équipes de secours venues de la ville et de La Rivière. Leur présence présageait rien de bon. La catastrophe parut plus grave. Le grondement n'avait pas cessé. Chacun avait les yeux tournés vers les molettes qui restaient désespérément immobiles, ce qui était un très mauvais signe. Si elles ne tournaient pas, c'est qu'elles ne pouvaient plus fonctionner. Alors... les morts allaient se compter par dizaines.

 

      Fabienne frissonna et serra le bras de Jean-Michel. Elle sentait en elle monter l'effroi  de sentir impuissante devant le drame. A côté d'elle, une femme pleurait, tenant dans ses bras un enfant de quelques mois. Fabienne lui prit la main et lui sourit. L'autre la regarda, l'air absent.

 

- Venez, madame, mettez-vous à l'abri sous l'auvent, votre bébé va prendre froid.

 

      Elle entraîna la femme qui se laissa faire. Elle prit le bébé et se mit à le bercer. L'enfant se mit à pleurer doucement et, se tournant vers Jean-Michel, lui dit:

 

- Chéri, va chercher quelque chose pour le petit.

 

      Jean-Michel quitta le groupe et entra dans un café pour demander du lait chaud. Il revint très vite et moment où la molette se mettait à tourner. Elle tournait si lentement, si lentement. La sirène hurla dans la nuit et les roues tournèrent de plus en plus vite. Silencieuse, la foule se pressa contre les grilles et les gendarmes avaient beaucoup de peine à la contenir. Quelques hommes sortirent du bâtiment des cages et parlèrent avec les ingénieurs qui s'étaient précipités. Les projecteurs illuminèrent le carreau et l'on pu voir des hommes s'affairer. Quelques instants plus tard, le sous-directeur du charbonnage s'avança vers la grille.

 

- Il y a le feu à l'étage 540, dit-il, la voix mal assurée. Une explosion de gaz. Les hommes se sont réfugiés par les galeries montantes vers les étages supérieurs. On va tout faire pour les sortir par le puits d'aération, mais ça prendra du temps.

- Il y a des morts,  s'enquit quelqu'un.

- On n'en sait encore rien. Ceux qui sont remontés venaient du 450.

- Combien étaient-ils?

- 47. Des bouveurs.

- Et aux étages inférieurs?

- La pause de nuit, soit 286 avec les porions.

- Combien sont remontés?

- Il y en a douze. Ils sont sains et saufs.

- Qu'est-ce qui a provoqué l'explosion?

- On n'en sait encore rien.

- Et comment va-t-on remonter ceux des étages en-dessous du feu?

- Par le puits d'aération aussi. Il faudra du temps parce qu'il y a un éboulement dans les galeries du 720. Il n'y a personne d'autre en-dessous.

 

      Le sous-directeur se voulait rassurant mais ses réticences à répondre à certaines questions laissaient planer un doute sur le sens de ses paroles. Les vieux mineurs présents se taisaient; l'expérience leur avait appris à deviner à travers les silences. Ils se regardaient, méfiants, évitant de commenter les événements, comme s'ils voulaient conjurer le sort.

 

      Jean-Michel regarda sa montre. Il était près de minuit.

 

- Viens, dit-il à Fabienne. Nous ne sommes plus utiles ici.

- Et la dame avec son bébé? lui répondit-elle avec un air de reproche,  on ne va pas l'abandonner comme ça.

- De toutes façons, elle ne voudra pas venir avec nous. Elle attend des nouvelles. Elle restera jusqu'à la fin. Elles sont toutes comme ça, les femmes de mineurs. Elles ne sentent ni le froid, ni la chaleur, ni la faim, ni la soif. Elles attendent.

- C'est cruel, ce que tu dis. On ne peut donc rien faire?

- Non. Elles n'attendent rien de nous, surtout pas des plaintes et de la compassion.Viens, nous en saurons plus demain.


Jean Destree

 

Qui est jean Destree ?



Né à Chimay(Hainaut) en 1932. J'habite en Thudinie et vis en couple.
Humanités gréco-latines  puis école supérieure de l'enseignement (régence pour 
les Belges).
Prof pendant 30 ans à Erquelinnes, Binche, Houdeng puis Jumet. (Français, 
histoire, sciences humaines, psycho).
2 enfants Yves comédien et prof d'académie et Lucie, musicienne (violon) et 
prof à la Haute École normale à Uccle (Bruxelles).
J'écris pour passer le temps (romans, théâtre, essais).
Peux en dire plus si nécessaire.

 

Publié dans l'invité d'Aloys

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L'invité d'Aloys... Claude Colson avec son nouveau roman, Malgré tout.

Publié le par christine brunet /aloys

 

claude colson-copie-2

 

 

À propos de de "Malgré tout"

ce texte est un court texte de fiction, une novella (ou roman court) d'une

centaine de pages.

 

Le pitch :

Un homme, une femme. Lui est veuf, elle en couple. Une rencontre fortuite et

leurs vies basculent. Une histoire de passion amoureuse, banale somme

toute, ou presque ? Justement non, car leur rapprochement va les amener à

remettre en question tous leurs repères dans l’existence. Trouveront-ils un

nouvel équilibre ? À vous de le découvrir.



Genèse :


 Après trois livres d'autofiction (autobiographie pas forcément chronologique)

je voulais m'essayer à la fiction. Mais je doutais d'avoir suffisamment

d'imagination pour créer des personnages. Comme les livres précédents

traitaient de l'amour passion, j'ai essayé de réduire la difficulté en gardant au

moins le thème de l'amour, comme une sorte de rampe de sécurité pour

l'écriture.


Avec ce livre j'ai exorcisé cette inhibition et je peux à présent écrire sur

d'autres thèmes. :)

 

http://claude-colson.monsite-orange.fr

 

 

      Un extrait !!!! Le tout début du livre...

 

1

   Le ballon roula aux pieds de Michel qui était en train de s’essuyer dans sa grande serviette de plage. Rapide, il le saisit et laissa venir vers lui les deux petits garçons.

― On peut l’récupérer, M’sieur, dit le plus rond des deux, qui avait aussi l’air le plus déluré.

 L’autre, impressionné, restait à trois pas.

― Si je vous disais non, que feriez-vous ?

Il avait pris un air sévère.

― Z’avez pas l’droit, M’sieur, c’est notre ballon. Maman, maman, le monsieur nous a pris notre ballon !

     La dame en question, une jolie brunette sourit à Michel. Elle observait la scène depuis quelques instants et avait bien vu qu’il ne faisait que les taquiner.

―  Est-ce que vous le lui avez demandé poliment au moins ? Vous êtes-vous excusés de l’avoir dérangé ? Non, je suppose, alors faites-le et vite.

―  Bonsoir, Madame, je crois que ce ne sera pas nécessaire. Je pense qu’ils ont compris.

Et il leur rendit leur jouet préféré.

―  Merci M’sieur, excusez-nous.

―  Vous voyez, ça sert toujours d’être poli, dit la dame avec un dernier sourire à Michel, tout en récupérant ses deux gamins. Allez, on y va, papa doit nous attendre à présent.

 Après un « au revoir, Monsieur » que ses enfants reprirent en écho, elle entreprit de quitter la plage. Il était déjà dix-huit heures passées et il commençait à faire plus frais. Un petit vent se levait et le sable soulevé venait fouetter  les mollets des estivants, de moins en moins nombreux sur les lieux.

     Resté seul, Michel finit de se sécher et rassembla ses affaires avant de prendre le chemin de l’hôtel.

Il pensa : «  Qu’est-ce qui me prend ? Je suis en manque ? Cette grosse ficelle pour aborder cette inconnue ! Bon, ok, elle m’a plu mais il faut que je me surveille.  Allez, Michel, c’est pas grave ! », se dit-il dans un sourire.

 

2

   Élisabeth ne travaillait pas en cette période. Elle attendait le retour de son amie.

Leur appartement était plutôt coquet et doux à vivre ; Charline y apportait beaucoup de soins, soucieuse de toujours orner le salon de quelques fleurs, allumant régulièrement une lampe brûle-parfums, quand elle n’enflammait pas un ou deux bâtons d’encens, veillant à la douceur de l’éclairage…

La porte d’entrée s’ouvrit et Charline apparut vite dans la pièce principale. Elle semblait éprouvée.

¬ Ah, Élisabeth ! J’ai eu une dure journée...ncipale. Elle semblait éprouvée.

 

 

¬ Ah, Élisabeth ! J’ai eu une dure journée...

 

 ©   Éditions Kirographaires

 

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L'invité d'Aloys, Trystan Faussurier, 9 ans...

Publié le par christine brunet /aloys

009
Bonjour,

Je m'appelle Trystan et j'ai 9 ans et demi.
Je suis en cm2.J'ai trois passions: l'écriture, les félins et les sciences. Souvent, mes idées de poèmes ou d'histoires me viennent de mes chats.
J'ai écrit "les étoiles du destin" en pensant à la saga d'Erin Hunter qui décrit la vie de chats sauvages. Dans ce poème, je veux évoquer un guérisseur amoureux qui essaye de vivre avec la personne qui l'aime, mais les traditions de son clan les en empêchent; alors, il demande conseil à ses ancêtres.

Les étoiles du destin

En observant les étoiles
J’ai tout compris.
Sur cette gigantesque toile
J’ai su que l’on serait toujours unis.
Et le ciel s’est comme penché
Il m’a parlé.
Car au-delà des pensées
Se trouvait mon destin caché.
Je me suis battu
Pour nous sauver…
J’ai couru
Pour te retrouver…
Ainsi j‘ai vu,
En oubliant le passé,
La lumière revenue,
Je me suis tourné,
Je me suis souvenu,
Emerveillé…
En observant les étoiles
J’ai tout compris.
Sur cette gigantesque toile
J’ai su que l’on serait toujours unis.
Et tout s’est révélé
Tu étais là ma bien-aimée.
Car au-delà des pensées
Se trouvait l’amour masqué.
Du haut des cieux,
Nous empêcherons le sang de couler,
Et heureux,
Nous serons plus fort que la destinée.
Trystan Faussurier



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Un prince en hiver, une nouvelle d'Yves Boutique

Publié le par christine brunet /aloys

Aujourd'hui le temps est à l'ombre; dur et immobile!!

Là où je suis, rien n'existe. Allongé sous ce ciel de métal, l'esprit en terre inconnue tel un fossile enlisé dans
un monde minéral;depuis toujours en souffrance car ici les éléments sont désunis, j'attend l'aube pour
que renaisse la chaleur matinale et les sons discrets.
Je ne suis qu'une chrysalide, un vent de nuit!
Je ne suis plus rien depuis que tu es partie!!
Au delà du jardin des connaissances, la peur court les villes où se fondent des ballets d'étranges mécaniques.Je vis seul au milieu des rires et te tend la main pour te dire à quel point je suis sans
défenses.....Je ne sais d'où je viens et ne saurai demain retourner par le même chemin ;alors,laisse
moi te dire encore à quel point je t'ai aimé,laisse moi ton parfum et ton sourire et puis, laisse moi
partir car je ne peut m'arrêter!!
Nous ne mourrons plus et irons par la vie errant pour toujours...........mon amour!

Yves Boutique.

Publié dans l'invité d'Aloys

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L'invité d'Aloys est Philippe Couillaud

Publié le par christine brunet /aloys

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Philippe m'a proposé cette nouvelle lors du concours pour "les petits papiers de Chloé". trop longue, il a dû revoir sa copie... Vous vous souvenez ? Je vous la propose aujourd'hui...             

 

 

 

 Je vous croyais mort, enfin, ce sera pour une autre fois. Mais n’y revenez pas. J’ai horreur des ratés. Vous êtes ici pour réussir brillamment votre passage à l’état réel de mortel. Reprenez-vous, que diable ! Lors du dernier changement de gouvernement, suite à la victoire du F.N.M.L. (le front national de la mort libre) il a été institué une semaine de formation à l’acte de libération suprême.

              Vous n’ignorez pas que notre université depuis une décennie occupe le premier rang de la cause mortifère. J’en veux pour preuve l’inauguration de la plus grande nécropole jamais réalisée jusqu’à présent. Nous avons atteint le seuil du milliard d’inscrits. Le tout obtenu grâce à l’extraordinaire méthode du C.A. (compactage absolu) qui réduit un corps humain à la taille d’une cellule, elle-même confinée avec ses semblables dans des éprouvettes congelées. Nous avons ainsi obtenu la mort éternelle. Vous rendez-vous compte ?

              Pensez au gaspillage lorsque les guerres étaient l’unique moyen d’abattage. Je n’évoquerai pas l’époque du « ARBEIT MACHT FREI » devise infamante et mensongère pour tout être humain conscient du devenir de la chose mortifère.

              Un nouveau faux pas nous obligerait, en fonction des textes déposés dans le tabernacle des trois religions monothéistes habilitées à nous gouverner à procéder au prélèvement de vos deux enfants. Dieu vous regarde, mon cher et vous ne pouvez vous soustraire à son divin désir.

 

Philippe Couillaud


 

Une petit biographie...


Philippe Couillaud vit à Bordeaux où il exerce la profession de travailleur social. Des carnets de bord plus ou moins égarés sont le domicile de son écriture, mode d'expression le plus libre possible. Il lui arrive d'émigrer vers des ateliers d'écriture. Soucieux du monde qui l'entoure et l'interroge, Philippe Couillaud cherche, par l'écriture, à transcrire ses émotions et ses idées. 

 

Son roman, "Une pluie fine et grise", est paru aux éditions du Pierregord en 2011.

Publié dans l'invité d'Aloys

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L'invitée d'Aloys est, aujourd'hui, Laure Bolatre avec son texte "Quiproquo"

Publié le par christine brunet /aloys

                                                 

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Quiproquo

 

L’homme entre dans le petit café, se dirige tout droit vers la serveuse :

- mademoiselle, s’il vous plait ?


Celle-ci se retourne et se trouve face à lui. Tout de suite sa pâleur, les cernes sous ses yeux lui font penser à quelqu’un qui n’a pas fermé l’œil depuis des nuits.

- bonjour. Je peux vous aider ?


L’homme sort de son portefeuille une photo.

- avez-vous vu cette jeune femme ?

- bien sûr. Je l’ai vu pas plus tard que mardi.

- seule ?

- non. Elle était avec une autre femme. Pourquoi ?


 Il sort une photo d’un groupe :

- reconnaissez-vous quelqu’un ?

- oui. Elle.

- vous a-t-elle dit quelque chose de spéciale ?

- non. Juste : deux chocolats chauds, s’il vous plait !


L’homme n’a pas l’air d’apprécier son humour.

- bon en quoi puis je vous aider ?

- auriez-vous entendu leur conversation ?

- dites donc en quoi cela vous regarde ?

- cette femme est ma fiancée et… je dois savoir…

- je vois.

- ne vous méprenez pas. C’est juste…

- oh ! j’ai l’habitude. Bien. Vous avez de la chance : mardi c’était mort, personne. J’en ai profité pour réviser. Je fais ça pour arrondir mes… enfin je suppose que cela vous est égal.


L’homme hausse les épaules.

- ouais. Je m’en doutais. Bon, voilà. Une des femmes…

- laquelle ?

- l’autre.

- disons la numéro 2.

- pourquoi 2 ?

- celle-ci, il lui montre la photo, est ma fiancé c’est donc la numéro 1.

- logique. Je disais donc, la numéro 2 a demandé :

« Tu es sûre de vouloir faire ça ?

- tu vois une autre solution, toi ?

- tu crois vraiment que personne ne se doutera de rien ? décidément tu ne fais jamais rien comme tout le monde !

- je sais ce que je fais ! même lui n’y verra que du feu, et quand il aura compris, ce sera trop tard ! »

- elle a vraiment dit ça ? vous en êtes certaine ?

- hum.

- continuez…

- vous en  êtes certain ? vous êtes encore plus pâle que tout à l’heure ?

- s’il vous plait…

- ok.

« - est ce que tu as tout ce qu’il faut ?

- pas compliqué de ce fournir. Il suffit de taper à la bonne porte !

- tu as tout prévu à ce que je vois.

- exact. Dés qu’il ferme les yeux. Bang ! »

- mon dieu…


Une larme glisse le long de sa joue.

La serveuse, un peu gênée, l’encourage.

- allons, se ne doit pas être si terrible, pourquoi vous mettre dans un état pareil.


Elle se met à rire.

- de toutes façon, si vous ne vous appelez pas Jean, si vous n’êtes pas riche comme crésus, et que vous n’êtes pas né de la dernière pluie vous n’avez rien à craindre !


L’homme relève la tête, la fixe. Puis sans un mot range les photos, se dirige vers la sortie. La main sur la poignée de la porte il se retourne, et le regard baigné de larmes lui dit :

- je m’appelle Jean, je suis multimilliardaire et apparemment je suis l’homme le plus stupide de la terre.


Le soir venu, allongé près de sa fiancée il attend.

Doucement il ferme les yeux…

La peur et le désespoir lui broient le cœur qui risque de cesser de battre à tout moment : bang !


La place à côté de lui est vide : il a dû s’endormir.

« Quel idiot, je suis ! »

 

Il décide de descendre quitte à en finir autant que ce soit en la regardant dans les yeux.

Derrière la porte de la salle à manger : des chuchotements.

Son cœur s’accélère…

Il prend une respiration et…bang…


Soudain il est aveuglé par une lumière vive.

« Est ce que c’est ça le paradis ? »

- alors tu me réponds ou est ce qu’il faut que tu réfléchisses ?


Devant lui, sa fiancée, agenouillée, qui lui demande pour la deuxième fois :

- dis donc je sais que cela n’est pas très dans les règles mais, Jean, veux tu m’épouser ?


Il bredouille, encore sous le choc :

- t’épouser ! oui bien sûr…

A ce moment, un bang suivi d’autres le font sursauter : dehors un magnifique feu d’artifice éclaire le ciel.


N’est pas cela que l’on nomme :

Un quiproquo.

 

Laure Bolatre

 

Une petite biographie...

 

Laure Bolatre

Laure Bolatre est née à Bourges comme Berthe Morisot et Vladimir Jankélévitch. D’une nature réservée et secrète elle préfère les longues balades au tumulte de la ville. Ces flâneries sont propices à l’inspiration de l’auteur qui s’installe alors dans sa bibliothèque pour écrire et mettre en forme ses libres pensées.
Dans ce monde très intime et personnel, l’auteur écrit avec aisance ce qu’elle ne peut dire et révèle l’attention qu’elle porte aux autres, à leurs rêves, à leur nature. Ainsi naissent ses personnages. Son premier roman « Mon miroir, mon âme » a pour thème la passion de deux êtres que leur funeste destin sépare.
Un prochain roman est à paraître avant l’été.

Laure Bolatre a reçu en 2010 et cette année, un prix « mention d’excellence » aux Poésiades. La remise des prix aura lieu à Bayonne le 12 mars prochain.

 


 

 

Publié dans l'invité d'Aloys

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Yves Boutique, notre invité à nouveau, nous propose un poème... Une petite promenade

Publié le par christine brunet /aloys

Il fait un peu froid ce matin d'octobre et je suis encore dans les songes de ma nuit!!
 
 
J'aime au matin frais,
au pied de la lande brumeuse,
un coin de jardin,un arbre, une haie;
marcher à travers la rosée,
sentir les notes de tubéreuses 
et le goût de la terre retournée !...
 
 
J'aime particulièrement
ce secret flottement qui lévite
la vibration des racines
et ces oiseaux noirs qui s'agitent
engourdis aux bouts des cîmes!...
 
 J'aime de tout coeur
ce sentiment rassurant d'être vivant,
parcourant d'un pas tranquille bosquets et taillis
et me plais à imaginer ces moments,
comme un passage sublime qui transcende l'esprit;
laissant aux éléments leurs pouvoirs évocateurs!...
 
J'aime aussi surtout,
cette image du conscient imaginaire
qui transforme le regard sur la matière
et l'utilise à des fins intimes;
un domaine personnel où s'exprime
ma vision du tout!...
 
et voici ce que je préfère;
c'est de rester ainsi quelques instants,
sur les chemins profonds de mon coeur exubérant et sans limite
puis de revenir sur le cours du temps
pour te prendre la main et te parler des paysages qui m'habitent;
...........................................
la vie n'est que rêve de matière!...
Yves Boutique
 

Publié dans l'invité d'Aloys

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