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Le blog Aloys

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Micheline BOLAND : La PNL, une première bonne approche de son univers ?

4 Décembre 2010 , Rédigé par aloys.over-blog.com Publié dans #Réflexions

 

boland photoChristine Brunet m'a posé la question de savoir si lire mon livre de PNL était une première bonne approche de mon univers. À la réflexion, il me semble que commencer par lire mon livre de PNL est une bonne façon de prendre connaissance de mon univers, tout en découvrant la PNL. 

 

Dans la dernière partie, il y a des poèmes et des petites histoires (après chacun de ces textes les références à la partie théorique sont mises en évidence ce qui est une façon d'amener à consolider ses acquis). Ce sont d'ailleurs, du moins pour certaines, des petites histoires parues dans des magasines qui font la part belle à des expériences assez ordinaires. J'espère qu'ainsi chacun s'y retrouvera plus ou moins…

 

Par exemple : qui ne s'est trouvé dans une salle d'attente et ne s'y est ennuyé alors qu'une autre personne ne connaît pas ce type d'ennui en portant son attention sur les particularités esthétiques du lieu ou sur les objets qui s'y trouvent, sur les informations susceptibles d'y être recueillies ou encore sur les relations établies entre les individus présents ?

 

Autre exemple : quelqu'un s'énerve dans un embouteillage alors que se trouvent à portée de ses sens des objets de stimulation intéressants (musiques, arbres magnifiques, odeurs,…).

 

Autre exemple encore : une personne se dit "il faut". Si elle modifie ce "il faut" en "il se peut" ou "je veux" comment vivra-t-elle les choses ? 

 

Une personne est immobilisée. En améliorant son confort, en s'entourant d'objets aimés, de senteurs agréables, de musiques appréciées, cette immobilisation sera vécue différemment.  

 

Grâce à ces récits, on apprend encore que changer ses critères de comparaison renforce parfois la confiance en soi : ainsi plutôt que de placer la barre très haut et de se comparer à un autre très performant, on peut aussi se comparer à soi dans un passé plus ou moins éloigné. De certaines histoires, il ressort encore que saisir ce "qu'une chose est" plutôt que "ce qu'elle n'est pas", améliore quelquefois le vécu.

 

Ces petites histoires, c'était ma façon d'ouvrir la PNL à un public "tout venant" sans donner l'impression de donner une leçon !

 

Les métaphores sont d'ailleurs au nombre des outils employés en PNL et en hypnose thérapeutique (métaphores construites pour répondre de manière indirecte à la problématique du 'client' et qui établissent une sorte de parallèle avec le problèmeboland5 évoqué). Quand je travaillais en PMS (centre de guidance Psycho-Médico-Social, pour les élèves du fondamental et du secondaire), il m'arrivait d'élaborer ainsi des petites histoires pour les personnes qui me consultaient (un peu comme les paraboles des évangiles) : du cousu main qui établissait un parallèle discret avec leurs problèmes et les ouvrant à des pistes de solutions. 

 

Pour construire ces histoires, avoir connaissance des intérêts, des filtres, des modes de pensée de la personne rencontrée était bien utile. De la sorte, la personne se retrouvait plus aisément dans le récit.

 

Mon premier livre de contes "Contes à travers les saisons" comprend aussi des histoires illustrant des présupposés, des processus ou des filtres. Par exemple "Substitution", la fausse vraie histoire de la bûche de Noël qui a pour mission de remplacer une belle bûche de bois dont mes héros sont dépourvus. Il en est de même dans "Le magasin de contes". Par exemple dans "Le secret de l'écureuil", les animaux expérimentent qu'il y a des façons indirectes mais aussi une manière directe pour connaître ce fameux secret. Dans "Une clochette pour Poussy", une vieille dame tente différentes solutions avant de parvenir à ses fins c'est-à-dire empêcher son chat de manger des souris ! Dans "Les chauves-souris", on constate combien une croyance inappropriée peut porter préjudice aux autres.

 

Par ailleurs, mes nouvelles font la part belle aux sens, aux voies détournées. Je m'exprime en termes sensoriels et les personnages perçoivent souvent plusieurs façons d'agir avant de passer à l'action.

 

J'espère que cela te convient et t'adresse mes plus cordiales pensées.

 

 

Micheline Boland

"L'archer est un modèle pour le sage. Quand il a manqué le milieu de la cible, il en cherche la cause en lui-même." (Confucius)


Visitez mon site : http://homeusers.brutele.be/bolandecrits/
Visitez mon blog : http://micheline-ecrit.blogspot.com/ 

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Il neige sur le lac Majeur... Une nouvelle d'Edmée de Xhavée

3 Décembre 2010 , Rédigé par aloys.over-blog.com Publié dans #Nouvelle

Edmee-chapeauIl neige sur le lac Majeur…

 

   Le Verbano en hiver… une vacance différente avait dit Nicole, loin des amis et leurs châlets de montagne. Elles ont loué une maison avec vue sur le lac et une dame moustachue vient chaque matin avec les courses et leur prépare un caffé ben ben caldo, puis fait un peu de ménage en chantant Va pensiero à tue-tête, suivi en général de quelques chansons larmoyantes qui parlent de Mamma. Assises à la fenêtre, elles se laissent aller à ce farniente charmant qui est le fil conducteur de leurs journées, enfilé de perles nonchalamment égrenées. La première est ce petit déjeuner qui se prolonge, en silence en ce qui les concerne, et en vocalises sonores pour la signora Paola. Des petits pains ronds et craquants, du bettelmat, de la pâte artisanale de noisettes et chocolat du Piémont, de la confiture, le café noir qui tombe en moussant dans les tasses épaisses, la merveilleuse quiétude de mâcher sans hâte, de s’emplir la bouche des saveurs multiples. Elles se sourient des yeux, la bouche serrée sur les parfums qui y règnent, et échangent un soupir d’aise.

 

   Une autre perle est leur sortie matinale, bien chaussées et protégées. Le soleil n’est pas venu à bout de la neige, et des blocs de glace ondoient sur les rives du lac. Le lac Majeur sous la neige, c’est une grande masse au repos, un sommeil réparateur. Un long silence, si ce n’étaient les voitures et cyclomoteurs au bruit d’essaim de guêpes. Les rires des enfants se lançant des boules de neige sur la place où les hortensias nus semblent frissonner. La fontaine ne fonctionne pas, les dauphins et angelots soufflant de l’invisible dans le froid de l’air.

 

   D’autres perles sont ces repas amusés dans de petites trattorie.  Elles visitent peu, on le sait, et rarement les voit-on vraiment parler. Juste ces sourires qu’elles s’échangent, comme repues de bonheur.

 

   Le quatrième jour, elles achètent des cartes postales et s’installent à une terrasse chauffée pour les écrire. Au lieu de ces avant-plans de géraniums ou plantes riches de couleurs, le lac devant elles est bordé de bancs fantomatiques, de neige sale entassée, et les voitures sont encore plus mal garées qu’en temps normal.

 

   Tu te souviens de Stefano, maman ?

 

   Sa mère pâlit, la tristesse caressant son front comme un baiser de glace. Des larmes nappent ses yeux avec une telle soudaineté qu’elle comprend qu’elles sont restées tapies là depuis des années, n’attendant que le signal pour se libérer. Elle serre les lèvres, respire profondément à la recherche du calme qu’elle éprouvait encore un instant plus tôt.

 

   Qu’est-ce qui te fait penser à lui tout d’un coup ?

 

   Depuis deux mois je n’ai pas cessé de penser à lui, et à toi…

 

   Elle enserre le poignet de sa mère et chuchote rapidement, baissant la tête. « Il ne m’a jamais touchée, maman, j’avais menti ». Avec un petit cri étouffé et un mouvement timide du poignet pour le déplacer, Magali lutte avec l’information qu’elle a pourtant toujours soupçonnée. Qu’elle avait décidé d’enterrer avec sa vie. Elle voit sa fille, cette jeune femme qu’elle aime sans retenue et la voit souffrir et craindre l’heure qui vient, ce soir, demain et tout ce qui suivra ce moment hideux. Elle essuie une larme qui vient de dévaler sur sa joue, pendant qu’une autre s’élargit sur la nappe. « Viens, sortons, marchons un peu ».

 

   Dehors, enlacées, elles reniflent en silence, traversent lentement la petite place, s’approchent d’un groupe de mouettes qui, avec grand vacarme, se disputent les spaghetti froids qu’une vieille est venue leur déposer. « Mafalda, Mafalda ! » crie un garçonnet sous une fenêtre derrière laquelle se devine la silhouette d’une petite fille qui tente d’en faire tourner la clenche.

 

   Il habite ici.

 

   Nicole a parlé en se tournant vers sa mère, qui sursaute avec un éclair de rancune effrayée sur le visage. Elle continue :

 

   J’ai rencontré son frère par hasard il y a deux mois sur le quai de la gare. Il repartait à Milan, et moi j’arrivais de Liège. Tu te souviens d’Alfredo ? C’est lui qui m’a reconnue et m’a abordée. Il a d’abord été content de me voir, puis s’est souvenu, a hésité, et je … je me suis mise à pleurer, là en face de lui, comme une gamine. Je ne sais pas comment t’expliquer… Je refusais toujours d’y penser, notre vie était devenue si … parfaite. Mais là, avec la surprise, comment te dire … je te jure, maman, c’est la première fois que j’ai compris le mal que j’avais fait. La première fois !

 

   Elle pleure à nouveau, et Magali murmure chut chut, calme-toi, chut chut. Rentrons chez nous, on ne va pas pleurer comme des fontaines en pleine rue, non ? Elle se réchauffe  au douloureux sourire de Nicole qu’elle lui renvoie avec les lèvres seulement, son cœur étant encore pris dans un galop de souvenirs qui lui lacère la mémoire.

 

   Le dernière nuit, toute en chuchotements et protestations étouffées. Non, non, cara, elle se trompe, je n’ai pas … Mais comment peux-tu ? Je l’aime tant parce qu’elle est tienne, tu le sais ! Mais ça ? Ça ??? Jamais, cara, jamais ! Et elle qui ne discutait plus parce qu’elle savait que l’un des deux amours de sa vie mentait, et que c’était le plus fragile des deux qu’elle se devait de protéger. Laisse-moi, Stefano, c’est mieux ainsi, pars, retourne en Italie… Il y aura du soleil et un amour rien que pour toi… Pars, pars, pars… Le prix de l’amour, elle en avait connu les abysses ce jour-là, et tous ceux qui avaient suivi. Le bruit de la porte qui s’était fermée, et les pas appesantis du cœur mort de Stefano faisant couiner la marche d’en bas. Et la porte de rue qui avait laissé s’enfuir sa vie, sans émettre un son … Et puis voir ce qu’elle n’avait pas vu, toute à ses joies amoureuses : la terreur de sa fille, cette Nicole d’alors quinze ans qui avait perdu son père et ses certitudes trois ans plus tôt. Elle avait cru que la froideur et les grossièretés s’en iraient une fois que le charme et la gaieté de Stefano auraient conquis l’adolescente. Qu’il suffisait d’un peu de temps et de bisous moqueurs sur le nez.

 

   Une fois arrivées dans la villa, elles se pelotonnent sur le sofa à franges, un sachet de brutti-buoni ouvert devant elles. Prêtes pour la vérité. Dehors la neige s’est mise à tomber, et les flocons ondoient au vent léger. Certains se collent aux fenêtres comme des baisers éphémères, brouillant la vue. Elles se parlent, pleurent un peu, se consolent, rient de leur maquillage pitoyable sous les larmes, mangent les brutti-buoni comme des naufragées. Les malentendus, mal dits, mal expliqués, tout emplit la pièce, tout libère leurs souvenirs. Six ans de silence jaillissent en sanglots, rires, soupirs, gémissements.

 

   Il a ouvert un restaurant à Stresa, maman, et Arturo m’a dit qu’il ne s’était jamais consolé. Qu’il t’aimait toujours...

 

   Elle a tellement envie de rendre ces six années de bonheur à sa mère. D’effacer sa jalousie, sa cruauté, sa peur. De se sentir autorisée à vivre sa vie, elle aussi, sans remords.

 

   La route le long du lac sinue entre congères et roches que le soleil fait luire. Au volant, Magali se retient de vivre. De se réjouir. Elle a l’habitude de la tiédeur de la mélancolie. Nicole, par contre, a le teint animé, le verbe rapide, l’impatience indisciplinée. Ici, c’est ici, m’a dit Arturo. Et oui, face aux eaux gelées et gentiment mouvantes, des palmiers en pots jettent l’été sur la terrasse couverte de … Le nebbie di Magali. Les brumes de Magali.

 

  La houle d’une timide émotion bouillonne malgré elle dans le cœur de Magali. Elle sourit, regarde son haleine flotter devant son visage comme le fantôme des chagrins passés. Nicole pousse la porte qui s’ouvre en tintant gaiement. Un serveur s’approche buon di signora signorina, questo tavolo và bene ? Contenant une joie qu’elles sentent monter, elles s’installent sur une chaise qu’il recule pour elles avec un naturel qui les enchante. Elles commandent, et alors que la zuppa di pesce arrive sur la table, Nicole lui fait un signe du menton. Oui, il est là, assis à une autre table au fond avec un serveur, et c’est son timbre un peu voilé qui la vrille d’une onde brûlante. Stefano ! Stefano … Sa bouche tremble un peu, ses mains sont glacées. Elle interroge sa fille du regard. Vas-y, vas-y, je t’attends! répondent les yeux heureux de Nicole.

 

   Elle la suit du regard, la voit s’avancer comme on se lance au bord du tremplin. Sa silhouette est énergique, juvénile, elle se passe la main dans les cheveux blonds qu’elle porte mi longs. Stefano cesse de parler, s’excuse et se lève, s’avance vers elle. Il lui tend les mains, et elle devine qu’il enserre les siennes, que sa chaleur pénètre sa peau et sa peine, ce long hiver dans lequel elle l’a congelée par sa révolte d’adolescente. Ils parlent, si bas qu’elle ne perçoit que des sons détachés. Il jette un coup d’œil vers elle, esquisse un sourire distrait, revient au visage de Magali avec une intensité qui soudain l’inquiète. Il caresse les mains qu’elle a maintenant posées sur sa poitrine, redresse la tête comme pour secouer un désespoir trop pur pour être vu d’en face. Elle lui caresse une joue, et se détourne, revient vers Nicole qui déjà sent monter en elle un cri sans voix.

 

  Elles abandonnent leur table et franchissent la porte sans se toucher ni se parler, dirigent leurs pas vers la voiture, s’y installent. Nicole met le contact et le chauffage, et attend.

 

   Nicole m’a tout raconté, Stefano ! Je suis revenue vers toi. Nous sommes revenues vers toi, lui a-t-elle dit, un bonheur calme chantant dans la voix, avec en tête cette splendide image du lac Majeur sous une neige douce comme un voile de mariée, blanche comme l’innocence rendue à leur amour. Ah, cette certitude de l’avoir poignardé une seconde fois, ce chagrin acéré qui lui avait tordu les lèvres dans un rictus soudain. Cara, cara ! C’est trop tard…trop tard. Je viens de me marier, par lassitude, par refus de t’attendre encore. Elle est gentille, elle supporte ton souvenir. Mal, mais elle le supporte. C’est trop tard …

 

 

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Damien se présente...

2 Décembre 2010 , Rédigé par aloys.over-blog.com Publié dans #Textes

http://www.bandbsa.be/contes/damienpetit.jpg

 

Damien est le pseudonyme de Gousset Damien, un auteur belge né le 4 juillet 1980 à Lessines.

Vers l'âge de 15 ans, il découvre l'écriture, pris de fascination et de passion pour les textes de Nick Cave. Sa passion durera jusqu'en 2001, lorsqu'il découvrit Tom Waits et Jack Kerouac , véritable ouverture de ses esprits à la lecture et l'écriture, auteurs à qui il doit son inspiration.

Damien écrit son premier texte, en rim(aill)es, vers l'âge de de 15 ans, sur les bancs de l'école, commence à écrire des nouvelles, et ses premiers romans vers l'âge de 20 ans. En novembre 2003, il fait partie des lauréats d'un concours organisé par les éditions Luc Pire,Couverture-de-Tout-est-dans-la-Conviction--1-.jpg et se décide à entamer l'écriture de romans.

Son tout premier texte humoristique date de l'âge de 6 ans, inspiré par un texte entendu dans l'émission La Classe. Il prétend avoir écrit ses premiers textes en prose spontanée, sans le savoir en ce temps-là, à partir de l'âge de 15 ans.

 

Vous voulez tout savoir sur ses deux bouquins ?????

 

Tout est dans la Conviction est l'histoire d'un homme que tout excède. Il combat ses défauts en s'efforçant de les considérer comme des atouts. La moitié de sa personnalité est débile tandis que l'autre moitié est consciente de son état : De résigné et aigri, il devient soumis à lui-même et malheureux, puis la vie lui montre que sa révolte intérieure ne vaut rien face à ce que sa nature lui impose : il n'a d'abouti que sa taille.


ET TOUJOURS :

http://www.bandbsa.be/contes/affairedego.jpg
Mon premier roman Affaires d'Ego, Ed Chloé des Lys. 


Affaires d'ego est un épisode de la vie de Lauretta, lesbienne folle et acariâtre, sexiste et colérique, qui n’aime que sa copine.
Pour faire cesser le débit d’idées naît une idée exutoire, un projet, dans sa tête, son esprit, par amour, entre autres...


Damien
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Nouveau jeu.... je ne suis qu'une oeuvre d'art... Une nouvelle de Nadine GROENECKE !!!!!!

1 Décembre 2010 , Rédigé par aloys.over-blog.com Publié dans #Nouvelle

 

nadine groeneckeJe ne suis qu’une œuvre d’art

 

 

De sa démarche en canard, propre au marcheur débutant, Maxime s’élance en direction de Cappuccino lové sur le plaid Burberry du canapé en cuir pleine fleur. Ses grands yeux clairs illuminent son visage angélique et son sourire enthousiaste dessine deux fossettes sur ses joues rebondies. Il traverse la pièce à toute vitesse, risquant la chute à tout moment, arrive finalement à bon port et cale son buste contre le rebord du sofa afin de garantir son équilibre encore précaire. Sans attendre, il lève son petit bras potelé et, d’un geste malhabile, entreprend de tirer sur la moustache du félidé, plonge ensuite un doigt dans l’œil du matou avant d’agripper une oreille. Aucune réaction de la part de l’animal, devenu insensible aux attaques répétées de l’enquiquineur, qu’il sait dénué de toutes mauvaises intentions.

 

Charmante scène n’est-ce pas ? Une de celles auxquelles j’assiste quotidiennement. Mais ne vous méprenez pas, je ne suis pas la mère de cet enfant, ni la femme de ménage ou la nurse. Je n’appartiens pas au monde des vivants au sens où vous, êtres humains l’entendez ; je ne suis qu’un portrait peint à l’huile, suspendu au dessus de la cheminée du salon d’une famille à l’abri du besoin, dirons-nous.

 

Sans doute êtes-vous décontenancé par cette révélation et vous demandez-vous comment un personnage inanimé, fixé sur une toile, peut détenir des facultés d’observation et de réflexion. Rien de surprenant à cela si vous considérez bien la chose. Je m’explique : si le peintre a déployé toute son énergie et son savoir-faire à la réalisation de sa création, s’y livrant corps et âme, il en résultera immanquablement bien plus qu’un vulgaire morceau de toile illustrée ; cette force qui lui est propre, il l’aura insufflée à son tableau pour parvenir à concevoir une « créature » telle que moi dotée de capacités insoupçonnées. Bien entendu, nous évoquons là, non pas le travail du barbouilleur du dimanche, mais celui de l’artiste qui ne vit que pour son art et s’y adonne sans retenue. Sa main experte alliée à sa prodigieuse envie de créer donnera naissance à un chef-d’œuvre. Je suis l’un d’entre eux.

 

Vous savez déjà que je suis très loin d’être une « croûte », il est temps maintenant de faire plus ample connaissance avec MOI.

 

Pour me décrire le mieux possible, je dirais que je suis un amalgame de la Joconde et de la Sibylle de Delphes version ultramoderne, de par mes couleurs criardes et mes formes atypiques. Le mariage réussi du mystère et de l’inquiétude donc. Comme l’œuvre de Léonard de Vinci, les contours de mon visage baignent dans un voile vaporeux, le fameux sfumato, et comme dans le détail du plafond de la chapelle Sixtine de Michel-Ange, j’arbore un geste suspendu qui me rend des plus vivantes. Ne me manque que la parole pour parfaire le tableau, si j’ose m’exprimer ainsi.

 

Avant d’intégrer la luxueuse propriété de mes acheteurs, j’ai vécu un an dans une prestigieuse galerie d’art londonienne où défilaient chaque jour des centaines de personnes. Je dois bien avouer que tous ces regards admiratifs flattaient mon égo. C’est un homme d’affaires qui a jeté son dévolu sur moi ; j’ai alors traversé la Manche pour me retrouver là, dans ce salon branché, au milieu de dizaines d’autres objets de valeur. Pas toujours de très bon goût, d’ailleurs, surtout lorsqu’il s’agit des choix de la maîtresse de maison qui, soit dit en passant, me trouve parfaitement hideux et menace régulièrement de me jeter à la poubelle. Heureusement pour moi, monsieur tient à son tableau comme à la prunelle de ses yeux. Ah, si vous l’entendiez vanter mes qualités auprès de ses amis ! Un amour presque aussi fort que celui qu’il porte à son fils. Différent bien sûr, mais quand même…

 

Des mois maintenant que je partage la vie de cette famille et que j’assiste à des scènes de ménage devenues quasi quotidiennes. Monsieur, coureur de jupons invétéré est aussi très accaparé par son travail. Madame noie son chagrin et son ennui dans l’alcool tout en abusant des somnifères et des substances illicites. Tenez, pas plus tard qu’hier, j’ai eu droit à une nouvelle dispute conjugale des plus mouvementées : cris, larmes, coups, la totale ! A la suite de quoi, madame, la lèvre sérieusement amochée, a embarqué sonphoto-couverture-nad.JPG Chihuahua dans la Jaguar et n’est revenue que six heures plus tard, le coffre rempli de paquets. Faire les boutiques  -  de luxe, cela va de soi  -, le moyen pour elle de déstresser. Entre-temps, monsieur avait téléphoné à sa dernière conquête qui s’était empressée d’accourir. La suite s’est déroulée sous mes yeux sur le canapé. Pas besoin de vous faire un dessin…  Si les habitants de cette maison ou leurs invités savaient que je les observe à longueur de journée, pour sûr ils éviteraient les galipettes sous mon nez et aussi pas mal de conversations ou de gestes que la bienséance réprouve. Mais voilà, ils sont loin de se douter !

 

         Maxime a délaissé Cappuccino pour partir à l’assaut du chien. Mais, contrairement au chat, l’animal de poche n’a pas l’intention de se laisser faire. Il faut les voir tous les deux arpenter le salon de long en large, on croirait la scène tout droit sortie d’un dessin animé. Comme c’est drôle et touchant ! Que va-t-il devenir en grandissant ce pauvre petit bonhomme complètement délaissé par sa mère ? Cet enfant, qu’elle n’a mis au monde que pour répondre au souhait de son époux, n’a de cesse de l’exaspérer. Pourquoi son mari ne lui témoigne-t-il pas le même amour démesuré ? se demande-t-elle continuellement. Tiens, quand on parle du loup… Oh la la, n’a vraiment pas l’air dans son assiette la pauvre fille ! Teint terreux, œil larmoyant, lèvres tremblotantes. Et ce regard vide qui en dit long sur son mal-être. Elle fait peine à voir. La cure de désintoxication se profile à l’horizon. En attendant, Maxime doit se contenter d’un semblant de mère. Bien triste pour lui.

 

Le garçonnet s’approche de sa maman et lui adresse un sourire à faire fondre la banquise tout entière. Mais la malheureuse, engluée dans ses tourments, ne voit rien. Soudain,  son visage se crispe davantage. Elle se retourne brusquement, rafle les clés de voiture posées sur la console design et empoigne son fils, avant de sortir précipitamment de la maison, talonnée par son fidèle toutou. Où diable emmène-t-elle le gosse à cette heure-ci ? Mon Dieu, pourvu qu’elle ne soit pas ivre ou droguée, ou les deux à la fois !

 

De nouveau le clic-clac de ses talons aiguilles sur le marbre du hall d’entrée. Et la revoilà dans la pièce. Elle regarde maintenant dans ma direction et s’approche d’un pas décidé. Pourquoi grimpe-t-elle sur le canapé ? Mais… c’est insensé… elle me décroche du mur !!!

 

         Dix secondes plus tard, j’atterris sans ménagement à l’arrière de la Jaguar, à côté du petit qu’elle a tout de même pris soin d’installer dans le siège bébé. Près d’elle, le Chihuahua la fixe de ses grands yeux globuleux d’un air incrédule. Elle démarre.

 

Nous roulons durant une vingtaine de kilomètres avant de stopper sur le parking d’une société. Sur la façade se détache un logo qui m’est familier, monsieur a le même sur son étui à cigares.

 

Maxime dort paisiblement, il ressemble à l’un des bambins du tableau de Rubens Deux chérubins endormis avec sa bouille toute ronde encadrée de boucles blondes. Sa mère descend du véhicule. Qu’est-ce qu’elle peut bien avoir derrière la tête ?

 

Je l’entends ouvrir le coffre et le refermer presque aussitôt.

 

Elle remonte dans la voiture et verrouille les portes. Dans sa main un bidon dont elle s’empresse de déverser le contenu sur les sièges. Puis elle sort un briquet en or massif de son sac à main Gucci.

 

 Non pas ça !!! voudrais-je hurler pour l’empêcher de commettre l’irréparable mais je regarde l’habitacle s’embraser sans la moindre réaction, je ne suis qu’une œuvre d’art…

 

 

NADINE GROENECKE

nadinegroenecke-auteur.over-blog.com

 

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Journal de bord...

30 Novembre 2010 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Textes

H.draye
journal de bord, mercredi 24 novembre 2010

 Et le budget qui s'amincit, s'amaigrit. Il reste encore cinq (non : six) jours à tirer. Y a des matins où, rien que d'y penser, c'est, mental'ment, intenable.
 
Tiens ! Pour certaines personnes, "un rouge" équivaut à un paquet de cigarettes.
 
"Hugues, connais-tu le prénom de la femme idé"ale ?", me demande un serveur de bistrot.
"Non"
"Eh bien, c'est Ikéa ... car elle est suédoise ... elle ne coûte pas cher ... tu peux l'emporter chez toi ... et tu la montes en dix minutes ..."
Merci pour l'info.
Car ... jusqu'à présent, j'avais beaucoup de mal à trouver le prénom de "ma" femme idéale.
 
"Ma" femme idéale peut avoir des cheveux frisés, des cheveux très courts, blonds miel, châtain,
être grande, moyenne, petite,
être forte, être mince,
porter un pull à col roulé noir, une chemise écossaise avec des p'tits boutons blancs,
habiter Namur (rue de Fer, un appart' près des gal'ries), Arlon (ou un village "lorrain" des alentours), Gembloux, le long de la Moselle
je peux la rencontrer, la retrouver, assez systématiqu'ment ... lors d'une soirée anniversaire, ou dans une maison en Gaume, ou dans un kot pour étudiants ... selon les jours, les saisons, les heures, les humeurs qui me sont familiers.
 
Mais, en général ...
 
Je n'arrive pas à lui trouver un prénom.
 
Quant à son visage ...
 
Je n'arrive, pour ainsi dire, jamais à la détailler (je ne connais rien de son nez, par exemple).
Mais ...
Sa lumière, son expression globale me suffisent.
 
Bientôt : le marché de Noël.

Hugues Draye
huguesdraye.over-blog.com
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desguinStand Chloé des lys à Tournai la page …A ma gauche, Laurent Dumortier et Josette Lambreth, on ne les présente plus …A ma droite, Didier Fond, Damien Gousset, Alain Bustin, Marie-Claire George…

Une dame d’une cinquantaine d’années s’arrête devant la pile de Grand-père va mourir et discute avec l’auteur, Didier fond …

L’intéressée pose des questions précises et s’entretient un certain temps avec l’auteur : un régal !

Ah et vous êtes facilement inspiré ?

………..

Ah bon, donc dans ce livre, on voyage ? En Sicile ! C’est merveilleux ça !

…………

Pendant ce temps, je distribue mes petits flyers aux courageux venus dans ce salon après avoir bravé une tempête et d’autres éléments récalcitrants …Ils méritent bien un sourire et un papier, c’est la moindre des choses …

 

La future lectrice et l’auteur ne s’arrêtent pas : ça cause ça cause ça cause  …Je reste en admiration devant l’éloquence et la simplicité de Didier Fond …C’est vrai que pouvoir partager ses émotions d’écrivain avec une inconnue portant un réel intérêt, ça reste un des buts de ces rencontres …

 

La dame sourit, retourne le livre dans tous les sens et puis demande une dédicace …

 

Ensuite, ravie de son achat et songeant sans doute aux belles heures qui l’attendent en lisant ces pages, elle s’arrête devant la pile toute jaune de Rue Baraka

 

Le scénario n’est pas le même, je n’ai pas de questions…La dame prend un livre, le retourne dans tous les sens…Elle lit la quatrième de couverture et après deux secondes…oui oui, deux secondes, vous lisez bien :

Je ne vais pas plus loin dit-elle, toujours aussi souriante …

Comme vous voulez, dis-je , sur un ton presque résigné …

Je le prends, continue-t-elle, avec une certitude dans le regard et dans le son de la voix !

Ah !

Oui, j’aime cette phrase …vous dites que vous aimez dire bonjour aux gens qui passent … Pour cette phrase, j’achète votre livre ! Si vous voulez me le dédicacer …

 

Comme quoi ….

 

Merci madame ! Une inconnue passe et achète un livre sans presque lire le résumé de l’histoire et sans poser de questions à l’auteur planté devant elle…

 

Depuis la parution de ce premier roman, Rue baraka, des anecdotes comme celle-ci fleurissent de temps en temps …

J’aime ça, ces attitudes inattendues et c’est avec plaisir que je vous en lancerai une, parfois, comme ça …

Une façon comme une autre de vous dire bonjour

 

carinelauredesguin@gmail.com

http://www.carinelauredesguin.over-blog.com

 

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Françoise Castera : Adoption

29 Novembre 2010 , Rédigé par aloys.over-blog.com Publié dans #Poésie

 

amis.JPG

 

Adoption

 

 

Ce bel enfant que tu nous fis dans ton pays

Il traîne à nous venir il traîne en Haïti

Nous étions en attente que le vent souffle ou vente

Une famille sans toi  une famille absente

Et nous guettions à deux sans pleurer mais sans rire

Une trace invisible annonçant ton sourire

Mais la route était lente et parsemée d’embûches

Ton petit cœur soupire et le nôtre trébuche

Ton petit cœur s’essouffle le nôtre désespère

Vas-tu   trouver bientôt et ta mère et ton père

Vas-tu dire maman vas-tu dire papa

À ces deux inconnus ne rêvant que de toi

 

Ah que de souvenirs que d’amour et de foi

Quelle magie l’enfance et quel amour en toi

 

Aujourd’hui c’est fini et de notre famille

Il reste cependant trois êtres encore aimants

Ton père fut un roseau qui jamais ne se plie

Sa force et sa faiblesse nous garderont vivants

La trace de tes pas exprime sa chaleur

Son empreinte est en toi je retrouve sa voix

Je reconnais un mot je ressens une odeur

Si c’est toi face à moi c’est lui que je perçois

Tu as été ma force tu as été ma vie

Je veux rester maman et aussi ton amie

 

 

Françoise Castera

http://www.facebook.com/profile.php?id=1814167205&ref=ts

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Carine-Laure Desguin : deux poèmes... à fleurs de mots...

28 Novembre 2010 , Rédigé par aloys.over-blog.com Publié dans #Poésie

desguinLes oubliés
 
Le sujet est libre et pourtant ses ailes
Glanent quelques miettes de propos recueillis
La terre est si belle et les gens d'ici
Vivent fragilisés dans châteaux ou poubelles
  
Les oiseaux oxydés par les courroux chamaniques
S'effraient des fuseaux horaires et des parallèles
Ils migrent dans les ficelles inesthétiques
Des villes pleines de flux artificiels
  
Le sujet est libre et ses ailes nous entraînent
Vers les compléments dénudés de verbe
Les clochards les taiseux les romanichels
Les découronnés de fleurs et démunis de gerbes
  
Le sujet est libre et ces vers sont là
Ils appellent ils résonnent et raisonnent encore
Appellent au secours pour que ces gens-là
Respirent la vie pour chasser la mort .

  
  
Les tissus des villes
  
C'est un patchwork de rues et de ruelles
Elles s'engouffrent obligées au milieu des boulevards
Et taisent aux passants aux égouts aux poubelles
Le poids des ans la lourdeur des trottoirs
  
C'est un patchwork de pavés de bétons de façades
De fenêtres entr'ouvertes et de hautes cheminées
Des usines fumantes vers le ciel cassonnade
Des nuages amoureux des orages orangés
  
C'est un patchwork arc-en-ciel le jour et la nuit
Le riche et le pauvre flairent les filles et reniflent
Oublient les pauses les impôts les ennuis
Cuttérisent les matins et puis sortent les canifs
 
C'est un patchwork debout de bouts de gratte-ciel
De mousse sur les toits de Robinson sur son île
De sons aïgus et de nids d'hirondelles
Que l'on nomme urbain et qui s'appelle ville

Carine-Laure Desguin
http://carinelauredesguin.over-blog.com
 
 

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On est jamais si bien servie... Un interview de Micheline Boland

27 Novembre 2010 , Rédigé par aloys.over-blog.com Publié dans #Textes

http://www.bandbsa.be/contes2/bolandfleche.jpg

 

ON N'EST JAMAIS SI BIEN SERVIE...

 

Il y a toujours des choses que l’on voudrait savoir à propos d’un auteur de livres. A fortiori quand il s’agit d’une amie !


Les journalistes spécialisés ont toujours tendance à poser les mêmes questions. C’est pourquoi Louis, mon mari, a eu l’idée de demander à de nombreuses personnes de notre entourage quelle question elles voudraient me poser.


À ma grande surprise, plus de trente personnes ont répondu à son appel. Bien sûr, certaines questions ont été posées plusieurs fois et certains de nos correspondants n’ont pas hésité à multiplier les questions…


Voici celles qui ont retenu notre attention et auxquelles je réponds le plus honnêtement possible.


Micheline (une condisciple d’humanité) :

Qu'est-ce qui ou qui est-ce qui t'a fait découvrir un jour que tu avais un don certain pour l'écriture ?

Quel âge avais-tu ?


Micheline :

En cinquième puis en sixième primaire, l’institutrice demandait assez régulièrement d’écrire des rédactions. J’avais plus ou moins onze ans. Il s’agissait de sujets tels que ‘la cuisine de maman’, ‘entre chien et chat’, ‘une panne de voiture’. Ces sujets étaient développés, en classe, sur une ardoise, dans un silence quasi religieux alors que nous étions plus de trente élèves. La lecture de ces rédactions suscitait des éloges aussi bien à l’école qu’à la maison car je mettais beaucoup de vie dans ces petits tableaux. Ces textes étaient des sortes de mini nouvelles dont je n’ai gardé aucune trace, hélas, mais les encouragements reçus m’ont incitée à écrire pour le plaisir. Mes lecteurs étaient surtout des camarades de classe et mes parents. En 1963, j’avais dix-sept ans, j’ai participé à l’anthologie ‘Poésie -20’, réalisée par Pierre Coran. À cette époque, j’ai adressé aussi des poèmes au journal Le Soir qui, chaque semaine, consacrait une rubrique aux jeunes poètes. Un poème a été retenu. Être lu par les lecteurs d’un grand quotidien, c’était le rêve et ce rêve s’était réalisé...


Isabelle (une amie conteuse) :

Comment fais-tu pour écrire autant ?


M :

Un mot, une image, un bruit, un parfum que je fais résonner en moi et c’est parti sauf quand j’ai un souci domestique ou autre. Dans ce dernier cas, la page reste blanche ou presque. Le plus souvent, j’arrive à laisser courir mon imagination sans exercer de censure dans un premier temps. Il en résulte beaucoup de premiers jets que j’ai tendance à laisser en l’état… Le plus difficile, c’est de me relire encore et encore. En ce qui me concerne, corriger, c’est la partie la moins agréable de l’écriture.



Jo (une amie animatrice d’atelier d’écriture) :

Ma question concernerait la prise de notes. Où ? Quand ? Dans quelles circonstances ? Dans un petit carnet? Sur des bouts de papier ?


M :

Les gens qui me connaissent savent que j’ai toujours à portée de main un papier et un crayon. Quand l’idée survient, je la note. Un simple ticket de caisse suffit parfois à écrire ce qui m’a traversé l’esprit. On ne sait jamais, toute idée est bonne à prendre, au supermarché, au restaurant, en rue… Dès que j’ai l’occasion, je tape quelques phrases sur le clavier de mon ordinateur pour ne pas perdre ce qui se cache derrière les quelques mots griffonnés sur le papier. Inutile de dire qu’il m’arrive de jeter par mégarde ou de perdre l’un de ces précieux papiers…



Geneviève (une ancienne collègue psychologue en PMS) :

Quel a été le rôle de ta vie professionnelle dans le développement de tes productions littéraires : un incitant, un frein... ou... rien du tout ?

M :

Parfois, une réflexion, une confidence d’enfant ou de parent me conduit à écrire un poème, une nouvelle ou un conte. Bien entendu, je déforme ce qu’on m’avait dit, je le situe, dans un autre contexte, je modifie la réflexion. Un exemple : un enfant de cinq ans m’a parlé de son intérêt pour l’origine des carnavals et peu après, j’ai écrit ‘Réveil printanier’. Un autre exemple : un adolescent m’a parlé de sa tristesse suite à la mort de son chien et cela m’a amenée à écrire un conte qui met en scène un vieil homme veuf et son chien.


Jean-Marie (mon beau-frère) :

Quand tu commences à écrire un conte ou une nouvelle sais-tu à l’avance comment cela finira ou bien te laisses-tu guider par ton imagination ?


M :

Le plus souvent, je me laisse conduire par mes personnages. Je ne sais donc pas d’avance comment cela finira. Cela dépendra des rencontres que feront mes personnages et ces rencontres me sont plutôt inspirées par ce que la vie m’offre (une belle photo dans un magazine, un mot entendu qui fait des ricochets, le souvenir d’une chanson ancienne…) Parfois encore, la réflexion d’un lecteur qui a lu certaines de mes histoires, me pousse à aller dans une direction plutôt que dans une autre (par exemple : si un lecteur me dit qu’il apprécie quand je suggère une fin indécise ou qu’il a aimé telle nouvelle où la fin est plutôt noire !)



Évelyne (une amie de l’impro) :

Comment naissent tes histoires ?


M :

Mes histoires naissent du quotidien. Un exemple : un éclat dans le bois d’une porte suite à un cambriolage à la maison m’a conduite à écrire la rencontre entre une dame et un réparateur, ce réparateur ayant ce don de s’incruster qu’avait manifesté, chez une amie, un plombier que je connais. Le coup de foudre ressenti à la vue des jardins de Villandry m’a entraînée à me documenter à leur sujet et à développer une histoire qui se passe là-bas. Il suffit de petits riens pour que mon imagination s’emballe…



Bob (un ami écrivain et libraire) :

Peut-on être une petite fille curieuse de tout et un peu polissonne dans sa tête et une dame respectable, raisonnable et bardée de diplômes dans la vie ?


M :

Comme en tout individu, il y a de nombreuses facettes en moi. J’ai en moi une part enfantine à l’enthousiasme facile, un peu facétieuse, un tantinet joueuse et cette part se manifeste dans ce que j’écris.



Thérèse (une amie des ateliers d’écriture) :

Comment fais-tu pour avoir autant d'imagination tout en traitant des préoccupations quotidiennes ?


M :

J’envisage plusieurs issues possibles aux problèmes rencontrés au jour le jour. L’issue sera, en effet, différente selon l’humeur de départ du personnage dont je parle, selon les événements qu’il a pu vivre, selon les embûches qu’il va rencontrer, selon l’endroit où il va devoir faire face… Cela m’amuse d’imaginer, par exemple, ce qui va arriver si un invité laisse une brûlure de cigarette sur une belle nappe en lin.

 


Gérard (un ancien collègue psychologue en PMS) :

Que représente pour toi l'écriture ?


M :

L’écriture est mon loisir favori. C’est une activité qui m’est nécessaire. Elle permet à la fois de m’évader, de faire rêver, de surprendre, de remettre en question.



Olivier (un ancien de l’impro – metteur en scène) :

Tes qualités aujourd’hui connues et reconnues t’ont ouvert bien des portes. Chacun sait qu’il est difficile, d’abord d’oser imaginer présenter son œuvre à un éditeur, ensuite, de faire les démarches vers cet éditeur, d’y être reçue afin de défendre son bébé et enfin d’être éditée. Avec ta sensibilité, qu’est-ce qui a été le plus difficile ? Comment as-tu osé faire publier ton 1er livre ?


M :

L’écriture est un moyen de faire passer des ‘messages’ comme ceux-ci :

- Plusieurs chemins peuvent conduire là où l’on désire aller,

- Chacun perçoit son environnement d’une manière différente de celle de son voisin,

- Il est, la plupart du temps, possible de rendre sa vie plus agréable et de faire un meilleur usage de ses talents.

Faute de grands discours, je tente de faire passer mes idées par l’écriture. Je vis ainsi une sorte de tête-à-tête avec le lecteur.

Comme la plupart des auteurs, je crois, j’aime être lue. J’ai recours à tous les supports possibles pour arriver à ce but : blog, sites, journaux publicitaires, livres.



Louis :

Peux-tu nous parler de ton prochain livre ?


M :

Celui qui sortira début 2011 sera encore un recueil de nouvelles intitulé "Humeurs grises, nouvelles noires".

Pour vous mettre l'eau à la bouche voici déjà la quatrième de couverture :

Jalousie, possessivité, nostalgie, vengeance, rancune, rancœur, suspicion. En quelques mots, voilà les ingrédients principaux de ces dix-huit histoires.

Dans ce recueil comme dans les précédents, Micheline Boland analyse finement ce que vivent ses héros.  

Et en exclusivité un (court) extrait d'une des nouvelles intitulée "La balle magique" :

"Moi l'enfant comblée, j'ai ressenti l'envie de m'approprier le bien d'autrui juste pour lui faire du mal et non pour en disposer moi-même. Cette balle, je la voulais, je l'aurais, je la prendrais et puis, je la jetterais dans une poubelle. Giovanni pleurerait et tout rentrerait dans l'ordre…"

 

 

 

Micheline BOLAND


 

 http://homeusers.brutele.be/bolandecrits

http://micheline-ecrit.blogspot.com/

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Georges ROLAND nous propose un extrait de "C'est le Brol aux Marolles"

26 Novembre 2010 , Rédigé par aloys.over-blog.com Publié dans #Textes

rolandtete  

 

 Extrait de « C’est le Brol aux Marolles »

(voir le lexique à la fin)

 

Ce matin, on a eu une drache carabinée, que Jef ne voyait plus rien à travers mon pare-brise ! Rien que le temps de rouler du dépôt jusque dans mon tunnel, et j'étais mouillée comme une loque à reloqueter ! Ça a duré deux heures, avant que je sois séchée. C'est ça que j'aime pas, dehors : la drache. Quand je dois faire la ligne d'Auderghem, je sors dehors à Delta et alors, je roule dans la pluie. Ça est pas gai, moi je te dis.

    Madame Gilberte, elle a un espèce de capuchon en plastique transparent, qu'elle a toujours avec dans sa sacoche, et qu'elle met sur ses cheveux mauves pour mettre sa permanente à l'abri, quand il pleut. Ça est une maline, madame Gilberte. Si tu savais tout ce qu'elle met dans sa sacoche, tu tomberais paf. Moi, je l'ai vu le jour où elle l'a laissée tomber sans le faire en exprès, et que tout son bazar est roulé par terre, sur mon plancher.

    Le capuchon en plastique était bien plié en accordéon, pour pas prendre de la place, mais il y avait aussi son porte-monnaie avec une pince qu'on sait refermer pour mettre les nickels et un soufflet derrière pour ranger les billets et sa carte d'antiquité, un parapluie replié aussi comme son capuchon. Eh, il pouvait pleuvoir, hein ? Elle avait tout ce qu'il faut ! J'ai vu aussi une espèce de bonbonne de laque pour ses cheveux, et des petites boîtes de poudre, du rouge à lèvres, un paquet de mouchoirs en papier, la liste des commissions, un téléphone portable ... Je te dis que ça ! Mais il n'y avait pas de raton laveur.

    Et elle porte tout ça à son bras partout où elle va. Même quand elle va au cabinet, elle prend ça avec. Je te pose la question : qu'est-ce que tu sais faire avec un parapluie, un porte-monnaie, et de la laque au cabinet ? Hein, dis-le moi.

    Quand je te répète qu'il sont un peu maft !

    Ça y est de nouveau une fois ! Je sais pas arrêter de zieverer sur les gens ! Tu vas croire finalement que je les aime pas. Et c'est pourtant pas vrai, ça. C'est pas car on trouve quelqu'un bête qu'on l'aime pas ça tu dois quand même savoir.

    Ici, je peux te dire que j'ai vu des choses que tu oserais pas raconter à ton voisin. Tu sais ce que c'est un receveur ? Non, excuse, pas un receVeur, mais un receLeur ? Un receveur, ça est un qui prenait l'argent sur le tram, et que maintenant il est à la poste car au tram on veut plus de lui. Un receleur, ça est un peï, ou bien une meï, ça arrive aussi, où les voleurs vont échanger leur brol contre de l'argent.

    Parfois, on trouve un bazar au Vieux Marché, c'est quand ils sont sûrs que la police le reconnaîtra pas. Sinon, ils vendent ça loin d'ici. De l'exportation, si tu veux. Le commissaire l'appelle la filière. Moi, je croyais qu'une filière, ça est une machine pour faire des filets pour mettre des nouvelles vis, quand j'ai un morceau qui joue schampavee. Comme on sait se tromper, quand même !

    Madame Gilberte disait l'autre jour contre Saïd qu'on a beau se donner de la peine, il y a les vis et situdes de la vie. Ça, c'est encore des mots que je comprends pas bien, mais je te l'ai dit, madame Gilberte elle cause sur son trente-et-un. Surtout avec Saïd, qu'elle veut toujours faire de son nez contre.

    Et Saïd il s'en fout : il comprend pas le parisien.

 

 

 

LEXIQUE

drache  : averse

loque à reloqueter :  serpillère

maline :  maligne

tomber paf : être étonné

faire en exprès : faire à dessein

des nickels : de la monnaie

carte d’antiquité : carte d’identité

cabinet : les toilettes

maft : cintré

zieverer : bavasser

peï , meï : homme, femme

jouer schampavee : se faire la malle

faire de son nez contre qq’un : faire de l’esbrouffe

 

 

Georges ROLAND

 

http://bernardiennes.wifeo.com  et  http://www.georges-roland.com

Extrait de "C'est le Brol aux Marolles"

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A LA UNE... Sonia Jarrige et Thierry Ries... mais pas seulement, cette fois... Hugues Draye nous fait partager l'un de ses "Journal de bord"...

25 Novembre 2010 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #ANNONCES

Photo Christine Brunet NBJe vous ai annoncé une nouvelle rubrique... JOURNAL DE BORD... Journal d'un coup de coeur, d'une journée, d'un état d'âme... Chacun, s'il le désire, peut poster dans cette rubrique, bien sûr... Une autre façon de partager...

Je dois dire, en toute franchise, que cette idée ne vient pas tout à fait de moi... Hugues Draye m'a envoyé plusieurs de ses textes écrits sur le vif et j'ai trouvé l'idée excellente...

Pour vous donner une idée, (et avant les différents articles et journaux de bord qui sont d'ores et déjà programmés sur Aloys), je vous propose le tout dernier journal de bord qu'Hugues m'a proposé... J'espère qu'il fera des émules!!!!

 

journal de bord, mardi 23 novembre 2010
  
H.draye Tiens ! Ce matin, en attendant l'tram, noyé dans mes étoiles, je me suis aperçu que ... les affiches (décorant l'arrêt) avaient été remplacées.
 
Quand j'étais p'tit ...
 
J'avais, un jour, repéré une affiche, pour la publicité "Côte d'Or", où une petite fille de mon âge s'y trouvait.
 
Evidemment, je m'y étais attaché, à cet(te) enfant.
 
Elle ne pouvait que me connaître. Elle ne pouvait que se marier avec moi quand elle serait grande.
 
Quel bonheur, chaque jour, pour moi, de passer devant cette affiche ... plus vivante que jamais.
 
Et ...
 
Un jour, au même endroit ...
 
La petite fille "Côte d'Or" n'y était plus. On avait collé une autre affiche.
 
J'ai pleuré, pleuré, pleuré.
 
Un soir, pour me sortir de mon chagrin ...
 
Mes parents sont venus me réveiller, m'ont demandé de m'habiller, et m'ont emm'né dans une rue.
 
Et soudain ...
 
Quelle ne fut pas ma surprise, ma joie devant ... la petite fille "Côte d'Or" qui était revenue et ne m'avait pas abandonné.
Hugues Draye
huguesdraye.over-blog.com

 

 

 

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ET A LA UNE...

 

bobclin… A voir sur ACTU: Sonia Jarrige "Sous ma peau... peut-être". De Montpellier, sur le net on la surnomme 'So' ou 'Pestehttp://photos-e.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-snc4/hs964.snc4/75774_494161672358_676387358_7111116_4683692_s.jpg Noire' ou 'Bloody Mary', c'est dire si ses poèmes sont noirs ! De la poésie en prose et une nouvelle autobiographique... Voir son interview ICI : http://www.bandbsa.be/contes.h tm


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bobclinET PUIS, QU'ON SE LE DISE… Jacqueline Rousseaux, la Présidente de la Foire du Libre Belge de Uccle (ces 26.27 et 28 novembre au centre culturel d'Uccle) aura le plaisir de recevoir et interviewer Bob Boutique "Conteshttp://www.bandbsa.be/contes2/projetrectopetit.jpg Bizarres I" (le II doit sortir incessamment chez Chloe des Lys), dans la grande salle de la Foire ce dimanche 28 novembre à 10h30. 


 

 

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http://img829.imageshack.us/img829/3843/screenshot001ea.jpgIl s'appelle THIERRY RIES, il est auteur chez CDL et animateur provincial en atelier d'écriture pour la "Maison de la Mémoire" à Mons.


L'objectif de cette Maison est, comme son nom l'indique, la mise en valeur de la mémoire pour tout ce qui concerne le patrimoine de Mons. La Maison et très dynamique: elle organise visites, conférences, et. Voirhttp://www.mmemoire.be/Manifestations/Patrimoine.htm

THIERRY RIES et son atelier d'écriture ont chaque fois pour but la grande exposition de novembre.

http://
http://www.bandbsa.be/contes2/riestete.jpgwww.x-recherche.com/cgi-bin/trouve.cgi?name=mmemoire&MOTS=thierry+ries&SUBSTRING=on&nrespp=10


Cette année, le thème de l'exposition : photos du Photo club de MONS
quand
 ? le samedi 27 novembre 2010 à 16 h

où ? aux ateliers des Soeurs noires à Mons.

VOUS HABITEZ MONS ou SA REGION, vous n'avez rien de prévu pour le samedi 27, vous êtes intéressé par le patrimoine de Mons, vous avez envie de soutenir un collègue, 
à vos ag
endas! Bloquez la date.



Décidément de quelque côté que l'on se tourne, il y a toujours un auteur de chez Chloé des Lys qui bouge. J'adore ces gens qui bossent et tout autant ceux qui les soutiennent. Vraiment chouette Chloé des Lys.

Martine Dillies-Snaet

http://chloedeslys.buygoo.net/les-evenements-f3/thierry-ries-et-la-maison-de-la-memoire-a-mons-t2417.htm

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