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Le blog Aloys

Articles récents

Une poésie de MARIE-FRANCE MELLONE : Les deux amants

5 Juin 2010 , Rédigé par aloys.over-blog.com Publié dans #Poésie

                   Les deux amants

 
http://fdata.over-blog.net/2/94/05/03/avatar-user-2249789-tmpphpRjkP55.jpeg

 


Quelque jour vous verrez un couple d'amoureux.                                
Elle sera bien vieille et lui sera bien vieux
Mais leurs yeux souriront au milieu de leurs rides
En se disant : << C'est bon de t'avoir eu pour guide.
Oh ! nous avons connu des moments difficiles,
Notre bonheur parfois nous a semblé fragile,
On ne vit pas longtemps sans faire de faux pas,
Oui mais j'ai toujours pu m'appuyer à ton bras. >>
Lorsqu'avec émotion ils revivront le temps
Où, jeunes loups, ils aiguisaient leurs dents
Il lui dira : << Pardon, j'ai fait couler tes larmes. >>
Et elle sourira de ses vaines alarmes.
Au profond du regard un tantinet coquin,
L'espièglerie au coeur il lui prendra la main
En murmurant : << Te rappelles-tu nos baisers
Si dévorants que nos bouches en sont usées ?
C'est loin, c'est bien loin mais c'était bon, c'était fou
Ce délire impatient qui s'emparait de nous
Et maintenant que ce feu est éteint je tremble,
Dis, si c'était la fin ? Mais nous sommes ensemble,
Je n'ai rien à craindre, je suis fort de ta force,
Tu es la sève du vieux chêne et moi l'écorce. >>
Regardez-les marcher les doigts entrelacés,
Aucune tempête ne les a séparés.
Non ne souriez pas car l'amour n'a pas d'âge,
S'ils sont moins passionnés ils n'en sont que plus sages.
Un jour j'aurai pour eux un regard bienveillant.
Qui sont ces deux amants ? Mais ce sont mes parents !

 

MARIE-FRANCE MELLONE

http://lesmotsdemariefrance.over-blog.com/


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CARINE-LAURE DESGUIN... SOUS TES SEMELLES DE VENT

4 Juin 2010 , Rédigé par aloys.over-blog.com Publié dans #Nouvelle

http://idata.over-blog.com/3/65/07/04/_-34-recadre-3.jpg NOUVELLE AFRICAINE...

 

 

Sous tes semelles de vent, aux parfums capiteux de la savane et de liberté essentielle, toute la sagesse de la terre africaine marche avec toi, le voyageur sans fatigue, sans tristesse et sans valise.

La « Croix du Sud » t’a soufflé de t’arrêter ici, entre nos clochers d’églises désertées, nos cultures occidentales, et nos villes sans famine.

Tu es venu nous démasquer, toi qui viens de contrées où les masques dansent…

Tu es venu simplifier et débroussailler nos pensées, toi qui viens d’un pays de brousse et d’animaux sauvages…

Tu es venu nous évangéliser, n’est-ce pas, toi qui viens du continent sur lequel des visages blancs et sans masque ont, voici plusieurs dizaines d’années, enfilé chapelets et paraboles …

La première fois que tu as parlé devant notre assemblée, notre ignorance perlait jusque dans le cœur de la nef et tes mots de simplicité – à l’africaine – ont touché nos volcans éteints .

Tu es un homme grand, fort, au visage sans secret. Ta peau couleur d’ébène, c’est un bouclier de paix sans cérémonie ; ton sourire est large de sincérité, tes yeux tout remplis de bienveillance décodent nos interrogations et déposent dans le panier de nos innocences les noyaux véritables du cœur de l’univers.

L’histoire, c’est une route montagneuse, insolite et ironique…En uniformes, des blancs médaillés diplômés et hiérarchisés ont émaillé des kilomètres, traversé des brousses chaudes, ramé entre des gueules de crocodiles. Ils ont estampillé de leurs paroles épiphaniques des tribus d’hommes sages, des dogons qui lisaient dans les étoiles, des sorciers de village qui savaient les contes wabe

Aujourd’hui, habillé d’une soutane, tu vis et respires au milieu de notre peuple. Ta réussite est saine, elle perpétue les lumières de l’univers que les ancêtres de tes ancêtres t’ont soufflé, traversant les fleuves de la tradition orale depuis des centaines d’années de soleil et de brousse, de vents allumés et de forêts humides.

Cadeaux de la vie, les poussières d’étoiles que sont tes mots de sagesse, se déversent comme des poissons ailés, au milieu de nous, blancs de l’occident, troupeaux de gens rivalisant entr’ eux et oscillant entre plus et surplus.

Toi, le septième jour des quatre lunes, tu nous apprends non pas à avoir ; tu nous apprends à être. Tes mots de vérité, remontés des puits de la « Grande Vérité » résonnent entre les colonnades et nous raisonnent, nous, petits élèves aux mains ouvertes vers toi.

Tu nous racontes le dernier voyage du peuple des éléphants, tout près de la rivière Sankourou. Et tu nous siffles pourquoi la « croix du sud » se nomme dans certaines contrées « constellation kamala nkotsi ». Tu nous parles des grands arbres de la forêt vierge, ceux qui se moquent des petites lianes rampantes ; aujourd’hui, accrochés aux longues branches de leurs frères, elles grimpent, chevaleresques, vers le ciel tout grand de bleu.

Et le jeune homme, changé en antilope après avoir bu l’eau de la fontaine, savez-vous ce qu’il est devenu ? Nous, nous le savons ! Et savez-vous pourquoi ? Nous, nous le savons !

Et cet oiseau troglodyte, aux petites plumes malicieuses cachées dans les plumes de l’aigle au bec renversé, connaissez-vous sa destinée ? L’autruche, la « Reine des oiseaux », en rougit de satisfaction ! Quoiqu’en pensent l’albatros et le cormoran !

Tu nous racontes les paroles sacrées, celles qui descendent des chariots de feux et qui s’étoilent en toute innocence parmi nos assemblées de fidèles et d’infidèles. Sur l’autel de nos différences, tu superposes des étals aux couleurs de l’arc-en-ciel et les vitraux nous renvoient des images d’oranges , de citrons, de manioc, de riz, d’ignames pilés, de la sauce gombo, d’arachide ou de tomates ; les vendeurs engoncés dans leurs longues gandouras bleues , jaunes vantent leurs produits au milieu des musiques assourdissantes …

Les lumières et les senteurs des traditions orales de tes terres africaines colorent de partage de compréhension et d’écoute les cristaux de nos doutes et nos écumes litigieuses.

Avec simplicité, tu nous entraînes vers la confiance, la vraie, la grande, celle qui baptise tous les peuples des terres et des mers ; et qui hisse au-dessus des nuages les oriflammes et les calices des fraternités universelles .....

 

 Carine-Laure Desguin

http://carinelauredesguin.over-blog.com

Retrouvez Carine-Laure le 10 juin pour un texte poétique "Albertine Sarrazin"...



 

 

 

 

 

Carine-LAure Desguin

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CLAUDE COLSON : Réflexions tout à trac

3 Juin 2010 , Rédigé par aloys.over-blog.com Publié dans #Textes

http://idata.over-blog.com/3/65/07/04/tete-Colson.JPG  Réflexions tout à trac*

Chapitre 3

Au début était la naissance, réflexions au fil de la plume

La mémoire de son corps se souvient. Ce soir-là il se voit, tout bébé, à la naissance ; son petit visage un peu fripé sortant du sexe de sa mère. Il cligne de ses yeux à peine ouverts, à la lumière du monde. Première agression. La sage-femme, habile, l’aide à passer les épaules. Sa mère pousse une dernière fois et, dans un long glissement, le voilà sorti, né, au monde !


Pour lui tout est à faire. Durant le temps qui lui sera imparti avant son retour au néant.


C’est la règle : on ne naît pas, on est mis au monde.


À nous de nous en accommoder. L’allemand, très précis, dit d’ailleurs, pour notre « je suis né », « j’ai été mis au monde ». Merveilleux usage de la voix passive. Au nouveau né de gérer ensuite et ce qu’il subit et ce qu’il fait. De maintenir la balance. Mais même l’action, l’actif, sont conditionnés par notre environnement. Nos choix sont, par essence, limités.


Et, puisqu’on ne naît pas, retenons de la « naissance » - phonétiquement – surtout le « sens ». À nous de le rencontrer : qu’il nous soit donné d’emblée, que nous ayons à le rechercher, voire à la construire. C’est l’objet de toute vie. Certains arrivent au but, d’autres restent dans la quête.


L’homme n’a rien demandé, rien choisi au départ. Il fait face.Du mieux qu’il peut. Jamais il ne saura le réel pourquoi de cet événement, de cet avatar qu’est sa vie. Rationnellement il ne saura même pas s’il y a un pourquoi. C’est la foi qui sauve (Luther). Le chemin se fait, paraît-il, en marchant : varié, heureux et/ou moins.


Et dans ce dernier cas rappelons-nous Dickens : Accroche ta douleur à ton dos, elle te portera loin.

 


(À suivre…)

 

Claude Colson

http://fr.creativecommons.org/images/cdr_bouton.gif*

http://www.inlibroveritas.net/lire/oeuvre29492.html#page_3

http://claude-colson.monsite.wanadoo.fr/

 

Retrouvez Claude Colson le 14 juin pour le chapitre 4 de ses Réflexions tout à trac...

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KATE MILIE commente "C'est quoi ton stage?" de Sophie Vuillemin

2 Juin 2010 , Rédigé par aloys.over-blog.com Publié dans #Fiche de lecture

http://idata.over-blog.com/3/65/07/04/KM-3.JPGC’est quoi ton stage ?   Sophie Vuillemin

 

 

Pierre, 14 ans, doit se trouver un stage. Pierre, ado bien de son époque, laisse le temps filer. « Ouf, » sa maman prend la situation en mains. Mais… quoi… elle l’envoie dans une maison de RETRAITE ?!

 

Pierre est épouvanté : « J’Y CONNAIS RIEN EN VIEUX, MOI ! ».

 

« L’accompagnement des personnes âgées et leur place dans la société est un défi que votre génération devra relever et… ».

 

On sourit énormément en lisant ce roman et on les tourne à la hâte ces jolies pages toutes plus vraies que vraies... Quiconque a eu de près ou de loin une  expérience "avec" les maisons de retraite en revit des événements ! Et il s'en passe des choses !  De Madame Lévery : « Connaîtriez-vous, jeune homme, un moyen de joindre Londres clandestinement ? » à la terrible partie de pétanque : « Méfiez-vous de Monsieur Saint Léonard. J’ai joué au scrabble contre lui : il triche facilement » en passant par l’épisode du joint : « J’observe la vieille dame allumer le joint d’un geste assuré. Elle se tourne vers moi : Tu veux essayer ? », Pierre en vivra des péripéties ! D’accord, il se rendra tous les jours au « 14, rue des Plantes » avec les pieds de plomb, mais peu à peu il réfléchira sur ces ascenseurs qui se ferment si lentement qu’on croit qu’ils vont tomber en panne… et bien plus encore…

 

Elle est subtile Sophie Vuillemin. Jamais moralisatrice. Elle nous raconte une histoire toute simple avec un humour fou. Mais ce qu’elle en fait passer des messages. Sans s'appesantir, elle nous offre en filigrane une réflexion très pertinente sur la place des uns et des autres dans notre société.

 

Et si elle a choisi l'humour (omniprésent de la première à la dernière page) le ton est fort, très fort : «J’appartiens à une tribu dont les adultes ignorent les lois et qui s’interroge sur leur foi mais qui, d’ici quelques années, mènera le monde».http://idata.over-blog.com/2/75/00/26/scan-couv.jpg

 

« C’est quoi ton stage » est un premier roman très réussi et bien écrit. A mettre absolument entre toutes les mains. 

 

Ce livre devrait faire le bonheur des enseignants en quête d’outils ludiques pour travailler sur la thématique de l’intergénérationnel.

 

Et puis… : « (…) Elle avait mon âge (…) Nous avons échangé un sourire et j’ai constaté qu’elle avait le même sac à dos que moi. Si ce n’est que sien était rose. Couleur fille. Qu’allait-elle faire dans ma maison de retraite ? Punie, elle aussi ? ». Bon, je ne vais pas tout vous raconter. Il faut le lire ce livre.

 

 

Kate Milie

http://kate-milie.skynetblogs.be/

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*M*C: je vis dans un monde de paradoxe

1 Juin 2010 , Rédigé par aloys.over-blog.com Publié dans #Réflexions

4-up-on-2010-04-02-at-18.59.jpg"Ma méthode d’écriture n’est pas vraiment une méthode, ce n’est en rien quelque chose de difficile.


J’écris pour ressortir mes sentiments et mes émotions.


J’écris ce qui arrive dans ma tête et qui descend alors jusque dans mes doigts.


Parfois ce n’est qu’à la fin de mon texte que je me rend compte de ce que j’ai écrit. C’est un peu comme si je ne le contrôlais pas, comme si mon “atout” le faisait pour moi.


Quand j’écris, je ne réfléchis pas, mes mains écrivent ce que mes pensées lui disent, ce n’est même pas moi qui commande!


Les idées qui s’en déploient sont souvent liées à des événements de ma vie. Presque chaque texte parle d’une personne en particulier que j’ai un jour rencontrée dans ma vie, et la plupart du temps, ce n’était pas une si bonne rencontre que ça. Comme dit Vincent Engel, auteur belge, prof à l’IHECS et à l’UCL, “les heureux n’intéressent personne”: c’est pourquoi le malheur est toujours une source d’histoire.Je-t-aime-je-te-hais-couverture.jpg

 

J’écris rarement pour m’adresser au lecteur. Je considère ça plutôt comme un défouloir. Je n’aime d’ailleurs pas quand les gens me lisent ou me disent leur avis.


Pourtant, si j’écris, c’est pour être lue.


Je vis dans un monde de paradoxe.


J’écris surtout pour moi même en pensant à la personne concernée, comme si je lui écrivais en quelque sorte, mais la plupart des personnes concernées ne lisent jamais ce que j’écris sur eux, et c’est pas plus mal.


Certains textes sont en anglais car j’ai vécu un an aux Etats Unis, à Seattle. Depuis, j’ai mon cerveau qui est divisé entre le français et l’anglais et comme je ne contrôle pas ce que j’écris….la langue non plus. Au début, j’écrivais même moitié français/moitié anglais.


Je suis quelqu’un qui a un atout mais qui n’a jamais appris à s’en servir ni à le contrôler: alors, voilà le résultat!"

 

*M*C

http://pleinelunenuit.canalblog.com/

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KATE MILIE parle de RUE BARAKA de Carine-Laure DESGUIN

1 Juin 2010 , Rédigé par aloys.over-blog.com Publié dans #Fiche de lecture

http://idata.over-blog.com/3/65/07/04/KM-3.JPGElle s’appelle Carine-Laure Desguin. Elle est peut-être une petite nouvelle dans le monde des Lettres, mais son arrivée n’est pas du tout passée inaperçue.

 

Via son blog, elle s’est présentée sans détour : « Bien sûr que j’écris sur le quai de la gare… Je suis assise sur ma valise, voilà tout ! Et j’écris… ». Elle n’a pas cessé de nous interpeller : « Chers amis, qu'avez-vous fait de vos rencontres d'hier, qu'avez-vous fait de vos rencontres de tout à l'heure ? Le hasard, pour vous, qui est-il ? D'où vient-il ? ». Passage 2009-2010 : « Ecrivez aussi vos désirs secrets, ceux accrochés à vos soupirs et pensez-y le plus souvent possible. Et, qui sait....une baguette magique pourrait vous exaucer ! Pourquoi pas ? Tout est possible ! »

http://carinelauredesguin.over-blog.com

 

Son bouquin « Rue Baraka » vient de paraître. 82 pages. Qu’a-t-elle écrit Carine-laure, un court roman, une longue nouvelle ? Je ne sais pas. J’ai envie de répondre un récit initiatique, à moins que ce ne soit un conte philosophique ? Ou un livre de vie ? Ou tout à la fois ?

 

Elle nous offre une histoire qui débute par une rencontre. Une ville, une rue, un matin de marché, un jeune homme à côté de ses pompes, perdu dans ses mornes pensées heurte un vieil homme transportant une grande caisse. Tarek, désabusé, revenu de tout, propose son aide. Tiens, lui qui quelques pages plus loin, va clamer haut et fort « Aimer la vie, vous êtes fort vous, la vie ne m’a rien donné à moi ! » aurait-il décidé soudainement d’écouter « sa boussole intérieure » ? Et le voilà pénétrant l’univers du vieux peintre. Par les mystères d’une pièce très lumineuse, les évocations d’un passé fascinant, Paris, Montmartre, les artistes à la vie tumultueuse, Tarek va partir à la rencontre de ses émotions et de son Moi profond. Bien-sûr, Clara, la compagne du peintre, Clara rencontrée à Pigalle, Clara restée « typée Pigalle », Clara et son fameux repas sera aussi pour quelque chose dans le grand bouleversement qui va s’opérer en quelques heures dans la vie du jeune homme.http://idata.over-blog.com/3/65/07/04/image-1.jpg

 

La création, l’art, la joie de vivre, la générosité, la pensée positive sont omniprésents dans ce récit qui se dévore d’une traite. Des moments d’arrêt ne sont pas à négliger car Rue Baraka invite à la réflexion et à une plongée au plus profond de soi. Carine-Laure Desguin nous a fait cadeau d’une bien belle histoire. On sort de son livre joyeux et confiant. L’auteure qui est infirmière, donc confrontée tous les jours aux limites humaines et à la finitude, nous montre qu’il y a beaucoup plus de « possibles » dans nos vies qu’on ne le pense…

Mais laissons le mot de la fin à Tarek : « Son cœur est rempli de mercis envers ce couple amoureux de la vie, déridé de tout préjugé (…) IL a abandonné cet air résigné de quelqu’un qui accomplit les gestes par obligation, il échafaude des projets ».

 

Une note de lecture de Kate Milie

http://kate-milie.skynetblogs.be/

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Retour à... Poème de Claude Colson

31 Mai 2010 , Rédigé par aloys.over-blog.com Publié dans #Poésie

http://idata.over-blog.com/3/65/07/04/tete-Colson.JPG

Retour à ...

 

 

 

Au dernier jour de mai
Un soleil de juin, un peu pâle,
Éclabousse, arrogant, de ses rais
Le reste de nature minéral
Bordant la voie-métal.

Çà et là des plages herbues
Dénoncent la civilisation incongrue
Qui peu à peu presque tout a emporté,
Jusqu'aux trésors de l'âme et la fraternité.

Paris approche et voici que déjà
Le train s'est engouffré dans les tunnels d'en bas.
Sous terre il tâche de dissimuler cette misère
Aux hommes consentants, de l'humain abdiquant.

Mais bientôt avec l'été ils retrouveront,
Espérons-le pour eux, l'union primitive,
Le Beau, le Sens, l'harmonie non rétive,
L'insertion de leur être dans un monde moins factice,
Quelque cirque montagneux, des hauteurs plus propices,
La douceur des bleus, des verts ou des gris
D'une nature accueillante et encore infinie.

 

Claude Colson

http://claude-colson.monsite.wanadoo.fr


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KATE MILIE commente "Changements" de Laurent Dumortier

31 Mai 2010 , Rédigé par aloys.over-blog.com Publié dans #Fiche de lecture

http://idata.over-blog.com/3/65/07/04/KM-3.JPGJ’ai lu  « Changements » de Laurent Dumortier et j’ai aimé.

 

La cover : Un joli cadre doré, des pommes, une grappe de raisin, des fleurs, un vase ancien, une nappe brodée… Bref, cette nature morte pourrait suggérer un univers bien tranquille… Mais… Vous aurez certainement remarqué ces traces de sang dégoulinant sur la jolie nappe…. 

4ème de cover : « Un grain de sable qui vient se nicher dans les rouages d’un quotidien banal et tout bascule, tout change…»

 

Alors, on l’ouvre ce livre ? 97 pages. 30 textes très, très courts (la plupart font deux pages).

 

Et c’est parti….

C’est comme aux montagnes russes, il faut s’accrocher… Le rythme est rapide… A peine est-on entré dans une histoire, pardon, à peine est-on happé dans un drôle de monde, qu’on en sort projeté dans un deuxième (pire que le précédent), et comme on n’en revient pas de ce qu’on a lu… On en redemande… Oui, même moi qui ne suis pourtant pas très branchée « fantastique », j’ai tout lu, fascinée. Et il y a pour tous les goûts ! Une croisière qui s’avérait une aubaine « Moi qui, habituellement n’avait jamais rien gagné d’intéressant… » se transforme en cauchemar. Le Temple de Necta situé dans le désert égyptien devait être un classique lieu de fouilles archéologiques… « Cependant, le secret du temple était autrement plus important que ce que le vieux savant supposait… ». Le Mandrill met en scène une banale histoire de recherche d’emploi, un paisible jeune homme se retrouve confronté à un homme influent et voilà qu’une malédiction africaine surgit. Dans une maison de repos, pendant que les pensionnaires écoutent du sirtaki, une vieille dame utilise le peu de liberté qui lui reste pour…

      http://blogsimages.skynet.be/images_v2/002/539/683/20100413/dyn003_original_859_603_pjpeg_2539683_33a9fd198c436d032eac91a61d73ab45.jpg

Je ne parle pas du Peintre, trop terrifiant pour l’âme sensible que je suis. Ne comptez pas sur moi pour décrire l’homme sans visage. Allez, je veux bien évoquer le Train, un petit cadeau, la phrase finale : « Aucun des voyageurs n’était en mesure de dire vers quelle destination nous roulions et encore moins d’affirmer qui était aux commandes du train… ».

 

Ce petit bouquin surprenant (et ses très courtes histoires bien ficelées) amène à une réflexion sur l’écriture. En deux mots, tout est dit. Pas besoin de descriptions. La concision apporte un rythme très dense. Je sors de cette lecture interpellée...

 

Une note de lecture de Kate Milie

http://kate-milie.skynetblogs.be/





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CLAUDE COLSON parle de "Taches d'encre" de Martine Dillies-Snaet

31 Mai 2010 , Rédigé par aloys.over-blog.com Publié dans #Fiche de lecture

http://idata.over-blog.com/3/65/07/04/tete-Colson.JPG Taches d'encre a occupé une partie de mon retour en train de Bondues car je n'ai pu terminer qu'ultérieurement. On y rencontre une âme et rien n'indiffère. Pour quelques poèmes , j'ai dû les relire plusieurs fois : sens riche.

Je reviens aujourd’hui sur un aspect particulier de cet univers poétique : sa manière de mettre en scène l’homme et spécialement l’homme dans l’amour, cette tentative de Martine pour cerner l’éternel mystère de l’altérité.


D’abord elle note que l’homme devient homme par une femme (« Apaisement »), puis – avec justesse – que l’amour fou de l’homme engendre chez lui le désir d’enfant avec la femme aimée (« Bâtir une vie »). Elle croit par ailleurs déceler chez lui la profondeur du manque, qui n’a d’égale que le sien (« Etouffer »).
Tiens, les deux amants auraient-ils quelque chose en commun ? Petite victoire sur la condamnation à être deux, deux différents, comme nous le dit le mythe d’Aristophane.


Surtout, dans beaucoup de poèmes l’auteur insiste sur la quasi impossibilité pour l’homme de formuler l’amour (« Je n’avais pas oublié » « La cadence » « OGM d’ADN »…), l’homme, ce taiseux des sentiments dont on ne peut saisir (pour le comprendre ?) que quelques expressions : voir [ses] yeux [le] troubler

(« Oser »), [le] sentir vibrer » (« Pour toi »).

http://users.skynet.be/TheDillies/tache.jpg
Martine discerne, au-delà des mots ce que peut ressentir un homme qui jamais ne pourra posséder une femme totalement, cette difficulté à admettre l’altérité de l’autre (« Lettre au père…. »). La compréhension passe donc par le corps seul, quand [les] corps se mettent en prière » (« Pour toi »), quand les yeux [de l’homme] se noient dans la tempête de vaques de [l’] ivresse [d’elle] (« Tes yeux couleur émeraude »).
L’homme, fragile, avec sa nécessité du rêve, à vivre comme à donner à vivre « Tenue de lumière »).
L’homme enfin qui, lui, a toujours besoin d’être rassuré par des mots (« Je veux que vous m’écriviez »), toujours inquiet de savoir où elle est, qui elle voit (« Cette histoire-là »).

Beaucoup d’amour dans cet effort de compréhension de la part de l’auteur, beaucoup d’émotions passant dans cette langue. N’est-ce pas l’essence, le but de la poésie ?

Claude Colson


http://claude-colson.monsite.wanadoo.fr


 


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CLAUDE COLSON a commenté "Une belle époque!"

30 Mai 2010 , Rédigé par aloys.over-blog.com Publié dans #Fiche de lecture

 http://idata.over-blog.com/3/65/07/04/tete-Colson.JPG« J'ai beaucoup aimé ce livre : ma recension    
 
  KATE MILIE "Une belle époque" 
  
 Je viens de terminer cette lecture et je dois dire que je suis bluffé.    
  Si le début s’enclenche par des conversations d’internautes parfois assez futiles ou convenue    
  – c’est aussi l’un des sujets du roman – assez vite l’histoire prend corps    
  et je me suis trouvé acharné à poursuivre.    
  Il faut absolument lire ce texte linéairement en suivant l’ordre des pages.     
 Vous y découvrirez, si vous êtes féru (e) d’histoire une mine d’informations sur la Belle Époque ,     
 très documentées, vous serez peu à peu fasciné (e) par les péripéties romanesques    
  les plus inattendues, par l'écriture d'un roman en live, par l’intrication du présent et du passé,    
  du virtuel et du réel et vous irez de surprises en surprises,    
  bercé(e)s par une langue recherchée et maîtrisée.    
  Si c’est bien un premier roman,http://idata.over-blog.com/3/65/07/04/Belle-Epoque-cover-.jpg    
  je pense que cette entrée en littérature    
 (au moins publiée) sera remarquée.    
 
 Pour moi ce n’est pas loin d’être un coup de maître    
  dans l’originalité du sujet, la conception   
  de l’intrigue ainsi que sa mise en œuvre.   
 
  Un mot : bravo ! »   
 
 Claude Colson  
 http://claude-colson.monsite.wanadoo.fr 
 
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