Texte n°4 SF/fantastique

Publié le par christine brunet /aloys

N°4

 

La cave

 

Premier jour

 

Pour la première fois depuis 35 ans, Martine Xavier put faire la grasse matinée. Car, pour la première fois depuis 35 ans, François ne l'avait pas réveillée par ses hurlements ! Martine s'étira et se frotta les yeux. Huit heures ! Elle avait donc dormi près de dix heures d'affilée ! Elle se leva et tira les tentures. Dehors, le soleil brillait et la journée promettait d'être belle...

 

Deuxième jour

 

Martine a commencé à nettoyer la chambre de François. Comme il ne reviendra plus, elle a décidé d'en faire une chambre d'amis. François ayant souvent été malade, elle n'avait pas d'autre choix que de la retapisser entièrement. Avec quelques plantes, la décoration serait parfaite...

 

Deuxième semaine

 

Martine s'est décidée à aérer la maison, même s'il gèle dehors. A force de rester à l'intérieur, elle n'a pas remarqué la légère odeur. Le boulanger, lui, l'a bien remarquée, par contre...

 

- Je me demande si vous n'avez pas un rat crevé dans votre grenier ou votre cave, Madame Xavier ! Il y a une drôle d'odeur ici !

 

- Ah ? Vous avez sans doute raison ! Ca fait un moment que je me demande d'où elle peut provenir, mais je n'ai rien trouvé...

 

Après avoir ouvert plusieurs fenêtres, Martine voulut en avoir le cœur net : elle grimpa jusqu'au grenier et commença à l'explorer. Le plancher était encombré de choses diverses : cartons de vieux livres, bibelots divers, meubles anciens dont elle ne se servait plus...

 

Une fouille minutieuse lui permit de découvrir l'origine de cette désagréable odeur : un hibou, mort sans doute depuis un bon moment et en état de décomposition...

 

Martine alla chercher un sac poubelle et y glissa le cadavre...

 

Deuxième mois

 

        - Je ne sais pas ce qui se passe chez Madame Xavier, mais il y a une de ces odeurs, je ne vous dis pas !  Au début, j’ai cru que cela provenait du champ derrière chez moi, mais j’ai dû me rendre à l’évidence : l’odeur provenait d’à côté…

 

        - Oui, c’est vrai que ça ne doit pas être agréable de vivre en permanence à côté d’une odeur pareille !

 

        - En même temps, je ne lui en veux pas : ça ne doit pas être évident pour elle de toujours s’occuper de François…

 

        - Oui… Pauvre Martine…


 

 

Troisième mois

 

        - Madame Laudry !  Quelle bonne surprise !  Que puis-je pour vous ?

 

        - Hé bien…  Ne le prenez pas mal, Madame Xavier, mais je crains qu’il y ait un animal mort chez vous.  Pour le moment, il ne fait pas encore trop chaud, mais d’ici un mois ou deux, ça deviendra tout bonnement intenable…

 

        - Ne vous inquiétez pas, je vais essayer de remédier au problème…

 

Cinquième mois

 

        - Madame Xavier ?  Lieutenant Vincent Moulin.  Nous sommes ici pour accompagner le service d’hygiène qui va procéder à une inspection de votre maison.  Des voisins se sont plaints de l’odeur et…

 

        Le policier n’eut pas le temps de terminer sa phrase : son collègue, pris de nausées et incapable de tenir plus longtemps à cause de l’odeur démentielle, courut vomir dans le caniveau…

 

        - Je crois qu’ils n’ont pas tout à fait tort… ajouta-t-il en souriant.

 

        Le lieutenant resta sur le bord de la porte – tant l’odeur était insoutenable – tandis que les ouvriers du service de l’hygiène pénétraient dans la maison, le visage recouvert d’un masque de protection…

 

        Quelques instants plus tard, l’un d’entre eux revint vers le policier, le visage écarlate.

 

        - Inspecteur, venez vite voir, c’est horrible !

 

Le lendemain, au commissariat

 

        L’inspecteur toussa et se tourna vers son interlocutrice :

 

        - Allez, Madame Xavier, expliquez-nous ce qui s’est passé…

 

        - Je ne pouvais plus le supporter, inspecteur.  Tous les jours, entendre ses hurlements.  Tous les jours être à sa disposition.  Je ne pouvais plus continuer comme cela, inspecteur !   J’ai essayé de le placer dans une institution, mais les places sont rares…  et j’ai fini par me décourager.  Cette nuit-là, il a encore lancé ses cris et… je ne sais pas ce qui m’a pris, mais je l’ai frappé… frappé avec tout ce qui me tombait sous la main.  A la fin, son visage n’était plus qu’une plaie béante.  Je l’ai descendu, non sans mal, à la cave.  La suite, vous la connaissez…

Publié dans concours

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Edmée De Xhavée 06/06/2011 07:31



ah ah Carine-Laure, j'aime a mise en piste vers notre "Milou"... je ne sais pas qui l'a écrite, celle-ci, mais je n'aimerais pas hurler en face d'elle/lui... ça le/la dérange visiblement
beaucoup...



Alain Delestienne 05/06/2011 17:23



Comme je ne fréquente que depuis peu de temps Chloé des Lys sur Fb et le blog Aloys, je ne connais pas les auteurs, mais je suis favorablement impressionné par le niveau d'écriture que je
découvre. Pour le texte ci-dessus, je pique le mot "fluide" à Adam Gray. J'écouterais volontiers ce texte dans une pièce de théâtre ou dans un film. C'est un bon scénario.



Pâques 03/06/2011 21:15



C'est très difficile de choisr car chaque nouvelle est différente dans son style et très agréable à lire, ce texte est tout en fragances


Pour l'instant je reste sur le n° 1...



Philippe D 03/06/2011 20:37



Pas gentil avec toi, Christine, le Bob! Et en votant pour la 4e, n'est-ce pas lui qui frotte, hein?


Je garde mon vote : n°3.



Bob 03/06/2011 14:54



t'as tout faux Carine, comme d'hab !


J'ai lu et beaucoup aimé. mais je préfère la 4° histoire ! J'aime l'odeur du sooufre...



christine 03/06/2011 13:31



=> Bob, on fait comme on peut, hein !!!!


=> Oui, je me doute que Louis et micheline connaissent l'auteur (le ou la, hein !)


=> bon, demain, la suite...



carine-LAure Desguin 03/06/2011 13:00



Je ne sais pas pourquoi vous dites tous que vous connaissez cette nouvelle; c'est vrai, suis fort jeune encore. Je me doute qui est l'auteur mais si on ne peut rien dire, je me tais. En tout cas,
son époux devrait se méfier ...Pauvre homme, un si gentil monsieur. je l'embrasse quelquefois mais jamais jamais je ne l'ai entendu hurler. Lui mettrait-on un foulard devant la bouche pour
l'empêcher .....


Le comble c'est que je dois aller evoir pour qui j'avais voté hier, me souviens plus de rien !



Bob 03/06/2011 10:11



Hé hé, je connais cet auteur... là on sent  la frotte balle, du côté de la 'tit Christine. Qu' est-ce qu'on ne ferait pas pour arriver...


Bon je vais lire 



Micheline 03/06/2011 10:09



Je connais l'auteur mais je ne dirai rien si ce n'est que je trouve qu'il s'agit d'une nouvelle qui se lit fort agréablement.



Adam Gray 03/06/2011 10:08



Une nouvelle policière, mais bien agréable à lire - écriture fluide qui va droit au but. J'aime.



Louis 03/06/2011 09:24



Moi, je sais !


L'auteur aurait pu écrire quelque chose de nouveau... C'est vrai qu'il (ou elle) est fort occupé(e) !



steph 03/06/2011 09:12



Une nouvelle plus dans le genre policier. Mais j'aime bien aussi. ça va être dur de choisir !



lunessences 03/06/2011 08:27



Simple et efficace, j'aime beaucoup !



christine 03/06/2011 05:49



Déjà le texte n°4 ! certains connaissent cette nouvelle et donc son auteur. Alors, chuttttttttt !!!!!! Laissez aux autres le soin de découvrir le pot-aux-roses ! et
voyez quelle nouvelle vous choisirez !