La bibliothèque communale de Frasnes-lez-Anvaing fait la fête à la littérature en invitant des auteurs liés au Pays des Collines. Parmi eux, Sylva Miura publie, aux éditions Chloé des Lys, le premier polar d’une série qui devrait en compter six.

« Dernier hôtel »

On connaissait Dominique Dumont, coauteur du roman policier «Mauvais gré ».Deux pseudonymes, Barr et Tolet, cachaient alors les identités d’écrivains à la plume habile. La mort violente d’un notable était au cœur d’une intrigue bien ficelée, ancrée dans la région.

Cette fois, c’est à Aix-en-Provence que le Frasnois situe l’action d’une mystérieuse affaire. «Bien loin d’ici, pour que l’on ne puisse y retrouver des lieux connus», confie l’auteur, aujourd’hui magistrat. Un jour il s’est promis d’écrire un texte qui révèle » comment je vais m’imaginer vieillir dans ce métier d’avocat ». Dix années ont passé après la rédaction des trente-cinq premières pages. Et soudain, celles-ci ont trouvé une suite, le temps d’une retraite en écriture.«Le vieil homme entre à l’hospice et assiste, impuissant, à un assassinat. J’ai voulu écrire une histoire réaliste sur le plan social et judiciaire, me démarquer de ce qui se lit dans les thrillers anglo-saxons. Ici il y a des gens de tous les horizons, de plus nantis que d’autres. Le roman est totalement imaginaire, mais il est vrai que dans mon parcours, je côtoie des faits et personnages qui font penser à ceux que je présente. Et j’ai lu énormément de dossiers. »

Ce qui pousse Dominique Dumont, alias Sylva Miura, à l’aventure du roman? «Comme avocat, je n’écrivais que des actes de procédure. Lors de la conférence du Jeune Barreau, j’avais décidé que mon texte mettrait en scène un vieil homme qui regarde sa carrière accomplie. Un enquêteur qui, comme Maigret, a commis des erreurs de jugement. Le commissaire Corte, personnage principal, fort en gueule et hâbleur, est plutôt du genre Colombo, en plus viril. Le lecteur perçoit des indices, les soupçons s’orientent vers une certaine personne. On se rend compte qu’il y a toute une machination derrière le crime… »

Puisqu’il dispose de peu de temps, l’auteur travaille avec méthode. «Il faut que je m’accorde quelques jours pour écrire. Je divise ma page en douze: le scénario de l’enquête se dessine. Je place les rebondissements et je lance l’enregistrement du texte avec reconnaissance vocale. Puis je relis, je corrige, je parcours l’ensemble avec un correcteur informatique. »

Soirée littérairece 14 juin à 19h30,Bibliothèque communale, rue de la Fauvette.Entrée libre.