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Le blog Aloys

MARTINE DILLIES-SNAET a lu LA BELLE OUBLIANCE de CHRISTIAN VAN MOER

16 Juin 2010 , Rédigé par aloys.over-blog.com Publié dans #Fiche de lecture

MARTINEJ’ai lu « La belle oubliance » de Christian Van Moer



 

            « La belle oubliance » : musique de valse, valse des mots. J’aime le titre tout en délicatesse à l’image de son auteur  car je reste persuadée que dans tout titre, de part le choix des mots,  se cache non seulement l’œuvre mais l’auteur.

*

            Une conclusion que je note dès l’entrée en matière : non seulement aucun d’entre nous ne devrait hésiter à se procurer le livre mais chaque  professeur de français (élèves de 14 à 18 ans) devrait demander  à ses élèves de le commander car il  fait réellement partie de ceux qui peuvent et doivent être lus en Humanités(*). Et pour l’étudiant, et pour le professeur, il ne peut déboucher que sur des échanges remplis de plaisir ! Cela est inestimable.

 

            Avant tout aussi, au bas de chaque page où commence un  chapitre : quelques vers à-li-re-ab-so-lu-ment ! Peut-être ces quelques vers seront-ils davantage pour les classiques (**) et les littéraires mais pour eux,  ils rouleront au fond de vos entrailles. Je m’en suis délectée. Je n’avais même pas envie de l’écrire, juste envie de garder ça pour moi, rien que pour moi. Oui, mais voilà. J’aime être honnête.

Ou bien je me tais.

*

            Aux sources du Tech. Dans la palette des vins, c’est dans les méandres tantôt d’un Bordeaux, tantôt d’un Bourgogne et tantôt encore dans les sillons sucrés d’un Sauterne que la langue de Christian vous emmène. Jamais dans les vins secs et rocailleux.

La saveur du tout en langue. Je « clac » la mienne. Un nectar.

 

Son écriture est  d’une finesse et d’une richesse de haut vol. J’ai lu  doucement l’histoire de Christian Van Moer, je ne l’ai pas avalée  et je n’en ai  pas éprouvé  l’envie ; elle se déguste et  roule sur les papilles. Philologue roman, sa culture nous instruit sans jamais nous enliser. A l’écriture, les  dieux doivent certainement s’éveiller, descendre de leur Olympe et prendre part aux agapes terrestres organisées par l’auteur.

Bacchus n’est pas invité. Ici, tout est délicatesse et fine culture.La-belle-oubliance-C.-van-de-Moer.jpg

 

Voilà mes premières impressions quant au style et à la forme. Tâchez donc d’écrire des phrases de six lignes et de vous rendre compte que pas un mot n’est de trop ! Elles sont des mini-symphonies. Je me surprends à les relire et à me dire «  Et où as-tu mis le point précédent, diable de bonhomme ! ». Eh bien, il est loin…

 

L’histoire dans tout cela ? Eh bien, elle est prenante, captivante et je n’ai pas déposé le livre tant que je n’ai pas rencontré le point final. Par contre,  j’attendais une autre fin. Elle fait partie de celles qui me donnent envie d’étrangler l’auteur. Je n’en dis pas davantage.

*

            Le mystère Cachou. Je dois me flanquer une paire de claques pour me rappeler à l’ordre : une histoire ou  un chapitre, dans un livre peut être complètement différent(e)  du ou  (de la) précédent(e) et il ne faut surtout pas rechercher l’ambiance de l’un(e) dans le (la) suivant(e). On se nettoie les méninges, bref, on nettoie les vitres et on recommence !

Ce second récit me plonge à la fois dans les aquarelles et les comic’s. La ligne est épurée et l’on retrouve le climat de guerre et d’après-guerre dont elle est le cadre. Encore une fois, l’histoire se lit  jusqu’au bout et ne donne jamais envie d’être interrompue. Intéressant également, la géographie et l’histoire de la région de Tournai, toutes deux délicatement distillées. Intéressantes aussi les questions que mon mari (qui m’a piqué le bouquin) et moi-même nous nous posons.

*

            La zone interdite. Waaah ! Telle la louve nourrissant Remus et Romulus pour la naissance de Rome, Christian  nourrit ici l’Histoire et l’histoire de son livre ! Bravo l’imagination !

Si j’étais un homme, je donnerais un coup de poing sur la table et de ma bouche sortirait le fameux juron « Nom de d…. ! »

No comprendo ? Tant pis.

*

            Confession de la dame en bleu :

[Zut ! Mon mari m’a piqué mon Van Moer, je devrai attendre demain pour cette confession. Hé tiens ! Ça me fait penser au confessionnal de Bob !]

Mais que faites-vous encore  à me lire ? Filez chercher le livre de Christian Van Moer, je vous jure que vous ne regretterez pas !

 

 Quant au titre, l’auteur, vraiment,  ne pouvait pas en prendre un autre ou bien alors il aurait fallu en trouver un qui  offrait la même sonorité.

Allez, Christian, prends ton stradivarius et joue. Joue, Christian, joue ! Tandis que  je me délecte encore de la lecture de « La belle oubliance ».

 


MARTINE DILLIES-SNAET

http://users.skynet.be/TheDillies/

 

 

 

 

 (*) En Belgique, l'enseignement secondaire est appelé  « Humanités ».

(**) Humanités classiques, humanités où les cours de latin et de grec étaient les plus importants.

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Edmée 16/06/2010 12:54


J'ai aussi lu ce livre, et l'ai tant aimé que je l'ai offert à une amie qui le prête en feulant "Je m'appelle reviens" à ses amies.

C'est un bijou, un receuil d'émotions. Quatre histoires n'en forment qu'une en fait. Et oui, chacune a son style, son rythme. La troisière, celle qui fait jurer notre Martine, est celle qui m'a
fait comprendre et "voir" l'exode pendant la guerre. C'est terriblement douloureux.

Et dans tous les livres de Christian, il y a toujours des personnages au coeur noble, aux sentiments vrais, des personnages qui colorent la vie de qui les rencontre. En or.


Bob 16/06/2010 09:18


En fait c'est un recueil de quatre nouvelels totalement différetnes mais qui en fin de compte snt reliées par un fil conducteur ! Assez original.
Moi ce qui m'a frappé en plus de l'intérêt des histoires, c'est la qualité de l'écriture.


carine-Laure Desguin 16/06/2010 07:11


Longue hésitation de ma part avant de lire le commentaire de mArtine car "LA Belle Oubliance " est là, tout près de moi depuis quelques jours ...
Et à lire la musique de Martine , on a envie de connaître les paroles ...Carine-LAure DEsguin


Christine 16/06/2010 06:56


Eh bien, que dire après cela ? Je crois que la curiosité fera le reste!


Monilet - Claude Colson 16/06/2010 06:54


A te lire, Martine, je me demande : c'est un roman qui ressemblerait un peu à un recueil de nouvelles ??