Mini-promenade automnale, un texte de Claude Colson

Publié le par christine brunet /aloys

 

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MINI-PROMENADE AUTOMNALE

 

Je me dirige vers le parc et admire au passage, dans le lointain, les maisons sagement alignées sur les collines, serrant à leur cou leur écharpe de brume.

L'air est vif ; la route descend doucement. Bien vite, je suis à destination . D’abord m'assaille l'odeur de sous-bois émanant du tapis dense et mordoré des feuilles qui jonchent une terre devenue presque invisible.

Tout de suite l’œil est accroché par le mince ruban de mercure du ruisseau à contre-jour. Il n'est que miroitement mouvant. Plus loin, la mare, toujours revêtue de son uniforme vert de lentilles d'eau. Énigmatique, sournoise, même si vers le bord trône, immobile, un ballon d'enfant d'un bleu presque sombre et fluo, ocellé de noir.

Je suis seul ; il n'est pas encore dix-heures.

Délaissé, le toboggan est là,inutile, avec ses rampes multicolores : un Beaubourg rural. On entend le bruit d'un ruisseau canalisé qui, du haut de quelque rocaille artificielle que je sais là-bas, se déverse dans le plan. Un oiseau isolé survole l'ensemble en criaillant. Les trilles d'un congénère lui répondent dans le sapin, déclenchant une sorte de concert varié.

Soudain l'heure sonne à l'église du bourg. Toujours personne alentour ; l'humidité de la nuit recouvre les bancs ornés aussi de feuilles mortes clairsemées. Debout au bord de l'eau, j'écris, les sens aux aguets. Un observateur – heureusement absent – me prendrait pour un original ; qu'importe : quand l'écriture vous prend, elle prévaut !

Encore m'attarder un peu sur le mouvement d'une mère cane qui , caquetant, poursuit dans un grand battement d'ailes ses rejetons indociles et c'est déjà l'heure de rentrer, heureux d'avoir posé ces mots, d'avoir ajouté quelque chose au monde.

Au retour, me forçant à reprendre la plume, le soleil, perçant enfin les nuages moutonnants, frappe soudain l'or des feuilles, faisant naître un somptueux embrasement qui, hélas, bientôt s'éteint.

La nature joue les coquettes et moi, je peux poser le stylo.

 

Claude Colson

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Claude Colson Toi-nous

Publié dans Textes

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Claude Colson 12/03/2012 08:56


Relu : je suis assez d'accord sur le "trop de virgules".

Paul 11/03/2012 20:34


Permettez-moi de ne pas être tout à fait d'accord avec les précédents commentaires. Certes les images sont belles, le lyrisme s'installe, mais je ne suis pas certain d'une part que certaines
phrases soient bien construites (avec des parenthèses séparées par des virgules qui laissent un goût de meuble à tiroirs). Quand d'autre part, beaucoup de mots, même très beaux restent à mon
avis, trop savants. Il est bien d'élever le débat en usant de notre belle langue française, mais à ce point, votre texte ressemble à un exercice de style plutôt qu'à un récit (même bucolique).
Vous gagneriez à plus de simplicité, vous attachant à des phrases courtes.

Claude Colson 11/03/2012 20:19


Ah, Anne, j'aime aussi beaucoup votre écriture.

Anne Renault 11/03/2012 20:16


J'apprécie beaucoup cette attention portée à la beauté sensuelle du monde.

Claude Colson 11/03/2012 20:03


Merci, Carine.

carine-LAure Desguin 11/03/2012 12:35


Des phrases qui se déroulent presque toutes seules; on connaît l'endroit, on se souvient du ruisseau ...mais jamais on écrirait tout ça comme Claude Colson ..

Claude Colson 11/03/2012 12:13


Venant de toi, Christian, j'apprécie particulièrement.

Christian Eychloma 11/03/2012 09:02


Remarquablement bien écrit...