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Le blog Aloys

MARTINE DILLIES-SNAET : j’ai lu «Saisons d’une passion » de Claude Colson

24 Juin 2010 , Rédigé par aloys.over-blog.com Publié dans #Fiche de lecture

http://users.skynet.be/TheDillies/auteur2.jpgJ’ai lu «Saisons d’une passion » de Claude Colson

 

Si j’avais respecté la chronologie, j’aurais lu « Saisons d’une passion » avant « Léna ». Oui, mais voilà, en feuilletant les deux livres, ce sont les mots de « Léna » qui m’ont attirée le plus. Alors j’ai commencé par le second. Cela n'a d'ailleurs aucune importance, l’un n'étant pas la suite de l’autre. Quoique...

 

Quoique dans ce livre,  j’ai  bien ressenti chez Claude COLSON, une première fois, un premier essai, une première délivrance. C'est dans ce premier livre que Claude Colson a trouvé un style ou plutôt une forme : une histoire qui se poursuit en poésie pour s’achever par un journal.

 

J'en ai commencé la lecture installée à l'ombre de magnifiques tilleuls. Une brise fraîche émanait des divers étages qui font la caractéristique du tilleul et qui en font d'ailleurs un arbre des plus agréables  par temps de canicule.http://idata.over-blog.com/3/65/07/04/saisons.jpg

J'ai ouvert le livre, tourné les pages, écouté le vent. Après une vingtaine de pages, j'ai fermé le manuscrit et me suis laissée bercer par le murmure du vent. Comment apprécier un tel ouvrage, comment le faire  aimer ? Si quelqu'un me dit «  Ca y est, je commence ce soir et l'aurai achevé demain », il n'en appréciera rien; il faudra le stopper de suite voire lui interdire cette manière de lire.

 

L’histoire ? L’amour, la rencontre, la passion, la douleur de séparations éphémères, les retrouvailles puis le gouffre du dernier « au revoir »:  thèmes universels depuis que le monde est monde mais, thèmes à chaque fois, revécus avec une différence de taille...c'est qu'à chaque fois, c'est un autre « moi » qui souffre ou « euphorise ». Que serions-nous sans l’amour, son bonheur et ses blessures ?

Claude COLSON se livre avec ses mots et ses réflexions. Là où d'aucuns se contententde vivre, lui écoute les musiques qui le submergent, s'analyse et étudie ce raz-de-marée. J'ai parfois envie de dire qu'il l'intellectualise, le « littéralise ». Qu'importe! L'auteur a trouvé là, son style et on s'y laisse  prendre à condition de ne pas vouloir le lire de bout en bout.

Lire « Saisons d'une passion »  comme un roman c'est prendre le  risque de se noyer et de ne pas apprécier les mots et les assemblages poétique; il faut, tout au contraire,  en distiller la lecture . Quelques pages ou quelques lignes chaque fois que vous vous assiérez au creux d'un divan, calé entre de gros coussins. Quelques lignes ou quelques pages puis, laissez tomber le livre

et passez à autre chose. C'est le meilleur moyen d'y prendre du plaisir. Même si cela prendra du temps mais chaque livre n'a-t-il pas besoin de sa propre lecture ?


 MARTINE DILLIES-SNAET

http://users.skynet.be/TheDillies/

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Monilet - Claude Colson 03/07/2010 11:28


Je sais que Christine a enfin eu satisfaction et qu'elle vous en reparlera.
Au passage, merci à mes fidèles supportrices ;).


carine-Laure Desguin 24/06/2010 19:25


De Claude je ne connais que les poèmes qu'il a la gentillesse de partager sur le forum CDL; un homme d'une grande sensibilité ai-je toujours pensé ; et Martine ne fait que confirmer ce que je
supposais ...Carine-LAure Desguin


Edmée 24/06/2010 12:57


Magnifique commentaire de Martine sur le livre de Claude dont je n'ai lu que de bons avis, très bons devrais-je dire. Cet accent de sincérité vanté dans la note de lecture de cette autre personne
ne le rend que plus attirant...


Christine 24/06/2010 09:12


Bon, Claude... Là, c'est injuste et je fulmine... J'ai cette envie d'en lire plus qui me pousse à aller encore voir ma boîte aux lettres... je n'ai plus qu'une hâte: me plonger dans tes textes...
Mais elle est désespérément vide, cette sacrée boîte...


Monilet - Claude Colson 24/06/2010 08:52


Merci à Martine.
Christine , pour achever de t'impatienter, je mets ici l'un des premiers commentaires reçus. Excusez, c'est un peu long :



MessagePosté le: Jeu Mar 23, 2006 4:56 pm
Ma lecture.

Il m'a rarement été possible d'entrer à ce point dans le coeur du ressenti masculin. Plus qu'une simple lecture, l'auteur livre l'âme d'un homme d'une manière si dépourvue de fards qu'elle en est
déconcertante et remuante.
On assiste aux tumultes d'une passion vouée de toute évidence à l'échec malgré les instants de pleine communion entre ces deux Etres, Bruno et Florence. Plus que le tumulte apparent, c'est le
séisme de Bruno qui se déroule sous nos yeux au point que c'en est douloureux pour le lecteur.
Je vois un homme tour à tour émerveillé, comme envahi par un sentiment mystique et entier, puis peu à peu ébranlé jusqu'aux ravages perçus dans les moindres parcelles de ce qu'il est.

Le plus émouvant pour moi, est sans doute la capacité de cet homme à se remettre en question, à se sacrifier pour la femme qu'il aime. Le sacrifice vaut la définition de l'amour lorsqu'il est à ce
point si entier qu'il fait penser d'abord à l'autre avant soi-même.

Cet homme nous livre le plus intime de lui-même. Sa faiblesse, ses maladresses, sa fragilité et son intégrité en cela même. Je suis profondément respectueuse de ce cadeau parce que peu osent avec
autant de franchise et de recherche d'authenticité, montrer à cru ce qu'ils sont, sans se défiler derrière un voile faussement protecteur.
Je n'ai trouvé aucune indécence, aucun faux-semblant, aucune hypocrisie de l'Etre. Il s'agit à mon sens d'un cadeau similaire à celui d'avancer dans la lumière, tel que l'on est fait, et de pivoter
lentement sans un mot, en se montrant ainsi et pas autrement, sans masque ni fards d'aucune sorte. Il faut un sacré courage pour faire cela, d'autant que le regard des autres est plus souvent juge
que témoin.

D'une force inouïe, ce livre doit à mon sens être lu lentement, relu même. Chaque phrase, chaque mot contiennent une force et un sens bien définis. Rien n'est inutile, tout jaillit dans une
puissance telle qu'on ne peut pas ne pas la voir.
J'ai pour habitude de souligner ou encadrer les passages qui m'interpellent le plus. Cette fois, la tâche est ardue.

La première partie relate l'évolution de leur relation, houleuse, puissante tant dans le meilleur que dans le pire. Mais plus que cela, j'y ai déchiffré la naissance d'un homme, son éveil absolu,
sa découverte de la Femme et cette capacité d'apprendre l'amour autrement que dans la banalité et les habitudes assassines. Cette naissance profondément émouvante me fait presque regretter que tous
les hommes ne la connaissent pas, l'écartent par ignorance ou indifférence ou je ne sais quelle raison. Je me suis dit qu'il fallait sans doute passer par ce ras de marée pour comprendre et ne plus
jamais passer à côté de l'essentiel, savoir le reconnaître. Pour grandir, en somme.

Le résumé de la description de cet homme pourrait être celui-là
Citation:
"Il n'était pas beau, mais il aimait par dessus tout la sincérité"

De toute évidence, c'est ainsi que j'ai abordé ce livre, depuis le premier mot jusqu'au dernier, et au-delà.

Citation:
"Il avait compris que le meilleur moyen de la perdre était de vouloir la garder"

J'ai choisi cette phrase pour démontrer la lucidité de cet homme. La preuve de son cheminement de pensée, sans concession, sans fuite ni désertion devant la réalité. Une telle clairvoyance me
sidère. C'est remarquable. Il atteint la vérité, plus que cela, il l'accepte, plus que cela il la comprend et la fait sienne, et la fait nôtre. Le secret de l'amour réuni dans cette phrase. La
définition même de l'amour pour l'autre et non pas pour soi, jusqu'au renoncement.


La deuxième partie, composée de poésies dédiées à tout ce temps d'éblouissance et de ténèbres, malgré la différence de forme conserve la force du fond. L'utilisation de mots parfaitement choisis
nécessite la même attention pour ne pas perdre une once de la sincérité qui s'en dégage. D'une finesse et d'une délicatesse à vriller le coeur.

Citation:
ECLAIR

Lever les yeux
Voir l'oiseau de feu
Et aussitôt
Interdit
Replonger dans aujourd'hui


La troisième partie est un journal intime, avec ce que cela implique comme aveux. La partie la plus solitaire, ce désert dans la douleur et le passage en boucle des incompréhensions comme pour en
faire surgir la lumière qui ne vient pas, qui ne viendra jamais. La volonté de se relever, malgré l'obsession lancinante, les médicaments pour tenir. On a envie d'aimer cet homme et de le faire
encore renaître pour qu'il comprenne que la vie ne s'arrête pas là. Un gouffre insondable dans la détresse humaine.

Citation:
En moi la fracture est définitive ; l'esprit a un moment failli franchir ses limites. Restent la vie insipide, l'attente incrédule et vaine d'une autre qui pourrait prendre ta place : quel gageure
!
.../...
Un amour fou, absolu, met très longtemps à mourir, il faut lui maintenir longuement la tête sous l'eau.


Une écriture belle et douloureuse, les mots de la vérité telle que prise de plein fouet en chaque seconde. - Romane.


Christine 24/06/2010 07:43


La recherche de l'esthétique... Voilà ce qui caractérise l'écriture de Claude... le mot juste, la perfection de l'ensemble... Je trépigne... J'attends le livre...