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Le blog Aloys

Mais qui est l'auteur de cette nouvelle ?

20 Mai 2013 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #auteur mystère

 

 

point d'interrogation

 

Le manoir sur la falaise

 

 

 

 

 

C’est une inoubliable journée d’automne qui s’achève ; l’une de celles qui restent à jamais inscrites dans la mémoire et dont on aime se souvenir quand le cœur n’est plus habité que par une indicible tristesse.

 

Au pied de la falaise, inlassablement, les vagues viennent se déchirer sur les arêtes tranchantes des rochers. De leurs blessures jaillissent des gerbes d’écume - dérisoires linceuls - et leurs cris d’agonie se mêlent aux clameurs des mouettes.

 

Le chemin que j’ai gravi depuis la plage jusqu’au sommet de l’escarpement se sépare en deux sentiers étroits : l’un longe la côte et se perd dans la brume naissante, l’autre, sinueux, s’enfonce dans la lande déserte. Je décide de suivre celui-ci. Çà et là, quelques arbres et des touffes de bruyère rompent la monotonie du paysage.

 

Le soleil, parti à la rencontre de l’horizon, allume de ses derniers feux les feuilles aux tons flamboyants. Tourbillonnant dans le vent du large, elles semblent vouloir offrir à d’invisibles spectateurs un ultime moment de grâce avant d’aller mourir sur le sol.

 

Le temps s’écoule sans que je m’inquiète de donner une quelconque destination à cette escapade qu’il me plairait de prolonger à l’infini.

 

Soudain, au sommet d’une colline, la sombre silhouette d’un manoir se dresse dans la lueur incertaine du crépuscule. Par une fenêtre entrouverte, s’échappent les notes mélancoliques d’une chanson lointaine. Des marches mènent à une terrasse. Je les gravis sans hâte afin de prolonger ce sentiment d’exaltation qui s’est emparé de moi. Je ne peux résister à l’envie de savoir qui habite cette demeure surgie de nulle part. Comme je pénètre dans la pièce, la musique qui m’avait attiré en ces lieux

cesse d’un coup. Seul le crépitement des bûches qui se consument dans la cheminée vient rompre le silence pesant qui s’est installé.

 

Au-dehors, le galop d’un cheval se fait entendre. A mesure que le bruit s’amplifie, l’allure de l’animal faiblit. Je jette un regard à travers la vitre : un magnifique pur-sang à la robe ébène approche puis s’arrête près d’un vieux chêne au tronc noueux. Le cavalier, une jeune femme dont les cheveux courts et les yeux sont de la même couleur que sa monture, en descend. Son allure garçonne, démentie par la finesse de son visage et les courbes harmonieuses de son corps, lui confère une beauté farouche qui me trouble plus que de raison. Elle monte l’escalier de pierre que j’ai emprunté précédemment. Quand elle s’aperçoit de ma présence, un éclair d’intense émotion traverse son regard et un sourire se dessine sur ses lèvres. Elle prend ma main et m’entraîne derrière elle dans un labyrinthe de couloirs. Enfin, nous arrivons dans une cour intérieure où résonne le doux murmure d’une fontaine. Ma mystérieuse inconnue s’y adosse. Deux ou trois gouttes d’eau l’éclaboussent et coulent sur sa joue ; je les essuie du bout des doigts puis je passe les bras autour de sa taille et l’attire à moi. Je ferme les yeux et ressens alors une étrange impression de déjà-vu qui s’accentue jusqu’au malaise.

 

Lorsque je les ouvre de nouveau, je suis seul. Tout autour, la lande s’étend à perte de vue. Là où le soleil s’est couché, quelques voiles de nuages rose pâle agrémentent encore le ciel que la nuit toute proche commence à assombrir. Sur la droite, je distingue confusément le bord de la falaise et, au delà, le vide ; l’impossible espoir qu’un jour, peut-être, la réalité rejoindra le rêve m’empêche de parcourir la dizaine de mètres qui m’en sépare. Au loin, assourdi par le fracas du ressac, je crois entendre l’écho d’un cheval lancé au galop...

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bob boutique 22/05/2013 07:38


Un homme qui sait écrire... un grand romantique à l'allemande... donc pas moi.


 

Jean-Michel Bernos 21/05/2013 22:05


Ah non, ce n'est pas moi, je vous promet ! mais si c'est un homme, chapeau pour la sensibilité de l'écriture !

Philippe D 21/05/2013 21:42


Comme d'habitude, je ne me hasarde pas à donner un nom. Je suis nul à ce jeu et puis je ne connais pas tout le monde.


 

Pâques 21/05/2013 19:39


Je pense à Jean-Michel Bernos ...

christine 21/05/2013 18:20


Allez, pour une fois, je suis sympa... C'est un homme !!!!

Jean-Michel Bernos 21/05/2013 18:11


Finalement les deux noms que j'avais ne tiennent pas le test du style... du coup, soit on nous balade avec de l'originalité (ce qui est finalement une bonne chose), soit, je ne suis pas encore
assez perspicace... compte tenu de la connaissance réduite que j'ai des auteurs CDL !


Donc, bien, vu, à demain !

christine 21/05/2013 18:04


Alors, Jean-Michel, une idée, en fin de compte ? 


Pour tous ceux qui n'ont pas trouvé, réponse demain !!! Ben oui, c'est bien d'attendre un peu, non ???

Jean-Michel Bernos 21/05/2013 11:35


Je pense que c'est une femme, mais j'hésite entre deux noms...


Je relis !

Claude Colson 21/05/2013 09:07


Un(e) post-romantique en tout cas ; serait-ce moi et que je l'aurais oublié ?

Nicole Marbaise 21/05/2013 09:02


Très poétique. 

Edmée De Xhavée 21/05/2013 08:30


En tout cas, c'est un homme qui est sensible aux charmes de Criquet,ha ha ha !


Philippe Desterbecq? J'aime ce style en tout cas.

christine 21/05/2013 07:54


Tu es sûre que c'est pas toi ????? 


Christian Eychloma, alors ????? Ah... 

Carine-Laure Desguin 21/05/2013 07:42


Tout bien réfléchi c'est pas moi non plus. Par contre, je penserais à Christian Eychloma. 

christine 21/05/2013 07:32


Ben, c'est pas moi, c'est déjà ça !

Carine-Laure Desguin 21/05/2013 07:29


Qui ? Qui a écrit ce très beau texte, si bien stylé? Je réfléchis car franchement heuuuuu...