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Le blog Aloys

Mais qui a écrit ce texte ????? (2eme partie)

19 Février 2014 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #auteur mystère

 

 

point d'interrogation

 

 

 

***

Il était sept heures passées de cinq minutes quand Arnie Miller ouvrit le volet métallique qui condamnait pour la nuit l’entrée de sa boutique.

Son caractère s’était à peine radouci car la nuit ne lui avait pas porté conseil. Sa double rebuffade lui avait véritablement porté sur les nerfs. Pourtant, alors qu’il ouvrait le rideau de fer de sa boutique, le libraire tentait de relativiser. Après tout, il s’était fait remettre à sa place par un vieux solitaire un peu grincheux et un gamin taré. Il n’avait pas à s’en faire. Il n’était pas mis en cause. D’ailleurs, pour quelle raison ces refus lui tenaient-ils tellement à cœur ?

-                     Tu te retournes pas, OK ?

Arnie eut un hoquet de surprise. La voix assurée, quoique juvénile, avait éclaté à quelques centimètres de son oreille. Il ne voyait pas son agresseur, il ne sentait que l’odeur du cuir qui émanait de sa veste et son haleine de Red Bull.

-                     Ne fais pas de conneries, p’tit ! Tu veux quoi ?

-                     M’appelle pas « p’tit », vieux con !

-                     Tu veux quoi ? La caisse ? Je commence ma journée, il n’y a rien dedans, tu sais. En tous cas, pas grand-chose…

Il y eut un long silence à l’arrière. Le gamin avait l’air de mesurer l’étendue de sa bêtise. Quant au libraire, il se demandait s’il n’avait pas donné un tuyau à ce garçon. Il devrait se montrer prudent ce soir. Peut-être devrait-il investir dans un spray de défense en plus de la barre à mine placée en-dessous du comptoir.

Il n’y avait pas un chat dans la rue. Il n’y avait jamais personne quand un vieux type ou une fille se faisait agresser. Ses collègues des autres boutiques avaient tous été au moins une fois braqués, mais le vieil Arnie se vantait la semaine dernière encore de ne pas encore avoir fait les frais de la petite criminalité. Sans doute sa boutique faisait-elle plus pitié qu’envie, un constat qui le rassurait, mais ne l’enchantait guère. Aujourd’hui, il pouvait se rassurer. Ce constat, amer, était loin de le porter aux nues.

L’odeur de Red Bull se fit plus forte quand le gamin approcha ses lèvres de l’oreille velue du commerçant. Il sentit la pointe d’une lame presser le bas de son dos.

-                     Tu me files ton ‘larfeuille’ alors.

Arnie sentit des doigts s’introduire dans la poche de son pantalon de velours côtelé, puis en ressortir aussitôt pour se faufiler dans celle de son veston. Ils en ressortirent cette fois avec le butin. Il n’essaya pas de se défendre. Outre le fait que son agresseur avait la force et la jeunesse pour lui, il savait que son cuir élimé n’abritait qu’un peu de mitraille et quelques billets pour démarrer sa caisse. Il entendit le gamin farfouiller dans son bien et le bruit caractéristique des coupures qu’on fourre sans ménagement dans la poche d’un pantalon.

« Pourquoi t’as pas gratté ton billet ?

-                     Hein ?

Le jeune type soupira et lui donna une petite bourrade dans le dos.

-                     Ton billet à gratter, putain ! Tu le gardes sur toi parce que c’est joli ?

Le fameux billet doublement refusé oublié par le client d’hier matin. La veille, sans réfléchir, Arnie l’avait plié en deux et glissé dans son portefeuille fatigué. Il ne savait pas ce qui l’avait poussé à faire ça, mais il ne trouvait pas honnête de le remettre dans le présentoir avec ceux qui n’avaient pas encore trouvé acquéreur.

Il s’éclaircit la gorge avant de proposer :

-                     Prends-le si tu veux.

-                     Je veux, ouais, grogna le braqueur.

Le libraire laissa le gamin gratter la couche protectrice du billet, résigné.

-                     BORDEL !

Le commerçant se retourna à demi.

-                     Quoi ? Quoi ?

N’obtenant aucune réponse, il poursuivit sa rotation. Il se retrouva bientôt face à un adolescent – seize ans, peut-être – portant un blouson en cuir brun fermé jusqu’au cou, jeans troué aux genoux et casquette enfoncée jusqu’aux oreilles. Une moustache – de celles qu’on peine à laisser pousser entre les boutons d’acné – garnissait le dessus de sa lèvre supérieure. Le gamin louchait sur le billet qu’il tenait fermement à deux mains. Arnie remarqua que le cran d’arrêt gisait sur le sol. Le gamin ne paraissait pas s’en soucier.

-                     Quoi ? redemanda le vieux monsieur en arrachant le billet des mains de son vis-à-vis. Qu’est-ce que tu v…

Il n’acheva pas sa question. Devant ses yeux écarquillés s’étalaient plus de zéros que le commerçant n’avait jamais vus de toute sa vie.

-                     Holly shit !   

-                     Putain, ouais ! répliqua le petit loubard qui retira sa casquette pour s’éponger le front de sa manche.

Ils restèrent muets un instant avant de se regarder au même moment. Arnie vit dans les yeux du gamin une franche résolution qui l’effraya. Il n’avait pas le choix, il devait jouer le tout pour le tout.

-                     Ecoute, fils, je sais à quoi tu penses. C’est de la folie et je vais t’expliquer pourquoi. Rentre un instant dans ma boutique s’il te plaît. Il fait froid ce matin…  

Le jeune homme ne voulait pas. Revenant peu à peu de sa surprise, il redevenait crâne et demandait à son aîné ce qui l’empêchait de le poinçonner pour lui piquer le billet. La face ridée d’Arnie Miller s’émailla d’un sourire.

« Tu n’y connais pas grand-chose à la vie, hein ? Fils, tu peux faire valider ton billet uniquement dans la librairie où tu l’as acheté… ça limite la fraude, tu comprends ? Si tu me tranches la gorge comme tu prévois de le faire, ma boutique sera fermée en attendant un repreneur. Ça peut prendre des mois, des années peut-être. En attendant, la somme aura été remise en jeu.

Le petit caïd hochait la tête, convaincu. Il venait de ramasser et de ranger son couteau dans la poche de son manteau de cuir et suivait docilement le vieux type dans sa librairie. Miller n’arrêtait pas de pérorer, ravi que son mensonge prenne, lui qui n’avait jamais été filou dans l’âme.

« Voilà ce que je te propose, poursuivit-il en refermant le volet derrière eux, je valide ton billet et on partage les gains. Bien sûr, tu es obligé de me faire confiance, mais je pense que je suis dans le même cas…  

Il s’approcha du comptoir et le contourna pour se retrouver de l’autre côté, près du tiroir-caisse encore vide dans lequel il faillit y déverser la mitraille et les coupures contenues dans son portefeuille. Il prit un air d’excuse et tendit la main en direction du garçon.

« Pourrais-tu me rendre l’argent, fils ? J’aimerais mon fond de caisse pour ouvrir la boutique.

-                     Heu… ouais, ouais, fit le jeune homme en retirant de sa poche revolver l’objet de son larcin.

-                     Allez, viens ! Approche, je ne vais pas te manger, ricana le vieil Arnie tandis que sa main agrippait sous le comptoir la barre à mine.

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Pâques 19/02/2014 21:40


Louis Delville??? Carine -Laure ...

christine 19/02/2014 10:59


Corrigé... 

Jean Destrée 19/02/2014 10:10


J'ignore quinest l'auteur.


 


Chez moi on dit: "J'ouvris" et non j'ouvra!


À part ce canular de conjugaison, j'ai aimé cetexte.


 


Félicitation!


 


 

christine 19/02/2014 07:55


plus très longtemps à attendre le nom de l'auteur... 

Carine-Laure Desguin 19/02/2014 07:39


A mon avis nous aurons une belle surprise en découvrant le nom de l'auteur de ce texte! Moi j'y perds mon latin, je n'ai aucune idée.