Le prince Clément, un conte pour enfant d'Adam Gray

Publié le par christine brunet /aloys

 

 PHOTO pour 4me de COUVERTURE (ADAM GRAY)

 

Le prince Clément

 

Il était une fois un jeune prince, fort charmant, aux grands yeux bleu-vert et aux courts cheveux bruns. Le prénom qu’on lui donnât quand il vint au monde, par un jour étonnamment radieux d’octobre, était Clément.

Des fées – car on croyait fermement aux fées, en ce royaume –, Clément avait reçu les cadeaux les plus beaux qu’une fée peut parfois offrir à un mortel à sa naissance : l’intelligence, la beauté… Par-dessus tout : une belle âme.

Même si le jeune homme, du haut de ses dix-sept ans, considérait avec le plus grand sérieux les affaires dues à son rang, il préférait mille fois, dès qu’il le pouvait, s’en aller partager le quotidien de son peuple. Tout le monde, des anciens aux plus jeunes, de la ville aux campagnes autour et jusque dans les forêts, adorait le prince Clément pour ses grandes qualités de cœur : il aidait les femmes à transporter les provisions, les hommes à couper le bois… Il jouait aussi avec leurs enfants.

Il lui eût même été possible, par un simple contact de la main, de soigner les animaux dont les blessures étaient sans gravité. Certains allaient encore plus loin, prétendant qu’il comprenait leur langage…

Et parce que sa gentillesse et sa générosité pleuvaient

sur tous les sujets du royaume, personne ne songeait à se disputer, et encore moins à se jalouser. Quand une querelle risquait d’éclater, les gens pensaient immédiatement : « Le prince Clément n’agirait pas comme ceci ! », « Le prince Clément ne dirait pas ces choses-là ! » Le prince Clément, on peut le dire, était un véritable saint. Aucun être humain, même le plus droit, n’était plus vertueux que lui.

Aujourd’hui, il allait fêter ses dix-huit printemps, et le mois d’octobre, comme chaque mois d’octobre depuis le jour de sa naissance, était magnifique. Béni par les fées…

Son père et sa mère, le roi Benjamin et la reine Milica, avaient organisé une cérémonie si grandiose qu’on s’en souviendrait encore… dans cent cinquante ans !

Des pâtissiers de grand renom avaient préparé des milliers de biscuits et des centaines de petits gâteaux tous plus appétissants les uns que les autres : à la violette, aux fruits rouges, aux trois chocolats… De la limonade était prévue pour les plus petits et du bon vin, cela va de soi, pour les adultes. Les musiciens les plus en vogue, et même de très habiles jongleurs avaient été conviés. Rien n’avait été laissé au hasard. L’évènement allait être, purement et simplement, inoubliable !

Mais, car il y a un « mais », le roi et la reine ne furent nullement surpris quand, dans la matinée, on trouva une lettre, écrite à l’encre bleue, pliée et mise là, en évidence, par Clément lui-même, sur le lit princier :

 

Mes chers parents, si jamais vous me cherchiez, je suis parti rendre visite à nos vieux amis à la sortie de la forêt.

Bien évidemment, je rentrerai avant la nuit. Parce que j’ai déjà plus que nécessaire, s’il vous plaît… veuillez faire distribuer mes cadeaux à nos sujets les plus démunis. J’en serais réellement très heureux.

 

Post-scriptum : Éclair est avec moi – inutile de vous inquiéter.

 

Ces vieux amis à la sortie de la forêt, c’était un couple de braves paysans dont le mari avait sauvé le prince, alors petit garçon, de l’attaque d’un loup malencontreusement séparé de sa meute. Même s’il ne se souvenait que très vaguement de cette mésaventure, Clément éprouvait pour l’homme et pour sa femme une infinie tendresse, et une éternelle gratitude.

Quand son père voulut les récompenser pour cet acte courageux, ils ne demandèrent rien. Aussi le roi leur offrit deux vaches, pour qu’ils aient toujours du bon lait frais, deux chevaux, pour les aider à labourer la terre, et six moutons, pour qu’ils aient toujours de la laine pour avoir bien chaud l’hiver.

Reconnaissant, le paysan apportait de beaux légumes à ses souverains dès qu’il le pouvait. Son épouse, elle, ne s’arrêtait plus de faire des tartes pour le prince.

Le roi, la reine et leur fils étaient bons, et leur peuple l’était tout autant…

L’harmonie régnait. Parfaite. Infaillible.

Midi arriva… Clément, sur son fier cheval aux poils noirs tout soyeux, vit enfin apparaître, au loin, la maison

de ceux qu’il considérait, quelque part, comme un oncle et une tante. La neige, à partir de là, recouvrait le reste de la forêt jusqu’au mas… et le champ des paysans derrière.

Il fronça les sourcils – Éclair et lui étaient partis avec un temps ensoleillé, pourtant…

Aucun oiseau ne chantait. Le silence régnait. Lourd. Absolu.

– Attention, Éclair, murmura le prince à sa monture en s’arrêtant dans la courette devant la maison.

La porte était entrouverte…

« Tout ceci est vraiment très bizarre » pensa Clément en mettant pied à terre, flattant le dessus de la tête de son cheval de façon rassurante.

Éclair hennit, donnant un coup de sabot sur le sol tout gelé.

Prudemment, le prince fit quelques pas. Arrivé devant la porte, il se retourna pour offrir un sourire à son fidèle compagnon. Avait-il peur ? Peut-être un peu, oui…

Sans dire un mot, il pénétra dans la maison, où flottait une bonne odeur de tarte sortie très récemment du four. Aussitôt, il se précipita dans la cuisine. La paysanne lui tournait le dos, immobile devant la table en bois massif. Poussant un soupir de soulagement, Clément s’approcha pour la serrer dans ses bras, mais c’est un corps sans vie, congelé, qu’il étreignît… « Quelle est cette diablerie ? » murmura-t-il. Et il se mit à pleurer.

La malheureuse paysanne, toujours si bonne avec lui, s’était endormie à tout jamais…

Clément ressortit de la maison, le cœur brisé. Il fit

signe à Éclair de ne surtout pas bouger et contourna le mas, remarqua plusieurs empreintes de pas dans la neige. Il les suivit jusqu’au champ. Au bout d’une soixantaine de mètres, il découvrit le corps congelé du paysan, une faucille à côté de lui, et du sang pourpre sur le blanc manteau…

– Éclair ! appela-t-il alors.

Le cheval ne tarda pas à faire son apparition !

– Mais que se passe-t-il, ici ? murmura le prince.

Éclair secoua la tête. Lui aussi ne comprenait pas…

Les empreintes et les gouttes de sang continuaient au-delà, dans la forêt qui se dressait, à nouveau, un peu plus loin. Mais le paysage, là, était calciné, parsemé de poupées de bois dont les bras et les doigts crochus s’élevaient vers un ciel gonflé de nuages.

Le jeune homme entendit des voix, grinçantes. Il se figea. Encore une fois, il demanda à son cheval de bien vouloir l’attendre ici sans bouger – il était vraiment très heureux de l’avoir ramassée, cette faucille ! –, puis, très lentement, il marcha en direction des exclamations.

Quatre silhouettes squelettiques ne tardèrent pas à se dessiner. Elles gesticulaient autour d’un bûcher improvisé qui commençait, d’ailleurs, à s’éteindre. À l’une d’elle, il manquait un bras, mais cela n’avait pas l’air de la gêner outre mesure…

Clément les avait déjà vues, ces créatures : au milieu des pages des livres de contes de son enfance. C’était des orques. Des orques à la peau brunâtre… « Les monstres existeraient donc ? » s’étonna-t-il, allongé, sur le ventre,

derrière un enchevêtrement de ronces assez dense pour le cacher.

Pendant ce temps, les quatre affreux suppliaient celui qu’ils appelaient « le Maître » de bien vouloir sortir de sa prison éternelle. L’un des orques, l’agitant comme une baguette de sorcier, serrait, dans sa main, une corne d’os. En réalité, c’était une dent de dragon, dont l’espèce, tout particulièrement belliqueuse, avait complètement disparu il y a des siècles de cela – ils s’étaient mangés entre eux, dit-on…

– Suis-je suffisamment entraîné pour me battre contre ces viles créatures ? murmura Clément.

– Patience… répondit une voix étrange et aiguë surgie de nulle part.

– Qui a dit ça ? s’écria alors le prince en se retournant sur le dos, prestement.

Une lueur verte, joliment fluorescente, s’approcha du visage de Clément en virevoltant. Quelque peu agacé que la luciole lui chatouillât le bout du nez avec ses va-et-vient incessants, il essaya de la chasser d’un revers de la main, mais la petite voix le réprimanda.

– Est-ce là une façon de traiter une fée, petit prince ?

– Une fée ?… Petit, moi ? réalisa subitement Clément, semblant protester.

– Ce n’était qu’une façon de parler, s’excusa la fée.

– Soit ! Passons. Mais je croyais que les fées devaient rester invisibles aux yeux des mortels, non ?

– Beaucoup de choses ont changé, aujourd’hui. Vous l’avez certainement remarqué…

– Évidemment, je l’ai remarqué, s’assombrit le prince. Et ces orques, là-bas, ils ont tué mes amis les plus chers.

– Ce n’était pas eux, garantit la fée.

– Vous y étiez ?

– J’y étais, oui.

– Quoi ? Vous y étiez et vous n’avez rien fait ? N’êtes-vous pas censée faire le bien ? Pourquoi n’avoir rien fait ?

– Parce qu’au moment où je suis arrivée sur les lieux, ils avaient trouvé la dent du dragon ! se défendit la petite créature magique.

– La dent du dragon ? Voilà autre chose !

– Sachez que le pouvoir d’une fée est impuissant face à celui d’un dragon, prince Clément ! Même si le dragon en question est raide mort.

– Je vois. Continuez…

– Les orques ont été envoyés pour récupérer cette dent, qui se trouvait enterrée dans le champ de ces paysans. Un blizzard surnaturel les accompagnait, provoqué par une force diabolique. Quand l’homme arriva, les orques étaient en train de déterrer la dent. Armé de sa faucille, le paysan trancha le bras de l’une des créatures, et elles prirent la fuite. L’homme voulut les poursuivre mais… le blizzard eut raison de lui.

– Et de sa femme… murmura Clément, s’efforçant de dissimuler sa tristesse. Autre chose ?

– Dans des mains maléfiques, une dent de dragon a le pouvoir de réveiller les forces les plus anciennes et les plus obscures…

– C’est donc ce qu’ils essaient de faire, s’inquiéta le

prince.

– Absolument. Ces imbéciles veulent libérer le faiseur de ténèbres.

– Le faiseur de ténèbres ? Mais ce démon n’est qu’une légende ! N’est-ce pas ?… hésita Clément.

– J’ai bien peur que non, mon prince. Ce démon était là bien avant les arbres et bien avant les forêts. Là bien avant les fleurs… Là bien avant les papillons !

– Mais que veut-il, aujourd’hui ?

– Vous posez réellement la question ? Il veut changer le jour en obscurité éternelle, voyons ! L’été en hiver ! La beauté en laideur !

– Et la gentillesse en méchanceté… conclut Clément, quelque peu dépité. Comment empêcher cela ?

– Lui seul détient la réponse à cette question, hélas. Là est tout le problème…

– Tout est perdu, alors ?

– Peut-être pas, réfléchit la fée. Peut-être pas…

Soudain, là où s’agitaient les orques, la terre se mit à trembler ! À trembler si puissamment que les quelques arbres encore dressés en furent déracinés, s’écroulant et disparaissant dans les entrailles goulues de la terre.

Le pied coincé dans une racine noueuse, l’orque dont le bras avait été tranché d’un coup de faucille fut avalé lui aussi ! Décidément, ce n’était pas son jour de chance !

Des nuages, jaillirent alors des éclairs, et, remontant à la surface, une ombre terrifiante apparut…

– Libre ! Enfin libre ! gronda le faiseur de ténèbres de sa voix rocailleuse.

– Nous sommes à ton service, ô Maître, assurèrent les orques.

– Imbéciles, persifla la créature. Je ne vous ai libérés que pour vous guider vers la dent du dragon qui me délivrerait moi-même ! Depuis des millénaires, je suis obligé de somnoler dans les entrailles putrides de ce monde abject ! Le temps de récupérer mes forces, et plus encore… Regardez… Regardez comment mon corps a évolué pour survivre dans cet enfer souterrain !

Le faiseur de ténèbres sortit alors de la brume dont il était nimbé, et les orques, et le prince, et la fée, purent découvrir l’apparence hideuse du monstre : mi-homme, mi-dragon. Tout son corps était recouvert d’écailles rougeâtres. Les ongles de ses mains et de ses pieds étaient crochus. Il avait une longue queue, qui fouettait le sol. Quant à sa tête, c’était bel et bien celle d’un dragon, avec des yeux et une langue de serpent, des dents pointues, et, au-dessus du crâne, plusieurs excroissances de couleur noire qui donnaient l’impression d’être des cornes. De l’endroit où ils étaient dissimulés, Clément et son amie magique ne pouvaient pas le voir mais le monstre avait aussi des ailes dans le dos, mais des ailes complètement atrophiées.

Un vulgaire pagne lui servait de vêtement.

– Mes pouvoirs… ils sont désormais immenses ! reprit le démon, quelque peu exalté.

– Rien ne peut donc vous détruire, ô Maître, gazouilla stupidement l’un de ses serviteurs.

Le traitant d’idiot, de misérable, d’inutile, le monstre

gifla l’orque. Infatué au plus haut point, il lui révéla son point faible, ne se doutant pas une seule seconde que le prince l’écoutait avec la plus grande attention…

– Tu veux savoir ce qui pourrait me détruire ? Je vais te le dire, stupide créature brunâtre ! Une seule chose le pourrait : le contact d’un être pur… Quelqu’un dont ni le cœur ni le corps ne seraient souillés. Connais-tu un tel être ? Moi, pas !

Et le faiseur de ténèbres éclata d’un rire diabolique, aussitôt imité par les orques, décidément aussi bêtes que leurs pieds.

– Avez-vous entendu ? demanda la fée à Clément.

En tournant la tête, ce dernier fut très agréablement surpris de voir que la petite « luciole » s’était changée en une belle jeune fille vêtue d’une robe courte faite de pétales de fleurs. Sa voix aussi avait changé – elle était à présent normale. Seuls ses yeux avaient toujours cet éclat étrange, et elle avait de très jolies ailes de libellule dans le dos.

– Prince Clément, avez-vous entendu ce que le faiseur de ténèbres a dit ? insista la fée.

– Oui, finit-il par répondre. Mais comment allons-nous trouver quelqu’un d’aussi innocent ?

La fée le considéra.

– Quoi ? Moi ? fit-il. Allons, ce n’est pas sérieux…

À quelques mètres derrière, Éclair, qui, semble-t-il, en avait eu assez de rester sagement dans son coin, hennit de telle façon que son hennissement ressemblait à un rire moqueur.

– Même votre monture pense que vous êtes un saint ! plaisanta la fée. Non… La seule chose qui pourrait…

– Quoi ? Parlez ! exigea Clément.

– Avez-vous déjà, vous savez…

Le prince rougit.

– Bien sûr que non, avoua-t-il tout penaud. Je ne serais jamais que l’homme d’une seule femme… fée… femme ! Oh ! Vous m’énervez, à la fin !

La fée sourit. Elle prit le visage du jeune homme entre ses mains et, sans hésiter, elle posa ses lèvres au goût sucré sur les siennes. Elle, avait les yeux fermés. Lui, grands ouverts ! Mais, même étonné, il était sur un petit nuage…

– Ça devrait aller, dit-elle.

– Allez ! Finissons-en, maintenant ! s’écria Clément en se remettant debout.

« Mon héros » s’extasia la fée en le regardant marcher en direction du monstre. Les orques, seuls, virent le prince s’approcher, l’air décidé et armé de sa faucille. Ils se mirent à gesticuler pour attirer l’attention de leur maître, mais, celui-ci, beaucoup trop occupé à s’écouter parler, les ignorait complètement.

– Hé ! fit alors Clément, qui attendait.

Surpris, le démon cessa son monologue et se retourna.

– Qui es-tu, toi ? Tu n’es pas un orque !

– Très brillante analyse, dit Clément sur un ton de défi, pointant courageusement sa faucille. Je suis le prince de ce royaume. Clément est mon prénom. Retenez-le bien ! Vos maléfices ont provoqué la mort de mes amis et…

– Tu m’ennuies ! l’interrompit le faiseur de ténèbres. Et je n’ai pas de temps à perdre… Si cela peut étancher ta soif de vengeance, prends donc la vie de ces orques ! Ils ne sont rien !

– Vous n’avez donc aucune pitié ? Pas même pour vos propres créatures ? déplora Clément.

Le peu d’intelligence que possédaient les orques les incita à détaler sans demander leur reste ! L’un d’eux cria même très fort, tout en brandissant son poing : « Mort au démon !!! Mort au démon !!! »

– Des poltrons et des traîtres, dit le faiseur de ténèbres. Maintenant, prince Jean…

– Clément ! rectifia le prince.

– Peu importe… répondit son adversaire avec dédain. Prête-moi serment d’allégeance ou… péris.

– Devenir votre serviteur ? Vous rêvez !… Le manque d’oxygène, sous la terre, a dû gravement endommager votre cerveau, j’imagine ! Nous allons nous battre, vous et moi ! Comme des hommes ! Regardez-moi… je dépose mon arme !

– Tu veux te battre à mains nues contre moi, le faiseur de ténèbres !?! Misérable insecte… Je vais t’écraser.

Aussitôt dit, aussitôt fait : le monstre attrapa le prince par le cou. D’une seule main griffue, il le souleva à plus de quarante centimètres au-dessus du sol ! Il souriait, très cruellement. Mais son odieux sourire se changea bientôt en grimace…

– L’innocence ? murmura-t-il. Non, c’est impossible… L’innocence n’existe plus… Tout le monde est égoïste…

Tout le monde ment… Tout le monde a déjà fait du mal ! Je ne peux pas disparaître à peine remonté à la surface, ce n’est pas juste ! Ce maudit garçon ne peut pas me vaincre !

Et le faiseur de ténèbres, qui commençait déjà à se décomposer, lâcha le jeune homme. Clément ramassa la dent de dragon laissée là par les orques et la planta dans le cœur du démon, qui se liquéfia instantanément, hurlant ses tout derniers : « Pour-quoi !?! Pour-quoi !?!!!!!!!!!!!!!!!!! »

La terre s’ouvrit pour avaler ce qu’il restait de lui, et la dent de dragon avec.

Peu à peu, le paysage affreusement calciné s’assainit, la neige disparut – car, souvenons-nous, il ne neigeait jamais, au mois d’octobre –, et la forêt, les campagnes et les champs redevinrent aussi beaux qu’ils l’étaient. Quant à ces imbéciles d’orques, mais on ne le découvrit que plus tard, une sorcière facétieuse, plutôt que de les éliminer, les métamorphosa en pies ! Et elles jacassaient, ces pies-là… Du soir au matin, se disputant sans cesse !

La fée accourut en direction du prince charmant pour l’embrasser. D’un vrai baiser d’amour. Éclair en resta… bouche bée !

– Vos ailes ont disparu, dit Clément. Et vos yeux… Ils brillent bien mais… ils ne brillent plus du tout de cet éclat surnaturel !

La fée se mit à rire.

– C’est parce que je suis devenue une vraie jeune fille.

– Mais comment est-ce possible ?

– Tout est possible quand on fait le bien. Voulez-vous m’épouser ?

Clément l’embrassa aussitôt, puis il murmura : « Oui, je le veux ».

– Je ne sais même pas quel est votre prénom, réalisa-t-il soudain.

– Ivy, murmura la fée à son oreille.

Sur le chemin qui les raccompagnait au château, le prince fut transporté de bonheur de voir ses amis toujours vivants, comme si rien de mal ne s’était passé. Avec la disparition du faiseur de ténèbres, tout était rentré dans l’ordre.

La vieille paysanne envoya un baiser à son prince, qui lui cria qu’il allait se marier, avec une fée, et qu’ils étaient, bien évidemment, invités. La femme et son mari sourirent, et des larmes de joie coulèrent sur leurs joues.

Quelques jours plus tard, le roi Benjamin et la reine Milica donnèrent une grande fête pour le mariage de leur fils. Mais Clément et Ivy, et Éclair, s’éclipsèrent vite, pour aller savourer une délicieuse tarte aux pommes chez les vieux paysans. Et ils en savourèrent longtemps, des petits bonheurs analogues… se moquant des richesses, se moquant éperdument des avantages du pouvoir.

Clément et Ivy vécurent heureux. Ils eurent beaucoup d’enfants, bons et généreux, à l’image de leurs parents.

Éclair, lui, se trouva une jolie fiancée – une jument gracieuse à la belle robe blanche. Eux aussi, ils vécurent heureux, et ils eurent… beaucoup de beaux petits poulains.

L’harmonie régna. Parfaite. Infaillible.

 

Éternelle…

La nouvelle Le prince Clément est extraite de :

 

Héroïques Fantaisies

 

Recueil de contes pour enfants en cours d’écriture.

 

Adam Gray

adam-gray.skyrock.com


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Publié dans Nouvelle

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Commenter cet article

Adam Gray 29/01/2012 12:35


Merci beaucoup Marcelle, et Alain. Je suis très touché de vos commentaires...

Alain Delestienne 27/01/2012 12:13


Félicitations, Adam ! Vous êtes aussi talentueux dans le conte pour enfants (pour tous les âges) que dans le récit d'horreur pour adultes. Ce conte mériterait d'être lu, analysé, décortiqué et
surtout apprécié dans les écoles.

Pâques 26/01/2012 21:21


Bravo Adam!


J'adore ce conte, j'aime les contes ( c'est mon coté fée clochete).:-)


Il est très réussi, je vais le lire à mes petits.

christine 26/01/2012 14:30


Carine-Laure a une boule de cristal particulièrement efficace, hein, Carine-Laure !

Adam Gray 26/01/2012 12:30


Mais comment m'avais-tu reconnu, Carine-Laure, avec les horreurs que j'écris d'habitude !!!  Bon, tant pis pour le "concours", mais bravo si tu m'avais reconnu ! Bisous.

carine-LAure Desguin 26/01/2012 12:26


Oh oh ! Je me lève exprès à cinq heures du mat pour relayer les infos et voilà qu'on me bousille mes élans


Et pour une fois que j'avais la réponse ! Hi hi hi !

Adam Gray 26/01/2012 09:41


Bonjour


C'est pas grave, Christine... Il y aura d'autres occasions dans le futur ! Et puis, merci à toi, Edmée, et Micheline, pour ces très jolis commentaires.
Au-delà de mes "délires" sanglants dans mes précédentes nouvelles, avec un petit détour dans le romantisme avec "L'amour au-delà", il me tenait à coeur de voir si je saurais écrire un conte pour
enfants, où, en effet, comme dans tous les Disney d'ailleurs, les adultes y verraient des allusions, des références etc.

Merci encore beaucoup, j'avais un peu peur d'échouer...


Enfin, j'avais promis, il y a quelques années, à un jeune ami qui me soutient dans mes projets, par Internet, depuis bien 5 ou 6 ans, qu'un jour, pour le
remercier de sa fidélité, je donnerai son prénom à une nouvelle. J'ai saisi, là, l'occasion de tenir ma promesse. Enfin... J'essaie de toujours les tenir...


Très belle journée à tous les lecteurs et lectrices d'aloys.me

Micheline Boland 26/01/2012 09:03


Très, très joli conte ! Super écriture ! Bravo Adam.

Edmée De Xhavée 26/01/2012 08:19


Ah! Voilà pourquoi le lien ne marchait pas sur le mur de Carine-Laure ... Un bien beau conte, plein de péripéties et
fantaisie...

christine 26/01/2012 06:43


Il était une fois un bug... Désolée, Adam, mais le jeu est tombé à l'eau... fausse manip... Je sens Bob qui rigole ! 


Du coup, Carine-Laure, j'ai dû supprimer ton post. Pfff !


Au delà de cela, Adam, je trouve ta nouvelle facette vraiment très réussie : dès qu'on me met un conte entre les mains, je fonds... Ton texte est, en plus, très amusant, rempli de clins d'oeil
destinés plus aux adultes. BRAVO !