L'invité d'Aloys est Eric Allard

Publié le par christine brunet /aloys

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l’orage l’au revoir

 

I

donner de la voix du verbe

au nom des choses tues

 

sans mots aller à la mer

délivrer l’onde des vagues

 

où ce corps dans mes mains

prit la forme d’une plage

 

 

II

l’orage les limites abolies

du temps et de la pluie

 

puisqu’au ciel s’efface l’ondée

toute trace d’éclaircie

 

il faudra revenir à la place

que j’occupais dans les rêves

 

 

III

sans mouvement seule

l’ombre se défait de la lumière

 

l’été continue de brûler

dans l’âtre de l’hiver

 

des mots marchent sur les peaux

ceux que tu as laissés mourir

 

 

IV

bref orage suivi de riens

passé recouvert de bleus

 

cheveux pris à la gorge

cou rare pour les caresses

 

qui l’une l’autre se calment

s’ensuivent sans suite

 

 

V

tous les noms donnés

pour inventer une langue

 

s’éloignent des lèvres en pensée

pendant qu’on pèse une étoile

 

sans un regard se souviennent

de ce qu’étaient des yeux 

 

 

VI

dans l’eau salée à souhait

plonger les moments perdus

 

de l’être ne faire qu’une bouchée

un avalement lent

 

retenir au bout des doigts

quelques pincées de ciel

 

 

VII

sans bruit se frotter au silence

pardonner au tonnerre

 

au poids lourd du temps

qui renverse les espaces

 

tomber en vérité

dans un monde sans dimension

 

 

VIII
d’herbes rouges en feuilles folles

parcourir le spectre des prairies

 

le corps embourbé sale 

dans la bouche de la terre

 

verser des seaux d’orage

de minuscules poignées d’avoir

 

IX

semer jusqu’à obtenir

une terre riche de paroles              

 

puis parler droit

à l’étroit dans les mots

 

pour le reste à dire

attendre un autre langage   

 

 

X

sans nerfs rouler

ses os jusqu’à l’air libre

 

quelques mots plus loin

crier son amour

 

comme si de son corps

on avait perdu les clés

 

 

XI

produire des voix d’enfant

dans des gorges de papillon

 

sous les ailes du cri

poser une bombe

 

dans les fleurs éparses

recomposer un chemin   

 

 

XII

à voix très basse

changer de saison

 

entre les yeux du temps

pousser sa mémoire

 

quitte à revivre

la nuit de sa naissance

 

 

Eric Allard

Publié dans l'invité d'Aloys

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Commenter cet article

Gucciardo Salvatore 24/01/2012 22:04


Je vous félicite de mettre en valeur le talentueux poète Eric Allard.


C'est un poète à découvrir!


 


Bien à vous.


Salvatore Gucciardo


 

Edouard 17/01/2012 15:12


Ce poème est d'une rare beauté ! Je t'en félicite, l'artiste !

Éric 16/01/2012 22:13


Bien qu'on se connaisse et se lise depuis... (calcule, c'est toi le matheux !), tu continues à m'étonner, Éric.

éric 16/01/2012 21:40


C'est trop gentil. Merci à Christine Brunet, et à Carine-Laure. Ainsi qu'à Marcelle, Micheline, Philippe pour leur commentaire.

Philippe D 16/01/2012 19:44


Comme tout ça est joliment dit!

carine-LAure Desguin 16/01/2012 18:02


Cet Eric, c'est quelqu'un !

Pâques 16/01/2012 15:09


- l'été continue de brûler dans l'âtre de l'hiver- les mots dansent et les images aussi ...


Tout est permis !


Bravo Eric !


Je suis aussi une habituée de son blog :-)

Micheline Boland 16/01/2012 14:53


J'aime beaucoup les images et vous invite à aller lire le blog de cet auteur ( blog intitulé : "les belles phrases")