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Le blog Aloys

Hugues Draye : Moins quatre, sûr'ment...

20 Février 2011 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Textes

H.draye

  
Moins quatre, sûr'ment.
 
Ceux qui s'occupent du chauffage adéquat, dans les trains, ont, paraît-il, tout au plus, trois types de fringues pour l'année. Leurs vêt'ments d'hiver, c'est encore à leurs charges, à leurs frais.
 
Les livreurs de mazout bénéficient de la saison.
 
Et ...
 
Je n'ai toujours pas écrit à Karine ... comme je me l'étais promis.
 
C'était son anniversaire, sam'di dernier. Le "27 novembre", je ne peux mal de l'oublier, de passer au dessus ... pas plus que l'an dernier.
 
J'avais décidé, pour la circonstance, du type de papier en couleurs que j'utilis'rais. Du type de marqueur noir (et fin), aussi.
 
Et du texte que je réécrirais, sur la seconde feuille.
Un texte qui est dev'nu une chanson, d'ailleurs ...
 
"Elle est à toi, cette église en déroute
Ils sont à toi, ces gosses qui s'y battent
Ils sont à toi, ces travaux sur la route
Il est à toi, ce portail sur la droite ..."
 
"Il est à toi, ce coq sur le clocher
Il est à toi, Saint-Antoine dans le coin
Elles sont à toi, ces images sculptées
Elle est à toi, la crypte un peu plus loin ..."
 
"Elle est à toi, cette église en octobre
Elle est à toi, cette chambre à côté
Ils sont à toi, ces fabuleux désordres
Il est à toi, cet abribus tout près ..."
 
Dès le lundi précédant le fameux, le fabuleux sam'di ...
Mon plan d'écriture, mon plan ... d'amour était clair, dans ma tête.
 
En attendant ...
 
Je pouvais largement attendre jusque jeudi, pour mettre mon plan en action.
Je pouvais utiliser les jours précédents pour mettre de l'argent de côté, me démerder avec mes économies. Logique : on était en fin d'mois.
 
Et "jeudi" est arrivé.
 
J'ai terminé, ce jour-là, mon boulot à ... quatre heures et d'mie. Le temps de rentrer, de prendre un bain et de ne pas négliger non plus mon intention d'aller jouer dans l'métro, entre 18 et 20 heures. Non, le temps ne "s'élasticifie" pas !
 
Dix-sept heures trente.
 
Après avoir, quand même, géré "bien" mes états d'fatigue, le temps du bain et le reste ...
 
Je me retrouve sur la PLace Saint-Pierre. J'attends le tram.
Sans oublier, sans perdre de vue ...
La "belle lettre" que j'ai prévu d'envoyer (on est sentimental ou on ne l'est pas).
 
Il me faut encore ... des timbres.
Il me faut encore ... l'env'loppe A4.
Il me faut encore ... ach'ter le marqueur noir (fin).
Il me faut encore ... ach'ter les deux feuilles en couleur.
 
Concrèt'ment :
Ca va : y a une papet'rie dans une rue voisine.
Ca va : à la librairie, sur la place, on vend sûr'ment des timbres.
 
Mais ...
Je suis fatigué, harrassé. Traverser la place pour aller jusqu'à la papet'rie, ç'est trop. Mon sixième sens s'allume : le jeu en vaut-il la chandelle ?
 
Quant aux timbres ...
 
On les vend partout par dix (aux guichets, aux points "post"). Le timbre le moins cher ne revient pas à moins de 0, 60 euros (et quelques).
Je ne m'en tire donc pas à moins de 6 ou 7 euros.
 
Je me ravise. Et le tram va arriver.
 
6 ou 7 euros ... plus le prix du marqueur, celui de l'enveloppe, des feuilles !
Quelle prise de tête !
 
Dans ma poche, il me reste ... 10 euros.
Si je les garde ...
Je peux déjà me débrouiller avec eux, demain, rien que pour ... bouffer.
Et ...
Les 4, 5 euros (maximum) que je peux gagner, sur deux heures de manche, au métro, c'est du bonus.
 
Après tout ...
Je peux "GSMer" chez Karine sam'di.
Après tout ...
Non, je n'ai pas envie de "GSMer". Si je l'ai au bout du fil, je risque de rester sans voix, je risque d'espérer, d'attendre qu'elle me propose un rendez-vous fixe, un certain jour, à une certaine heure. Mais ... soyons réalistes : ça ne se pass'ra pas, elle n'est plus dans le même trip, trop d'éléments me le confirment, je ne suis pas con, et elle peut très bien (en toute "gentillesse", en toute "amitié"), me dire des mots, des choses que je n'ai pas envie d'entendre.
Après tout ...
Je peux lui envoyer un SMS, sam'di.
Après tout ...
Non, je renonce au SMS.
J'aurais trop mal si elle n'y répondait pas (ce qui est plus que probable).
Ou ...
J'aurais trop mal si elle me répondait par une formule polie, laconique, diplomatique, du style : "Merci beaucoup, Hugues, pour le SMS" ... sans plus. Elle qui, durant des mois, à une certaine époque, m'écrivait des lettres de vingt-cinq pages, n'attendait jamais plus de cinq minutes pour répondre à mes appels. Non, le contraste est (encore) trop fort.
Après tout ...
Je peux lui écrire la s'maine prochaine ..
 
En attendant ...
 
Des jours ont passé ... avec leur flot de bonnes nouvelles.
 
J'écrirai peut-être demain. Ou ... après-demain. Ou ... la s'maine prochaine. Ou ... jamais.
 
Le deuil opère-t-il ? L'avarice est-elle bonne conseillère ?
 
Mon coeur, quant à lui, garde sa part de fidélité. Et j'en suis fier.

Hugues Draye
huguesdraye.over-blog.com
 
 

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carine-LAure Desguin 20/02/2011 13:54



Ah, Hugues, Hugues, Hugues ....



christine 20/02/2011 07:23



Alors, qu'en pensez-vous ? l'avarice est-elle bonne conseillère ? Un texte amusant !