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Le blog Aloys

Funestes jardins, une nouvelle retenue par le club de Liège Georges Simenon

11 Janvier 2014 , Rédigé par christine brunet /aloys

nov-2013-001.JPGUn livre bien broché, une présentation impeccable et à la page 135, je lis Carine-Laure Desguin, Funestes jardins! C'est le genre de chose qui vous remonte le moral et qui vous donne l'envie d'avancer! 

Le club de Liège Georges Simenon lance chaque année un concours de nouvelles afin de promouvoir la langue française dans toute la francophonie. 

Le thème de cette année? 

« Jardins divers »

Pas une seul hésitation, l'histoire s'est écrite en quelques soirées, j'avais vraiment enviedesguin de participer. Mon texte s'appelle Funestes jardins. 

Il est sélectionné, youpiiiie et ce matin, le recueil de nouvelles était entre mes mains. Parmi les textes sélectionnés, citons aussi celui de Josette Lambreth, Les rosiers de bonne-maman. 

Les autres textes sont tous très très bien...Laissez-vous tenter et voici les modalités afin de vous faire plaisir ou mieux encore offrir pour les fêtes un si joli jardin...

 

 

(Modalités: verser 15 euros sur le compte 001-6206990-36 du club Richelieu de Liège-Georges Simenon a.s.b.l., 4020 Liège)

*

 

Un avant-goût ???? Voici le début !!!

 

                                                           Funestes jardins

 

Il était vingt-deux heures trente précises, la sonnette de la lourde porte en fer forgé retentit, trois coups secs bien déterminés. Un bon présage pour mener cette affaire tambour battant.

Une vraie pro cette fille, se murmura l’hôte de la volumineuse maison de ville, en pivotant le poignet, histoire de jeter un œil sur sa Rolex toute neuve. Ce grand maigre aux traits exsangues d’humour et de toute autre émotion avait acheté cette merveille de luxure, on est méticuleux ou pas n’est-ce pas, en prévision de l’exactitude demandée par le timing serré de ces dernières vingt-quatre heures. Tout était initialement prémédité, minuté et jusqu’à présent, tout avait fonctionné comme sur des roulettes bien graissées. Ce n’était pas le moment de flancher alors que le dernier round se profilait…

En passant devant le haut miroir aux contours ondulés et agrémentés de feuilles d’or empilées comme les lamelles d’une lasagne mais sans la sauce tomatée, le coquin, un tant soit peu nébuleux quand même, se fixa droit dans les yeux, d’un air de dire « tu vois bien que toi aussi tu es capable de poursuivre la route que tu veux ». Fier de lui, aucun remords, aucun regret. Pas la moindre perle de sueur sur le front, rien. Il se redressa, caressa sa mèche de cheveux grisonnants, réajusta son nœud papillon gris moucheté de virgules vieux rose à la manière d’un chef d’orchestre juste avant de rentrer en scène, et frotta l’une après l’autre les manches de son costume griffé Yves Saint-Laurent, comme pour se dépoussiérer des reliquats de ses gestes précédents et pouvoir, en toute sérénité, continuer ses objectifs. En ligne droite. Une fidélité envers lui-même, en quelque sorte. Et aussi pour regonfler son égo  trop longtemps coincé dans le carcan d’une soi-disant bonne éducation.

Cette fierté qu’il arborait, de décider et d’acter seul toute une gestuelle ! Monsieur s’exprime, enfin !

— Entrez donc, chère demoiselle…

— Sunflower, monsieur, Sunflower…monsieur Jean-Yves… Delbienne… ?

— Jean-Yves de Labiesmelle, pour vous servir, lança-t-il en insistant sur le de, chère mademoiselle, entrez donc ! Que vois-je ? C’est un trolley que vous traînez derrière vous ! Pas de bagage avais-je insisté auprès de votre agent, pas de bagage !

La voix de l’hôte au corps allongé pareil à celui d’un trognon de pomme monta d’un ton comme s’il accusait le trolley de quelque usage maléfique.

— Et bien je m’excuse monsieur Delbienne mais…

— De Labiesmelle, de Labiesmelle, ne l’oubliez plus et puis, que les choses soient claires, on ne s’excuse pas soi-même, continua-t-il sur un ton professoral et aristocratique, mais montez donc l’escalier royal là, juste devant vous…Donnez-moi ce trolley que je le coince quelque part ! Je l’avais pourtant bien ordonné, pas d’ustensile, pas d’ustensile, ajouta-t-il en grimaçant. C’est que, chez les de Labiesmelle, on ne laissait rien au hasard. Une place pour chaque chose et chaque chose à sa place. Les larmes dans les yeux et le pognon dans le coffre-fort. Aucun débordement n’était autorisé exception faite …et bien tout bien réfléchi, aucune exception n’était à souligner, point. 

 

La suite ??? Dans Jardins divers !!!!

 

Plus d'infos sur le blog de Carine-Laure Desguin http://carinelauredesguin.over-blog.com

 

Spirales urbaines

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Philippe D 11/01/2014 20:57


Très envie de ce recueil de nouvelles mais, pour l'instant, je stoppe un peu les achats de bouquins. Je n'arrive pas à suivre...

Marie-Claire 11/01/2014 15:30


Voilà qui met l'eau à la bouche, Carine-Laure ! Tout est déjà là pour ne pas lâcher le lecteur : une vaie atmosphère et des personnages déjà très caractérisés. Que le vent les porte loin !

Jean Destrée 11/01/2014 10:02


Carine, ça commence bien. Sûrement une "funeste" suite. Avec un aussi funeste de Labiesmelle qui sent la Thudinie (pas funeste du tout!). Jean

Edmée De Xhavée 11/01/2014 08:38


Ah la la! Merveilleuse mise en bouche... on a tout à fait envie d'en savoir plus et on est surtout épatés de voir avec quel talent tu as écrit ceci, cette atmosphère très surranée et "chic"...
(qui cache on ne veut pas savoir quoi tout de suite!)

christine 11/01/2014 08:03


"
(En passant devant le haut miroir aux contours ondulés et agrémentés de feuilles d’or empilées comme les lamelles d’une lasagne mais sans la sauce tomatée, le coquin, un tant soit peu nébuleux
quand même (...)" : belles images ! On se sent plongé dans un univers légèrement désuet, un polar des années 50, succulent à souhait !

Carine-Laure Desguin 11/01/2014 07:44


Merci Jean-Louis Gilissen, mais mieux vaut ne pas y être ou alors, bien caché derrière un épais rideau ...

Jean-Louis Gillessen 11/01/2014 01:38


Quel avant-goût ! Il instille vraiment le désir de connaître la suite. L'écriture plonge parfaitement le lecteur dans le décor, comme si on y était ...