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Le blog Aloys

Claude E. : Pour moi, l'écriture, c'est un art de vivre.

1 Avril 2013 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #interview

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Une superbe couverture, vous ne trouvez pas ? Mais qui est Claude E. ?

Niçois à l'origine, je suis installé au Canada depuis une quarantaine d'années. J'enseigne le droit à la faculté de droit de l'Université d'Ottawa. Dans le cadre de mon travail, J'ai publié plusieurs livres de droit et une grand quantité d'articles à caractère juridique : v. Claude Emanuelli sur Google. Je suis marié et nous avons deux enfants;

J'écris depuis l'age de douze ans. À l'époque, j'ai été cloué au lit pendant plusieurs mois par une maladie. C'est à ce moment là que j'ai commencé à écrire ( un roman de science-fiction ). Depuis, je ne me suis jamais arrêté. J'ai surtout écrit des textes juridiques dans le cadre de mon travail mais aussi, à temps perdu, des poèmes, des pensées, un scénario de bande dessinée, des esquisses de romans entamés mais pas terminés, etc. Je viens d'achever sept nouvelles assez longues que j'aimerais faire publier sous forme de recueil.

L'élément déclencheur? Il y a cette maladie qui m'a immobilisé plusieurs mois quand j'avais douze ans. Il y a aussi Jacques Prévert. C'était mon parrain. Je l'ai bien connu dès mon plus jeune âge. Il m'a impressionné, m'a fait découvrir des livres ( pas seulement les siens ), m'a donné le goût de lire et d'écrire. Il était très impressionné lui-même quand en 1974, mon mémoire de maîtrise a été publié par Pédone.

 

Pour moi,l'écriture, c'est un art de vivre. Je ne passe pas une semaine sans écrire quelques pages ou sans peaufiner ce que j'ai déja écrit; j'ai besoin d'écrire;

 

Vous pourriez développer, s'il vous plaît ?

L'écriture pour moi c'est un art de vivre: j'ai un mode de vie, une façon de vivre quiCover-Claude2.jpg accordent une grande importance à l'écriture, aux projets qu'elle véhicule, aux joies qu'elle procure, etc. L'écriture fait partie de ma vie courante :  dans mon travail, bien sûr, mais aussi dans d'autres cadres; par exemple, pour bien résoudre un problème complexe, j'aime en coucher les données sur papier et à partir de là explorer une ou plusieurs solutions par écrit, les comparer, les travailler, lier certains de leurs éléments,en distinguer d'autres. Ça m'aide à réfléchir.

 

Votre style ?

Mon style a été modelé par mon travail de professeur. Dans ce cadre,il se doit d'être concis, clair et direct. Je pense que mes autres écrits reflètent aussi cette tendance. Cela dit, j'essaie toujours de construire de jolies phrases qui sonnent bien.

 Seriez-vous un auteur "tatillon" qui peaufine ses textes, sans cesse insatisfait ? êtes-vous resté dans le domaine de la SF ? Quel genre littéraire vous semble plus proche de vous ?

Je suis un auteur très tatillon, ce qui correspond à ma personnalité ( perfectionniste ). Je peaufine mes textes jusqu'à ce que j'en sois satisfait. C'est ce que je fais actuellement avec les nouvelles que j'ai terminées. Je tente d'obtenir un résultat qui du point de vue du fond comme du style tient la route. En général, j'obtiens, en fin de compte, quelque chose qui me convient. Les textes que j'écris aujourd'hui n'ont plus rien à voir avec la science-fiction. Ils concernent plutôt des histoires de moeurs, des drames qui révélent les faiblesses de l'être humain, ses travers, etc.

 

Facile ou compliqué d'être lu ?

Concours-Oratoire-Sapere-Aude--15-mars-2012--067-copie-1.jpgDans le cadre de mes cours, les étudiants n'ont pas toujours le choix; ils doivent lire certains de mes textes. Par ailleurs, mes écrits sont souvent cités par les tribunaux, y compris la Cour suprême du Canada, et dans les travaux de certains de mes collègues. Certains amis lisent volontiers les textes que j'écris dans des domaines non juridiques. Je n'ai pas de difficulté à me faire lire.

 

 On met peut-être moi de soi dans les textes juridiques, très encadrés, que dans des textes issus de son imaginaire ?

Naturellement, il m'est plus difficile d'être personnel  dans mes textes juridiques. Dans ceux-ci, j'essaie surtout d'être clair du point de vue du fond et de la forme, juste aussi. Cela dit, mes idées, mon style trahissent ma personnalité quand l'on cherche bien.

 

 Mettre un point final ? C'est plus facile si je suis satisfait de la conclusion, sinon je reviens sur mon texte aussi longtemps que nécessaire.

 

 Ce travail ne casse-t-il pas le côté spontané de l'écriture ?

Mon écriture est spontanée quand j'écris le premier jet. Ensuite, elle est travaillée. EnTranche-Claude-E.jpg fin de compte, le texte n'a plus grand chose de spontané mais il a d'autres qualités plus importantes à mes yeux.

Dans l'ensemble, ceux qui me lisent ne se plaignent pas. Mes étudiants, mes collègues, les juges qui me citent dans leurs jugements me trouvent généralement clair et semblent apprécier mon travail. Il en va de même des amis qui ont lu mes écrits à caractère non juridique.

J'aime travailler mes textes pour que l'histoire se tienne, que le texte soit bien bâti, que les phrases soit bien construites, que le style soit soigné. Pour moi, ce sont des qualités essentielles pour avoir un bon résultat.

Je me suis rendu compte au fil de votre interview que nombre de mes réponses sont influencées par le fait que l'écriture est pour moi, d'abord et avant tout, un outil de travail dans le cadre de ma profession. Çela a un impact sur l'importance que l'écriture a dans ma vie depuis bien longtemps, sur ma façon d'écrire, etc. 

 

D'où sortent vos personnages ? De la vie réelle ?

 Plusieurs personnages de mon livre m'ont été inspirés par des gens que j'ai connus çà et là. D'autres sont le fruit de mon imagination. Cela dit, celle-ci est nourrie par mon acquis, mon vécu, mon inconscient, mes fantasmes, mes frustrations, mes préjugés, etc. Après, ils leur arrivent souvent de s'imposer à moi, de se construire, de s'étoffer d'eux même au fil de l'histoire. Parfois aussi, je les façonne pour les faire correspondre au personnage que je veux décrire.


 Vous m'en dites plus au sujet de votre livre ?

  Malgré le titre du livre, l'histoire tourne autour de Constant, un professeur d'université dans la cinquantaine qui s'ennuie. Pour tromper cet ennui, il fréquente assidûment les bars de danseuses à Ottawa où il vit. Un jour sa femme le quitte, il apprend le décès tragique de son ami Serguei et il rencontre Caline, danseuse au Mirage. Il cherchera à attirer Caline dans ses filets, à élucider les circonstances mystérieuses dans lesquelles son ami est mort, mais ne tentera pas de ramener sa femme au bercail; trois choix qui lui coûteront cher. C'est un roman noir qui se situe dans le milieu des danseuses pour l'essentiel, d'où plusieurs scènes érotiques qui devraient plaire aux amateurs du genre.

 

L'auteur en a juste assez dit pour éveiller ma curirosité et me donner envie de lire son roman ! 

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

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Commenter cet article

Pâques 01/04/2013 19:27


Prévert comme parrain, quel bonheur !


Je comprends que l'écriture soit devenue un art de vivre ...


 

Carine-Laure Desguin 01/04/2013 08:16


Un témoignage très intéressant au sujet de l'écriture, l'origine de notre envie d'écrire et la place de nos mots dans notre quoitidien. 

christine 01/04/2013 07:24


Surberbe couverture et la 4e donne drôlement envie... 

Carine-Laure Desguin 28/01/2013 15:55


Ah ah, je vais réfléchir chère Edmée ...mais si je commence à écrire mes aventures calines, heuuuu, heuuuuu 

Edmée De Xhavée 28/01/2013 15:49


Et ce sont les aventure de Caline-Laure? Tu connais tout le monde, Caline!


Superbe couverture c'est vrai, et ma foi... le texte n'a pas l'air d'être en reste!

Carine-Laure Desguin 28/01/2013 15:44


Un auteur énigmatique et diable, quelle couverture pour ce livre!