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Le blog Aloys

CLAUDE COLSON parle de "Taches d'encre" de Martine Dillies-Snaet

31 Mai 2010 , Rédigé par aloys.over-blog.com Publié dans #Fiche de lecture

http://idata.over-blog.com/3/65/07/04/tete-Colson.JPG Taches d'encre a occupé une partie de mon retour en train de Bondues car je n'ai pu terminer qu'ultérieurement. On y rencontre une âme et rien n'indiffère. Pour quelques poèmes , j'ai dû les relire plusieurs fois : sens riche.

Je reviens aujourd’hui sur un aspect particulier de cet univers poétique : sa manière de mettre en scène l’homme et spécialement l’homme dans l’amour, cette tentative de Martine pour cerner l’éternel mystère de l’altérité.


D’abord elle note que l’homme devient homme par une femme (« Apaisement »), puis – avec justesse – que l’amour fou de l’homme engendre chez lui le désir d’enfant avec la femme aimée (« Bâtir une vie »). Elle croit par ailleurs déceler chez lui la profondeur du manque, qui n’a d’égale que le sien (« Etouffer »).
Tiens, les deux amants auraient-ils quelque chose en commun ? Petite victoire sur la condamnation à être deux, deux différents, comme nous le dit le mythe d’Aristophane.


Surtout, dans beaucoup de poèmes l’auteur insiste sur la quasi impossibilité pour l’homme de formuler l’amour (« Je n’avais pas oublié » « La cadence » « OGM d’ADN »…), l’homme, ce taiseux des sentiments dont on ne peut saisir (pour le comprendre ?) que quelques expressions : voir [ses] yeux [le] troubler

(« Oser »), [le] sentir vibrer » (« Pour toi »).

http://users.skynet.be/TheDillies/tache.jpg
Martine discerne, au-delà des mots ce que peut ressentir un homme qui jamais ne pourra posséder une femme totalement, cette difficulté à admettre l’altérité de l’autre (« Lettre au père…. »). La compréhension passe donc par le corps seul, quand [les] corps se mettent en prière » (« Pour toi »), quand les yeux [de l’homme] se noient dans la tempête de vaques de [l’] ivresse [d’elle] (« Tes yeux couleur émeraude »).
L’homme, fragile, avec sa nécessité du rêve, à vivre comme à donner à vivre « Tenue de lumière »).
L’homme enfin qui, lui, a toujours besoin d’être rassuré par des mots (« Je veux que vous m’écriviez »), toujours inquiet de savoir où elle est, qui elle voit (« Cette histoire-là »).

Beaucoup d’amour dans cet effort de compréhension de la part de l’auteur, beaucoup d’émotions passant dans cette langue. N’est-ce pas l’essence, le but de la poésie ?

Claude Colson


http://claude-colson.monsite.wanadoo.fr


 


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Christine Brunet 31/05/2010 19:05


J'attends le livre avec impatience... Bientôt, une autre fiche de lecture et, peut-être, une nouvelle approche du monde de Martine Dillies-Snaert.