Carine-Laure Desguin a lu "Beffrois, racines de pierre" de Martine Dillies-Snaet

Publié le par aloys.over-blog.com

desguinJ’ai lu et aimé    Beffrois, racines de pierres

                          Editions Chloé des lys

                          ISBN 978-2-87459-217-1  (2007)

                          94 pages

 

 

Commenter Beffrois, racines de pierres, de Martine Dillies- Snaet, n’est-ce pas, de ma part, un rien prétentieux ? Oserai-je, n’oserai-je pas ?

Ne pas commenter ces 94 pages, des pages grandes d’infini, humaines de sang, des pages sur lesquelles dégoulinent des sueurs, des larmes, des bruits de canon, des assauts de liberté, taire tout cela après l’avoir senti vivre en moi, ce serait petit, tellement petit.

 

Alors, pour me rassurer et me donner une claque, j’ai imaginé l’auteure. Photographiant ces montagnes de pierres que sont ces beffrois, lisant et relisant l’histoire de ces villes courageuses, se fondant dans les labeurs innommables de mille et mille journées de guerre, de béton, de froid, Martine Dillies-Snaet , dans son parcours initiatique, a ressenti tout cela, c’est à n’en pas douter.

 

De chaque beffroi jaillit l’histoire d’une ville, des âmes qui l’entourent et de celles qui l’ont construit. Avec des mots de magie, justes et droits comme un rempart ; des mots suspendus entre la terre et le ciel. Avec aussi, des photos.

De Dunkerque à Douai, en passant par Lille, Cambrai, Béthune, Amiens, les griffes de l’auteure ont façonné sur le papier toutes la grandeur de ces édifices, certes, mais elles ont fait saigner de ces vieilles pierres tout le sang que peuvent contenir les gouffres des non-dits et les remparts de l’histoire des hommes.

 

Mais comment donc, Martine Dillies-Snaet, avez-vous en seulement 94 pages, transpiré autant de vérités, de détails architecturaux, deM. Dillies-Snaet Beffrois, racines de pierre silences, de chagrins, de luttes  des peuples ? Et tout cela sans lasser le lecteur ! Que du contraire !

 

A Arras, on lève la tête, contemplant cette tour gothique, on aperçoit le lion, on entend les canons, on entend les bombes. Et déjà les cloches sonnent, à Béthune…

 

Ce ne sont pas des tours, ce sont des hommes, ce sont des femmes. Ce ne sont pas des pierres, ce sont des mains. Ce sont des montagnes de chair immortelle.

 

On entend les prières, les pas des hommes, les rues commerçantes, les tempêtes,   les carillons. On entend le claquement des drapeaux, qui hurlent les libertés.

On croise un corsaire et puis, juste avant d’éteindre les feux et les tambours de ces  villes envoûtantes, on s’arrête juste là, à l’baraque à frites de Dany Boon !

 

Ce livre n’est pas un livre triste. C’est un livre vrai. Sur son autel, des poésies hautes, libres, et colorées.

 

Le plus souvent, les livres que je lis, je les donne, je leur offre une autre vie. Celui-ci, je le garde. Et si vous n’avez pas compris pourquoi…

 

 

 

Carine-Laure Desguin

http://carinelauredesguin.over-blog.com

 

Publié dans Fiche de lecture

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Edmée 16/04/2011 15:50



Je crois en effet que c'est un livre de passion et de vérité. Et tu confirmes... tu y as trouvé les deux, dis-tu... et le sang et la sueur, et l'humanité qu'il y a derrière ces tours courant vers
Dieu...



carine-LAure Desguin 16/04/2011 12:34



Lire ce livre c'est une façon comme une autre de traverser notre histoire ! Et de quelle façon ! C'est un travail de titan que d'avoir révéler chaque beffroi, en pointant là où il le faut les
éléments qui devaient se savoir ...



Philippe D 16/04/2011 06:38



Me voilà revenu de mon périple marseillais.


Je n'ai pas encore ce livre (qui m'attire beaucoup) mais j'assisterai certainement à la conférence donnée par Martine à Mons. Les beffrois m'attirent, j'en ai déjà photographié plusieurs. Ce sont
des témoins de notre passé...


Bon weekend à tous.


PS Bravo à C-L pour ce billet!



Christine 16/04/2011 06:18



De beaux poèmes qui m'ont fait voyager.