Bob Boutique a lu "Orages" de Céline Gierts

Publié le par christine brunet /aloys

 

bobclin

 

Orages

 

Céline Gierts

 

Une lecture de Bob Boutique

 

J’hésite… j’hésite…  je referme le livre dont la couverture ne m’emballe pas (mais bon, des goûts et des couleurs…) le pousse au bout de la table et l’ observe du coin de l’œil. Un petit bloc de 180 pages tellement bourré de sentiments qu’il devrait gonfler et paraître deux fois plus épais !

 

J’hésite.

 

Céline Gierts vient-elle de nous refaire un scénario de « Plus belle la vie » ou est-ce ainsi que les choses se passent quand une femme est amoureuse ?

 

Je réfléchis avec ma mentalité obtuse de mec un peu borné.

 

Quand une gonzesse a quelqu’un dans le cœur ou dans la peau, est-ce qu’elle y pense du matin au soir en soupirant comme une ado ? Est-ce qu’elle regarde dix fois par la fenêtre pour voir si éventuellement il ne passerait pas dans le coin ? Est-ce qu’elle élabore 36 stratagèmes pour se trouver ‘par hasard’ sur son chemin ? Est-ce qu’elle imagine encore et encore ce qu’il pourrait faire à l’ instant même ? Est-ce qu’elle espère en languissant que lui aussi pense à elle de la même façon et se morfond à longueur de journée ?

 

Hé bien OUI.

 

Même si ça ressemble à une grande symphonie de violons vibrants et larmoyants… OUI. Jeorages ( cover ) crois que c’est ainsi que ça se passe et les mecs ne se rendent pas compte une seconde de la chance incroyable, inimaginable, qu’ils ont d’être aimé par une femme dont ils se souviennent d’abord  qu’elle a de jolis seins, des jambes galbées, des yeux de biche, des lèvres comme un bouton de rose et un ventre qui renferme le paradis.

 

Logiquement j’aurais du arrêter après vingt pages. Pas de foot, pas de chapitres qui déménagent, pas de crime… rien que des sentiments, des émotions, de la confiture quoi… pourtant j’ai tout lu d’une seule traite, en cachette, un peu honteux d’être captivé par cette histoire où il ne se passe rien, sinon un orage mélodramatique que… ben oui… que j’aimerais bien revivre également.

 

Elle a trente ans, un peu plus, deux enfants en vacances dans la famille, et vient de perdre un mari qu’elle adorait. Le trou est immense, l’absence insupportable et elle erre dans sa villa en essayant de remplir la journée avec de petites tâches ménagères, parce qu’il faut bien faire semblant de vivre.

 

Puis soudain, elle aperçoit dans la champ qui jouxte le jardin, un jeune  homme qui travaille en silence, sans se presser, avec des gestes précis. Il est grand, sans doute beau, à peine vingt ans et elle observe son manège… en fait, il l’attire. Au point qu’elle ose traverser la pelouse et se frayer un  chemin dans les blés pour lui apporter une tasse de café.

 

Il la remercie poliment, lorsque l’orage d’été éclate, soudain, violent, un déluge qui les ramène en courrant à la maison…

 

La suite ressemble au départ d’un feu de forêt, une étincelle, un peu de fumée, des flammèches qui se répandent sur l’herbe sèche, puis l’embrasement inéluctable d’une passion qui sera peut-être éphémère. Car les enfants reviendront un jour avec la famille et que la vie s’embarrasse fort peu des sentiments.

 

Vous rendez-vous compte que jamais dans le livre, nous ne connaîtrons les noms des deux amants ni même à quoi ils ressemblent. Elle est jolie certes, mais est-elle blonde, brune, avec un point de beauté sur la joue ? On ne sait pas. Quant à lui, c’est le flou complet puisqu’il n’y a pas le moindre dialogue décrit.

 

Ainsi en a décidé Madame l’auteur.

 

Tout se passe dans le cœur, les yeux  et l’imagination de l’héroïne qui parle, parle, parle, parle…. et analyse chaque seconde, chaque geste et chaque regard dans le moindre détail.

 

Le style est fin, élégant et je crois, très élaboré.

 

« Un rayon de soleil traversant les lamelles du volet projetait une échelle de lumière sur son mur blanc et la réveilla. » (p 33)

 

« On entendait le bruit de la pluie fouetter les vitres de la fenêtre en y formant de jolis dessins, trajectoires dont la forme était imprévisible. Comme sa vie à présent. Depuis toute petite, elle avait toujours aimé passer de longues heures à regarder la danse improbable que les gouttes formaient sur le verre. » (p 100)

 

Et puis, il y a une ambiance, un univers où les contrastes entre l’ombre et la lumière prennent toute leur importance, le dessin aussi, l’arôme du café, les épis de blé, les montagnes russes de l’émotion, l’horloge et le temps,  interminable lorsqu’il est absent et trop court quand il est présent, et toujours cette impression d’être un pantin accroché à ses fils.

 

Je ne vous dirai pas comment cela se termine. Ou pas. Personnellement j’ai trouvé ça très classe.

 

Mais j’hésite.

 

C’est un livre étrange, vibrant, un livre de femme pour les femmes. Je l’ai lu d’une seule traite. Ne le dites à personne.

 

 

Bob BOutique

www.bandbsa.be/contes.htm

Publié dans Fiche de lecture

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Commenter cet article

Dulier Sandra 21/01/2012 18:39


Votre partage par rapport au livre me donne envie, moi la grande romantique. J'aime l'angle du flou de l'auteur quant aux descriptions des personnages de ce roman, cela donne sans doute une plus
grande part à l'intime... Quant à savoir si les femmes vivent l'amour de cette façon, je vous dirais oui. L'amour transcendé existe... Parole de femme

Alain Delestienne 17/01/2012 17:26


Une fiche de lecture qui, habilement, donne envie de lire cet ouvrage et un critique littéraire qui ose dire la part de féminité qui se trouve en tout homme.

Pâques 14/01/2012 20:42


Du romantisme, de la passion, un orage qui bouleverse son existence, je suis tentée ...


et en + j'aime aussi la couverture :-)

Pâques 14/01/2012 20:40


Du romantisme, de la passion, un orage qui bouleverse son existence, je suis tentée et en + j'aime aussi la couverture !

carine-LAure Desguin 14/01/2012 08:06


J'avais beaucoup aimé cette histoire et surtout la façon dont elle fut écrite ..Une histoire d'amour comme je les aime, très classe, une histoire qui file entre deux saisons mais qui laisse sur
la peau le souvenir de deux coeurs qui ont cogné...