Amer Hic, un texte de Carl trottier

Publié le par christine brunet /aloys

Amer hic

 

Il a de l’eau bouillante dans la tête. Il ne veut pas cent fers. Il fait les cent pas entre ses deux oreilles. Il est prince hier, décalé.

 

Envoûté par la langue écrite apparue dans son univers, langue qui n’a rien de classique ni du futuriste, il languit. Il se fait prosaïque, fade, pour ne point l’épeurer. Ne veut point non plus se métamorphoser en quiconque. Rester lui-même. Il ne reste pas en place, regardant par la fenêtre hublot de son appartement, voyant s’approcher le nouveau-né où tu l’as mis ton sang froid ?

 

Ses menottes sont sur la table, sur la mappemonde dessinée par Christophe Colomb. Il est de l’équipage au retour de l’Amérique. Ils se présenteront devant le monarque d’Espagne qui a une fille à marier. On arrache les planches du bourlingage, on y met le feu pour réchauffer les matelots. Lui grelotte, gémit, a forte fièvre. On craint pour sa vie. Lui craint aussi, de la perdre après un si long voyage.

 

 

Carl Trottier

 

chaboum

Publié dans Textes

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Edmée De Xhavée 26/12/2011 08:22


Mais c'est qu'il nous mène en bateau avec la houle des mots, Carl! Avec grâce et audace, je dois dire...

carine-Laure Desguin 26/12/2011 08:03


Appliquons ce précepte, il ne faut pas cent fers ...