Carine-Laure Desguin: Sans jamais se le dire... I, II et III

Publié le par aloys.over-blog.com

 

desguin
Sans jamais se le dire ...( I )

Sans jamais se le dire
Et tout savoir pourtant
Des ardeurs des désirs
Des attentes des tourments

Dès le troisième jour
Je le savais déjà
Vous ne le cachiez pas
Je m'amusais de vous

Pour dix minutes en plus
Vous avez tout demandé
Voulez-vous un café
Un chocolat un thé
Et peut-être un peu plus
Si affinités ...

Je m'amusais de vous
C'était drôle vous savez
Voir un homme piétiner
Et le rendre jaloux

On vous attend quelque part ?
Oui bien sûr suis-je idiot
Vous attendre me rend sot
Et puis tout nous sépare

Les années ce n'est rien
Le reste qu'en est-il ?
ces gens que l'on dit bien
Qui ne sont que futiles
Dans mon coin je rêve et je construis
Vous vous passez un quart d'heure tout au plus
Je vous aime et désire vous le dire
Ces minutes sont cruelles et parfois même injustes


C'est quelques jours plus tard
Au cadran de ma montre
Aux battements de mon coeur
A la crainte d'un retard
Au désir de vous voir
Que j'ai su de mon coeur
Ce que je vous raconte ...

J'aurais voulu rester
Et le boire ce café
Nous voilà maladroits
Par où donc commencer

La vie est belle n'est-ce pas monsieur ?
Quand on sait sans même se le dire
Que l'espoir d'un baiser
D'une caresse d'un sourire
Vivent pour nous deux
Au-delà de l'été ...


 


 
Sans jamais se le dire ( II )

De vous monsieur j'aime ces silences
Ils devinent ce que nous ignorons
Soulèvent votre audace cachent votre arrogance
Derrière les rideaux de ces moindres soupçons

De vous monsieur j'aime les regards
Ils se déposent sur moi et puis me déshabillent
Notre rencontre c'est donc bien le hasard
Celui qu'on nomme amour et qui s'appelle vie

De vous monsieur j'aime ces maladresses
Vous osez deux mots et puis vous hésitez
Vous cherchez en moi une femme et aussi une maîtresse
 A qui l'on ne dit rien avant de caresser

De vous monsieur j'aime tout ce que j'ignore
De votre vie d'avant ces rendez-vous fidèles
De vos désirs ardents et de vos petites morts
Quand la lune s'endort
Et que le jour se lève...

 

Sans jamais se le dire   ( III )
  
Monsieur qu'aimez-vous donc de moi
Dites-le une fois au moins que je le sache
Livrez ces secrets avant qu'ils ne s'arrachent
Tous seuls et trébuchent vers un autre trépas
 
Vous aimez regarder et languir et attendre
Ces instants désirés aux humeurs de printemps
Ces instants vous savez ce sont eux qui m'enchantent
Ils me forcent à écrire ce que mon coeur ressent
 
Nous n'en savons pas plus vous et moi
L'un de l'autre
Que ce matin de juin quand le soleil entra
Et que la porte close
Vous comprîtes mais pas moi
Que cette première fois
En attendait bien d'autres ...



Carine-Laure Desguin

http://carinelauredesguin.over-blog.com

Publié dans Poésie

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Steph 21/10/2010 15:07



Romantique à souhait... d'autant plus écrit par une femme... Pas commun !!! Une approche toute en douceur... De magnifiques vers...



carine-LAure Desguin 21/10/2010 13:03



@ Christine : comment cela va-t-il se terminer ?? Moi-même, je l'ignore ! J'aimerais jouer les prolongations ...


@ Claude : suis heureuse que tu apprécies mes poésies; tu es un grand alors ...



christine 21/10/2010 08:06



Ce petit jeu tout en délicatesse, en regards... On a envie d'y assister, un petit sourire attendri et rêveur... On a envie de savoir comment il va se terminer... 



Claude Colson 21/10/2010 07:17



Ah, Carine, c'est superbe de maîtrise dans le dire du non-dit. Chapeau, Madame !



christine 21/10/2010 07:14



Je rappelle que ce soir, à 17 heures, le prochain article tombe... il s'agira de voter pour l'un ou l'autre des avatars que je vous propose depuis quelques
jours.


 


Soyez au rendez-vous !



christine 21/10/2010 07:13



Et voilà le jour J... Plus d'avant-première...


Carine-Laure, au risque de me répéter, j'aimer ces poèmes qui pourraient tout autant être de la prose... Et quelle chance tu as de pouvoir jouer de tes talents aussi bien en poésie qu'en dans les
textes en prose !


 


Bientôt, la suite... IV et V... Que va-t-il arriver aux deux protagonistes ? Fin heureuse ?



carine-LAure Desguin 20/10/2010 21:50



Ah Christine, les poémes en avant-première ! Toujours de l'inattendu décidément dans cette histoires ! Faut dire que les deux protagonistes ( j'aime ce mot ici ah ah ) sont de fameux
numéros, je pense !


@ Adam : et bien tu vois, j'ai mes instants de romantisme !


@ edmée : une autre facette de moi ! Non non, je ne suis pas malade, je vais bien  !


@ Philippe : Comment Philippe , tu n'a jamais lu "Les oiseaux des villes " sur mon blog ? Pfff, on ne parle que d'eux et il y aura encore des envols , je te le dis !


La poésie, c'est en quelque sorte mes premiers amours littéraires; avant je n'écrivais que des poésies. Pendant une bonne vingtaine d'années : plus rien du tout ! Et puis, "RUE BARAKA" se
pointa ...C'est pour le blog que j'écrivis de nouvelles poésies et depuis, je n'arrête plus ....



Philippe D 20/10/2010 19:34



Je découvre ici Carine-Laure autrement et je dois dire que je ne suis pas déçu. Carine-Laure utilise donc sa plume aussi bien pour les vers que pour la prose. Bravo.



Edmée 20/10/2010 12:22



L'amour qui ne dit pas son nom, se déguise en amusement, en jeu, et dit qu'il n'est pas là, mais voyons, pour qui le prend-on?


 


Charmant et touchant


 


 



Adam Gray 20/10/2010 12:20



Très joli Carine-Laure... J'aime énormément ce romantisme, un tantinet "désuet", si tu me permets le mot, qui est tout sauf péjoratif, pour moi. J'aime ce "vous", ces promesses incertaines... Un
peu de Love Story, mais avec l'espoir, à la place... Merci de ce joli moment de lecture. Amicalement, Adam



Christine 20/10/2010 07:58



Je travaillais sur les poèmes De Carine-Laure... Et toc, les voilà publiés... en même temps que ceux d'Adam... Vous resterez donc tous les deux aujourd'hui et demain sur Aloys, à l'honneur...
Carine-Laure, tes poèmes ne seront annoncés que demain sur facebook... et seuls les abonnés te liront
aujourd'hui... Une sorte d'avant première...


J'aime bien ce petit jeu entre les deux protagonistes, la naissance de ce "quelque chose" qui n'aurait pu exister sans le hasard... J'apprécie ces non-dits, ces regards, et toutes les
perspectives qui s'offrent soudain...