Alain Magerotte a lu "En quête de sens" de Christel Marchal

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Alain

 

 

EN QUÊTE DE SENS

Par Christel Marchal

 

 

 

Cela commence par une préface signée Benoît Coppée, romancier, scénariste et administrateur de la SABAM. Excusez du peu.

En terme cinématographique, cette histoire serait un road movie. Désespérée face à la souffrance de sa fille autiste, la petite Agathe, Louise (la mère) ne veut rien entendre et l’enlève de l’hôpital psychiatrique. Les voilà parties toutes les deux à bord d’une voiture jaune à travers Bruxelles.

Le médecin qui avait préconisé l’internement de la gamine fait appel à la police.

Un road movie plein d’arrêts nous permettant de visiter des endroits comme le parc Josaphat (Schaerbeek), le cimetière de Laeken (le Père Lachaise bruxellois) ou la Place Sainctelette (jeu de mots avec «Sainte-Clette»... terme que l’on retrouve dans le glossaire. Une «clette» en bruxellois, cela peut-être une cloche, ce type joue comme une «clette», ou un membre bien précis de l’homme situé sous le bas-ventre…)

Tout au long du parcours, Agathe laisse des dessins qui sonthttp://www.bandbsa.be/contes3/enquetedesensrecto.jpg autant de codes à  décoder par Léo, l’inspecteur lancé à leurs trousses. Car un dessin en dit plus long que des mots. Une course poursuite dessinée, en somme.

Léo, amateur de chiclets, peste à une semaine de son départ en vacances, d’être obligé à courir aux quatre coins de la ville derrière une «suicidaire et une débile».

Une narration pleine de poésie. Une écriture fine, légère et oh combien agréable à lire. Je ne peux résister au plaisir de vous livrer quelques passages révélateurs d’un réel talent :

 

Rire et pleurer. Avoir un arc-en-ciel au cœur des yeux.

 

La nuit est d’or, Agathe. Une nuit soleil. Le jaune doux des citrons amers. La nuit est d’or, Agathe. La nuit dort sur l’écorce drapée de soufre et de safran.

La nuit d’or des doigts arsenic. La poussière d’une craie sur le tableau miel de ceux qui croient au ciel. Moi, Agathe, je n’y crois plus !

Les rires jaunes de Louise embarrassent la nuit. Amers. Les rires d’une mère.

 

Le silence et le vent donnent une robe d’ankylose aux morsures de ses pleurs.

Agathe et Louise retiennent son affection.

 

Les actes que nous n’accomplissons pas ont bien plus de conséquences que ceux que nous réalisons.

 

La branche d’un marronnier s’accouple avec son reflet sur l’eau.

 

A la grisaille du temps, il nous faut fabriquer la lumière. Les étincelles de vie.

 

Il y a un revirement dans l’attitude du policier (Un psychiatre ! Un crétin, oui !

Un crétin qui ne sait pas qu’entre «autiste» et «artiste», il suffit d’une lettre, une toute petite lettre pour qu’une enquête prenne une autre couleur. Un crétin ! Ça c’est sûr ! Un crétin juste bon à enfermer !)

Evidemment, je n’en dirai pas davantage mais je vous conseille vivement de découvrir une œuvre pour le moins originale dans sa narration. Une œuvre d’une grande sensibilité, vibrante d’émotion et débordante d’amour.

 

Alain Magerotte

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Publié dans Fiche de lecture

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Christian Eychloma 22/09/2012 15:53


Débordant de poésie !  Une façon originale de traiter du problème mal connu de l'autisme, des difficultés
de ceux et celles qui ne peuvent partager notre "rêve collectif"...

Jean-Michel Bernos 21/09/2012 11:54


Ca donne envie !

christine 21/09/2012 07:53


Un livre à découvrir !!!

Philippe D 21/09/2012 05:39


Une écriture poétique à ce qu'il me semble...


Bonne fin de semaine à tous.