Sophie Fedy nous présente son roman "Territoire gris"

Publié le par christine brunet /aloys

 

Présentation auteur :

 

De formation scientifique par goût de la biologie et de tout ce qui touche au vivant, j’ai travaillé dans différents secteurs (industrie pharmaceutique, hôpital, médico-social). Je suis actuellement gestionnaire de risques dans un hôpital de la banlieue parisienne.

J'ai toujours beaucoup lu, un peu de tout, selon les prescriptions de mes professeurs, puis au hasard des rayonnages des bibliothèques. J'ai toujours un livre à portée de main sur ma table de chevet !

Des rencontres humaines et des événements personnels m’ont donné l’envie d’écrire ; il en est sorti un premier recueil de textes: « Il n’y a pas que les infirmières, les autres comptent aussi… ». Après avoir abordé plusieurs genres littéraires : récit de vie, poésie, roman jeunesse, j’ai retrouvé mes amours de jeunesse, l’anticipation et la science-fiction. Mon premier roman de science-fiction, « Complexe 13B », a été édité en 2009 ; Territoire gris est mon deuxième roman. Imaginer comment nous vivrons, à quels défis nous serons confrontés demain et après-demain, voilà ce qui m'intéresse et ce que je voudrais faire partager.

J’ai rejoint en 2008 le collectif d’écrivains Val d’Oisiens « Mots Migrateurs » pour échanger avec d'autres auteurs et participer à des projets communs, faire vivre l'écriture sous différentes facettes.

 

 

 

TERRITOIRE GRIS  

 

Ce roman présente un entrelacs de différentes époques du futur. Le lecteur y rencontrera trois destinées situées à des époques éloignées les unes des autres, mais reliées entre elle par l’archéo-tourisme du futur, les conférences historico-sensorielles proches du voyage dans le temps et par le fil rouge que constitue la fameuse clef de Yodel !

 

Le couple de Yodel et Maelia : la société du XXIIe siècle, celle de l’après ère nucléaire, civilisation des complexes où les hommes se sont réfugiés. A l’image du complexe 13 B, où le principe de précaution a été poussé au paroxysme, et où l’on n’a plus le droit de se toucher. Pire, les programmes de manipulation scientifiques sur les humains sont à l'oeuvre. Certains ont réussi à fuir les complexes et forment des communautés organisées dans les décombres de Paris et de ses proches banlieues. Yodel et Maelia les ont rejoint et avec leur aide réussiront à contrer les projets aliénants de ceux des complexes.

 

Le couple de Stefan et Maude : la société du XXIVe siècle sur terre où les gens vivent dans des cités aériennes suspendues pour laisser la place à l’agriculture au sol. Passé 50 ans, vous étiez invité à l’Interruption Volontaire de Vieillesse. Mais les « too old » s’organisent… et résistent.

 

Le couple d’Alexis et Ginger : la société du XXVe siècle exilée dans l’espace - pour fuir la terre devenue insalubre - émiettée dans des stations orbitales type New Earth 22. Société avec ses refoulés – les TF « Too Fat », les trop gros renvoyés de force sur terre pour des cures d’amaigrissement – ses sous-hommes, les « kapas » entretenus pour offrir des organes de rechange aux plus vieux, aux plus sages, ses « hors la loi » envoyés au bagne, c’est-à-dire condamnés à coloniser de nouvelles planètes dans des galaxies lointaines après des années lumières de voyage en état de léthargie, sans espoir de retour…Alexis et Ginger seront exilés avec quelques autres et retrouveront une planète qui ressemble étonnamment à la terre.

 

 

Un débat de fonds imprègne tout le roman ; celui de la tolérance – et de l’intolérance - de l’homme pour l’homme. Quelles que soient les sociétés imaginées dans ce récit, il y a des sous-hommes exploités par des « hommes supérieurs » ou « normaux ». Et une question qui restera ouverte : sera-t-on capable un jour de ne plus reproduire les erreurs du passé ?

 

 

EXTRAIT

I. New Earth 22, année 2455

 

 

 

­ —        Ce que vous allez voir va vous sembler incroyable, mais c’est pourtant l’exact reflet de ce qui s’est passé. Les documents que je vais vous montrer, issus de la multithèque post-terrienne, sont édifiants. Je me dois également de vous prévenir : certaines scènes sont extrêmement violentes, comme l’époque dans laquelle je vous invite à voyager. Les personnes sensibles régleront leur screening-and-feeling machine sur la sensibilité « moins trois » ou « moins quatre » pour les plus jeunes. L’oratrice était entourée d’une assemblée bigarrée, de tous âges et de toutes conditions. A l’ère post-terrienne, les conférences d’histoire de la civilisation terrestre avaient un succès énorme. Chacun voulait en savoir plus sur le passé de ses lointains ancêtres, lorsqu’ils habitaient encore la planète qu’ils avaient curieusement appelée « Terre », alors qu’elle était constituée à plus des trois-quarts d’eau. Bien peu avaient maintenant l’occasion de s’y rendre : quelques mineurs qui exploitaient les derniers gisements de ce liquide noirâtre, poisseux et écoeurant, cause de tant de guerres, ainsi que les minerais indispensables, lithium, nickel… Il y avait également quelques archéologues à l’affût du moindre indice permettant de mieux comprendre cette civilisation absurde, détruite, étouffée par sa propre folie. On y envoyait aussi les « Too Fat* » pour des séjours sanitaires, jusqu’à ce qu’ils soient revenus dans les normes post-terriennes.

—        Ce cycle de conférences est passionnant, dit un jeune homme à sa voisine, qui hocha la tête sans le regarder. Mais je n’arrive toujours pas à comprendre la philosophie de nos ancêtres. J’ai même du mal à croire que ces êtres, aussi primitifs dans leurs comportements qu’avancés dans leurs technologies, puissent avoir été nos parents.

—        Et pire, jeune homme, vous n’avez encore rien vu ! ajouta un homme âgé. Ce que vous allez apprendre aujourd’hui va vous faire froid dans le dos et vous en ressortirez avec plus de questions que de réponses !

 

 

 

**         personnes obèses

Publié dans présentations

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Christian Eychloma 18/04/2019 09:20

Quelles que soient les sociétés imaginées dans ce récit, il y a des sous-hommes exploités par des « hommes supérieurs » ou « normaux » : oui, "Tant qu'il y aura des hommes"... Enfin, si rien n'est fait du moins pour modifier l'espèce ! :))

Edmée De Xhavée 18/04/2019 08:41

Ah ce futur auquel on peut donner tous les affreux visages que l'on veut, toujours en laissant quelques personnages issus de notre présent (des "bons"), qui tiennent bon. Bien imaginé en tout cas :)