Christine Brunet a lu "Le voyageur intemporel" de Salvatore Gucciardo à paraître aux Editions Chloé des Lys

Publié le par christine brunet /aloys

 

Ce court texte d'une soixantaine de pages est déstabilisant. Nous connaissons tous le double talent de Salvatore Gucciardo : la peinture et la poésie. 

Avec "Le voyageur intemporel", nous plongeons dans une fantasmagorie poétique, une longue allégorie sur la Nature Humaine. Le rêve révélateur de l'inconscient... Freud a analysé le phénomène sous forme d'expérimentation. Salvatore Gucciardo l'expose dans un enchevêtrement permanent d'oxymores, de métaphores et d'hyperboles qui explosent en couleurs et sensations charnelles. 

Le rêve devient réel, se joue des conventions, des inhibitions, de la bienséance. 

Le monde imaginé est à la fois monstrueux, répugnant et délectable, coloré et monochrome car la couleur qui prédomine au-delà de la chair est celle du métal, froid, représenté comme impur. Le mouvement est ondulant, représentation du serpent (péché originel), de la langue et des corps désinhibés.

"Le voyageur intemporel" est un récit poétique très visuel, pictural, un voyage au coeur d'un rêve presque cauchemardesque, une explosion de couleurs et de sens qui interpelle.

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

Salvatore Gucciardo n'étant pas d'accord avec ma lecture de son ouvrage, je vous livre sa réponse à ma chronique :

"Je respecte tes impressions sur mon roman. 
Tu as le droit de penser ce que bon te semble.
 
Ma vision de l'univers que je décris est différente que la tienne. 
 
Celle-ci  décrit les instincts primitifs de l'être  sous la pulsion symbolique et animale
du serpent qui se mord la queue  qui symbolise  l'éternel recommencement
de la vie. La nudité de la nature n'est pas agréable à voir. Il suffit de faire abstraction
de notre éducation pour qu'on voit le vraie visage de la vie.
 
En effet, certaines images, certaines descriptions,
choquent le lecteur et j'en suis conscient.
Lorsqu'on lit le roman dans son récit romanesque, on ne perçoit pas 
les messages  qui se cachent dans la symbolique du récit. Tu oublies de citer
un élément important "l'Amour démesuré"  du narrateur pour sa dulcinée
 qui  donne à cette fiction une  crédibilité chaleureuse et  humaine.
 
Ma fresque intemporelle décrit les mystères de la vie, de l'univers.
C'est un message d'amour, d'espoir  dans un univers où
la cruauté domine le monde."
 
Salvatore Gucciardo

 

Publié dans Fiche de lecture, Poésie

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Salvatore Gucciardo 14/12/2018 21:42

Bonjour les Amis, je me réjouis de lire vos commentaires qui me touchent particulièrement et je vous en remercie! Je constate que mon oeuvre qu'elle soit picturale, poétique ou romanesque, elle interpelle les personnes... En effet, ma vision de l'homme, du monde, de l'univers n'est pas conforme. C'est une vision gucciardesque. Elle ne plaît pas à tout le monde et cela est normal. Le voyageur intemporel est porteur d'un message initiatique. C'est une initiation aux mystères de la vie...

Christian Eychloma 14/12/2018 14:50

Je n'ai pas lu l'allégorie de Salvadore, mais ne suis pas étonné qu'elle puisse donner lieu à diverses interprétations. Pour passer de la littérature à la peinture : j'adore ses tableaux mais reconnais qu'ils sont souvent difficiles à "décoder". Ce qui ne devrait guère surprendre, toute oeuvre d'art véhiculant un message destiné à frapper l'inconscient, on éprouve certes quelque chose tout en ayant le plus grand mal à mettre des mots sur ses sensations. Que l'on pense seulement au "Bateau ivre" d'Arthur Rimbaud qui est encore objet de débats parmi les "exégètes" !

Séverine Baaziz 14/12/2018 10:10

Toujours fascinant la façon dont nos écrits peuvent être reçus et interprêtés par le lecteur.
Ou lectrice ;-)
Chapeau à Christine de lire tant d'auteurs maison, tant d'ouvrages si différents...

Christian Eychloma 14/12/2018 14:54

Pour la capacité d'absorption et la puissance de travail de Christine, d'accord à mille pour cent !

Bob 14/12/2018 08:05

J'ai discuté longuement avec Salvatore au salon de Charleroi, c'est un "poète philosophe" qui m'a paru un peu confus mais d'une grande sincérité. Ce n'est pas ma tasse de thé (si par contre pour certaines de ses toiles, je compte d' ailleurs en acquérir une dès que nos travaux à la maison seront terminés) et je remercie Aloys d'avoir permis à l'auteur de s' expliquer. Je n'ai rien compris, maus quand Carine écrit je ne pige rien non plus…

Christian Eychloma 14/12/2018 16:27

Perso, je crois comprendre les explications de Salvatore quand il évoque "l'éternel recommencement de la vie" et "la nudité de la nature qui n'est pas agréable à voir". Point de vue très "nietzschéen" mais qu'il semble difficile de contredire... La vie en effet étant UNE, toutes ses créatures (au sens large) ne peuvent survivre qu'en se bouffant les unes les autres, la nature est bien une mère indigne ("Ô vraiment marâtre nature..."). Mais l'Homme, qui est "un animal qui a triché", devrait se montrer capable d'apporter du sens là où il n'y en a pas et "un message d'amour, d'espoir, dans un univers où la cruauté domine le monde". On appelle ça l'Humanisme...

C.-L. Desguin 14/12/2018 07:59

Très bonne idée que de publier le commentaire du commentaire, ça pimente les propos. Et dans ce cas précis, ça pigmente en italique, italique que je ne peux utiliser dans ce commentaire. Osons donc ce voyage intemporel, c'est bientôt les vacances.