Robert Blée nous propose un extrait de son ouvrage "A l'ombre de mon tilleul vert"

Publié le par christine brunet /aloys

Souvent je viens m’asseoir sous mon tilleul vert afin de trouver, dans l’éclat du soleil haché par un feuillage joueur, les prémisses d’un élan, ceux de la beauté.

Je les trouve dans ces moments extrêmes où l’essence de la vie fait d’un songe une valse à deux temps qui me pousse sereinement à comprendre le battement des ailes de papillons, ou celui de l’aiguille qui tourne sans relâche autour de nos horloges internes.

Dans le ballet des tic-tacs

Se construit la vie

Au rythme de nos frasques.

Souvent, la couleur de l’espoir vient chatouiller le jaune cru de mes matins engourdis afin de me bercer dans le blanc nacré des moutons sans berger qui semblent naviguer dans l’azur d’un ciel rieur, dans le no man's land d’un monde sans torpeur.

Étranges visions que je livre en étal, étranges sensations, étrange amour.

À l’ombre d’un tilleul

 

Les feuilles bruissent au vent

Dans les notes confuses d’un été,

Elles chantent aux oreilles des enfants.

 

Regards bleus,

Têtes blondes,

Le temps à l’abri des tilleuls passe.

 

Les murmures des rayons francs

Assoiffent les fontaines muettes,

Réchauffent les billes d’antan.

 

Agates aux tons miel,

Têtes rousses,

Les cours de récréation dorment.

 

Dans l’air…

 

Des fleurs,

Mille senteurs,

Le bonheur,

Les blés dansent

La ronde d’une houle formée,

Le vol d’un papillon fatigué.

 

Tout est calme en campagne,

Le temps d’été s’égrène

Paisiblement à l’ombre d’un tilleul.

Publié dans Textes

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Nicole 28/11/2018 09:08

Une grand-mere assise dans un fauteuil en osier raccomode , avec un oeuf en bois, les chaussettes familiales... ou ? Mais sous le tilleuil parfume de mon enfance...
Quelle « madeleine » vous nous proposez la Robert !

robert.Blée 28/11/2018 13:19

Merci Nicole

Je sais que l’oreille entend aves les pieds ; souvent elle reste sourde et passe son chemin sans voir.

Beaucoup plus humblement j’ai essayé par cet ouvrage de transmettre quelques matières à réflexion. Des sujets qui me tiennent à cœur comme la condition humaine ou comme la violence que peut engendrer l’être humain. N’oublions jamais que nous marchons le dos courbé sous le fardeau des méconnaissances.
Trouverons-nous notre quête une fois à la croisée de nos chemins ?

Je ne peux répondre alors je marche à pas lent, pour mieux appréhender le monde.

La lenteur d’une marche assoit la sagesse d’un centenaire affable.