"Trajectoire sans frontières", un texte signé BRUNE SAPIN

Publié le par christine brunet /aloys

Trajectoire sans frontières


 


 

Ça commence par un rêve comme tout ce qui vit. Tout commence dans un halo brumeux et songeur. Et pourtant y-a-t-il un début ? Ce serait une restriction perturbante, et qui fourvoierait le semblant de sérénité.

 

Sans régner, ça a tendance à proclamer un trouble paisible et universel.

 

Ça naît sans commencer. C’est plus net à la base qu’au sommet. C’est loin. Ça fait souvenir. Ça existe. C’est.

 

Il n’y a pas de frontières car elles, elles n’existent pas. Tout est vrai – tu es vrai – tu mens vraiment – et je doute de tout sauf de toi. Ça n’est ni beau, ni moche, ni triste, ni un gouffre envoûtant. C’est.

 

C’est l’idée abstraite et conceptuelle de l’impossible là où j’observe que tout est possible et peut être exprimé.

 

Pour les théories : la mort, la disparition totale, le manque, l’absence, le déni, la non expérience, la non mémoire, et d’avantage que la mort, la non vie, il s’agit de creuser l’inimaginable dans le processus enclenché. A partir du rien, arriver à quelque chose – ou pas – de l’ordre de la fuite – ou pas – qu’il n’en reste rien – ou pas.

 

Ça ne peut pas se nommer mais ça se dit. C’est trop dense, trop touffu – je suis perdue – il semblerait que l’on s’y perde tous. Je capte des décalages. On compte une perte ce matin et sans le savoir concrètement je crois qu’on pleure pour ça. Il s’agit de ça, et ça amène là – tout ça pour ça.

 

Mais puisqu’il n’y a pas de finitude – puisque je la rejette de front – personne n’est en cendres ni ne le sera. J’ai faim, et soif, je nous aime et vice versa. Je respire et évidemment je ne vieillis pas – on se trompe : vieillir est le contraire d’un privilège – dans le meilleur des cas ça rassure – mais la plupart du temps ça tue.

 

Brune Sapin

1er Mars 2018

 

Publié dans Textes, Nouvelle

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Jean Louis Gillessen 23/04/2018 13:44

Le titre ressemble à une phrase de Vandamme. J'aime. Mais j'avoue me perdre et vite décrocher dans les pensées décalées, volontairement barrées j'imagine, que l'auteure nous livre. Brune, rassure-moi, tu vas bien ? Bravo quand même pour cet extrait qui doit rencontrer des adeptes, dont je ne suis pas ici, même si j'apprécie l'auteure dans d'autres écrits. Et certainement pour d'autres extraits.