Les secrets de Polichinelle... François Foulon se livre !

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Une interview de Jean-François Foulon

« Les Secrets de Polichinelle » interviewe Jean-François, l’auteur d’une page reprenant mois après moi avec force commentaire les chroniques que Marc Quaghebeur donne sur ACTU-tv à propos des grands auteurs belges.

On peut dire que Bob Boutique a le nez fin ou creux, c'est comme on veut. J'entends par là, vous allez me dire "pas grand chose"... OK, je veux dire par là, la formule vous convient davantage ?... qu'il possède l'art consommé de s'entourer de personnes talentueuses. C'est le cas notamment de Jean-François Foulon qui nous a aimablement accordé cette interview.

1) Pour quelle(s) raison(s) as-tu intégré l'équipe d'Actu-Tv ?

- Je ne l'ai pas vraiment intégrée (je ne fais ni reportages, ni interviews) principalement par manque de temps, ma vie professionnelle m'accaparant malheureusement beaucoup trop. Mais disons que je suivais avec intérêt les interviews de Marc Quaghebeur et quand Bob Boutique m'a proposé de rédiger une petite chronique sur les auteurs abordés, je n'ai pas dit non.
Un peu pour faire la promotion d'Actu-Tv (puisque ma chronique servait de prétexte pour rediffuser l'interview), un peu pour ma promo personnelle (car se faire remarquer comme auteur est primordial si on veut que nos livres soient lus), mais surtout parce qu'il s'agissait d'aborder des écrivains classiques, pour lesquels j'ai une certaine prédilection, pour ne pas dire une prédilection certaine.

2) Comment élabores-tu ta chronique ?

- J'écoute attentivement ce que Marc Quaghebeur a pu dire sur l'auteur en question, puis j'effectue quelques recherches de mon côté, vérifiant ce que je sais déjà ou au contraire découvrant ce que j'ignorais encore. Je présente donc brièvement l'écrivain (biographie et livres publiés) tout en essayant de le replacer dans son contexte culturel. Quand c'est possible, je renvoie à l'interview, pour obliger le lecteur à une sorte de va-et-vient entre celle-ci et mon texte.Disons que j'estime que ces séquences d'Actu-Tv sont particulièrement réussies et qu'elles sont sérieuses (interroger le directeur des Archives et du Musée de la Littérature, ce n'est pas rien). A ce titre, elles méritent toute notre attention. Par mon texte, j'espère donc à la fois intéresser le lecteur à des écrivains certes bien connus mais finalement rarement lus (ce qui est dommage car ils le méritent) mais aussi contribuer asseoir la réputation d'Actu-Tv. Les émissions culturelles sont tellement rares dans notre Belgique francophone.
Je donne aussi à chaque fois un petit extrait d'une oeuvre bien connue de l'auteur abordé, pour que le lecteur puisse se faire une idée par lui-même. Parfois, je commente également rapidement cette oeuvre, rassemblant les souvenirs que j'en ai gardés lors de ma propre lecture.

3) Es-tu particulièrement intéressé par la littérature belge ?

Particulièrement non (je suis fort francophile et ma mère était française. A ce titre, je ne suis donc pas fasciné par la "belgitude" où je ne me retrouve pas vraiment) mais quand je regarde les rayons de ma bibliothèque, je dois bien reconnaître qu'il y a beaucoup d'auteurs belges. Il faut dire que nos contrées francophones (Wallonie et Bruxelles) sont particulièrement riches dans le domaine littéraire, beaucoup plus qu'un département français par exemple, où les auteurs doivent obligatoirement passer par Paris s'ils ne veulent pas être taxés de régionalistes. Chez nous, c'est un peu différent. Certes, pour obtenir une vraie consécration, un auteur belge doit lui aussi se faire éditer dans les grandes maisons parisiennes, mais il peut très bien être édité à Liège, à Charleroi ou à Tournai tout en faisant de la littérature générale. A contrario, il me semble qu'un éditeur de Perpignan privilégiera d'abord des livres où le caractère catalan est bien mis en évidence et un éditeur de Clermont-Ferrand fera de même pour le caractère auvergnat. 
En fait, j'ai l'impression que les écrivains belges occupent des créneaux parallèles qui sont délaissés par la France. On l'a vu avec la bande dessinée, qui a trouvé ses lettres de noblesse chez nous, avec le fantastique (mis à l'honneur autrefois par Marabout), ou le policier (voir Simenon).

 


4) Rêves-tu qu'un jour on puisse trouver ton nom dans une anthologie consacrée à la littérature belge ?

Ah, ce serait en effet un grand honneur. Et si un de mes textes pouvait être un jour étudié dans une école, ce serait la consécration, le fait que je serais alors vraiment reconnu comme écrivain ! C'est d'ailleurs pour cela que j'ai toujours refusé de jouer avec l'autoédition ou l'édition à compte d'auteur. J'ai attendu de trouver un éditeur qui veuille bien de moi et qui m'accepte comme je suis.
Car si on peut suivre les cours d'une académie pour devenir peintre ou musicien (vous serez peut-être un mauvais peintre ou un mauvais musicien, sans aucun génie, mais vous aurez un diplôme qui certifiera que vous avez appris les techniques de base de votre art), il n'existe pas d'école pour devenir écrivain. Il n'y a donc que l'éditeur, en acceptant votre manuscrit, qui peut vous sacrer écrivain.

5) "Obscurité", "Le temps de l'errance", et "Ici et ailleurs" ont un dénominateur commun, la nature... je me trompe ?

Ce sont trois genres différents (un roman, un recueil plus poétique, et des nouvelles ou plus exactement de courts récits) mais en effet la nature y occupe une place importante. Dans "Obscurité", l'héroïne, déboussolée après un divorce, traverse plusieurs régions de la France profonde (le plateau de Millevaches, la Corrèze, les Cévennes, etc.). C'était pour moi l'occasion de décrire ces endroits merveilleux et sauvages où j'ai eu la chance de passer mes vacances quand j'étais grand adolescent ou jeune adulte. 
Dans le livre de poésie, on trouve la mer et la forêt, deux éléments naturels qui nous font rêver et qui sont quelque part à la base même de notre imaginaire. Dans le recueil de nouvelles, la nature est moins présente, tout simplement parce que l'action se passe en Afrique ou en Amérique du Sud, où je ne suis jamais allé. Mais il y a quand même des descriptions de paysages, comme ces contreforts des Andes que gravit un camion, les roue au bord du précipice.
Je crois que je suis quelqu'un qui a besoin de la nature. Avec un livre et un coin de forêt, je suis heureux, je n'en demande pas plus. Je suis donc fort attentif aux paysages, à leur histoire et à leur devenir, car derrière eux, c'est toute l'histoire de l'humanité qui se dessine. Par exemple, il faut bien comprendre que pendant deux mille ans la vie des hommes n'avait pas changé. Depuis l'empire romain jusqu'à la guerre 40-45, on a cultivé la terre avec une charrue et un cheval. J'ai encore connu la fin de cette époque dans les années 60-70 (en Ardenne ou dans le Massif central), mais depuis, la révolution technologique a complètement bouleversé le monde, nos modes de vie, et également les paysages.

6)As-tu un nouveau roman en préparation ? Il est aussi question de nouvelles qui dorment depuis longtemps dans les tiroirs...

- Un roman est en cours de lecture chez Chloé des Lys. Il parle justement de l'Ardenne et de la fascination qu'elle exerce sur le héros, qui y est né, mais qui vit à Bruxelles. Cette rupture fondamentale entre la campagne et la ville se double chez lui d'une seconde : il a quitté le monde paysan un peu frustre qui était le sien pour devenir un intellectuel. Comme chez Annie Ernaux, il y a là une dichotomie et une "trahison" qu'il lui faudra dépasser. A côté de cela, oui, un autre roman est en préparation (sur le thème de l'enfance maltraitée) et oui, il reste des nouvelles et un autre roman qui mériteraient de ressortir des tiroirs. Mais comme je l'ai dit au début, c'est le temps qui manque.

 

 

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Jean Louis Gillessen 26/11/2017 12:32

Respect et merci à Jean-François pour cette initiative qui me ravit chaque fois. Plaisir de le lire.

Jean-François Foulon 26/11/2017 01:33

Ces auteurs, on les connaît tous de nom, mais beaucoup d'entre nous ne les ont pas lus. On espère faire changer tout cela grâce à Actu-TV .

C.-L. Desguin 25/11/2017 06:54

La chronique de Jean-François Foulon renforce en effet celle de Marc Quaghebeur et la complète très bien, surtout pour les personnes qui ont plus une mémoire visuelle qu'auditive (comme moi). Redonner un peu de lumière à ces auteurs belges un peu assombris au cours des années est une idée excellente.