Des retrouvailles pour Noël, une nouvelle signée Micheline Boland

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

DES RETROUVAILLES POUR NOËL


 

C'était le 24 décembre et il faisait très froid. Un chien blanc et maigre errait dans la rue commerçante du village. Il semblait rechercher un peu de nourriture et quémander des caresses, mais il ne recevait rien de tout cela. Les gens couraient dans tous les sens. Ils effectuaient les derniers achats avant de rentrer chez eux pour apporter la touche finale aux préparatifs du réveillon.


 

Lucille sortait de chez le pâtissier lorsqu'elle remarqua l'animal. Son cœur se serra. Elle repensait à Bobby le vieux chien de sa grand-mère qui était mort l'année précédente. Bobby lui aussi était blanc et maigre.


 

Lucille vit l'enseigne de la boucherie et pressa le pas. Elle atteignit le magasin, y entra et bien que la clientèle était nombreuse, elle demanda : "Excusez-moi ! Puis-je avoir deux boulettes cuites ? C'est une urgence." Tous les regards se tournèrent vers elle et la bouchère emballa aussitôt les boulettes. "Voilà ! Va ! Tu payeras plus tard", dit-elle en lui tendant le paquet.


 

Le chien devait avoir deviné Lucille, car il attendait près de la porte. Lucille déballa les boulettes et les offrit à l'animal qui sembla apprécier. Puis Lucille prit le chemin du retour.


 

Le chien blanc et maigre la suivait comme si elle avait été sa maîtresse. Elle rentra chez elle et le chien l'accompagna jusqu'au salon. Sa mère et sa grand-mère garnissaient le sapin. Quand sa grand-mère vit l'animal, elle s'exclama "Oh Bobby, Bobby !" et le chien se précipita vers elle.


 

"Oh tu es revenu, Bobby !", bredouilla-t-elle. Personne n'osa rappeler que Bobby était mort et qu'il était enterré au pied du pommier.


 

La grand-mère s'assit sur le canapé et le chien sauta sur ses genoux. La vieille dame le caressa longuement, tellement longuement qu'elle s'assoupit un peu. Quand elle se réveilla, Lucille était à ses côtés, la tête appuyée contre son bras. La grand-mère vit l'enfant, dégagea son bras et l'attira vers elle. Lucille était plus heureuse qu'elle ne l'avait jamais été. Elle goûtait à présent la plus douce félicité qui soit.


 


 

Micheline Boland

 

Publié dans Textes

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Pâques 02/12/2017 20:22

Une belle histoire à lire auprès du sapin ! :-)

Micheline 01/12/2017 22:49

Merci Carine-Laure, Séverine et Jean Louis.

Jean Louis Gillessen 01/12/2017 13:47

Court, doux, tendre, empli de bonté ce joli conte : oui, comme Lucile (étincelle de lumière), une certaine félicité m'envahit. Merci Micheline.

Séverine Baaziz 01/12/2017 08:41

Ohhhh ! Un petit air de Croc-Blanc...
Ca fait du bien ce bain de tendresse en ce premier décembre tout blanc :-)

C.-L. Desguin 01/12/2017 07:50

Une histoire qui finit très très bien.