Albert Niko nous propose un court poème...

Publié le par christine brunet /aloys

 

Vers le Dakota

 

Le sens réside dans une brouette.

Ou dans la manière qu’à cet homme de tenir sa brouette, et ce qu’il reste du jour est ce qu’il en rapporte.

Le sens réside dans un paquet de riz crevé.

Et cette mouche décrivant une même boucle autour d’une ampoule.

C’est une vieille femme que tu n’as jamais vue sans son chien, sans son gilet rose, sans autre image d’elle-même qu’une vieille dame sortant son chien et qui, rendue en haut de la côte, a toujours ce regard pour la fuite des jours vers le Dakota.

Dix fois par jour.

C’est un bus qui s’éloigne, un train qui t’arrive et que tu prends juste parce qu’il n’a jamais été question qu’il en soit autrement.

Et, tournant la tête, tu rencontres ces deux seules chaussettes noires pendant du séchoir, ainsi qu’une batterie de pommes qui jamais ne rêvent d’une autre vie.

Et tout ce que tu peux voir au-delà, de ta fenêtre – les maisons, les voitures garées, toutes ces petites créatures qu’un soleil aveugle affole – est mort en apparaissant.

 

Albert Niko

Publié dans Poésie

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Pâques 28/10/2017 17:43

La poésie du quotidien, j'adore !!!

Jean Louis Gillessen 28/10/2017 14:59

J'aime toutes ces fulgurances, Albert. J'aime ton écriture et ton imaginaire. Petite remarque : " ... dans la manière qu’à cet homme ... " Erreur de frappe à corriger (temps conjugué).

Micheline 28/10/2017 10:04

J'aime la poésie de ces moments de vie. Bravo !

C.-L. Desguin 28/10/2017 10:01

J'aime cette poésie-là, qui ne craint de renverser et de secouer des vagues de mots. Et par delà tout ça, les idées.

Edmée De Xhavée 28/10/2017 09:13

Je dois dire que j'ai aimé toutes ces images vers le Dakota, merci!

Albert Niko 30/10/2017 11:31

Merci pour ce bouquet qui tient autant de place que mon texte ! Merci également M.Gillesen pour votre correction si délicatement apportée !