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Le blog Aloys

Dominique Veyrier nous propose un extrait de son ouvrage, "Sous vos lacs endormis murmurent nos rivières"

3 Septembre 2016 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Textes

Dominique Veyrier nous propose un extrait de son ouvrage, "Sous vos lacs endormis murmurent nos rivières"

Elle le tenait nu entre ses jambes, couchés sur le côté des mots doux à l’oreille. Ils n’avaient pas d’enfant. Louise et Sébastien. Il était bon amant pourtant, dans le sens qu’on prête au verbe aimer dans un lit où les corps se mélangent, souvent quand ils rentraient d’une soirée ou d’un film il suffisait qu’elle pose sa main bien à plat sur son ventre, il suffisait d’une main et d’un ventre. Ou d’un dos au contraire, mais toujours d’une main fleur ouverte pour que leurs corps se mélangent. Il était bon amant, sur le côté, dans tous les sens. La soirée chez Victor et Giang s’était déroulée sans surprise.

Délicieuse comme souvent chez les amis de longue date. Victor Lalouette et Giang étaient les seuls amis qu’ils recevaient régulièrement à leur table. Ou le contraire, évidemment. Ce soir-là Sébastien avait longtemps regardé Sam, leur fils, empiler des cubes sur le tapis de sa chambre, Sébastien aimait entendre les enfants se raconter des histoires.

Avant que Giang ne les rappelle autour d’un plat succulent dont elle gardait le secret, petits cubes de viande parfumés aux morilles, Sam endormi devant le film qu’il connaissait par cœur. Ils n’avaient pas d’enfant mais deux amis pour leur conter des histoires, Louise parfois regardait Sébastien regarder Sam, lorsque celui-ci s’aventurait dans les parages. Ce soir-là au retour ils avaient fait l’amour sans histoire. Ses cuisses blondes ouvertes inoubliables, genoux parfumés aux épaules bouches mordues soubresauts délicieux Sébastien revoyait soudain les cubes, se demandait quand est-ce que les histoires on commence à y croire. — Après l’orphelinat, on pourrait prendre une semaine de plus pour marcher... Les contreforts de l’Himalaya, ça ne te dit pas ? — C’est haut, il avait dit tout bas. Couchés sur le côté, emboîtés l’un dans l’autre. Ou le contraire. Puis la nuit avait repris sa place, évidemment.

Dominique Veyrier

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Séverine Baaziz 04/09/2016 20:17

Fort intriguant. J'y vois un nœud névralgique autour de la parentalité. Charnel, léger et pesant à la fois... Bravo.

Edmée De Xhavée 04/09/2016 08:50

Très bel extrait, tendre et charnel, qui nous présente l'assise du récit je suppose...