Une poésie de Philippe De Riemaecker...

Publié le par christine brunet /aloys

 

Ils parlent, Ils parlent de Bruges
Sous les vents qui se traînent, vers l'ancienne
cité.
Ils s'aiment, Ils s'aiment dans Bruges
De cet amour qui tremble d'être enfin
délivré.
Et quand ces amants-là, se tiennent par les
yeux,
les gens ne parlent pas, juste murmurent un
peu
Tandis que tombe la pluie, sur la ville
mouillée,
Les vieux peignent la nuit, sur les passants
frileux.
Ils dorment, Ils dorment dans Brugge,
Enlacés sans frémir malgré l'hiver en délire.
Ils rêvent, Ils rêvent de Brugge,
De ces clochers si grands, de ces pinceaux
géants .
Et quand ces amants-là, s'épuisent en pas de
deux,
Les bigleux tremblent d'effroi, ou bien
n'écoutent pas.
Tandis que dans la brise, les années se
détruisent
Et les canaux se figent sous les courants
gelés...
Ils meurent, Ils meurent pour Brugge,
Et portent dans le regard ces voyageurs
hagards
Ils partent, Ils partent loin de Brugge
Comme des amants heureux, qui n'ont rien à
se dire
Qu'une caresse étrange, qui se donne et
dérange
Les braves gens honnêtes, Les adultes blasés
Et les brumes ensablées couvrent les vieux
clochers,
Tandis que ces amants-là découvrent le
verbe aimer.

 
Philippe De Riemaecker


_________________
http://philippederiemaecker.wix.com/auteur#!books/cnec

Publié dans Poésie

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Pâques 04/01/2016 22:01

J'aime beaucoup, j'adore cette ville surtout sous la pluie ...

M-Noëlle FARGIER 04/01/2016 15:40

J'aime beaucoup d'autant plus que je rêve de visiter cette ville...Ce poème est un très beau et sincère regard. Et puis, la poésie est un vrai plaisir, si rare...Merci Aloys :)

Hécate 04/01/2016 10:11

Ah! Bruges.................tout un poème !

Jean-Louis Gillessen 04/01/2016 09:50

Wel, Philippe, hier vindt je mij baba ! Mais t'es une renaissance de Brel ! J'entendais sa voix, moi qui connais la tienne ! Quel balancé de tes phrases et de tes mots : n'as-tu pas pensé ce texte tel une chanson ou été remarqué pour être parolier ? Cela dit, cela se lit comme cela vient : avec plaisir et délectation. Quand je lis ton poème, j'ai envie d'être amoureux, de passer un w-e à Brugge avec un dam maîtresse fougueuse, tendre et douce à la fois, sensuelle, manger dans u petit resto de la ville, choisir avec elle un chambre sous toit, et, même si je me cogne à la poutre, j'aurai connu cela ! Merci et bravo pour cet petit bijou d'orfèvrerie : tu m'as épaté! Quand tu m'as interviewé pour Léon et quand tu es venu voir la pièce, ... tu ne m'avais pas dit ce talent, cette facette ! A quand la face B ? Rires. Amitié, à bientôt.

Jean-Louis Gillessen 04/01/2016 09:55

Ah oui : partagé sur ma page. Viens au moins liker ! Bises à toi. Nous jouons encore 3 représentations de Léon mi-mars à Thorembais, sous le chapiteau 240 places du Théâtre des Baladins du Miroir. On se reverra certainement. A bientôt.

Edmée De Xhavée 04/01/2016 09:37

Bingo! Je suis ensorcelée! J'adore, absolument! Merci!

Philippe De Riemaecker 04/01/2016 08:42

Merci pour cette merveilleuse surprise ;-) ...

Micheline 04/01/2016 08:06

Magnifique poésie ! J'adore le rythme et les images (par exemple : se tiennent par les yeux).

Carine-Laure Desguin 04/01/2016 07:45

Ça balance vraiment. Il a le rythme, ce Philippe Deriemaecker.