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Le blog Aloys

Méandres, le recueil de Salvatore Gucciardo chroniqué par Eric Allard

16 Décembre 2015 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #articles

http://lesbellesphrases.skynetblogs.be/

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Méandres, le recueil de Salvatore Gucciardo chroniqué par Eric Allard

Les Belles Phrases

Textes courts, Poésie et chanson, Plaisir de la lecture… Un blog d’Éric Allard

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24/07/2015

MÉANDRES de Salvatore GUCCIARDO

L’art, l’âme et la lumière

Alchimie spirituelle, métaphysique de l’être, théorie de l'évolution de Teilhard de Chardin... sont quelques-unes des philosophies ou disciplines auxquelles Méandres emprunte des éléments pour déployer son univers poétique. Le recueil alterne une narration poétique en prose (en caractères romains) avec des parties versifiées (en italique), telles des chants portées par diverses voix Il est formé de sept sections : L’alpha, Apocalypse, Abysses, Les feux de la torpeur, Collage, Omega et Révélation.

Dans L’alpha, on assiste au chaos originel où matière et esprit sont confondus, où l’indistinction domine, où les choses de l’âme ne sont pas clairement identifiées par défaut de lumière spirituelle. Tout n’est que vision entremêlée et sons désaccordés. Une baleine blanche va figurer le lien entre le monde abyssal et le monde visible.

Dans Apocalypse, le monde festoie, jouissant de tous ses sens à profusion mais dans l’ignorance de l’Etre. Nous sommes les otages de quelques chimères, lit-on.

Le retable d'Issenheim Grünewald est avancé pour introduire la figure d’un Christ martyr et salvateur au Jardin des Oliviers. Il s’agit d’une image emblématique de la vision apocalyptique marquée par la lourdeur des âmes.

Le monde reste dévasté. Mais l’être cherche une issue… L’espérance demeure !

Dans Abysses, l’âme est nue et va conduire aux profondeurs insondables de l’être pour approcher le mystère invisible tapi au fond de l’inconscient.

Dans Les feux de la torpeur, on recherche un grain de lumière de même qu’on est à l’affût d’un messie qui emporterait l’homme et la femme vers les hauteurs.

L’entreprise est hasardeuse et ardue, elle prend la forme d’un labyrinthe en forme de poulpe aux nombreux tentacules.

Pour aboutir, elle devra engranger l’expérience humaine sur plusieurs générations en visant la concorde au-delà des divergences et en tirant toute son énergie d'une force cosmique. Je vis à l’intérieur d’un arbre qui a 2OO 000 ans d’existence, ses racines alimentent mon âme.

Dans Collage, on fixe les contours des formes de leurs volumes avant de les coller dans un esprit de cohérence en harmonisant les couleurs. C’est l’idée de l’Artiste organisateur du chaos en cosmos sur la grande toile de

l’univers. L’homme n’est pas absent du tableau. Il est peint debout, face à la mer.

Dans Oméga, la nuit a fait place au jour, à la pleine lumière. Le palais dédaléen est à présent une demeure accueillante. C’est le règne de l’aurore source de vie et de joie.

Dans Révélation, on est dans l’Olympe, la demeure des êtres célestes où un être plus lumineux que les autres est révélé. Le narrateur assistant à ce spectacle pense à tous les humains encore dans l’obscurité, à la dérive ou consacrant leur vie à des plaisirs éphémères, servant aveuglément un dieu de la consommation… Il connaît une sorte de grâce, de félicité, qui lui fait dire :

Notre moi profond existait pour s’élever vers les hauteurs, pour communier avec les sphères…

Habile dispositif ouvert à plusieurs interprétations, Méandres ne s’apprivoise pas en une seule lecture et se complète des peintures de l’artiste (au nombre de quatre) qui accompagnent ce parcours pour donner une vision de la condition humaine et cosmique qui a à voir avec l’art, l’âme et la lumière et à laquelle chacun donnera l’interprétation qu’il veut selon son vécu, ses références artistiques et culturelles. Un second recueil (après Lyrisme cosmique en 2011) qui nous fait entrer plus avant dans l’univers si singulier de l’artiste avant tout poète, des mots et des images.

Éric Allard

Le recueil bilingue est préfacé par Joseph Bodson. La seconde partie contient la traduction en italien par Maria Teresa Epifani Furno.

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Gucciardo Salvatore 16/12/2015 21:22

Je suis particulièrement touché et honoré par ton ressenti Jean-Louis face à ma démarche créative. C'est avec beaucoup d'émotions que j'ai lu tes réflexions sur ma peinture et ma poésie.
Je me réjouis de savoir, cher ami, que ta sensibilité illustre avec brio mes visions qui ne sont pas toujours très accessibles...

Gucciardo Salvatore 16/12/2015 21:07

C'est bien chère Carine-Laure, de mettre en valeur notre ami Eric Allard qui est un poète et critique de grand talent!

Gucciardo Salvatore 16/12/2015 21:05

J'aime ta sincérité Edmée et respecte ton ressenti vis à vis de mon œuvre. Pour ce qui concerne mon attrait cosmologique, ce dernier me vient de ma communion entre l'homme et l'univers. Après m'être penché sur le sens de la vie, j'ai compris que l' être humain et le cosmos avaient une essence commune. Chacun de nous, nous sommes un astre suspendu dans l'infinitude galactique... J'espère qu'à présent, tu comprends mieux ma démarche artistique. Bisou.

Gucciardo Salvatore 16/12/2015 20:51

Je me réjouis de savoir que tu es sensible à mon univers chère Marcelle et je t'en remercie vivement.

Pâque 16/12/2015 16:48

J'aime beaucoup l'univers de Salvatore, lumineux, poétique, magique !!!

Edmée De Xhavée 16/12/2015 09:13

J'aime sa peinture, surtout les couleurs et ce qu'on y ressent, j'aime moins quand il y a du "cosmique" (planètes étranges etc...) . Ce livre en tout cas a l'air d'exprimer en mots ce qu'il exprime magnifiquement en tableaux...

Carine-Laure Desguin 16/12/2015 07:03

Eric Allard, poète et critique vient de sortir un livre écrit en duo avec Denis-Louis Collau, Les lièvres de Jade (Ed J Flament). Je profite de cet article pour citer ce nouveau livre car je constate que le blog d'Eric Allard, artiste brillantissime et généreux, n'est pas non plus partagé comme il devrait l'être, tout comme notre blog Aloys // La couverture de Méandre est illustrée par une oeuvre de Salvatore Gucciardo.

Jean-Louis Gillessen 16/12/2015 01:41

ET merci, Christine : viva ALOYS ! Clin d'oeil à toi !

Jean-Louis Gillessen 16/12/2015 01:40

Très belles notes, Eric, pour dépeindre l'artiste Salvatore (le Sauveur, clin d’œil à toi, Salvatore), l'univers (la vision de son monde et celui d'un chacun) qu'il exprime de façon toute singulière, forte, subtile, tant en peinture qu'en mots. J'aime tout particulièrement l'oeuvre de Salvatore, pour l'avoir croisée souvent sur la toile, échangé avec lui : il impressionne, me fascine. J'aime tout particulièrement,Eric, quand tu écris : " Alchimie ... l’indistinction ... l’ignorance de l’Etre. Nous sommes les otages de quelques chimères ... L’espérance demeure ! ... approcher le mystère invisible tapi au fond de l’inconscient ... grain de lumière ... hasardeuse et ardue ... la concorde ... arbre ... ses racines alimentent mon âme ... C’est l’idée de l’Artiste organisateur du chaos en cosmos sur la grande toile de l’univers. L’homme n’est pas absent du tableau ... demeure accueillante. C’est le règne de l’aurore source de vie et de joie ... Notre moi profond existait pour s’élever vers les hauteurs, pour communier avec les sphères…

Habile dispositif ouvert à plusieurs interprétations, Méandres ne s’apprivoise pas en une seule lecture et se complète des peintures de l’artiste (au nombre de quatre) qui accompagnent ce parcours pour donner une vision de la condition humaine et cosmique qui a à voir avec l’art, l’âme et la lumière et à laquelle chacun donnera l’interprétation qu’il veut selon son vécu, ses références artistiques et culturelles. ... Bon, cela peut sembler idiot de copier coller les mots dits, écrits dans cet article, mais ils ont tellement chargés de sens , d'évocation universelle et cosmique, qu'ils peuvent se lire et se relire, sans satiété jamais aucune. Bravo et merci pour ces notes, bravo et merci de nous avoir fait découvrir, pour moi redécouvrir, ces fulgurances. Bravo et merci, Salvatore, tu éblouis, transcendes, transmets, tu partages ton art qui est vraiment à partager et à faire connaître. Tu instruis, tu éduques, pour notre plus grand plaisir.