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Le blog Aloys

Perrine Marlière présente son roman "Sur le fil"

24 Octobre 2015 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #présentations

Perrine Marlière présente son roman "Sur le fil"

Perrine MARLIERE est née en 1980 à Dijon où elle a passé son enfance et ses premières années d’études d’histoire à l’Université de Bourgogne.

Après l’obtention d’une licence en développement rural elle a posé ses valises en Limousin où elle vit et travaille depuis 2006. Elle y exerce les fonctions d’adjoint administratif à la Ville de Saint-Yrieix.

À l’arrière-plan d’une activité professionnelle au service des administrés, se découvre une passionnée d’art, de littérature et d’écriture qui compose poèmes, nouvelles et les illustre au pastel et à l’encre de Chine. L’écriture la suit depuis l’adolescence, les choses s’articulent sur des carnets, se griffonnent, se gribouillent et c’est en 2010 qu’elle a commencé à réfléchir à l’exposition de ses textes au regard des lecteurs.

Sur le Fil est son premier travail publié en intégralité. Certains de ses poèmes ont déjà fait l’objet de publication dans la revue « Friches Cahiers de poésie verte », (n°115 et 119).

Résumé

Enchevêtrer, entremêler des poèmes à une histoire est la particularité de cet ouvrage. Construction singulière marquant une façon de travailler propre à l’auteure qui met ainsi un point d’honneur à « faire entrer » la poésie dans la vie. Ce qui pour le lecteur est un exercice peu commun que de passer de l’un à l’autre, va devenir très vite une habitude. Une nécessité addictive qui incite à suivre, sur le fil, l’histoire de Louisa et son secret.

« Sur le fil » est un processus de reconstruction oscillant donc entre prose et poésie. Une renaissance se profile, les pieds nus dans le sable d’une plage familière ou d’une plage jamais foulée. Lorsque l’on a réduit votre cœur à l’état minéral, comment lui redonner les pulsations nécessaires à la reconquête des couleurs ? Louisa, tiraillée entre folie et résilience se déploie au fil des pages, sur un fil tendu, qui à tout moment peut rompre.

L’auteure nous livre dans ce premier travail d’écriture rédigé entre novembre 2012 et juin 2013 « quelques tableaux colorés d'émotion, brossés en quelques mots. Un peu de rêve, chaque fois une petite histoire en soi »* où la lumière trouve définitivement sa place.

(*avis du comité de lecture Chloé des Lys).

Extrait

« Regarde autour de nous. Il n’y a plus que du sable, de l’eau, du vent.

Il y a longtemps que je voulais faire ce voyage avec elle. Lui montrer les lieux, l’endroit où le débarquement s’est produit. Lui raconter l’histoire.

« Bloody Omaha » nous accueille, elle nous berce de sa lumière et nous enivre de ces silences. Assises toutes les deux dans le sable, l’horizon nous appelle et nous retient en même temps. Entre nous il n’y a plus de barrières, j’ai l’impression d’être nue à ses côtés, de n’avoir pour tout habit que mes vieilles cicatrices et ma peau moins ferme qu’il y a vingt ans. Elle voit bien dans mes yeux qu’il y a quelque chose qui cloche. Elle pose sur moi un regard inquiet.

J’ai cinquante ans. C’est pour moi une première, je ne suis jamais venue, je n’en ai jamais eu l’occasion. A une époque j’aurais pu, mais la vie en a décidé autrement. Alors bien que découvrant la blancheur des côtes normandes, j’ai l’impression d’être ici depuis des lustres, de n’être jamais partie, d’avoir vécu toutes ces années dans la roche, dans le sable, ici, sur ces plages.

« - Tu vas bien maman ?

- Oui

- C’est un peu triste ici, je trouve

- C’est vrai, tu veux qu’on bouge ? »

Nos deux corps ont alors migré vers le surplomb. Nous avons quitté un environnement minéral pour un champ de croix. De notre petite promenade au cimetière américain de Colleville-sur-Mer j’ai pu me libérer d’une oppression pour en trouver une autre. L’alignement des sépultures confère à ce lieu une perspective toute particulière et donne une sensation d’infini. L’infini de la barbarie humaine. Soixante-dix hectares de recueillement. Alors mettant nos mains dans nos poches nous sommes restées en contemplation, comme si l’atmosphère nous absorbait. »

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Rolande Quivron 25/10/2015 16:24

Très beau texte évocateur.

Tous ceux qui ont vécu pendant cette période ne peuvent y rester insensibles. Merci à vous.

Edmée De Xhavée 25/10/2015 08:13

Ce qui me touche surtout ici c'est, je crois comprendre, un rapport mère-fille, que j'ai moi-même assez souvent fouillé.