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Le blog Aloys

Joël Godard nous propose un extrait de son ouvrage "Ailleurs est un pays aux rivières lentes", en deux parties

17 Octobre 2015 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Poésie

Joël Godard nous propose un extrait de son ouvrage "Ailleurs est un pays aux rivières lentes", en deux parties

Joël Godart nous présente deux poèmes en prose extraits de son recueil : «Ailleurs est un pays aux rivières lentes».

1 Partie

Pour qui souhaite s’exprimer par la poésie, s’offrent à lui différentes formes : vers classiques, vers libres ou prose (certains parlent aussi de verset). On peut vouloir s’échapper de ce retour pesant et systématique de la rime en fin de vers – ces textes que nous avons tous appris à ânonner à la petite école ! Et aussi de ces règles arbitraires fixées par certains et que même le grand Baudelaire a transgressée dans nombre de ses poèmes. Le vers libre a l’avantage de ne pas perturber le lecteur grâce à l’apparence de vers sur la page; bien sûr la rime est absente mais le jeu des assonances, des allitérations, des rejets, etc… donne à l’auteur une grande liberté d’expression. (à suivre)

XXVIII

Nous ne sommes pas seuls. L’armée des hommes

lève le camp. Nous ne sommes pas seuls. Les doigts

de la mer se pressent sur ma bouche. L’écume dans

mes cheveux, le sel sur mes lèvres, je ressemble à

une créature venue du fond des mers . Mes yeux posés

sur le sable attendent le retour de la marée. Nous ne

sommes pas seuls. Là où la mer rejoint le ciel, où mon

souffle devient rauque, je saurai vous conduire de toute

ma force, mes peurs, mes doutes, mes rires

– mon armée.

XLIX

Pensées, mes salamandres ! Que de journées

passées pieds nus dans la rivière à vous chercher !

Mes mains en cornets essayaient de vous retenir

– sans vous faire de mal.

Pensées ! Vos couleurs sont restées dans ma mémoire,

et quand je vous relâchais, car il fallait rentrer avant la

nuit , pour ne pas inquiéter les parents, je vous regardais

en silence vous faufiler entre les pierres humides,

rejoindre la Grande Obscurité.

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Jean-François Foulon 18/10/2015 12:14

Je viens justement de terminer hier le recueil de Joël Godard et je confirme : ce sont des poèmes, denses très riches de sens et d'émotion. A lire absolument.

M-Noëlle FARGIER 18/10/2015 05:58

J'aime beaucoup cette écriture qui défie toutes les règles et pourtant si riche où la réflexion ne fait aucun doute : un travail immense ! La réalité rejoint la poésie ou l'inverse mais qu'importe ! Le résultat est là dans une belle originalité.

Jean-Louis Gillessen 18/10/2015 03:15

J'abonde en ton préambule, Joël, et me suis régalé de tes deux poèmes magnifiques : des flashs tellement bien rendus ! Quelle justesse, en quelques phrases, une ambiance, un décor, des ressentis, de l'authentique. Bravo et merci pour ces petits bijoux d'artisan !