Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le blog Aloys

Joël Godard nous propose un extrait de son ouvrage "Ailleurs est un pays aux rivières lentes", en deux parties

16 Novembre 2015 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Poésie

Joël Godard nous propose un extrait de son ouvrage "Ailleurs est un pays aux rivières lentes", en deux parties

Joël Godart nous présente deux poèmes en prose extraits de son recueil : «Ailleurs est un pays aux rivières lentes».

2e Partie

Avec la prose poétique, cette liberté de l’auteur devient plus grande encore. Songeons aux précurseurs : Aloysius Bertrand, le Baudelaire des Petits poèmes en prose, Rimbaud et ses Illuminations, Michaux, Char, Ponge ... Si Baudelaire calque souvent sa prose sur des vers déjà écrits, avec Rimbaud le poème en prose prend sa fulgurance : traduction d’ hallucinations , travail de la mémoire et du rêve, recherche d’un monde nouveau et à venir. Bref , jamais plus grande liberté n’avait été accordée au poète. Mais, hélas, quel défi démesuré pour l’auteur !

XXXIII

Et nous étions tous les deux accrochés sur l’aile

de l’ oiseau. Nous nous regardions en riant, étendus

de tout notre long, les bras en avant, tandis que les

ailes battaient, battaient. L’air sifflait à nos oreilles,

on voyait tout en dessous de nous de grands nuages

défiler. Soudain sans que nous sûmes pourquoi,

l’oiseau se mit à descendre. Nous enfouîmes nos

visages dans le fin duvet blanc, les mains crispées sur

notre monture. Puis tout se redressa, nous reprîmes

notre souffle. Quand nous basculâmes dans le vide,

l’air avait pris la forme d’une bouteille.

XLVIII

L’été s’était posé à nos pieds : il avait suffi de se pencher

pour vous saisir, jours dorés. Ailes à l’abri dans nos dos,

nous allions parmi vous, nous étions des vôtres.

Mais c’est le soir que nous prenions soudain notre envol :

un geste de l’un d’entre nous et nous nous mettions en

mouvement , parcourant tous vos horizons, découvrant toutes

vos chimères. Et c’est avec étonnement que, levant la tête,

vous nous suiviez des yeux, regardant tournoyer sans fin nos

longues silhouettes, cependant que la nuit, nous enveloppant

peu à peu, transformait votre univers en un bruissement

soyeux.

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article