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Le blog Aloys

Christophe Meseure présente son roman "Juste pour lui dire au-revoir"

27 Octobre 2015 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #présentations

Christophe Meseure présente son roman "Juste pour lui dire au-revoir"

Biographie

Christophe Meseure est né en 1972, dans le Nord de la France.

Après des études scientifiques qui se soldent par l'obtention d'un diplôme d'ingénieur, il prend part à de nombreux projets industriels en tant que prestataire de service.

En 2007, il prend un nouveau départ et se lance dans l'enseignement afin de pouvoir partager plusieurs de ses passions, comme l'histoire, l'écriture et les sciences.

« Juste pour lui dire au revoir » est son premier roman.

Résumé :

Sylvain a perdu sa fille de huit ans dans un accident de la route.

Particulièrement touché par cette épreuve, il s'abrutit de travail pour tenter d'échapper à l'impitoyable réalité qui compose désormais son quotidien.

Alors que sa vie se banalise dans une routine basée sur le principe du métro boulot dodo, il fait la rencontre inopinée d'une étrange centenaire qui lui dévoile un improbable secret et lui redonne par là même l'espoir.

Cette rencontre fera renaître en lui des souvenirs chargés d'émotions et bouleversera implacablement son existence.

Les rebondissements se succéderont à un rythme effréné, entremêlant la réalité et le surnaturel.

Le secret révélé par la vieille dame finira-t-il par tenir toutes ses promesses?...

EXTRAIT

Des larmes embuèrent peu à peu ses yeux. Une première goutte ruissela le long de son visage et alla s'écraser sur le parquet, dispersant sa peine circulairement. D'autres la rejoignirent bientôt à un rythme accéléré, à la manière des premières gouttes de pluie d'un orage d'été.

Non, il n'oubliait pas.

Comment aurait-il pu?

Ce qui lui était arrivé ne pouvait s'effacer.

Soudain animé d'une détermination nouvelle, il détourna son regard du cadre, se précipita vers la salle de bains, ouvrit un placard situé à côté d'un miroir qu'il n'osa pas regarder en face, puis saisit une boîte de médicaments et en vida le contenu dans la main. Sans se laisser distraire, il s'acquitta d'un détour jusqu'au bar pour y empoigner une bouteille de whisky à peine entamée. De retour dans le living, il ingurgita la totalité des comprimés tout en avalant plusieurs gorgées d'alcool.

Après la dernière déglutition, comme soulagé d'avoir enfin trouvé le courage qui lui avait jusque là fait défaut, il retrouva son calme et coupa l'éclairage, se contentant d'une pénombre à peine altérée par les insinuations des illuminations extérieures. La bouteille toujours en main, il démarra un projecteur vidéo placé à quelques mètres d'un écran blanc et se laissa tomber lourdement dans un fauteuil.

En quelques secondes, il retrouva sur cet écran ce qu'il avait perdu... Une naissance tant attendue; une fillette soufflant avec difficultés deux bougies posées sur un gâteau d'anniversaire; une sortie chez Mickey un soir de réveillon; une petite fille adossée au cheval blanc d'un manège; un regard admiratif devant un premier aquarium à la maison; encore un anniversaire...

Imperceptiblement, il s'enfonçait dans un sommeil profond, sans réveil probable. Il se sentait de mieux en mieux: un abîme allait l'emporter et l'éloigner enfin de cette souffrance quotidienne.

Au moment de perdre conscience, les paroles d'une petite fille de sept ans, le jour de la fête des pères, résonnait dans la pénombre de la pièce:

Je voudrais te dire papa,

Merci de m'avoir tant aimé...

Je ne te remercierai jamais assez...

Pour tous ces jours passés à tes côtés.

Ce furent les dernières paroles qu'il perçut avant de sombrer. La bouteille, à laquelle il s'accrochait avec une ténacité de moins en moins prononcée, tomba sans se briser et répandit son fluide à ses pieds.

Il ne bougeait plus, ne respirait presque plus...

Un étrange sourire se dessinait sur ses lèvres. Pas un rictus, seulement le témoignage de sa délivrance: le soulagement d'un homme enfin affranchi d'un poids trop lourd à porter.

***

Depuis deux mois, elle ne le quittait pas. Elle observait tous ses mouvements, tous ses gestes dans leurs moindres détails.

La détresse émanant de cet homme était tellement palpable qu'elle en éprouvait un sentiment de culpabilité profond.

Elle aurait voulu le rassurer, le réconforter, le convaincre de ne plus se conduire ainsi. Elle ne supportait plus son comportement, cette tendance à vouloir s'autodétruire, même si, au fond d'elle-même, elle comprenait les raisons de sa soudaine métamorphose. Il ne ressemblait en effet plus en rien à celui qu'elle avait connu et tant aimé.

Le voir continuer à vivre une vie heureuse lui aurait procuré un réel soulagement. Elle aurait tant aimé le lui dire. Malheureusement dans la prison qui était dorénavant la sienne, elle semblait condamnée à devoir l'observer sans pouvoir agir. C'était dans l'ordre des choses. Cela n'aurait servi à rien de s'en révolter.

Pour ce soir, il ne lui restait qu'une option: attendre et espérer une issue plus favorable, même si, au fond d'elle-même, elle savait que plus rien n'était désormais possible pour le sauver.

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Philippe D 14/01/2016 19:45

Un roman qui m'avait intrigué et que je viens de lire...

M-Noëlle FARGIER 27/10/2015 14:00

Très émouvant cet extrait par le thème bien-sûr mais on perçoit déjà une atmosphère douce, douloureuse où on entrevoit pourtant l'espoir par une écriture que je trouve poétique. Bravo !

Edmée De Xhavée 27/10/2015 08:31

Un thème touchant en tout cas... que l'on peut développer de mille manières...