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Le blog Aloys

"PLURIEL ET MULTI-FACETTES: BOB BOUTIQUE AU SERVICE DE LA PASSION", un interview signé Sylvie Godefroid pour la SABAM

22 Septembre 2015 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #interview

http://www.sabam.be/fr/sabam/pluriel-et-multi-facettes-bob-boutique-au-service-de-la-passion

http://www.sabam.be/fr/sabam/pluriel-et-multi-facettes-bob-boutique-au-service-de-la-passion

"PLURIEL ET MULTI-FACETTES: BOB BOUTIQUE AU SERVICE DE LA PASSION", un interview signé Sylvie Godefroid pour la SABAM

PLURIEL ET MULTI-FACETTES: BOB BOUTIQUE AU SERVICE DE LA PASSION

Bob Boutique est un touche-à-tout. Un homme multi-facettes dont le dénominateur commun n’est autre que la passion. L’auteur s’enflamme, s’anime, pousse des portes ouvertes, bouscule et bascule mais s’investit dans ce qu’il entreprend. Et si vous ne me croyez pas, il vous suffit de lire le résumé d’une rencontre où la langue de bois n’a pas sa place.

Qui est Bob Boutique en quelques qualités et en quelques défauts ?
« Un petit libraire de Schaerbeek (Bruxelles) qui a décidé comme ça, sans raison particulière, qu’il pourrait lui aussi se mettre à écrire comme tous ces auteurs qu’il vendait dans les rayons de son magasin (inutile de commenter avec des jeux de mots sur mon nom qui n’est pas un pseudo, je les entends depuis des décennies...). A cette époque, je n’avais aucune idée de ce qu’était l’édition et mon entourage à qui j’avais annoncé ma décision s’est gentiment marré. Comme quoi, la persévérance finit toujours par payer. Donc : obstiné, têtu et bosseur. Côté défaut et je comprends que cela puisse parfois agaçer certains : passe son temps à enfoncer des portes ouvertes et à faire beaucoup de vent ! Pas très policé non plus. Peu mieux faire »

Après deux recueils de contes bizarres et un premier roman, tu te lances dans un thriller. 2401, c’est quoi ?
« « Les dix petites négresses » était déjà une sorte de thriller, mais limité à 150 pages. Ici, j’ai enfin osé publier un vrai grand thriller comme ceux qu’on voit en tête de gondole dans les grosses librairies, mais je ne pourrai pas te le résumer, hélas ! Le moindre mot, la moindre indication risquerait de déflorer l’histoire très très spéciale ! La seule question qu’on puisse poser « est-ce vraiment possible » ? Une seule réponse : « Oui, ce l’est ! » Faut lire. Vous verrez, c’est surprenant »

Quelles sont tes influences littéraires ? Comment et pourquoi te lances-tu dans un projet d’écriture ?
« Stephen King sans hésiter, mais aussi ma grande copine Christine Brunet qui devient, à mes yeux, une des rares femmes spécialisées dans le thriller en France. J’ai toujours aimé raconter des histoires, d’ailleurs mes textes ressemblent plus à du journalisme et du langage parlé qu’à ce qu’on considère généralement comme de la littérature »

Te considères-tu comme un écrivain ? Quand l’est-on vraiment ?
« Avec mes bientôt six années d’expérience dans le monde de l’édition, je puis te répondre oui, sans hésitation. Pour moi, un écrivain ou une écrivaine, c’est quelqu’un qui publie chez un vrai éditeur (donc qui a passé le cap d’un comité de lecture) et bosse, c'est-à-dire, publie un livre chaque année, comme un artisan. Le reste, qu’il soit connu ou reconnu, apprécié ou non des cénacles, vendeur ou pas, c’est moins important et de toute façon subjectif. Un seul critère ne ment jamais : celui du lecteur qui a aimé ou pas et recommande le livre suivant. Ou pas »

Libraire, administrateur des Editions Chloé des Lys et fondateur d’ACTU-tv, tu as une vie artistique chargée. Quelle est la casquette sous laquelle tu te sens le plus à l’aise ?
« Les trois, sauf que je ne vais plus tenir cette librairie très longtemps. Un, parce que ce n’est plus vraiment nécessaire et deux parce que cela me bloque dans la « boutique » six jours sur sept de sept à sept et que ça commence à bien faire. Mais bon, c’est elle qui nous a permis d’en sortir plus ou moins bien dans la vie et je ne regrette rien. Chloe des Lys est une expérience passionnante qui m’a permis de rencontrer des gens passionnants et je compte bien continuer, pas du genre à lâcher au premier ennui, quant à ACTU-tv, nous l’avons créé parce que personne à la télé (la grande) ne s’intéressait à nous, tout simplement. On s’est dit : « puisqu’ils n’ont pas envie de nous voir, on va la faire nous-même cette télé » ! Et là aussi, la persévérance finit par payer puisqu’on tourne désormais entre 12 et 15.000 podcasts par émission. Quand je pense qu’il y avait douze téléspectateurs pour notre première émission en février 2010 »

La SABAM vient d’ouvrir, en 2015, des bourses d’aide à la création et à l’édition. Quel regard portes-tu sur cette forme de soutien ?
« Franchement, je n’y crois pas trop, disons que c’est le mot « bourse » qui m’énerve. Chacun doit réussir avec ses propres forces, on peut être aidé bien sûr et prendre conseil, mais pas recevoir de l’argent. Je vais me faire des ennemis, mais je n’aime pas trop les subsides qu’ils viennent de l’état ou d’un organisme comme le vôtre. Il y a dans le monde artistique trop de glandeurs qui comptent sur ces aides pour créer des œuvres. Je suis de la vieille école : si tu veux obtenir quelque chose, commence par donner et si tu es un artiste, prouve-le. On coupe, on coupe pas ? »

Quel regard portes-tu sur l’édition professionnelle aujourd’hui ?
« Positif. Avec ACTU-tv j’ai rencontré des dizaines d’éditeurs belges. Une partie d’entre eux s’en sortent parce qu’ils sont retraités ou ont d’autres moyens de subsistance mais d’autres réussissent à en faire une profession, comme Luce Wilquin par exemple. Parce qu’ils sont prudents, savent gérer et ont une vraie exigence de qualité. C’est un monde qui change très vite ! Je sais que cela ne va pas plaire, mais je crois que l’édition numérique va finir par prendre le pas sur le livre papier et que l’avenir de l’écrit passera par un Amazone à la belge, avec des fichiers ou des livres imprimés à la commande. En clair, le livre n’existe pas encore avant qu’il ne soit commandé. La SABAM pourrait, selon moi, jouer un rôle important dans cette évolution, plutôt que d’offrir des bourses car les grandes librairies n’arriveront pas à travailler de concert pour arriver à un tel résultat. Enfin, c’est mon impression. Si vous êtes intéressés je suis prêt à vous offrir mes services ! Chez Chloe, nous sommes parvenus à créer le processus de A à Z, avec nos propres forces et sans l’aide de bureaux d’ingénieurs informatiques, donc pour 0 euro et 0 cent ! Actuellement on vend très peu par ce canal, mais l’outil est là et fonctionne. Un autre job que la SABAM devrait prendre en main, c’est la création d’une vraie présence littéraire belge à la Grande Foire de Bruxelles de Tour et Taxis. Les éditeurs belges sont trop indépendants et occupés pour le faire. Je ne parle pas d’un stand SABAM, à mon avis peu efficace, mais d’un véritable espace interprofessionnel. Bon, facile à dire ! »

Quels sont tes projets à moyen et long terme ?
« Ben ça tombe sous le sens, continuer à écrire, essayer de le faire savoir et pousser, pousser et encore pousser, pour qu’ ACTU-tv s’installe sur la place médiatique littéraire du pays. Nos auteurs en ont vraiment besoin »

Un nouveau texte en préparation ?
« Evidement, un écrivain, ça doit écrire et si une année c’est un peu moins bon, on veillera à ce que l’année suivante ce soit au top. J’en suis la phase documentation en espérant que le comité de lecture de Chloe des Lys l’accepte, car jusqu’à présent tous mes manuscrits ont été refusés dans un premier temps pour fautes d’orthographes et je ne parle pas d’une coquille ci et là, non d’une catastrophe »

Et avec la SABAM ? Tout va bien ?
« Poser la question, c’est y répondre et je me demande vraiment pourquoi tous les écrivains du pays ne s’affilient pas, que ce soit chez vous ou chez vos concurrents moins importants mais tout aussi sérieux. Quand je pense que j’ai payé une seule fois voici quatre ou cinq ans trente-trois euros et que depuis je touche chaque année un chèque appréciable pour mes droits de reprographie… c’est renversant. La SABAM,, vu de l’ extérieur, ça ressemble à une grosse administration mais une fois les formalités passées, on y trouve de vraies personnes, pas des fonctionnaires qui parlent comme des répondeurs téléphoniques mais écoutent, proposent et dynamisent. Et là, je suis admiratif, car comme on dit dans les ministère : bien faire son boulot et même un peu plus, ça ne change rien à la paie de la fin du mois. Donc, oui, tout va bien. Merci »

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Philippe D 23/09/2015 21:41

J'espère que Bob a tort et que le livre numérique ne remplacera pas le livre papier !!!

salvatore Gucciardo 23/09/2015 21:22

Une voix qui vient du cœur, c'est touchant! Merci Bob.

Jean-Louis Gillessen 23/09/2015 13:38

Comme d'hab, de l'authentique Bob, donc on apprend, s'instruit, on sourit et ne peut qu'être d'accord avec les vérités qu'il énonce ou dénonce.

christine brunet 23/09/2015 12:03

Chouette interview !

Micheline 23/09/2015 09:53

Très intéressant ! En lisant, il m'a semblé entendre la voix de Bob !