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Le blog Aloys

Joel GODARD nous propose quelques extraits de son recueil "Ailleurs est un pays aux rivières lentes"

21 Septembre 2015 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Poésie

Joel GODARD nous propose quelques extraits de son recueil "Ailleurs est un pays aux rivières lentes"

LXV

Aller loin dans les souvenirs

Le filet des rêves à bout de bras

Comme un nageur à contre-courant

Remonter le fil de la vie

Et tout au bout qui nous attend

Le doux secret de nos âmes

XXV

Mes mains sur ton corps avancent en arabesque

Sur ton flanc aux pentes douces mes mains sont en voyage

Au sel du désert je demande le repos

A ses nuits la fièvre

A son ciel le silence des âmes

Ciels de ma vie les paumes de mes mains

Ouvertes sont criblées d’étoiles

IX

Sous ta jupe

Tu chantes un chant d’étoiles

Fille bleue

La barque de nos corps glisse dans l’immensité

Laissons la suivre sa voie entre deux soleils

Main sur main portons notre regard vers l’avant

Dans l’attente

Dis Quel rayon de lune unira d’un ricochet

Le cœur des amants

XIX

Si un jour nos chemins devaient se séparer

Qu’une fleur de givre naisse dans nos cœurs

Et fasse s’y réunir et ton sang et mon sang

XXIII

L’herbe des années se posera sur nos lèvres

mon amour

De toi ou de moi qui le premier emportera

la flamme

Les jours passés s’engouffrent dans nos dos

ouverts comme des portes

Ailleurs est un pays aux rivières lentes

XXXI

C’est dire le temps que de ne pas décompter les heures

Dire l’amour que d’aller deux à deux bord à bord

Le temps de l’amour nous a enveloppés dans un seul geste

C’est être ensemble que respirer d’une seule haleine

oOo

Joel GODARD

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Rolande Quivron 22/09/2015 10:59

Rien que le titre déjà est tout un poème. Cette nostalgie qui nous colle à la peau en est imprégnée. J'adore.

Marcelle Dumont 22/09/2015 10:50

Quel beau poème sensible! Avec la petite touche de mélancolie qui dit que le temps passe irrésistiblement sur nos vies...

Micheline 22/09/2015 09:39

J'adore les images de ces extraits.
J'aime particulièrement :
C’est dire le temps que de ne pas décompter les heures

Dire l’amour que d’aller deux à deux bord à bord

Jean-François Foulon 22/09/2015 08:44

Des poèmes qui se dégustent lentement, avec délectation.

Carine-Laure Desguin 22/09/2015 07:15

Ailleurs est un pays aux rivières lentes dit l'auteur et ces poèmes se lisent comme ça, comme un murmure aux bords des lèvres; des mots qui caressent cet espace que nous aimons tous, celui qui s'écoule entre nos rêves et l'ombre des étoiles.

Jean-Louis Gillessen 22/09/2015 01:09

J'ai déjà eu l'occasion de commenter l'une ou l'autre de tes fulgurances, Joël, et, à chaque fois, j'apprécie. Courts, tels des haïkus sans l'être mais fort intérieurs du for intérieur, ces vers assemblés dans une suite de petits poèmes qui se déclinent sous chiffres romains, ravissent le lecteur sur le fil du temps, de la complicité, de l'amour, du tout et du rien rien magiques des sentiments comme dans un cosmos étoilé éperdument, firmamentesquement ... .

Joël Godart 22/09/2015 09:04

Firmamentesquement ... bravo Jean-Louis , j'aime le mot ! et merci à vous trois
pour votre bienveillance .