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Le blog Aloys

Didier Fond nous propose un nouvel extrait de son roman "La maison-Dieu"

9 Mai 2015 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Textes

Didier Fond nous propose un nouvel extrait de son roman "La maison-Dieu"

Cette nuit-là, l'appréhension et le désir irrépressible de voir David l'empêchèrent de fermer l'œil. Au bout de deux heures d'infructueux essais, elle se leva et, rasant les murs, sortit silencieusement. La Maison-Dieu l'attendait.

C'était une nuit sans lune. De lourds nuages noirs avaient envahi le ciel au moment du crépuscule ; pas un souffle de vent. Mais une chaleur lourde, orageuse. Le tonnerre grondait au loin. Là-bas, sur les contreforts des montagnes, des éclairs sillonnaient l'horizon. La route était plongée dans l'obscurité. Camille connaissait le chemin par cœur. Elle avançait à grands pas, soucieuse d'arriver en haut de la falaise avant le déchaînement qui s'annonçait. Elle n'avait pas peur de l'orage. Au pire, s'il éclatait pendant qu'elle était encore à la Maison-Dieu, elle se réfugierait sous l'auvent que les précédents propriétaires avaient eu la bonne idée d'installer au-dessus de la porte. La perspective de voir David méritait bien qu'on supportât une tempête, fût-elle celle qui annonçait la fin du monde.

La Maison-Dieu, comme à son habitude, était silencieuse et noire. Elle en fit lentement le tour, tendant l'oreille pour percevoir le plus léger son, le plus petit signe de vie. Les roulements de tonnerre se rapprochaient. Rien ne bougeait. La grille du parc était fermée à clef. Inutile de rester là, à attendre de se faire foudroyer par l'orage qui arrivait à toute vitesse. Un vent violent s'était levé, les arbres gémissaient, les taillis ployaient sous l'assaut des bourrasques chaudes et humides, porteuses des premières gouttes de pluie. Elle leva un instant les mains devant son visage, pour se protéger des rafales. Vite. Il faut redescendre. Vite.

Elle s'était plaquée contre le mur de l'ancien couvent. Des gémissements lugubres éclatèrent tout à coup, venus de nulle part. Elle frissonna de peur. Puis il y eut un bruit de lutte... Les gémissements reprirent, plaintifs, atroces... et se transformèrent bientôt en sanglots. Un rire s'éleva, terrible, d'une tristesse si singulière qu'il en devenait sinistre ; des chuchotements, à nouveau des sanglots, comme ceux d'un enfant... David ? David ? Elle répétait ce nom, sans oser élever la voix. Un coup de tonnerre, d'une force inouïe, éclata sur sa tête. Le ciel ouvrit ses écluses et des trombes d'eau s'abattirent sur la falaise.

Didier Fond nous propose un nouvel extrait de son roman "La maison-Dieu"Didier Fond nous propose un nouvel extrait de son roman "La maison-Dieu"

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Didier 10/05/2015 20:34

Un grand merci à toi Edmée, pour ce compliment qui me fait vraiment très plaisir.

Jean-Louis Gillessen 10/05/2015 12:30

J'adhère !

Edmée De Xhavée 10/05/2015 08:00

Le supplice de Tantale, ces extraits... Je le veux, je le veux! Faudra que je cède... Didier est un des grands auteurs de CDL (à mon humble avis)...