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Le blog Aloys

Limaginaria a lu "Contes épouvantables & Fables fantastiques", de JP Volpi

9 Avril 2015 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #avis de blogs

https://limaginaria.wordpress.com

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Limaginaria a lu "Contes épouvantables & Fables fantastiques", de JP Volpi

Contes épouvantables & Fables fantastiques, de JP Volpi (one shot, éditions Chloé des Lys)

Recueil de 13 textes originaux et éclectiques allant de l’horrifique au fantastique.

https://limaginaria.wordpress.com/2015/02/02/contes-epouvantables-fables-fantastiques-de-jp-volpi/

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Ces Contes épouvantables & fables fantastiques sont pour moi l’occasion de faire connaissance avec JP Volpi, auteur que je connaissais de nom pour avoir déjà chroniqué beaucoup d’ouvrages de l’éditeur Chloé des Lys, sans pour autant l’avoir lu personnellement.
Globalement l’auteur a un style agréable à lire sauf dans certaines conjugaisons de verbes. JP Volpi semble préférer les tournures type « elle eût pu » au lieu de « elle aurait pu ». Ce souci gène la lecture et brouille la concordance des temps dans le texte, ce qui donne à chaque fois une drôle d’impression, surtout dans les dialogues. Dans l’un des textes, on peut par exemple lire : » Pour ma part, j’eusse fait soulever les mers, et les océans… « , ou « – J’eusse pu occasionner tant de souffrances ». Cette utilisation abusive du subjonctif au lieu du conditionnel rend les répliques peu naturelles et bancales, comme si le texte évoluait sur plusieurs niveaux de temporalités qui n’avaient rien à voir entre eux. Aussi, j’ai pu noter l’utilisation de points de suspension au lieu de virgules. Certes, cela donne peut-être une narration oralisée, mais donne aussi une impression étrange à la lecture, comme si les personnages ne finissaient jamais vraiment leurs phrases.
JP Volpi a donc un style auquel il faut adhérer. Personnellement je regrette ces petits défauts qui, s’ils ne gêneront pas la lecture d’une partie des lecteurs, m’a personnellement déconcerté. Le texte est bien moins littéraire que si cela était corrigé. Ce n’est que mon humble avis bien sûr, et il ne remplace en rien celui de Chloé des Lys qui a édité le texte ainsi.

Terreurs nocturnes : L’auteur ouvre son recueil avec cette nouvelle originale où tout bascule rapidement. De bonnes idées, mais peut-être amenées un peu maladroitement, surtout sur la fin. Différents niveaux de lecture s’entremêlent (récit/auteur du récit/auteur de l’ouvrage) mais on finit par s’y perdre un peu. L’ensemble reste cependant intéressant pour une ouverture.

Un amour au-delà : Une nouvelle romantique qui s’insère étrangement dans le tableau du recueil. On ne s’attend pas à trouver un texte où l’amour est au centre du sujet sans basculer dans l’horreur. Pour autant, cette petite nouvelle se lit vite et laisse un sourire plaisant grâce à sa note optimiste.

Il : Premier texte en-dessous des autres. Il comporte de nombreux clichés et si l’on ne s’attend pas absolument à la fin, on peut la deviner. Les éléments arrivent un peu comme un cheveux sur la soupe et ne s’enchaînent pas toujours de manière fluide. D’ailleurs la fin du texte est brutale, comme si ce texte n’était qu’une première partie.

Erzsébeth : Un texte inspiré des contes des frères Grimms et qui se termine de manière inattendue.

Le forain : Cette nouvelle est originale et bien construite. Ce texte surprenant mélange plusieurs atmosphères pour créer un ensemble qui laisse le lecteur mal à l’aise. Mission accomplie !

Rouge Chlorophylle : Une bonne idée que de mêler horticulture et nouvelle sanglante. Il y a de bonnes idées dans ce texte qui aurait gagné à être un peu plus développé, notamment autour du personnage d’Angela qui n’apporte finalement pas grand chose à l’intrigue.

Le tableau de Bouguereau : Un texte sympathique qui amène toutefois plus de questions que de réponses. Mais est-ce seulement le but ?

Parce que c’était lui : Un texte à la thématique qui sort de l’ordinaire. Malheureusement j’ai trouvé le dénouement un peu trop facile, et encore ces problèmes de temps qui m’ont dérangés dans ma lecture.

La statue : Du sang, beaucoup de sang et de la mythologie. Un texte gore.

Megaselachus : LA nouvelle du recueil. Ce texte est plus long que les autres et c’est tant mieux ! Un milieu, un début, une fin, des personnages plaisants, des situations cohérentes et des scènes « d’horreur » plus modestes et crédibles que dans les autres textes. Cette histoire est certainement l’histoire à retenir du recueil.

Mauvaises graines : Comme pour la nouvelle précédente, celle-ci est plus aboutie, plus travaillée. Si l’on passe outre la temporalité récurrente, on a dans ce texte quelques personnages constitués d’une famille et de quelques personnages secondaires. La thématique des jumelles maléfiques n’est pas nouvelle mais bien traitée avec une chute intéressante. La révélation des filles aurait pu être un peu plus fine mais l’ensemble reste fluide et cohérent. Encore un bon texte !

Amiko et l’ange gardien : Un texte émouvant et plein de gentillesse qui nous parle d’une petite fille et d’un amoureux pas comme les autres.

666 et point final : Un texte intéressant avec de bonnes idées. L’avoir placé à la fin est une très bonne idée. Plus long que les autres, il permet de s’immerger complètement dans un univers plus travaillé et fourni. Un bon point qui nous fait terminer l’ouvrage sur une bonne note.

Finalement, la seule chose que je pourrais vraiment reprocher à ce recueil est le manque de lien entre certain textes et l’ensemble du produit, présenté comme un recueil très « horrifique ». La couverture est sans équivoque, et le début de chaque texte est illustré d’une silhouette d’oiseau (un corbeau ?) en vol. Une symbolique très connotée « horreur » alors qu’on n’en trouve pas dans plusieurs textes.
Certes il est écrit « Contes épouvantables & Fables Fantastiques » mais le roman n’est pas équilibré pour offrir la même dose et plusieurs nouvelles s’insèrent mal dans l’ambiance générale.

Pour qui : Les lecteurs qui aiment les recueils de nouvelles courtes et originales.

Les + : De bonnes idées et un rythme rapide qui sait tenir en éveil la curiosité du lecteur.

Les – : Un style particulier auquel il faut adhérer.

Infos pratiques
Pages
: 244
Référence : 978-2-87459-805-0

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Jean-François Foulon 10/04/2015 22:10

Sans avoir lu ce livre et sans savoir si l'utilisation du conditionnel passé deuxième forme "passait" bien dans les dialogues (qui sont tout de même du langage oral et doivent être vivants), j'aurais plutôt tendance à me réjouir de voir un auteur adopter un style relevé.

Certes, on n'abusera pas exagérément du passé simple (cela ferait trop scolaire), mais son emploi s'impose pourtant parfois. Or beaucoup d'auteurs se contentent du passé composé. Même raisonnement pour le subjonctif, qui est d'une richesse incroyable et que beaucoup délaissent. Sans parler de la concordance des temps qui n'est plus que très rarement respectée. Personnellement, j'emploie encore le subjonctif imparfait quand il s'impose grammaticalement. Le but n'est pas du tout de faire pédant mais de respecter les règles.

Malheureusement, trop d'auteurs à succès se contentent de phrases simplistes (sujet, verbe, complément) et les lecteurs, habitués à ce style, finissent par trouver déplacées des phrases plus longues et correctement rédigées.

J. P. VOLPI 10/04/2015 22:59

Je ne dirai qu'une seule chose, Jean-François : AMEN !

Jean-Louis Gillessen 10/04/2015 22:51

J'abonde pleinement à tes propos, Jean-François !

Jean-Louis Gillessen 10/04/2015 12:47

C'est justement l'emploi du conditionnel passé deuxième forme qui donne de l'éclat au texte et enfin un auteur qui transmet la richesse de la langue française dans ses conjugaisons : alors bravo J.P. !

J. P. VOLPI 10/04/2015 22:58

Merci beaucoup, Jean-Louis.
La langue française ne se perd que trop dans tous ces romans à succès actuels...
Je fais de mon mieux, même si je ne suis pas infaillible bien sûr...

Micheline 10/04/2015 07:16

Superbe couverture !

J. P. VOLPI 10/04/2015 22:55

Merci infiniment, Micheline !

J. P. VOLPI 10/04/2015 00:57

Merci beaucoup à Limaginaria pour sa critique et le temps accordé.
Je me permets cependant de rectifier le petit "reproche" qui m'est fait, car il y a, j'en ai peur, erreur...
"J'eusse pu", "J'eusse fait"... Ce n'est pas du subjonctif du tout, mais bel et bien du conditionnel, et plus précisément du conditionnel passé deuxième forme. Forme que je trouve bien plus littéraire, d'autant plus pour les passages choisis qui étaient les dialogues d'une déesse... Une déesse ne doit-elle pas parler de façon... divine ? :-)
Malgré cette erreur que je me devais absolument de rectifier, car il en va de ma crédibilité d'auteur, merci encore pour votre critique somme toute très positive, ce qui fait chaud au cœur.
Merci également à mon éditeur de respecter mon style et merci à Christine pour son soutien.
Bien amicalement, J. P. VOLPI

Jean-Louis Gillessen 10/04/2015 00:15

Il est vrai que j'eusse pu dire ceci ou cela ... certes l'auteur doit rencontrer l'adhésion des amateurs du style horrifique. perso je n'adhère pas ... et la couverture ne me contredira pas ...

Jean-Louis Gillessen 11/04/2015 02:41

Jean-François, je signifiais que je ne suis pas friand des textes horrifiques, illustrés d'ailleurs par la couverture. Mais je comprends que d'(autres personnes, et elle sont légion, apprécient ce style de sujet. Les goûts et les couleurs ... //

Jean-François Foulon 11/04/2015 00:32

Ce que je ne comprends pas, Jean-Louis, c'est que dans ce premier commentaire tu semblais plutôt approuver la critique de Limaginaria ("j'eusse pu dire ceci ou cela", à savoir que c'est un bon livre mais au style étrange) et tu ajoutais "je n'adhère pas" (au style compliqué donc). Or par après tu dis exactement le contraire, ce qui fait que je ne m'y retrouve plus dans la subtilité de ta pensée.

Ou alors je n'ai pas bien perçu le sens caché de tes propos, ce qui serait embêtant car cela voudrait dire qu'ils n'étaient pas clairs :)

A moins que tu n'aies changé d'avis en cours de route, ce qui me semble tout à fait impossible.